Malevil de Robert Merle

Chronique de Amélie

Dans Malevil, Emmanuel nous narre son épopée. Celle d’un groupe d’amis d’enfance (et de quelques « pièces rapportées ») ayant miraculeusement survécu à ce qui semble être une apocalypse nucléaire. Confinés lors de la catastrophe dans les caves d’un château périgourdin (le fameux « Malevil »), la petite bande va devoir survivre dans un paysage dévasté où rien ne semble avoir survécu pas même un brin d’herbe.

Emmanuel, leader naturel, prend les rênes et à travers ses yeux nous serons plongés dans les dilemmes qu’exige une telle situation, mais également à une réflexion sur nos sociétés actuelles et ce qu’elles vampirisent en nous. Si le narrateur possède une assurance et une autorité naturelle doublées d’un excès de confiance manifeste et d’un fort penchant pour la manipulation qui peuvent être irritants, il compense par une volonté profonde d’œuvrer pour le bien commun et de respecter les bases de la démocratie.

Son récit est épisodiquement entrecoupé de notes de Thomas, l’un de ses compagnons. Il apporte une vraie valeur ajoutée à la narration, d’une part en rétablissant certaines vérités et comblant certaines omissions, mais aussi en étoffant par cela le personnage d’Emmanuel qui perd un peu de la magnificence à peine teintée de fausse modestie qu’il aime arborer si coquettement.

S’il se porte en partie sur la gestion des ressources et des maintes péripéties qui parsèment ce livre, Malevil est surtout et avant tout une réflexion fine sur l’humanité, son instinct grégaire et ses conséquences, les diverses formes de pouvoirs, la constitution d’une société, son évolution et son rapport aux autres, sa morale, sa violence et leurs garde-fous. Si la catastrophe est un « reset » de l’humanité, cette dernière peut-elle survivre tout en tirant leçon de son Histoire et éviter de reproduire les mêmes erreurs?

J’ai trouvé ce roman passionnant et captivant et je pense qu’il est incontestablement une pierre angulaire du genre. Cependant je regrette quelques facilités scénaristiques, le manque désopilant de personnages féminins forts (il y a bien Judith, certes, mais si peu traitée), et cette fascination divinisée et à peine contrebalancée du personnage d’Emmanuel est quand même, je dois le dire, un peu déroutante.

Cette lecture valide :

La consigne n°15 du Défi Les Rougon-Macquart

A propos du livre :

Résumé : Une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s’organise en communauté sédentaire derrière les remparts d’une forteresse. Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l’indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur «nid crénelé» ?

Roman de 640 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amelie. Un roman auquel je fais souvent référence et que tu me donnes envie de relire🤗

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