JEUX LIT AVEC SALLY : Un livre québécois

C’était le thème du club de lecture du mois d’août

Nous étions 5 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Nitassinan, août 1936. Sur ordre du gouvernement canadien, tous les jeunes Innus sont arrachés à leurs familles et conduits à plus d’un millier de kilomètres, dans le pensionnat de Fort George, tenu par des religieux catholiques. Chaque jour, les coups pleuvent : tout est bon pour « tuer l’Indien dans l’enfant ». Montréal, 2013. L’avocate Audrey Duval recherche des survivants. Dans une réserve de la Côte-Nord, elle rencontre Marie, une vieille Innue, qui va lui raconter tout ce qui s’est passé à Fort George, les violences au quotidien, mais aussi l’amour et l’amitié. Un roman d’une grande sensibilité qui dévoile un pan méconnu de l’histoire des Amérindiens du Québec, par l’auteur de Kukum.

Roman de 268 pages – se le procurer

La Chronique dAmélie

Ceux qui ont eu le bonheur de lire « Kukum » ne me contrediront sans doute pas, entrer dans la culture innue par cette porte fut une expérience intense, belle, douce. Suivre à pas de velours les traces d’Almanda reste et restera un sentiment unique dans ma vie de lectrice.
On y percevait pourtant dans sa deuxième partie une bonne part du lugubre destin que le pays réservait à ses autochtones et à leur terre. Déjà c’était un déchirement, mais rien de comparable avec la lecture de « Maikan ».

Dans la nouvelle parution de la collection Talismans, Michel Jean se rend cette fois au cœur de l’ignominie.

Dans une obsession de destruction culturelle, plus proprement renommée « assimilation », le gouvernement Canadien s’est octroyé le droit de séparer des enfants autochtones de leurs familles. Les envoyant dans des pensionnats religieux dont le rôle était de « tuer l’indien dans l’enfant », il les a ainsi exposés à de nombreuses tortures physiques et morales.

Là où tout n’est que brutalité, violence et domination, Michel Jean ose s’armer d’un style délicat et pudique. L’effet obtenu, loin d’atténuer la colère du lecteur, intensifie le sentiment d’injustice qui suppure de toutes ces blessures inqualifiables assénées aux corps et aux âmes.

Par le biais des histoires croisées d’une avocate énergique et de trois pensionnaires définitivement marqués par leur vécu dans le pensionnat de Fort George, les pages se tournent tandis qu’un sentiment doux-amer s’installe. Certaines choses ne peuvent être réparées, mais elles doivent être racontées.

J’ai été particulièrement émue par Marie, Virginie et Charles, qui dans la douleur ont su puiser la lumière les uns dans les yeux des autres et l’apaisement dans la chaleur d’un geste. J’ai aimé voir peu à peu Audrey afficher un visage plus doux, plus empathique et montrer qu’elle n’était pas qu’une exécutante armée d’une bonne intention de façade.

Ce livre vous mettra en rage, mais lisez-le !

Maggy a lu

Résumé : Une île non loin de Québec où les étés ont des allures de paradis. C’est là que les cinq enfants Miller, bientôt six, grandissent entourés d’amour, dans une maison aux portes ouvertes en grand. C’est que Gabrielle, leur mère, et Edward, leur père, n’hésitent pas à accueillir ceux dont la fortune, contrairement à la leur, n’a pas survécu au krach de 1929. Dans une société encore très puritaine dominée par une Église implacable pour les femmes, Gabrielle défend farouchement son clan et ce goût du bonheur qu’elle transmet à ses enfants aussi passionnés d’elle. « Marie Laberge signe une fresque vivante et généreuse. » Michel Grisolia – L’Express

Roman de 896 pages – se le procurer

La Chronique de Maggy

Je vais aller un peu à contre-courant des traditionnelles critiques écrites pour cette trilogie.
Je dois bien avouer que le contenu n’est pas inintéressant car beaucoup de thèmes sont abordés, sous l’angle canadien de surcroît. Donc, les ingrédients étaient là pour que je passe un bon moment: la condition de la femme dans les années 1930, le combat des suffragettes, les difficultés à allier religion et vie de couple, … le tout parsemé d’expressions québécoises. Mais finalement, j’ai eu l’impression de lire un roman de mœurs, et il faut bien avouer que durant le premier tiers je me suis franchement ennuyée.


Sans remettre en cause la qualité d’écriture de l’autrice, je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages et j’ai trouvé qu’il y avait vraiment trop de longueurs. La deuxième moitié m’a davantage intéressée, sans pour autant me captiver.
Bref, une déception qui ne me pousse pas à découvrir la suite de la série.


Priscilla a lu

Résumé : L’amour ne se rêve pas, il se vit ! Alors qu’elle s’attend à une demande en mariage, Sarah, pétillante trentenaire, tombe de haut lorsque Gabriel lui annonce qu’il la quitte. Profondément blessée par cette trahison, elle prend une décision radicale : se jeter à corps perdu dans son agence de relations publiques. Sept ans plus tard, Sarah enchaîne les succès professionnels et assume son célibat qui la protège d’une nouvelle désillusion amoureuse. Mais est-il si simple de renoncer à l’amour ?

Roman de 348 pages – se le procurer

La Chronique de Priscilla

J’aime bien ces histoires qui parlent d’amour mais sans romance 😁


Sarah, l’héroïne, est à la fois attachante, drôle, intéressante, intelligente, et surtout tout à fait crédible ( critère très important à mes yeux !)


L’auteure, elle, sait parfaitement faire passer des émotions et des messages forts tout en légèreté, avec une petite touche de cynisme qui me plaît particulièrement bien.


Pour résumer le fond est sympa, la forme tout autant…il y a donc de quoi passer un bon moment de lecture ! Pour moi ça l’a été en tout cas 🙂

Sofinette a lu

Résumé : Né en 1185 en pays Cathare, Gondemar, fils du seigneur de Rossal, n’est pas un enfant comme les autres. Il est né voilé, signe de malédiction. À 14 ans, il fait la connaissance de Bertrand de Montbard, ancien templier et maître d’armes redoutable qui protège le village des brigands. Au fil des années, Gondemar devient un guerrier féroce. Jusqu’au jour où il est assassiné. Après un séjour en enfer, il revient d’entre les morts avec pour mission de protéger  » la Vérité « . L’enjeu de cette quête où vont s’affronter Cathares, Templiers, Croisés et Parfaits : le salut de son âme !  » Impossible de lâcher ce thriller ésotérique nourri de détails sur le quotidien des seigneuries et les jeux de pouvoirs entre l’Église et les rois.  » Ça m’intéresse

Roman de 544 pages – Se le procurer

Chronique de Sofinette

Fils inespéré du vieux seigneur Florent de Rossal, Gondemar nait « voilé » et est donc décrété damné par tout le monde. Craint ou ignoré, il grandit solitaire auprès d’un père qu’il trouve trop faible envers ses serfs. Suite à une attaque de brigands qui massacrent et vandalisent la seigneurie de Rossal, Florent embauche un vieux soldat pour faire l’éducation militaire de son héritier. Eduqué à la dure, le petit Gondemar se révèle un tyran qui prendra la place de son père et mènera sa seigneurie à sa perte. Au cours d’un combat vengeur avec les brigands qui avaient attaqué son village. il meurt et se retrouve aux portes de l’Enfer où un archange lui propose un marché : revenir sur terre pour sauver son âme en défendant la Vérité.
Nous retrouvons donc notre tyran dans le Sud Ouest de la France où, de croisé en chasse des hérétiques, il se retrouve à devoir prendre la défense de ces mêmes cathares…
J’avais découvert Hervé GAGNON, auteur canadien, avec la série Malefica que j’avais adorée. Je retrouve avec délice cette écriture fluide et très référencée historique avec cette fois-ci comme toile de fond, la croisade contre les Cathares au XIIe siècle. »

