Jackpot à Pau de Bernard Maignent

Chronique d’AMR

Je remercie NetGalley France et les éditions Bookelis pour l’envoi de ce roman policier de Bernard Maignent dont le titre tout en allitération me plaisait bien déjà ne serait-ce qu’à l’oreille…
De plus, Jackpot à Pau se passe au cœur des Montagnes pyrénéennes, dans une belle ville chargée d’histoire.
 
Tout commence par la découverte d’une voiture calcinée, avec deux cadavres à l’intérieur, par un berger de retour de la transhumance avec son troupeau de brebis. L’enquête conjointe de la police et de la gendarmerie va se révéler particulièrement complexe et source de ramifications auxquelles seront mêlés les dealers de drogue locaux, les services municipaux, l’Église… Ainsi que l’annonce la quatrième de couverture, « cette affaire sent le soufre, les euros et les magouilles, jusqu’au cœur du pouvoir ». 
 
Au début, j’ai trouvé les intitulés des chapitres un peu trop méthodiques et « scolaires » : découverte des corps, arrivée des gendarmes, présentation du nouveau commissaire fraichement débarqué et peu familier des lieux et des habitudes locales, la première identification… Je trouvais ces titres redondants et divulgâcheurs de suspense.
En outre, le personnage principal, ce nouveau commissaire muté de Paris à Pau à la suite d’une affaire galante m’agaçait prodigieusement par son côté chaud-lapin, séducteur et par la réputation sulfureuse d’homme aux multiples conquêtes de femmes mariées qui le précédait…
Enfin, j’ai souri jaune devant certaines remarques sur la difficulté de gérer du personnel féminin mises dans l’esprit et la bouche du commissaire…
 
Et puis, je dois avouer que le talent de Bernard Maignent a su m’accrocher à son récit. Le côté scolaire est devenu didactique et j’ai apprécié les descriptions de la ville de Pau, les détails techniques de la collaboration entre les différents services de police et de gendarmerie…
L’enquête est menée dans un subtil mélange d’actions et de travaux de fourmis besogneuses et rend hommage à différentes approches et à des savoir-faire complémentaires. Les interrogatoires des suspects sont réalistes et très bien théâtralisés.
La mise en scène et en situation, dans les méandres de l’intrigue, de François Bayrou, un maire de Pau de renommée nationale, qui s’immisce dans les investigations de la police et de la gendarmerie, donne une certaine notoriété au récit, l’ancre et l’encre dans une certaine réalité. Ce personnage référentiel est ici un modèle d’intégrité, de dignité et de transparence, abordant ses missions de premier magistrat de la ville comme un sacerdoce, attitude remarquable alors que, paradoxalement, les gens d’église bottent en touche et réagissent avec hypocrisie. Même si Bernard Maignent se moque gentiment de l’homme politique, amoureux de sa ville, et de ses monologues lyriques, on sent un profond respect de l’auteur pour le maire de Pau. Par contre, Emmanuel Macron est légèrement moqué dans une scène coquine particulièrement savoureuse.
 
Au fur et à mesure de mon avancée dans cette lecture, de plus en plus captivante, même si je trouvais le commissaire toujours un peu trop entreprenant avec ses collègues féminines, j’appréciais ses efforts pour améliorer l’efficacité et les conditions de travail de ses collaborateurs, sa volonté de décloisonner les équipes et de valoriser les initiatives ; en effet, il repère vite les qualités et les défauts de chacun(e)s. Son professionnalisme est exemplaire et met ses défauts en sourdine. Ainsi, par exemple, il n’abuse pas du tutoiement pour s’adresser aux jeunes des cités, traite les prélats comme des hommes ordinaires, garde son indépendance vis à vis des enjeux de pouvoir…
J’avais toujours à l’esprit un effet d’annonce au quatrième chapitre prédisant que cette première enquête à Pau marquerait un grand bouleversement dans sa vie ; mais ce n’est que dans le dernier tiers du roman qu’un air de romance viendra nuancer la tension et le suspense. Toujours est-il que ce personnage va évoluer, se montrer parfois ridicule ou fragile, émouvant même ; ses déboires de cycliste sont hilarants…
 
Le « jackpot » du titre laissait présager une belle combinaison de figures en vue d’un gros profit… Pari réussi pour Bernard Maignent ! Le cocktail trafic de drogue, mairie, église est détonnant…

Cette lecture valide :

La consigne n°32 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Au retour de sa transhumance, un berger découvre une voiture calcinée avec deux corps à l’intérieur. Affaire de drogue ? Règlement de compte ? De l’inattendu au cœur des montagnes pyrénéennes !
De quoi motiver le commissaire Laffitte, fraîchement débarqué à Pau et pas encore affranchi des coutumes locales. Comme l’idée que le maire de la ville, un certain François Bayrou, veuille mettre son grain de sel dans son enquête.
Tension, suspense et même romance hors des sentiers battus, cette affaire sent le soufre, les euros et les magouilles… jusqu’au cœur du pouvoir.
Bernard Maignent signe ici son second ouvrage après Meurtre à la grenouille, paru chez Libréditions en 2018.

Roman de 287 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. À découvrir 🤗

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