JEUX LIT AVEC SALLY : Jane Eyre de Charlotte Brontë

C’était une des lectures communes du mois de mars

Nous étions trois lectrices à partager nos impressions

D’où vient que nous revenions toujours à Jane Eyre avec le même attrait ? Avec le sentiment d’y trouver le romanesque porté à un degré de perfection ? Le roman offre un concentré de ce que le genre peut produire : l’histoire d’une formation, l’affrontement d’un être solitaire avec sa destinée, la passion, la peur, le mystère. C’est la révolte d’une humiliée, d’une femme inconvenante parce qu’elle s’oppose aux hommes. Jane est sauvage, directe, déjà féministe. Face à elle, le «cygne noir», Rochester, séducteur sulfureux, sadique et tendre, père et amant. Cette voluptueuse autobiographie déguisée – derrière Jane, on devine Charlotte – donne l’impression d’une âme parlant à l’âme. Texte traduit et annoté par Dominique Jean. Édition dérivée de la Bibliothèque de la Pléiade. Préface de Dominique Barbéris.

Roman de 832 pagesSe le procurer

Chronique de Ptitmousse

La campagne anglaise, un manoir raffiné, une histoire d’amour, quelques secrets, vous pensez si j’ai aimé !

Oliver Twist, Harry Potter, Jane Eyre : il semble que les orphelins martyrisés soient décidément le lot des auteurs britanniques. Et ici, pour Jane, quel enfance misérable ! Où est-elle allée chercher tout ce malheur ? C’est tragique ! Que ce soit chez cette affreuse Mrs Reed ou dans l’institution, ce fut d’une tristesse à lire


Mais rapidement, ce fut un plaisir de ce plonger, de se couler dans cette ambiance. Il faut dire que c’est résolument romanesque. C’est exactement ce qui pour moi est un roman.
On n’a qu’une envie, revenir à sa lecture. Au début parce que toute cette misère est hallucinante et qu’on a hâte de voir comment Jane va s’en sortir. Puis, à partir du tiers, parce que le ténébreux Mr Rochester entre dans le jeu !

En revanche, les quelques aspects et scènes mystiques m’ont moins enthousiasmées. Enfin, concernant Jane, à au moins une reprise, elle m’a énervé : non, on ne fait pas ça ! Non, on ne part pas au nom d’une stupide loi morale ou religieuse ! Quand on aime profondément un homme et que lui aussi en retour vous aime, qu’il vous fait une telle déclaration non pas qui dure des minutes, des heures mais des jours, quand il est passionné, désespéré, abandonné (avouons-le on en rêve toutes de ce genre de déclaration !), et bien, on lui saute au cou, on l’embrasse et on reste !

Sinon, l’art du romanesque par excellence ! Une lecture de rêve !

Chronique de Sofinette

« Et dire que j’ai reculé pendant des années devant ce classique des classiques ! Il m’aura fallu cette LC pour enfin lire ce super chef-d’œuvre de la littérature britannique. Ne faites pas comme moi, à être intimidée par ce monument, c’est en fait une lecture très abordable, très fluide, captivante et émouvante !
Ce livre est présenté comme l’autobiographie de Jane Eyre, petite orpheline, qui est recueillie par sa tante où elle vit un peu « à la Cendrillon » avec ses vilaines cousines et son horrible cousin. Un jour où elle se rebelle un peu trop fort, sa tante l’envoie en pension très loin et elle y découvre des amies, des éducatrices et directrice attentionnées. Elle se passionne alors pour les études qu’elle termine brillamment 6 ans plus tard et devient elle-même Maîtresse de ce pensionnat de jeunes orphelines.
Au bout de deux ans, voulant ensuite voir du pays, elle passe une petite annonce et se retrouve institutrice particulière dans un château étrange, éloigné de tout, d’une petite orpheline recueillie par un châtelain bourru et célibataire endurci. Une relation étonnante va alors se lier entre la petite préceptrice et son maître. »

Chronique de Sally Rose

Elle est pauvre, orpheline et n’est pas jolie.
C’est ce qui s’appelle un mauvais départ dans la vie.
Élevée à la dure dans un pensionnat dont le gestionnaire a une tendance extrême à l’avarice, elle trouvera par la suite une place de gouvernante d’une charmante enfant. Celle-ci est la pupille du maître des lieux : Edouard Rochester.
Va s’en suivre une histoire d’amour torturée par les nombreux obstacles embusqués sur son chemin.
Roman romantique de la première moitié du XIXe siècle, Jane Eyre est une brique de bons sentiments et de tirades enflammées. De ce point de vue, j’ai retiré peu de plaisir de ma lecture.
En revanche, ce roman dresse le portrait d’une femme digne et courageuse, refusant les faiblesses de sa condition, jouant de la force de sa morale et de ses principes pour rester indépendante, autonome, maîtresse de ses choix.
Il reste que le bonheur semble ne pouvoir être accessible qu’après de nombreuses souffrances. C’est assez moralisateur mais sans doute assez vrai avec de fortes nuances.
C’était une relecture. Je suis plutôt satisfaite d’être allée au bout de ces 800 et quelques pages.

3 commentaires sur “JEUX LIT AVEC SALLY : Jane Eyre de Charlotte Brontë

    1. Je l’avais lu adolescente et je n’en avais gardé aucun souvenir si ce n’est celui d’une lecture fastidieuse. Beaucoup d’années plus tard, j’ai voulu (re)découvrir cette œuvre. Mais cette fois-ci, c’est fini ! ☺

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