Va et Poste une sentinelle de Harper Lee

Chronique d’Amélie

Notre bien-aimée Scout a bien grandit. Elle vit désormais à New York et retrouve Maycomb pour une brève visite. Au détour de tous ces gens, de tous ces lieux patinés de cette saveur d’enfance que l’on retrouve avec délice, elle va expérimenter des émotions inédites : se révéler à elle-même, grandir beaucoup et s’émanciper de l’ombre du père. Un père idéalisé par ses yeux d’enfants dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, qui descend de son piédestal avec la violence de l’inattendu.
Harper Lee dépeint avec maestria ce tsunami intérieur de la désillusion dans une habile balade mélancolique empreinte des marqueurs sudistes bien identifiables de l’Alabama. Sur un fond de révolte autour de la question des droits civiques, et dans l’attente de l’inévitable affrontement on fait bloc avec notre héroïne, on bouillonne, on se remémore à ses côtés les années d’insouciance comme si on y avait goûté. Et pourtant…L’envolée lyrique semble courte, l’insatisfaction gronde et finalement : non !
Lorsque la chanson se termine, il est temps de se rendre compte que, pour le lecteur aussi, Harper Lee a brûlé les idoles. Pas seulement Atticus Finch, mais Scout aussi. On l’aurait souhaité plus combative, moins encline à certaines concessions intellectuelles. On aurait voulu que des Noirs soient invités à la table des débats ou que leur absence soient un motif supplémentaire d’indignation tout du moins. Autre temps, autre mœurs pensera-t-on alors… Comment mieux connaître le sentiment éprouvé par Scout qu’en l’expérimentant soi-même en parallèle? Tandis qu’elle s’affranchit de son identification au père, nous nous affranchissons de la notre envers elle. Et, de la même façon, notre indépendance acquise, nous lui réservons toujours une tendre affection.  




Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Milieu des années 1950. Jean Louise Finch, dite « Scout »,  est de retour à Maycomb, sa petite ville natale de l’Alabama, pour rendre visite à son père, Atticus. La nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l’a façonnée mais dont elle croit s’être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit… En 2015, Harper Lee a créé la surprise en publiant un second roman, suite de l’incontournable best-seller, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, où l’on retrouve l’inoubliable héroïne Jean Louise, vingt ans après. Chronique douce-amère de l’adieu à l’enfance, entre tendresse et férocité, espoir et désenchantement, Va et poste une sentinelle a été écrit avant le livre culte, prix Pulitzer en 1961.   Passionnant ! Olivia de Lamberterie, Elle. Une fiction poignante, qui retrace un malaise d’autant plus profond qu’il reste incompris. On tient là un nouveau classique. François Vey, Le Parisien magazine.

Roman de 352 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. À découvrir 🤗

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