Un Fils parfait de Mathieu Menegaud

Chronique d’Amélie

Il est brillant, cultivé, attentionné, mais sous le vernis des apparences se terre un monstre. Dans la lettre que Daphné écrit à la mère de son époux pour lui exposer la face cachée de ce fils parfait, nous revivons avec elle son calvaire.
L’identification n’a pas du tout fonctionné pour ma part, Daphné est l’archétype de la bourgeoise déconnectée qui vit dans sa bulle et pense que son élocution et sa tenue impeccable la placeront à l’abri des problèmes, ou qu’à défaut ses mots seront paroles d’évangile. Que la police soit sceptique face à une prolo probablement un peu alcoolique et sûrement analphabète soit, mais qui oserait mettre en doute ce qui provient de son noble nom à particule ? J’exagère à peine. Cette assurance sera d’ailleurs l’une des causes des pires maladresses et la placeront dans une position effroyable.
Si la sympathie s’éloigne de page en page, l’empathie en revanche prend de l’ampleur. À ses côtés on ressent révolte, impuissance et rage viscérale. On devient cette femme hystérique que personne ne croit et surtout on tremble pour ses deux petites filles déboussolées dans une situation traumatisante.
Certains dysfonctionnements de la machine judiciaire sont énormes et à juste titre pointés du doigt de manière pertinente.
Il y a de très bonnes choses dans ce livre, l’écriture en premier lieu, l’aspect psychologique qui nous fait vraiment passer par toutes les émotions, évidemment l’aspect juridique et la complexité de la situation. Mais j’en ressors un peu mitigée car le caractère autocentré de Daphné fait que cette lettre ne donne finalement qu’une vision étriquée taillée dans le vif de l’émotion. C’est ce qui fait sa force, certes, mais cela créé également le regret de ne pas avoir une analyse plus fine, plurielle et qui saisirait davantage les dilemmes d’une justice ou des proches qui ne disposent pas des données capitales que Daphné, seule, a recueillies.  

Cette lecture valide :

La consigne n°1 du défi Les Rougon-Macquart

A propos du livre :

Résumé : Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu’on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu’il a menti sur tout, tout le temps ? Qu’il va falloir se résoudre à affronter celui qu’on a tant aimé dans une lutte sans merci ? Inspiré d’une histoire vraie, le récit poignant du combat d’une mère contre la machine judiciaire. Mathieu Menegaux est né en 1967. Son premier roman, Je me suis tue, primé aux Journées du Livre, est également disponible en Points.  » On sort secoué de ce récit vif, nerveux et haletant.  » Estelle Lenartowicz – Lire  » Un roman grave et magistral  » Prix Claude-Chabrol 2017 du roman noir

Roman de 168 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. À découvrir 🤗

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