JEUX LIT AVEC SALLY : Mansfield Park de Jane Austen

C’était une des lectures communes du mois de décembre

Deux lectrices partagent leurs impressions

Fanny Price souffre d’une disgrâce majeure – Jane Austen l’annonce d’emblée – elle est pauvre. Elle n’est en outre ni jolie ni brillante, mais timide et effacée. Recueillie par charité à Mansfield Park, la splendide demeure de sir Thomas Bertram, Fanny y est négligée, voire maltraitée. Mais elle va effectuer une ascension inattendue. Et cette évolution semble reposer sur ses seuls mérites, sa rigueur, son jugement infaillible, son indépendance d’esprit. On a dit que ce roman était l’une des œuvres majeures de la littérature occidentale, l’une des premières à se pencher sur la personnalité au sens moderne du terme. Jane Austen y excelle à confronter diverses sphères sociales, à peindre des personnages dont les qualités ne sont qu’un vernis, tandis que Fanny, sa discrète héroïne, observe, résiste et ne transige pas. Traduction et édition de Pierre Goubert, professeur émérite à l’Université de Rouen. Préface de Christine Jordis.

Roman de 720 pagesSe le procurer

Chronique de Audrey

Mansfield Park, c’est l’histoire de Fanny Price, petite fille d’une famille un peu désargentée recueillie fort heureusement par sa parentèle d’un standing bien supérieur et résidant à Mansfield Park. D’une timidité maladive et toujours prompte à penser qu’elle doit passer après tout autre – ce qui n’est pas sans rappeler ce que lui martèle l’industrieuse tante Norris – Fanny se retrouve esseulée mais bientôt revigorée par la présence d’un cousin attentionné, Edmond Bertram. Grandissant, s’épanouissant, la venue d’une fratrie, les Crawford, vient mettre en péril son bonheur quotidien.

Non sans talent, Jane Austen nous dépeint cette société, n’hésitant pas à caricaturer à l’extrême certains de ces personnages. J’apprécie vivement cette narration toute en dérision qui est présente dès que l’on aborde l’ignoble Tante Norris à qui on donnerait bien des claques! On secouerait un peu Fanny, aussi. Mais en cela, l’auteure suit son caractère. Toutes les personnalités sont travaillées. le schéma reste le même : une héroïne, des scandales avec des amours bien compromettantes, un happy end pour les méritants. Le ton de l’humour est présent. La plume est magnifique. Je remercie Josette Salesse-Lavergne pour la qualité de sa traduction.

Pourtant si Jane Austen est sans conteste l’une de mes auteures préférées, ce roman ne parvient pas à atteindre les 5 étoiles à mes yeux. Premièrement, je le trouve un peu long. Les derniers chapitres, ceux à Portsmouth, lorsque Fanny retrouve sa famille un brin tapageuse et ne vit que de lettres, est le passage qui me plaît le plus. Le personnage de Fanny, parangon de vertu, est un personnage auquel j’ai dû mal à m’attacher. Et surtout cette histoire d’amour Edmond / Fanny est loin de me transporter, surtout le final. Grand romantique dans le fond, on est loin du couple Darcy/ Elizabeth. Mais ces détails relèvent plus de mon goût personnel et n’enlèvent rien au talent de romancière de Jane Austen.

Le mot de Sally Rose

J’ai abandonné au bout de 150 pages. Je n’ai pas été aussi sensible à l’humour que dans Raison et Sentiments et je me suis vite ennuyée dans ces descriptions détaillées des caractères de chacun. Par ailleurs, j’ai trouvé que Fanny est un personnage plutôt fade, je n’ai pas trouvé d’intérêt à poursuivre la lecture de ses aventures (trop plates à mon goût)

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s