Sally Rose a lu

Résumé : Dans un monde hostile et froid, où règnent la misère et l’obscurité, des enfants cherchent, à l’ombre de leur grand-mère toute-puissante, à préserver coûte que coûte le feu de leur rébellion et de leur désir d’innocence. Né par un matin d’hiver, Emmanuel réussira-t-il, au terme de sa première saison d’existence, à poursuivre cette lutte farouche pour la vie par la révolte, par la poésie et par l’amour ? Née en 1939 au Québec, Marie-Claire Blais est l’autrice d’une œuvre romanesque, poétique et théâtrale reconnue et récompensée dans le monde entier.  » C’est l’explosion d’une telle accumulation de forces que nous en demeurons étourdis… Le génie est là…  » Le Figaro  » L’autrice québécoise vivante la plus acclamée par la critique.  » The New York Times

Roman de 192 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Emmanuel nait un matin d’hiver dans une famille nombreuse et pauvre du Québec.
Je n’ai pas relevé d’élément qui permette de dater le récit mais ça doit être fin XIXe ou début XXe.
Durant cet hiver, quelques changements vont intervenir dans cette famille mais rien d’exceptionnel si on considère comme banals le décès d’adolescents et la vie dépravée de certains moines.
Car l’objet du roman est, me semble-t-il, d’aborder les sujets de la maladie, de l’inceste et de la pédophilie dans un environnement pauvre, misérable.
Je dis, me semble-t-il, car j’ai trouvé le récit assez brouillon avec des passages narratifs et des extraits de journal intime, des allers-retours dans la chronologie mais sans repères, je me suis perdue plus d’une fois.
Bien qu’il soit court, ce roman a été difficile à lire car trop confus à mon goût.

Un Fils parfait de Mathieu Menegaud

Chronique d’Amélie

Il est brillant, cultivé, attentionné, mais sous le vernis des apparences se terre un monstre. Dans la lettre que Daphné écrit à la mère de son époux pour lui exposer la face cachée de ce fils parfait, nous revivons avec elle son calvaire.
L’identification n’a pas du tout fonctionné pour ma part, Daphné est l’archétype de la bourgeoise déconnectée qui vit dans sa bulle et pense que son élocution et sa tenue impeccable la placeront à l’abri des problèmes, ou qu’à défaut ses mots seront paroles d’évangile. Que la police soit sceptique face à une prolo probablement un peu alcoolique et sûrement analphabète soit, mais qui oserait mettre en doute ce qui provient de son noble nom à particule ? J’exagère à peine. Cette assurance sera d’ailleurs l’une des causes des pires maladresses et la placeront dans une position effroyable.
Si la sympathie s’éloigne de page en page, l’empathie en revanche prend de l’ampleur. À ses côtés on ressent révolte, impuissance et rage viscérale. On devient cette femme hystérique que personne ne croit et surtout on tremble pour ses deux petites filles déboussolées dans une situation traumatisante.
Certains dysfonctionnements de la machine judiciaire sont énormes et à juste titre pointés du doigt de manière pertinente.
Il y a de très bonnes choses dans ce livre, l’écriture en premier lieu, l’aspect psychologique qui nous fait vraiment passer par toutes les émotions, évidemment l’aspect juridique et la complexité de la situation. Mais j’en ressors un peu mitigée car le caractère autocentré de Daphné fait que cette lettre ne donne finalement qu’une vision étriquée taillée dans le vif de l’émotion. C’est ce qui fait sa force, certes, mais cela créé également le regret de ne pas avoir une analyse plus fine, plurielle et qui saisirait davantage les dilemmes d’une justice ou des proches qui ne disposent pas des données capitales que Daphné, seule, a recueillies.  

Cette lecture valide :

La consigne n°1 du défi Les Rougon-Macquart

A propos du livre :

Résumé : Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu’on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu’il a menti sur tout, tout le temps ? Qu’il va falloir se résoudre à affronter celui qu’on a tant aimé dans une lutte sans merci ? Inspiré d’une histoire vraie, le récit poignant du combat d’une mère contre la machine judiciaire. Mathieu Menegaux est né en 1967. Son premier roman, Je me suis tue, primé aux Journées du Livre, est également disponible en Points.  » On sort secoué de ce récit vif, nerveux et haletant.  » Estelle Lenartowicz – Lire  » Un roman grave et magistral  » Prix Claude-Chabrol 2017 du roman noir

Roman de 168 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. À découvrir 🤗

Le Chant d’Achille de Madeline Miller

Chronique d’Amélie

On retrouve chez Madeline Miller un parti pris évident, celui que l’auteur d’un récit n’en donne que sa vision. Aussi, l’autrice se plaît à réécrire les mythes homériques en décalant le regard.
Comme dans Circé (qu’elle a écrit par la suite mais que j’ai lu précédemment), elle donne ici corps et voix à un personnage mineur. En lui offrant l’héroïsme, elle en redéfini la valeur. Pour en être digne, être faible ou disgracieux n’est plus un obstacle, pas plus qu’il n’est exigé de lui de triompher d’un ennemi par le sang ou la ruse, mais il doit savoir faire appel à son cœur et à son sens de la justice.
Pour ce roman construit autour de la célèbre Guerre de Troie, Hélène, Pâris et Ménélas deviennent quantité négligeable, Miller s’intéresse à Achille et plus particulièrement à la colère foudroyante qui s’empare de lui à la mort de Patrocle, amorçant l’épilogue d’une bataille rangée qu’on annonçait fulgurante et qui dura plus de dix ans (environ le temps qu’il lui aura fallut pour mûrir son roman).
Là où Homère suggérait pudiquement une forte intimité entre les deux hommes laissant à ses lecteurs le soin d’en déterminer la nature, dans « Le chant d’Achille », Madeline Miller leur érige une histoire d’amour incandescente dont la franchise, la communication et une fascination mutuelle sont les maîtres mots.
Le pari de faire de Patrocle le narrateur de l’histoire était osé et je dois dire que pendant une bonne partie du roman il s’est avéré incompréhensible à mes yeux. Si les débuts annonçaient un aspect psychologique intéressant avec un Patrocle méprisé par son royal père, déchu et exilé suite à un meurtre accidentel, isolé parmi les protégées du roi Pélée; dès lors qu’il devient le compagnon privilégiée d’Achille les choses se gâtent (à moins de nourrir un intérêt privilégiée pour les romances). Bien vite et pour bien trop de pages, Patrocle n’est que l’ombre nébuleuse qui accompagne Achille. Tandis que le second, sujet de toutes les prophéties, éveille notre intérêt de part la pression maternelle qu’il subit et les choix qui l’attendent, on se contente d’errer dans les pensées de celui qui le contemple. S’il y a peut-être, en effet, un problème de rythme, là résident pourtant les bases de ce qui en fera un roman émouvant et non une énième version épique d’un épisode trop connu.
Îlot intarissable d’humanité au beau milieu des caprices divins, des princes avides d’honneurs et des prophéties assassines, Patrocle étincelle et devient sous la plume magnifiquement moderne de l’autrice, la plus belle arme d’Achille vers la gloire qui lui était promise.  

