JEUX LIT AVEC SALLY : Il reste la poussière de Sandrine Collette

C’était une des lectures communes du mois de décembre

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier enfant d’une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Leur père a disparu. Leur mère ne dit rien, perpétuellement murée dans un silence hostile. Elle mène ses fils et son élevage de bétail d’une main inflexible, écrasant ses rejetons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, où les petites fermes sont remplacées par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?   On est ici au pays du grand roman noir pour livrer un véritable western crépusculaire. Lionel Destremau, Le Matricule des anges. Une mécanique implacable sur la cruauté et la rédemption, à l’écriture tout en sécheresse. Baptiste Liger, Lire.   Prix Landerneau polar 2016.

Roman de 352 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

Quelque part dans la pampa argentine, quelque part à la charnière du 20e siècle, la mère vit avec ses 4 fils dans une hacienda défraichie, où personne ne passe jamais. Le père? Elle s’en est débarrassé il y a bien longtemps. Elle ferait bien la même chose avec ses fils s’ils n’étaient pas une force de travail bien utile au moment de la tonte. Les aînés, des jumeaux, sont forts; elle ne pourrait s’en passer. Les deux autres, ça se discute. Chaque mois, elle va en ville, voir le banquier qui ne veut jamais délier les cordons de la bourse; alors elle joue au poker avec les poivrots du coin, pour se refaire, pour une fois gagner. Jusqu’au jour où elle perd ce qu’elle ne pensait pas miser un jour…

J’aime vraiment beaucoup Sandrine Collette, parce qu’elle a toujours le don de me surprendre. En ouvrant un de ses romans, on sait juste qu’on va plonger dans le noir de l’âme humaine, que ça ne va bien se finir, ou si peu, qu’on va plus glacer que frémir. L’autrice prend toujours le temps de poser une ambiance, une atmosphère dans laquelle le lecteur s’englue au fur et à mesure de sa lecture. La tension est là, monte et monte encore, on ne pourrait presque pas expliquer pourquoi.

Ce quatrième roman ne fait pas exception à la règle. L’intrigue en elle-même est assez compliquée à expliquer tant tout repose sur la touffeur de l’air, la sècheresse de la plaine, les bêlements des brebis, les aboiements des chiens, le ronronnement du poêle, les cavalcades des chevaux, le claquement des mains et des poings sur les corps, les cris, la mine renfrognée de la mère, le mutisme d’un fils, l’absence d’un père, l’argent qui file entre les doigts, le soleil écrasant, le vent qui souffle… et la poussière, toujours la poussière.
« 



Chronique de Sally Rose

La Patagonie, de nos jours.

Nous sommes dans la pampa, loin de la civilisation des grandes villes. La mère et ses quatre enfants tentent de maintenir leur activité traditionnelle d’élevage de bovins/ovins malgré la concurrence des procédés industriels.

La mère est d’un autoritarisme intransigeant, les enfants ont un statut d’esclaves. Ils se battent entre eux, ou plutôt les aînés battent les plus jeunes comme plâtre. La mort n’est jamais loin.

Les chevaux, la sueur, les courbatures du dur labeur, la cruauté des plus forts sur les plus faibles, le lecteur est plongé dans une ambiance western, rude et coupante comme les cailloux.

Un jour, des chevaux s’échappent. En partant à leur recherche, le plus jeune reviendra avec une arme bien plus redoutable que le fouet ou le couteau.

Mais quelle que soit l’issue des combats à mener, il (ne) reste (que) la poussière.

Encore une fois et dans un genre toujours nouveau, Sandrine Collette créé une atmosphère, brosse des personnages improbables et campe une intrigue digne des tragédies grecques.

J’adore

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