Brother de Nathalie Capitaine

Chronique de AMR

Je remercie NetGalley pour l’envoi de ce roman de Nathalie Capitaine que j’ai reçu et lu sous son ancien titre, Mon Amoco Cadiz, un titre qui me rappelait l’échouage du pétrolier éponyme et la terrible marée noire qui avait suivi. Depuis, il a été réédité avec un titre qui me parle beaucoup moins, Brother.
Car il s’agit bien du récit de cet événement, sous forme de fiction pour la jeunesse, en donnant la parole au pétrolier : Si le pétrolier avait eu une conscience, une pensée, une âme, qu’aurait-il ressenti, pensé et dit au moment des faits ?
 
Donner la parole au bateau permet de faire revivre le naufrage de l’intérieur. C’est une démarche plausible pour s’adresser à des enfants ou de jeunes adolescents. Dans ce livre, les bateaux ont des réactions physiologiques, ils soupirent avec leurs soupapes, râlent avec leurs sirènes, saignent en perdant leurs fluides hydrauliques, gémissent quand les vaguent déforment leurs tôles ; ils communiquent par télépathie avec leurs pilotes et leurs capitaines. Ils éprouvent des sentiments, ont peur, doutent… Paradoxalement, la sincérité de l’Amoco Cadiz peut toucher et émouvoir.
L’auteure aurait pu tomber dans une certaine facilité mais a essayé de donner une vraie signification au pacte de lecture qu’elle nous propose. Le déroulement de l’échouage et du naufrage est fidèle à la réalité même si certains ajouts fictifs visent surtout à illustrer et à mettre en lumière les dysfonctionnements, manquements et responsabilités à tous les niveaux.
Le titre actuel renvoie à la fratrie des pétroliers Amoco, au sein de laquelle, très rapidement, Cadiz fait figure de vilain petit canard puisque ses problèmes de gouvernail étaient connus. Papa Amoco et Maman Standard Oil s’enrichissent grâce au labeur de leur progéniture, qui vogue sur les mêmes trajets quels que soient la météo ou leur état d’entretien.
 
J’ai lu ce court roman en une soirée sans être réellement convaincue, même si je reconnais l’originalité de la focalisation choisie.
Le dénouement qui développe l’idée que les bateaux entrent dans la postérité quand ils font naufrage passe trop sous silence l’impact de la marée noire qui a suivi ; s’il s’agit vraiment ici de faire prendre conscience aux enfants que, plus de quarante après, de telles catastrophes nous menacent, encore et toujours, en vertu de la notion de profits des multinationales, des lobbies et des grandes compagnies pétrolières, il fallait aller plus loin dans le développement.
L’auteure présente elle-même son livre comme un hommage au pétrolier, une « version dénaturée » des évènements. Cette déformation, altération, a sans doute trop pesé sur mon ressenti.

Cette lecture valide :

La consigne n°21 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : 7 ans nous séparait, pourtant, lui et moi, avions eu le même destin. Mais lui, ne s’en est pas tiré à bon compte. Il est mort, 7 ans avant que je naisse. Quand je suis née, son nom, son sort, son Histoire, je l’ignorais. Je ne l’ai su que quand j’ai grandi. Son nom, me faisait peur. Il était synonyme de catastrophe: »—Tu as créé une marée noire! Et les poissons, et les oiseaux, tu n’en as rien à faire!! » disais-je à chaque fois que j’écoutais ce disque qui parlait de lui. Furieuse, je l’ai oublié. On s’est séparé. Je le pensais définitivement mort, perdu dans ma mémoire. Quand je suis tombée sérieusement malade, moi aussi, j’ai failli y rester. Mais je m’en suis sortie. Puis, au bout de vingt ans, voilà que l’on fête son anniversaire, cet anniversaire n’a rien de joyeux. Les gens qui étaient là lors du naufrage, s’en souviennent. Et moi qui n’étais pas là, je l’ai pourtant retrouvé. « —Je te pardonne! J’étais naïve, à douze ans! Maintenant, je veux te connaitre mieux, je veux essayer de te comprendre! Pourquoi mentionne t’-on toujours ton nom avec crainte, lorsque l’on parle de marée noire? » J’en ai visionné des reportages, j’en ai lu des articles de presse, des livres…et j’ai appris que lui aussi, avait eu, la même maladie que moi. J’ai compris que ce pétrolier, l’AMOCO CADIZ, n’avait rien de terrifiant. C’était un pétrolier malade, hémiplégique, handicapé, que l’on a fait travaillé jusqu’à la mort. Celui qui m’inspirait de la tristesse, de la crainte, de la colère, m’inspire à présent de la compassion, de la peine. Il est plus qu’un simple navire, pour moi. Il a une conscience, une pensée, une âme…Il est mon frère.

Roman de 97 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. A découvrir 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé Sureau Vanille de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

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