Cette lecture valide :

La consigne n°26 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis à la gloire des immortels. Mais, grandissant côte à côte, un lien se tisse entre ces deux êtres si dissemblables. Quand, à l’appel du roi Agamemnon, les jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles.  » Impossible de lâcher ce livre. Toute la sauvagerie et le frisson de l’Antiquité.  » Donna TARTT  » Éprise de ses personnages, l’auteure ramène à la vie les statues antiques. Et l’on sort de son livre avec une grande envie de se replonger dans Homère.  » Le Monde Cet ouvrage a reçu le Orange Prize for fiction

Recueil de 480 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

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Le Vol des éphémères de Clément Chéné

Chronique d’Amélie

Si vous avez grandi à la campagne, ou même si vous y avez passé vos vacances en compagnie des enfants du cru, vous ne manquerez pas de retomber en enfance en lisant « Le vol des éphémères ».
En compagnie de Marc, Lilian, Jéjé et Bernard, vous redeviendrez, l’espace d’une parenthèse littéraire, l’un de ces gamins de la bande qui vit chaque heure de chaque jour comme une aventure à une période bien éloignée de tout téléphone portable ou réseaux sociaux. Une ambiance éminemment séduisante comme on se plait à les retrouver par exemple dans la nouvelle de Stephen King « Le corps » ou dans la série « Stranger Things » pour une version plus fantastique.
A cet âge où l’on teste son héroïsme en longues chevauchées cyclistes dans les chemins communaux comme seigneur en son royaume ou en s’affrontant dans de plus ou moins épiques guerres de cabanes, eux vont partir à la recherche de Damien, leur camarade subitement disparu, puisant dans des ressources inépuisables de courage et de persévérance.
Si les dialogues sont incisifs, le rythme n’est pourtant en rien expéditif. L’auteur s’attarde avec une grande élégance sur le décor, son regard s’accroche aux détails. On sent son amour de la nature à chaque page et c’est sans conteste sur ce terrain-là qu’il m’a le plus touchée. Nul besoin de grands espaces américains pour décrire la beauté de la faune et de la flore, un bien ô combien salvateur en cette période de confinement. 

Cette lecture valide :

La consigne n°32 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Été 1990. L’école est finie. À La Chapelle, petite bourgade rurale de l’ouest de la France, Damien, Jérôme, Lilian et Marc sont les meilleurs amis du monde. A douze ans, ils battent la campagne et arpentent les chemins creux menant au lac. Une retenue d’eau lisse et profonde, dont les rives limoneuses cuisent et s’étendent sous le soleil brûlant de juillet. Le soir de la fête de l’école, Damien disparaît mystérieusement, sans laisser de trace. Rapidement, la population se mobilise. Les autorités organisent des battues. Sous la houlette de Jo, un jeune flic charismatique, Marc et ses amis partent à la recherche du jeune disparu. Une quête initiatique qui, près de trente ans plus tard, continuera de les hanter.

Roman de 282 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

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Va et Poste une sentinelle de Harper Lee

Chronique d’Amélie

Notre bien-aimée Scout a bien grandit. Elle vit désormais à New York et retrouve Maycomb pour une brève visite. Au détour de tous ces gens, de tous ces lieux patinés de cette saveur d’enfance que l’on retrouve avec délice, elle va expérimenter des émotions inédites : se révéler à elle-même, grandir beaucoup et s’émanciper de l’ombre du père. Un père idéalisé par ses yeux d’enfants dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, qui descend de son piédestal avec la violence de l’inattendu.
Harper Lee dépeint avec maestria ce tsunami intérieur de la désillusion dans une habile balade mélancolique empreinte des marqueurs sudistes bien identifiables de l’Alabama. Sur un fond de révolte autour de la question des droits civiques, et dans l’attente de l’inévitable affrontement on fait bloc avec notre héroïne, on bouillonne, on se remémore à ses côtés les années d’insouciance comme si on y avait goûté. Et pourtant…L’envolée lyrique semble courte, l’insatisfaction gronde et finalement : non !
Lorsque la chanson se termine, il est temps de se rendre compte que, pour le lecteur aussi, Harper Lee a brûlé les idoles. Pas seulement Atticus Finch, mais Scout aussi. On l’aurait souhaité plus combative, moins encline à certaines concessions intellectuelles. On aurait voulu que des Noirs soient invités à la table des débats ou que leur absence soient un motif supplémentaire d’indignation tout du moins. Autre temps, autre mœurs pensera-t-on alors… Comment mieux connaître le sentiment éprouvé par Scout qu’en l’expérimentant soi-même en parallèle? Tandis qu’elle s’affranchit de son identification au père, nous nous affranchissons de la notre envers elle. Et, de la même façon, notre indépendance acquise, nous lui réservons toujours une tendre affection.  




Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Milieu des années 1950. Jean Louise Finch, dite « Scout »,  est de retour à Maycomb, sa petite ville natale de l’Alabama, pour rendre visite à son père, Atticus. La nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l’a façonnée mais dont elle croit s’être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit… En 2015, Harper Lee a créé la surprise en publiant un second roman, suite de l’incontournable best-seller, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, où l’on retrouve l’inoubliable héroïne Jean Louise, vingt ans après. Chronique douce-amère de l’adieu à l’enfance, entre tendresse et férocité, espoir et désenchantement, Va et poste une sentinelle a été écrit avant le livre culte, prix Pulitzer en 1961.   Passionnant ! Olivia de Lamberterie, Elle. Une fiction poignante, qui retrace un malaise d’autant plus profond qu’il reste incompris. On tient là un nouveau classique. François Vey, Le Parisien magazine.

Roman de 352 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. À découvrir 🤗

L’Auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier

Chronique d’Amélie

Au décès de sa mère, le cœur déchiré et liée par un serment, Mary Yellan emménage chez sa tante et le mari de celle-ci qu’elle n’a jamais rencontré.
Sa nouvelle adresse, « L’auberge de la Jamaïque », était jadis un joyeux et populaire lieu de passage, aujourd’hui sa simple évocation suffit à faire frémir les braves gens. Mary y découvre un oncle ivrogne qui a tout de l’ogre terrifiant et sa tante méconnaissable, effacée, terrifiée et d’une docilité déconcertante. Que s’y passe-t-il ? Je ne vous en dirai pas plus.
Daphné du Maurier excelle dans l’art de créer des ambiances, de distiller ses ingrédients mystérieux en doses homéopathiques pour tenir son lecteur en haleine. Emmenée par son héroïne courageuse et curieuse qui n’a nulle intention d’attendre sagement que les choses se passent en fermant les yeux, l’histoire brumeuse révèle peu à peu ses contours dans le décor envoûtant de la lande désolée de Cornouailles.  



