JEUX LIT AVEC SALLY : Un Prix Goncourt

C’était le thème du club de lecture du mois de novembre

Nous étions 4 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Qui pousse un certain Guy Roland, employé d’une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ?Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d’autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier. Prix Goncourt 1978

Roman de 256 pages – se le procurer

La Chronique de Amélie

Guy Roland est détective privé. Il est également amnésique. D’ailleurs Guy Roland n’est qu’une identité qui lui a été fournie par son employeur et ami qui cesse aujourd’hui son activité. Dès lors, cet homme sans passé a tout loisir d’employer ses compétences dans la quête de celui-ci.

Une photo, un nom, un hall d’immeuble, Guy est à l’affût de la moindre piste si ténue soit-elle. De rencontres fébriles en souvenirs fugaces, on s’attache aux volutes d’un parfum poivré, au ressenti particulier à la lueur d’une certaine lumière, ou bien aux mains croisées sur le pommeau d’une canne. Un sentiment de fuite grandit. Mais que fuyaient-ils, lui et ses amis perdus aux noms multiples et étranges, dans cette « drôle d’époque » où Paris était sous occupation allemande. Où sont-ils maintenant? Qui pourra l’aider à retenir le sable du temps oublié qui lui file entre les doigts dès qu’il pense pouvoir s’en saisir à nouveau?

Rue des boutiques obscures est un roman troublant et énigmatique qui vous possède autant qu’il vous échappe, cultivant le flou et le trouble en chatouillant les méninges. Qu’est-ce que l’identité lorsque l’on perd son passé ? Une identité est-elle unique ou plurielle ? Peut-on se construire avec un sentiment d’errance perpétuelle?

Laehb et Maggy ont lu

Résumé : Aziz est né en France, de parents inconnus. Recueilli par les Tsiganes des quartiers nord de Marseille, il a grandi sous la nationalité marocaine, n’ayant pas les moyens de s’offrir un faux passeport français. Professionnellement, il s’est spécialisé dans les autoradios : il les vole et les revend. Sa vie bascule le jour où le gouvernement décide une grande opération médiatique de retour au pays. Le voilà confié à un jeune et idéaliste « attaché humanitaire », chargé d’aller le « réinsérer dans ses racines », et qui lui demande où se trouve son lieu de naissance. Le doigt d’Aziz montre au hasard, sur la carte du Maroc, une zone vierge du Haut-Atlas. Et l’aventure commence… Avec ce voyage initiatique, cette histoire d’amitié imprévisible entre deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer, Didier van Cauwelaert nous donne un roman drôle et poignant, qui a obtenu le prix Goncourt en 1994.

Roman de 128 pages. Se le procurer

La Chronique de Laehb

J’ai beaucoup de chance en ce moment, voici un nouveau court roman qui m’émerveille par sa densité. En si peu de pages ( 128 pages, on aurait même pu parler de longue nouvelle, de conte ) l’auteur a réussi sans problème à me faire voyager loin de ma jolie petite vie bien confortable de privilégiée.

Direction dans un premier temps les quartiers Nord de Marseille, ses petits trafics, ses clans tziganes et les cités d’en face, ses bagarres arabes contre gitans et notre cher Aziz au milieu, pas vraiment arabe, pas un vrai gitan, un étranger chez lui. Enfant trouvé par Vasile le chef de clan, encore nourrisson, il grandit tant bien que mal et se spécialise dans les autoradios, enfin surtout le vol et la revente. Fou amoureux de Lila, il pourra enfin l’épouser après de longues tractations et contre une belle cargaison de matériel hi-fi. Aziz en est persuadé, le bonheur est au bout du chemin.

Ce sera finalement une arrestation lors du repas de fiançailles, une reconduite à la frontière lors d’un très médiatisé programme de réinsertion de clandestins  dans leur pays d’origine. Ses faux papiers le disent marocain, direction donc le Maroc, le Haut-Atlas, accompagné de son attaché humanitaire un brin idéaliste, surtout déprimé par une rupture.

Situations cocasses, voire ubuesques, rythment leur voyage et fait naître une amitié aussi belle qu’improbable.

Roman tendre et émouvant que j’aurai aimé pouvoir étirer sur 100 ou 200 pages de plus.

La Chronique de Maggy

A Marseille, Aziz vit au milieu des tziganes. De sa naissance, il ne sait rien. Il a été recueilli, bébé, par un manouche et ses papiers le disent marocain, parce que les papiers français, ça coûte plus cher. A 15 ans, il quitte l’école pour s’occuper d’autoradios dont les antivols n’ont plus de secret pour lui. Alors qu’il va enfin se fiancer avec la belle Lila, le voilà embarqué par les condés et placé dans un tout nouveau programme destiné à prouver que la France s’occupe bien des sans-papiers: il va être raccompagné dans son pays d’origine, le Maroc, sous la bonne garde de Jean-Pierre Schneider, son « attaché humanitaire » personnel. Et voilà ces deux hommes que tout oppose à la recherche des racines d’Aziz, qui n’est pas plus marocain que vous et moi.

Ce Goncourt 94 tient presque plus de la fable que du roman. Un voyage initiatique qui commence à Marseille, ses quartiers Nord, ses tours et ses barres d’immeubles, ses zones de non-droit… Et puis le Maroc, ses montagnes, ses enfants qui mendient, ses touristes, ses fleurs qui éclosent dans le désert… Et enfin Aziz et Jean-Pierre, dont on ne saura pas finalement qui a sauvé l’autre.

Une quête de sens et finalement un retour aux sources pour chacun d’eux. Didier van Cauwelaert aura eu l’audace de nous proposer un roman dont la construction ne prendra son sens qu’à la fin. Une réflexion presque philosophique sur les origines, les racines et le poids du passé; un roman à l’écriture poétique par moment, parsemé d’humour, aux personnages attachants et dans lequel tout le monde trouvera l’une ou l’autre question existentielle qu’il s’est une fois posée.

Sally Rose a lu

Résumé : Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit. Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman. Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice. Prix Goncourt 2019

Roman de 245 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Paul est en prison à Montréal. Il nous raconte son histoire.

Mais parce que c’est un roman de Jean-Paul Dubois, c’est bien plus que ça.

Personnages atypiques, situations cocasses, l’univers de l’auteur est au rendez-vous ainsi que le ton à la fois triste, blasé et optimiste.

Un vrai régal même si ce n’est pas le meilleur de l’auteur

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