JEUX LIT AVEC SALLY : L’Été meurtrier de Sébastien Japrisot

C’était une des lectures communes du mois de juillet

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

«J’ai dit d’accord. Je suis facilement d’accord sur les choses. Enfin, je l’étais avec Elle. Une fois, je lui ai donné une gifle et, une fois, je l’ai battue. Et puis, je disais d’accord. Je ne comprends même plus ce que je raconte. Il n’y a qu’à mes frères que je sais parler, surtout le cadet, Michel. On l’appelle Mickey. Il charrie du bois sur un vieux Renault. Il va trop vite, il est con comme un verre à dents.» Lisez la suite. Ce roman vous tiendra en haleine jusqu’au bout…

Roman de 448 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Cette année-là, Eliane, dite Elle, a choisi de savourer la sienne dans la chaleur de l’été. Son plan, elle l’a bien huilé; les protagonistes, elle les a choisis depuis longtemps. Elle veut qu’ils souffrent, tous autant qu’ils sont. Pour racheter le passé, pour retrouver l’innocence de l’enfance, pour qu’arrivent à nouveau des jours heureux. La mécanique est en marche, Florimond, dit Pin-Pon, est le premier domino à faire tomber…
Diablement efficace, le roman de Sébastien Japrisot donne la parole à certains acteurs de la tragédie qui s’est jouée cet été là. Si on sent d’emblée que Pin-pon s’adresse à quelqu’un, on imagine plutôt Eliane se parler à elle-même. Pour accentuer la crédibilité, chaque personnage, et donc chacune des parties qui lui est consacrée, a son propre style: un peu naïf et premier degré pour Pin-pon, assez décousu et chaotique pour Eliane. Deux autres personnages interviendront, apportant un éclairage sur un petit bout du récit.
Il faut donc se faire au style de l’auteur, qui intègre les dialogues à la prose uniquement quand c’est bien nécessaire. Ce qui donne un récit assez dense, qui fourmille d’informations diverses et variées, alterne les points de vue sur quelques événements identiques et qui se lit presque d’une traite, en retenant son souffle. Au lecteur de tenter de faire les connexions et de reconstruire ce qu’il s’est passé cet été là. Ce ne sera que dans les toutes dernières pages que la lumière se fera, mettant à plat toutes les dimensions de la tragédie.

Comme on est dans la tête des personnages, il est assez simple d’entrer en empathie avec eux. Et ce n’est pas parce qu’on parle d’empathie qu’on est obligé de les aimer. D’ailleurs, je n’en ai aimé aucun à part la tante sourde que j’ai trouvé touchante. Et c’est ça le génie de l’écrivain qui parvient à vous faire accrocher à un bouquin, vouloir à tout prix connaître le sort de personnages que vous n’aimez pas, que vous trouvez limite sordides. L’intrigue est poisseuse, collante comme la transpiration des étés chauds, entêtante comme les mouches qui bourdonnent au-dessus des assiettes sales, étouffante comme ces journées oubliées de la brise,… on espère la fin, pour enfin respirer, prendre une goulée d’air, et on aura juste la respiration coupée.

Chronique de Sally Rose

C’est un roman qui fait honneur à la littérature noire.
Style, vocabulaire, personnages, construction, sentiments, tout y est magnifié.
Le film avait été adapté par l’auteur et eu beaucoup de succès. Je l’ai revu dans la foulée de ma lecture, il est vrai qu’il suit bien le roman même si, bien sûr, la fin a été quelque peu modifiée.
Comme souvent, néanmoins, le roman reste plus riche est à découvrir absolument.

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