Cette lecture valide :

La consigne n°13 du défi Les Expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Orpheline et pauvre, Mary Yellan n’a pas d’autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l’Atlantique. Dès son arrivée à l’Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu’elle a connue jeune et gaie n’est plus qu’une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l’auberge. Auberge dans laquelle, d’ailleurs, aucun vrai voyageur ne s’est arrêté depuis longtemps… De terribles épreuves attendent la jeune fille avant qu’elle ne trouve le salut en même temps que l’amour. Dans la grande tradition romantique des sœurs Brontë, la romancière anglaise, auteur de Rebecca, nous entraîne avec un sens prodigieux de l’ambiance et de l’intrigue au cœur d’un pays de landes et de marais, battu par les tempêtes, où subsiste la sauvagerie ancestrale des pirates et des naufrageurs.

Roman de 320 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. Après la lecture magnifique de Rebecca❤❤ , je me lancerai bientôt à l’assaut de L’Auberge de la Jamaïque

Avec cette lecture, je conseille le thé Sureau Vanille de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

Des nouvelles du monde de Paulette Jiles

Chronique d’Amélie

Johanna a été capturée très jeune par des indiens Kiowas. Sa mère, son père et sa soeur ont tous étés massacrés sous ses yeux. Pourtant, quelques années plus tard alors que le Capitaine Kidd, soixante-et-onze ans, est chargé de l’escorter à travers le Texas pour rejoindre son oncle et sa tante, Johanna, que les Kiowas ont élevée comme l’une des leurs, est devenue une indienne à part entière. Elle ne rêve que de s’enfuir pour retrouver la vie nomade qui était la sienne et sa nouvelle famille à laquelle elle a également été arrachée.
Paulette Jiles s’est appuyée, pour écrire son roman, sur l’étude psychologique des enfants enlevés au Texas et notamment sur l’ouvrage de Scott Zeach « The Captured ». Le rendu est à la fois crédible et émouvant.
Un western est une promesse d’aventure et à cet égard le pari est tenu. De ville en ville, le Capitaine Kidd gagne de quoi poursuivre son périple en permettant aux habitants de quitter ponctuellement leur quotidien, tandis qu’il leur lit des articles de journaux offrant des nouvelles d’endroits lointains.
Avec eux, nous sommes propulsés sur une route parsemée d’embûches et d’écueils de toutes sortes, un panorama complet du Texas des années 1870, de ses villes, de ses paysages changeants, de ses moeurs et de ses conflits. Chaque chapitre semble être un nouvel épisode que l’on a hâte de vivre à leurs côtés.
Mais la vraie valeur ajoutée de ce livre est l’immense tendresse qui s’en dégage. Intrépidité et sagesse s’entremêlent dans une touchante histoire où ces deux êtres aux mondes et aux âges totalement dissemblables s’apprivoisent dans l’adversité.  

Cette lecture valide :

La consigne n°20 du défi Les Expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Hiver 1870. Le capitaine Kyle Kidd parcourt le Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide de nouvelles du monde. Un soir, à Wichita Falls, on lui propose de ramener une petite fille chez elle près de San Antonio. Ses parents ont été tués quatre ans plus tôt par les Kiowas, qui ont épargné et élevé Johanna comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, accepte en échange d’une pièce d’or, mais sait qu’il lui faudra apprivoiser cette enfant sauvage qui guette la première occasion de s’échapper. Ainsi commence un voyage splendide et périlleux, aux allures de western. Dans ces terres vierges où la loi n’engage que ceux qui la respectent, ces deux solitaires en marge du monde vont tisser un lien précieux qui fera leur force.

Roman de 288 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. A découvrir 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé Raspberry Boom de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

JEUX LIT AVEC SALLY : La vie de couple

C’était le thème du club de lecture du mois de février

Nous étions 4 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Un an et demi de bonheur… Roy et Celestial sont ce couple typique de la bourgeoisie afro-américaine d’Atlanta : un mari ambitieux, vissé à son ordinateur portable, et une épouse artiste, à l’aube d’une belle carrière. Il a suffi d’une méprise, d’une tragique méprise, pour que le rêve se brise en morceaux. Du mauvais endroit au mauvais moment. De la mauvaise couleur de peau. Injustement accusé de viol, Roy se voit condamné à douze ans de prison. Comment survivre à une vie volée ? Comment nourrir un amour que les murs, l’amertume et le temps corrompent à petit feu ? Et comment croire encore – pour le meilleur ou pour le pire – au rêve américain ? Lauréat du Women’s Prize for Fiction 2019

Roman de 405 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

Le mariage est une promesse. «Jusqu’à ce que la mort nous sépare», ils se le sont jurés. Roy et Celestial, jeune couple fraîchement marié, se voient néanmoins séparés par un cataclysme tout aussi inattendu. Accusé à tort de viol, Roy est incarcéré pour de longues années.

Roy, l’ambitieux, à qui la réussite souriait, devient un noir de plus derrière les barreaux. Toute la famille fait bloc derrière lui pour le tirer de là. Pourtant le temps passe, les mariés ont désormais passé davantage de temps séparés qu’ensemble, les lettres se raréfient. Pour Roy à la liberté entravée, les jours s’écoulent avec brutalité dans la mélancolie du bonheur perdu. Dehors, sa femme avance. Alors que sa famille l’y ramène sans cesse, elle refuse de se laisser, elle aussi, emprisonner dans l’étendard trop lourd de la femme d’un martyr. Elle ne l’oublie pas, mais elle reste Celestial, une femme désespérément vivante.

Son ami de toujours, Andre, lui apparait d’un autre oeil, elle laisse libre cours à ses sentiments. Aurait-ce été le cas si Roy avait été là ? Quoi qu’il en soit ce qui n’aurait concerné que leur couple devient une question orageuse dans leur famille. Leurs parents n’ont pourtant pas eu une vie sentimentale toute lisse, mais en se détournant de son amour pour son mari, c’est comme si Celestial tournait le dos à toute une communauté.

J’ai été d’emblée conquise par l’écriture. Tayari Jones a créé une galerie de portraits complexes, des personnages criants d’imperfections et de vérité au phrasé singulier. Elle leur donne magnifiquement corps et voix dans des chapitres qui alternent introspection et échanges épistolaires. Elle décale le débat politique pour revenir aux individus, prenant soin d’alterner des points de vues étoffés dans lesquels s’affrontent la part d’égoïsme nécessaire pour mener une vie qui vous correspond et les responsabilités et sensibilités qui vous enjoignent à tenir compte d’autrui. Un mariage de sentiments totalement crédible et réussi mais, malgré tout, entaché par un scénario assez convenu. J’ai eu le sentiment qu’après être montée en puissance dans une partie de l’histoire qui n’était pas la plus facile à aborder l’autrice finissait part tourner en rond dans ce qui aurait pu être le point culminant avant de se faciliter la sortie.»


Maggy a lu

Résumé : Françoise Xenakis est irrévérencieuse une seconde nature chez elle. Marie Claire Une réflexion désopilante sur le couple. Figaro Magazine Un livre gai, grinçant, culotté. Marie-France Une réussite. Biba Le parler vrai de Xenakis n’endort pas le client. VSD On est attendri, amusé… une plume grinçante nous fait passer un bon moment. Magazine Littéraire

Roman de 247 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

Comme elle l’avait promis en présentant un ouvrage précédent consacré aux épouses bien souvent invisibles de grands hommes, Françoise Xenakis revient avec un bouquin consacré aux maris de l’ombre.
Bonne idée sauf que, tout d’abord, elle n’a pas pu trouver de femmes célèbres qui étaient parvenues à garder leurs maris. Ensuite, allez savoir si c’est à cause du « pouvoir » que confère la célébrité, mais les femmes mises en avant ici sont assez imbuvables (et on comprend que leur mari se soit fait la malle). Et pour couronner le tout, désespérant de trouver des femmes célèbres mariées (et dont le mari ne serait pas également sur le devant de la scène), l’autrice s’est rabattue sur… Marie (oui, Marie de Nazareth, la « vierge », vous avez bien compris).

On commence donc avec Morris Meyerson, le mari de Golda Meyr à travers de pseudo lettres que s’envoyaient les époux. Alors que lui voulait continuer de vivre aux USA, sa dame vendra tous leurs meubles pendant qu’il est au travail pour acheter des tickets de bateau afin d’investir un Kibboutz dans un Israël pas encore né… Ces deux-là s’aimaient, mais ne vivaient vraisemblablement pas sur la même planète et ne regardaient certainement pas dans la même direction. Au bout d’un moment, Monsieur a refait sa valise…

On poursuit avec Colette qui nous raconte ses amours désabusées et qui, comme tout le monde le sait, mariée (pour la deuxième fois), a compté les épis de blés avec son beau-fils adolescent pour finir par épouser un homme plus jeune qu’elle de 16 ans pour terminer ses vieux jours.

Arrive Marie, mariée à un Joseph octogénaire, bougon, inféodé à ses enfants d’une précédente union et pas du tout père du petit Jésus, au propre comme au figuré. Marie passe son temps à pleurer et à balayer.

Enfin, on terminera avec des pseudo lettre écrites par Denis Thatcher a sa dame de fer de femme, avec qui il ne partage pas grand chose, qui s’ennuie ferme lors des déplacements officiels et qui abhorre la politique… Lui ne partira pas, on se demande pourquoi.

Je suppose qu’avec la répétition du « tiens-toi droite, tout le monde te regarde », l’autrice a tenté un ressort comique à l’image du langage parfois anachronique, du ton volontairement impertinent…

Mais, j’espère pour elle qu’elle a pris plus de plaisir à écrire son bouquin que moi à le lire.


Ranine a lu

Résumé : Pour sonder la sincérité de Dorante, qu’on lui destine sans qu’elle l’ait jamais rencontré, Silvia échange son habit avec sa servante Lisette. Mais la belle ignore que son prétendant a recours au même stratagème avec son valet. Ainsi travestis, les deux couples commencent à se parler d’amour, dans un chassé-croisé qui réjouit les serviteurs et met les maîtres à la torture. Les personnages parviendront-ils à se libérer de ce jeu de dupes dont ils avaient si peu mesuré les conséquences ? L’amour peut-il triompher des préjugés sociaux ? Intemporels, ces questionnements expliquent sans doute le succès jamais démenti de l’oeuvre depuis sa création en 1730. L’édition : • microlectures • sujets de devoirs • groupements de textes : – le discours amoureux – théâtre et travestissement – la question du bonheur dans la pensée des Lumières – du texte à la représentation • culture artistique : – cahier photos : les mises en scène de la pièce – un livre, un film : L’Esquive d’Abdellatif Kechiche (2004).

Pièce de théâtre de 160 pages – Se la procurer

Chronique de Ranine

J’ai dû voir cette pièce très jeune et ma mémoire étant faible, je n’en avais que peu de souvenirs. C’est très plaisant, mais j’aurai bien aimé plus de profondeur pour les personnages. On entre tout de suite dans le vif du sujet, la progression est rapide, je n’ai pas eu trop le temps de m’attacher.

Sally Rose a lu

Résumé : Échographie d’un père Elle et lui se sont rencontrés sur la côte basque, où ils ont l’habitude de passer leurs vacances. Là, sur fond de plages sauvages, de balades en scooter et de troquets naît bien plus qu’une romance estivale. Mais sur cette histoire idyllique, la vie va bientôt reprendre ses droits en confrontant le couple à la douleur d’une fausse couche. Alternant les souvenirs heureux et les épreuves du présent, cet émouvant roman nous confronte aux aléas de l’existence. Avec dérision et facétie, Harold Cobert s’interroge sur le destin, qu’il conjure à coups de superstitions et de croyances. D’inspiration autobiographique, Dieu surfe au Pays basque aborde le thème délicat de la perte de l’enfant à naître, du point de vue du père. Un récit tout à la fois tendre et enjoué, saisissant et grave. Prix du style 2010 et Jeune talent Cultura pour L’Entrevue de Saint-Cloud

Roman de 158 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Ils s’aiment.
D’un amour fou, tendre et généreux.
Ils veulent avoir un enfant.
Tout ne se passe pas comme dans un conte de fées.
Le narrateur nous emmène dans le tourbillon de leur amour naissant, leur rencontre foudroyante. Il nous fait vivre aussi les inquiétudes liées à une grossesse qui ne se passe pas bien.
Un magnifique roman sur le couple, sa résistance aux aléas de la vie sur ce que veut dire être deux lorsque la destinée vous fait une mauvaise surprise.
J’ai été touchée par ce récit d’un amour si fort sans être destructeur, bien au contraire.
C’est tendre, drôle, magique et malgré tout l’histoire se finit bien.
Comme dans les contes de fées. Comme dans la vie aussi, parfois. Souvent finalement

Avec ces lectures, je conseille le thé Flèche de Cupidon de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

JEUX LIT AVEC SALLY : C’était Noël !

A l’occasion de Noël, Jeux Lit Avec Sally vous a offert la lecture d’un autre membre.

Voici les chroniques des 5 gagnantes

Amélie et Laehb ont lu

Résumé : Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force… Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ? « Un premier roman captivant et déchirant. » Booklist Prix coup de cœur Saint-Maur en poche 2018

Roman de 416 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

Lorsqu’Emi est née sur l’île de Jeju en Corée, elle a pris une place immense dans le coeur de sa grande soeur, Hana. Quelques années plus tard, en 1943, c’est pour la protéger qu’elle se sacrifiera, se laissant enlever par un soldat japonais afin qu’il ne capture pas Emi. Âgée de 16 ans, violentée, violée, séquestrée, elle deviendra l’une des nombreuses esclaves sexuelles (appelées alors « femmes de réconfort ») que l’armée japonaise mettait à disposition de ses soldats envoyés au front.
Le roman alterne les chapitres dans lesquels nous découvrons l’épopée infernale d’Hana, sa force inouïe et sa capacité à ne jamais perdre espoir, et ceux dans lesquels, en 2011, une Emi vieillissante, qui n’a jamais oublié sa soeur se rend à Séoul où vivent ses enfants. Des manifestations pour la reconnaissance des crimes de guerre du Japon y sont régulièrement organisées. La perspective de retrouver la trace d’Hana est ténue mais pour rien au monde Emi n’y renoncerait.
Puisant dans la puissance de leurs souvenirs, de leurs destinées, de leurs rêves mais aussi de leurs hontes, Mary Lynn Bracht nous entraîne vers un pan d’Histoire qui, pour ma part, m’était inconnu. Loin de se contenter de cela, elle met aussi la lumière sur les haenyeo de l’île de Jeju dont font partie Hana et Emi. Ces plongeuses à la détermination exemplaire, portent en elle bien plus que la tradition de leur métier. Indépendantes financièrement, elles sont un fleuron féministe au sein d’une société historiquement patriarcale.
Le souffle du récit nous emporte également jusqu’au beau milieu des steppes de Mongolie dans le quotidien d’une famille tout aussi touchante que celle des deux soeurs.
« Filles de la mer » se lit très facilement, notamment par sa tendance à pencher davantage vers l’action que vers le contemplatif. Pour autant, c’est l’émotion qui y occupe une place prépondérante pour le meilleur comme pour le pire. C’est un roman qui a énormément de qualités mais qui ne fait pas trop dans la nuance. Certains lecteurs regretteront donc peut-être un choix de personnages trop manichéens. Me concernant, au vu de ce qui est dénoncé, c’est un parti pris qui ne m’a pas du tout dérangée à la lecture.


La Chronique de Laehb

Pendant la seconde guerre mondiale, le Japon occupe la Corée. Des milliers de jeunes filles, de 9 à 18 ans seront capturées, arrachées à leur jeunesse et leur famille et seront envoyées dans des camps pour devenir « femmes de confort » pour l’armée impériale, comprendre esclaves sexuelles subissant les pires tortures.
L’humain ne cessera jamais de m’étonner par sa barbarie et cruauté.
Île de Jeju, 1943. Hana est une jeune haenyeo, une plongeuse sous-marine, cet héritage ancestral lui procure indépendance dans une société patriarcale. Avec sa mère, et comme leurs aïeules avant elles, elles nourrissent leur famille et revendent leur pêche. Sa petite soeur Emi est encore trop jeune pour participer à ces plongées en eaux profondes et les guette du rivage quand un soldat japonais approche. Hana a juste le temps de revenir au bord cacher in extremis la fillette, et pour la protéger se laisse arrêter. Commence son supplice.
Le roman s’articule autour des deux soeurs. Hana toujours en 1943 et Emi en 2011.
Ce roman est très émouvant, bouleversant mais également révoltant. L’autrice termine par
« C’est en nous souvenant du passé que nous l’empêcherons de se répéter. Les livres d’histoire, les chansons, les romans, les pièces de théâtre, les films et les monuments commémoratifs sont essentiels pour nous aider à ne jamais oublier, afin de construire l’avenir sur la paix. »
Oui c’est essentiel d’en parler, de se souvenir, de rendre hommage aux victimes et ne surtout pas, à l’instar du Japon, de mettre dessus un petit mouchoir, cacher cette vérité qui dérange pour l’oublier.
Malheureusement le viol continue et continuera d’être une arme de guerre, la femme paie doublement cher la folie des Hommes.

Priscilla a lu

Résumé : Télumée, paysanne de la Guadeloupe née au début du siècle, a été élevée par sa grande-mère, « haute négresse » justement nommée Reine Sans Nom. Télumée a souffert de sa condition de femme, de Noire et d’exploitée. Pourtant, qu’elle soit en compagnie d’Elie ou au côté d’Amboise, le révolté, sa volonté de bonheur, de « récolter par pleins paniers cette douceur qui tombe du ciel », est la plus forte. Voici l’univers des Antilles, avec ses couleurs, ses odeurs, sa vérité secrète, livré par une romancière qui s’approprie la langue française pour la soumettre à la musique noire.

Roman de 254 pages – se le procurer

Chronique de Priscilla

J’aime ces livres où on se laisse embarquer autant par l’histoire que par la qualité de narration de l’auteur.
En effet,  la plume de  Simone Schwarz-Bart est belle…presque chantante, et surtout émouvante.

C’est bien simple j’ai tout aimé de ce voyage en Guadeloupe ! D’ailleurs cette excursion m’en a rappelé une autre, qui m’avait tout autant plu, dans une autre île. Celle de la Réunion, à travers le récit de Lisiane Bernadette Thomas dans son roman Le souffle des disparus. 

J’y ai trouvé cette même authenticité, cette même force de caractère chez les personnages. Des destins de femmes fortes que la vie n’épargne pas.
Et puis cette touche créole dans les dialogues, la vie du quotidien et les croyances, ça me régale ! Dépaysement assuré. 

Et pour finir ce que j’ai beaucoup aimé aussi c’est que malgré la rudesse de leur vie le ton n’est jamais plaintif, au contraire même c’est le courage qui prône dans ces vies injustement difficiles.

A lire pour qui aime se sentir pleinement embarqué dans un décor où on devine les paysages et les odeurs =)

Ptitmousse a lu

Résumé : Un vieux notaire résolu à percer le secret de sa naissance. Un ado piégé en montagne, un jour de rando. Une jeune femme soumise aux ordres d’une mystérieuse Grande Prêtresse. Entre ces trois êtres si dissemblables en tout, il n’est qu’un seul point commun. Le Cheptel. Intégrée à la cellule TEH d’Interpol – pour Trafic d’Êtres Humains –, l’équipe du capitaine Eloïse Bousquet remonte une piste rouge de sang. Celle d’un monde clandestin où l’homme n’est que bétail – une marchandise, un jouet – à la merci des vices des puissants…Prix de l’Embouchure – 2018 ; Polar du meilleur roman francophone – 2018

Roman de 944 pages. Se le procurer

La Chronique de Ptitmousse

Ah ! le plaisir de se couler dans un beau pavé de plus de 930 pages ! Dès le début, j’étais dans de bonnes dispositions. Et ça a continué 🙂 Même si c’est un roman glaçant. Brrr ! Cette prêtresse est terrifiante et tellement cruelle (c’est un euphémisme !). Mais l’écriture et la narration sont top, top ! J’ai détesté la prêtresse, j’ai tremblé avec Bruno, j’ai espéré pour Atrimen, j’étais bien et j’ai aimé chacun des membres de l’équipe d’investigation. Les chapitres sont très courts (il y en aura d’ailleurs plus de 110 au total), ils donnent un rythme soutenu et font donc avancer bien vite le récit. J’ai tout avalé en moins de 15 jours. Un délice, cela faisait assez longtemps pour moi !

Après, j’ai tout de même un aspect qui m’a déplu à la fin, mais je ne peux vraiment rien vous dire 😉

Reste un thriller très, très efficace, un véritable page-turner ! Ce fut un délice (jusqu’à la page 910 ;)) ! Un prochain Céline Denjean est dans ma pal à coup sûr !

Ranine a lu

Résumé : Yujin, vingt-six ans, se réveille un matin dans l’odeur du sang. Jusqu’à ce jour, c’était un fils modèle qui se pliait à toutes les règles d’une mère abusive et angoissée. Que s’est-il passé la nuit dernière? Seuls des lambeaux d’étranges images émergent de la conscience de Yujin, et le cri angoissé de sa mère. Mais appelait-elle à l’aide? Ou implorait-elle? Pour trouver la clé qui déverrouille sa mémoire, Yujin va devoir remonter le temps. Des années de secrets, de silence, d’une vie contrôlée dans ses moindres détails, jusqu’à ce que tout bascule. Mais quand on a franchi la frontière interdite, il n’existe pas de retour possible. Un thriller dérangeant et obsédant, d’une exceptionnelle acuité psychologique.

Roman de 509 pages. Se le procurer

La Chronique de Ranine

C’est un livre très déstabilisant. On se retrouve dans la tête de Yujin, qui se découvre un matin couvert de sang et le cadavre de sa mère dans la cuisine. 
Est-ce lui qui l’a tué ? Une plongée dans une enquête sur le meurtre de sa mère, de sa vie qu’il redécouvre avec la lecture du journal intime de sa mère, de la construction de sa vie autour d’une manipulation… Chut ! J’en dis trop ! Déstabilisant parce que je me suis attachée à ce personnage malgré tout. Un excellent moment !

JEUX LIT AVEC SALLY : La littérature polonaise

C’était le thème du club de lecture du mois de janvier

Nous étions 6 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Septembre 1939. Alors que Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes, les accords du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin s’élèvent à la radio nationale. L’interprète s’appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c’est une longue nuit qui commence… Une longue nuit dont l’issue aurait pu être la mort, sans un officier allemand, Wilm Hosenfeld – le plus improbable des sauveteurs. Hanté par l’atrocité des crimes nazis, il va protéger et sauver le pianiste. Mort en 2000 à Varsovie, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l’on redécouvre enfin ce texte, sobre et émouvant. « Un témoignage bouleversant venu du froid et de l’horreur. » Annie Coppermann – Les Échos

Roman de 297 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

De 1939 à 1945, Varsovie est sous occupation Allemande. Wladyslaw Szpilman, pianiste émérite, polonais et juif, offre un témoigne aussi précieux qu’effroyable sur sa vie à Varsovie durant cette période. C’est un récit totalement hallucinant tant il semble invraisemblable qu’il ait pu survivre à tout ceci pour l’écrire.
Tandis que nos nerfs se tendent de concert avec les siens à chaque fois que la mort s’approche de si près qu’on en sentirait l’odeur ; que notre cœur se serre pour ceux qui n’ont pas eu la grâce du destin, l’auteur nous restitue également un panorama de toute une époque. La barbarie nazie dans son crescendo abominable ne nous est pas épargnée, et en réaction à celle-ci, se côtoient pêle-mêle toutes sortes de positionnements clivants. De la résistance à la collaboration, de l’espoir éperdu à la volonté d’en finir, du profit à la misère la plus extrême, au sein même du ghetto de Varsovie l’unité n’est pas de mise entre les opprimés.
Au fil du temps pourtant toutes ces voix s’amenuisent, laissant place à la solitude du miraculé emplie de cette peur permanente, omniprésente, qui n’a pour compagnes que la faim et une soif de vivre plus forte que tout quand il ne reste plus que ça à quoi se raccrocher. Cette folie aura-t-elle une fin ? Et laquelle… ?»


Arwen78 a lu

Résumé : Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.

Recueil de nouvelles de 381 pages. Se le procurer

La Chronique d’Arwen78

Divisé en sept parties, « La voix de la raison » est un intermède entre chaque nouvelle aventure du sorceleur. Elle est la suite  directe de la mission avec la stryge.
Grièvement blessé, Geralt de Riv se fera soigner dans le temple de la déesse Melitele par Neneke, sa grande prêtresse.
S’ensuivront des chapitres où on apprendra à  mieux connaître Geralt de Riv. Des chapitres qui font également référence à des contes tels que La belle et la bête …
Ce premier tome pose les bases  d’un monde plein de mythologie. Ces  nouvelles mettent en place les premières rencontres qui auront une importance dans la saga.
 Ce livre met en valeur le métier de Geralt et les difficultés  auxquelles le chasseur de monstres fait face. De caractère désabusé, teinté d’humour cynique, ce sorceleur saura nous charmer.
Dans ce livre, on découvre les missions risquées du sorceleur et les intrigues en cours. Les personnages secondaires sont forts.
A l’issue de ce livre, par curiosité,  je lirais bien le deuxième tome, surtout que cela me sort de ma zone de confort.

Audrey a lu

Résumé : Un best-seller international : David Gemmell Legend Award 2009 du Meilleur roman de Fantasy. Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu’elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l’enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l’antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l’ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s’emparer d’elle et n’hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins… 

Roman de 471 pages – se le procurer

Chronique dAudrey

Un tome que je suis assez curieuse d’avoir apprécié en toute objectivité.

Le cycle du Sorceleur est, par bien des endroits, quelque peu déroutant. Il commence par deux recueils de nouvelles qu’il est conseillé, sans être indispensables, de lire avant d’entamer le Sang des elfes.

Ce tome est curieux. Avec le titre, on devine qu’un sujet est crucial : celui de l’existence de la petite Ciri. Qui est-elle ? Où est-elle ? Et surtout qu’annonce-t-elle? La Destinée l’a choisi, mais pour quel chemin? Des questions qui ne trouvent pas toutes leurs réponses dans ce tome.
A bien des passages, on est un peu déroutés. Outre les questions sans réponses, il y a les ellipses narratives, les allers-retours dans le temps et surtout l’absence de fil conducteur réel. Au final, quel est le but de ce tome si ce n’est poser la base de ce cycle ? En effet, on revoit Geralt le Sorceleur. On revoit Jaskier. On revoit Yennefer. On revoit Ciri. Par là, on apprend à mieux les connaître et apprécier. On apprend également le contexte ambiant, la guerre contre Nilfgaard.
Malgré ces différents éléments qui ont engendré une certaine perplexité, j’ai apprécié ce tome. J’ai aimé le ton de la narration. J’ai aimé les différentes actions. Je ne m’y suis pas ennuyée. J’ai aimé ce monde original. J’ai aimé cette fin qui appelle une suite à découvrir rapidement.

Kadeline a lu

Résumé : Esther Rudomin pensait que sa vie heureuse dans la ville polonaise de Wilno durerait toujours. Elle chérissait tout, depuis les lilas du jardin de son grand-père jusqu’au pain beurré qu’elle mangeait chaque matin à son petit déjeuner. Et lorsque les armées d’Hitler envahirent la Pologne, en 1939, et que les Russes occupèrent Wilno un an plus tard, le monde d’Esther resta intact : pour elle, les guerres et les bombes s’arrêtaient à la grille du jardin. Mais un matin de juin 1941, deux soldats russes, baïonnette au canon, se présentèrent. La tragédie n’est jamais loin tout au long de l’histoire d’Esther, mais les Rudomin gardèrent courage d’un bout à l’autre des cinq années que dura leur exil, malgré la faim et les privations.

Roman de 350 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Avant de commencer, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, il y a un défaut d’impression et ce n’est pas celle du bon roman qui est imprimée, du moins sur mon exemplaire.
La steppe infinie raconte une partie de la vie de l’autrice : son quotidien pendant la seconde guerre mondiale. Esther et sa famille sont des juifs aisés de Wilno en Pologne (actuellement Vilnius en Lituanie). Quand la guerre est déclarée, la ville est envahie par les Russes. Un matin, toute la famille est emmenée. Ils sont alors envoyés non pas dans un ghetto ou dans un camps de concentration en tant que juifs mais en Sibérie en tant qu’opposants au communisme. Et si cette condamnation leur sauvait finalement la vie ? Ce roman autobiographique adapté aux jeunes lecteurs dès 11 ans montre un aspect peu connu de la seconde guerre mondiale. C’est un récit adapté au public cible tout en réussissant à ne pas cacher l’horreur de certaines situations. J’ai apprécié la façon dont c’était écrit et le déroulé de l’histoire qui prend une dimension insoupçonnée. On ne se contente pas de décrire la vie dans un camps et/ou une ville de Sibérie, ni de tourner tout le récit autour la seconde guerre mondiale. Si la vie quotidienne est décrite et la guerre reste présente, c’est avant tout un récit autour d’une enfant de 10 ans qui s’acclimate et grandit. Il y a un bel équilibre entre le contexte historique et géographique et la capacité d’adaptation d’un enfant avec toutes les problématiques qui priment quand on a une dizaine d’années. Tout en restant accessible, ce livre permet d’aborder beaucoup de choses très intéressantes en particulier les différences de réactions entre adultes et enfants face à une même situation. J’ai trouvé très bien traité l’aspect familial, la peur du changement et la capacité de résilience qui différent d’un personnage à l’autre. C’est une belle découverte qui aborde des thèmes peu mis en avant habituellement dans les récits autour de la seconde guerre mondiale.

Laehb a lu

Résumé : Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au coeur des Sudètes. Ingénieur à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’oeuvre de William Blake. Un matin, elle retrouve un de ses voisins mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C’est le début d’une longue série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouve des traces animales. La police enquête. Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie sur la question, tout le monde la prend pour une folle… Car comment imaginer qu’il puisse s’agir d’une vengeance des animaux ?

Roman de 288 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Je n’avais jamais lu cette autrice, et en toute honnêteté, je ne sais pas si je l’aurai découverte si elle n’avait pas été récompensée du Nobel de littérature.
Cette lecture a été une très bonne surprise. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais mais ce n’était pas à ça !
L’héroïne, ancienne ingénieure des ponts et chaussées a parcouru le monde et finit par s’établir dans un petit hameau éloigné, difficile d’accès dès que la neige apparaît. Il y a quelques maisons alentour mais la plupart sont fermées pour l’hiver, les propriétaires préférant la douce saison.
Lorsque un de ses voisins, braconnier notoire, célèbre pour sa cruauté, décède un petit os de biche coincé dans la gorge, elle y voit une vengeance des animaux de la forêt. Un simple retour des choses après tant de souffrances infligées.
Les morts brutales continuent, elle est persuadée du bien fondé de sa théorie, s’appuyant sur ses connaissances astrologiques et les thèmes astraux des victimes qu’elle aura calculés.
Vous imaginez bien l’accueil réservé à ces déductions. D’excentrique, elle passe à folle furieuse.
J’ai beaucoup aimé ce personnage. Elle est autant « barrée » qu’attachante et sa dévotion pour le règne animal émouvant.
Très belle découverte, très bonne lecture, je suis ravie de cet achat.

Maggy a lu

Résumé : Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil… Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin. À moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer… « On dévore ce polar polonais… Vous allez vous régaler avec cette histoire de thérapie collective qui dégénère. » Pascale Frey – ELLE « Un des livres les plus passionnants publiés l’année dernière et un portrait saisissant de la Pologne contemporaine. » Yann Plougastel – Le Monde Cet ouvrage a été finaliste du Grand Prix des lectrices de ELLE

Roman de 472 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

Alors qu’un groupe de personne avait participé à une thérapie de groupe, une « constellation familiale », dans la crypte d’un ancien monastère, l’un des patients du Dr Rudzki est retrouvé mort le lendemain matin, une broche à rôtir plantée dans l’œil. C’est Teodore Szacki, procureur à Varsovie, qui est chargé de l’enquête.

Le roman est découpé en journées, du 5 au 17 juin de l’année 2005; chacune d’entre elles est précédée des actualité et de la météo. Durant cette dizaine de jours, nous suivrons principalement le procureur Szacki, mari lassé, papa aimant mais trop souvent absent, fan de jeux vidéos, désargenté, fatigué de ses meubles Ikea dans son tout petit appartement, 35 ans et déjà les cheveux blancs, sur le fil de l’infidélité. Il deviendra un héros récurrent de l’auteur.

Au cœur de l’intrigue, l’étonnante thérapie de la « constellation familiale » développée par Hellinger au début des années 1990. Pour le néophyte, cette méthode qui s’appuie sur le principe du jeu de rôle semble relever de la supercherie. Pourtant, pour les initiés, elle porte ses fruits dans la résolution de conflits familiaux essentiellement. Notre procureur restera dubitatif, surtout qu’on touche presque au mysticisme, qui a peu de place dans la mémoire collective de la Pologne qui ressent toujours les stigmates des années communistes.


Parce qu’au-delà de l’enquête proprement parlée, c’est toute la Pologne, et plus précisément sa capitale, qui tisse la toile de fond du roman. Une Pologne toujours meurtrie par son passé, des Polonais qui doivent parfois continuer à craindre ce qui se cache dans les administrations corrompues, une Varsovie à l’architecture défigurée qui ne parvient pas à entrer dans la modernité.

Les impliqués est donc un roman intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que le polar polonais, ce n’est pas ce qui court nos rues occidentales (et celui-ci a quand même reçu le prix du meilleur de sa catégorie en son pays en 2008); ensuite parce qu’on ne connait rien ou pas grand chose de la machine judiciaire au pays de Jean-Paul II (dont la marque est encore bien présente puisqu’il n’est mort que quelques semaines avant le début de l’intrigue) et que les arcanes de la justice y semblent bien différentes de celles que l’on connait et enfin parce que l’auteur utilise l’histoire de son pays comme ingrédient de son enquête.

Bref, un auteur à découvrir.



Sally Rose a lu

Résumé : À Varsovie, au cœur de l’hiver, l’inspecteur Mortka est appelé sur le lieu d’un incendie. Dans les ruines fumantes, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui fraye parfois avec la mafia. Sa femme, Klaudia, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka aimerait croire à un accident, mais il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage. Il faudra toute la ténacité de Mortka pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson.     Un livre sombre et âpre, plein de mystères. Le polar polonais a désormais sa star.  Philippe Blanchet, Le Figaro.   Porté par une intrigue percutante et une galerie de personnages bien trempés, Pyromane tient ses promesses.  Estelle Lenartowicz, Lire. Traduit du polonais par Erik Veaux.

Roman de 448 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

C’est une ville de Varsovie sous la neige par des températures autour de 20 degrés en-dessous de zéro dans laquelle l’inspecteur Jakub Mortka poursuit un pyromane en série a priori doublé d’un meurtrier.
Alors qu’il vient de divorcer et vit en colocation avec des étudiants bruyants, il entame cette enquête dans un pays où les autorités doivent composer avec la pègre et où l’alcool réchauffe davantage que le bois.
Ce roman policier est de facture ultra classique et c’est ce qui fait son charme. Pas de globules inutiles, des petites cellules grises en action, un collègue alcoolique, un procureur pas sympa : tout ça est un peu caricatural mais ça se passe en Pologne ce qui apporte un certain dépaysement
À essayer