JEUX LIT AVEC SALLY : Mansfield Park de Jane Austen

C’était une des lectures communes du mois de décembre

Deux lectrices partagent leurs impressions

Fanny Price souffre d’une disgrâce majeure – Jane Austen l’annonce d’emblée – elle est pauvre. Elle n’est en outre ni jolie ni brillante, mais timide et effacée. Recueillie par charité à Mansfield Park, la splendide demeure de sir Thomas Bertram, Fanny y est négligée, voire maltraitée. Mais elle va effectuer une ascension inattendue. Et cette évolution semble reposer sur ses seuls mérites, sa rigueur, son jugement infaillible, son indépendance d’esprit. On a dit que ce roman était l’une des œuvres majeures de la littérature occidentale, l’une des premières à se pencher sur la personnalité au sens moderne du terme. Jane Austen y excelle à confronter diverses sphères sociales, à peindre des personnages dont les qualités ne sont qu’un vernis, tandis que Fanny, sa discrète héroïne, observe, résiste et ne transige pas. Traduction et édition de Pierre Goubert, professeur émérite à l’Université de Rouen. Préface de Christine Jordis.

Roman de 720 pagesSe le procurer

Chronique de Audrey

Mansfield Park, c’est l’histoire de Fanny Price, petite fille d’une famille un peu désargentée recueillie fort heureusement par sa parentèle d’un standing bien supérieur et résidant à Mansfield Park. D’une timidité maladive et toujours prompte à penser qu’elle doit passer après tout autre – ce qui n’est pas sans rappeler ce que lui martèle l’industrieuse tante Norris – Fanny se retrouve esseulée mais bientôt revigorée par la présence d’un cousin attentionné, Edmond Bertram. Grandissant, s’épanouissant, la venue d’une fratrie, les Crawford, vient mettre en péril son bonheur quotidien.

Non sans talent, Jane Austen nous dépeint cette société, n’hésitant pas à caricaturer à l’extrême certains de ces personnages. J’apprécie vivement cette narration toute en dérision qui est présente dès que l’on aborde l’ignoble Tante Norris à qui on donnerait bien des claques! On secouerait un peu Fanny, aussi. Mais en cela, l’auteure suit son caractère. Toutes les personnalités sont travaillées. le schéma reste le même : une héroïne, des scandales avec des amours bien compromettantes, un happy end pour les méritants. Le ton de l’humour est présent. La plume est magnifique. Je remercie Josette Salesse-Lavergne pour la qualité de sa traduction.

Pourtant si Jane Austen est sans conteste l’une de mes auteures préférées, ce roman ne parvient pas à atteindre les 5 étoiles à mes yeux. Premièrement, je le trouve un peu long. Les derniers chapitres, ceux à Portsmouth, lorsque Fanny retrouve sa famille un brin tapageuse et ne vit que de lettres, est le passage qui me plaît le plus. Le personnage de Fanny, parangon de vertu, est un personnage auquel j’ai dû mal à m’attacher. Et surtout cette histoire d’amour Edmond / Fanny est loin de me transporter, surtout le final. Grand romantique dans le fond, on est loin du couple Darcy/ Elizabeth. Mais ces détails relèvent plus de mon goût personnel et n’enlèvent rien au talent de romancière de Jane Austen.

Le mot de Sally Rose

J’ai abandonné au bout de 150 pages. Je n’ai pas été aussi sensible à l’humour que dans Raison et Sentiments et je me suis vite ennuyée dans ces descriptions détaillées des caractères de chacun. Par ailleurs, j’ai trouvé que Fanny est un personnage plutôt fade, je n’ai pas trouvé d’intérêt à poursuivre la lecture de ses aventures (trop plates à mon goût)

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JEUX LIT AVEC SALLY : « noir » ou « blanc » dans le titre

C’était le thème du club de lecture du mois d’octobre

Nous étions 7 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : Après des années de guerre, la Terre sainte connaît enfin le calme. Baybars se retire au Caire et le prince Édouard rentre en Angleterre ourdir ses plans.
Mais, dans les deux camps, des hommes de l’ombre intriguent et complotent.
Pour une cause, pour la vengeance, pour le profit.
Pour la guerre.

Saint-Jean-d’Acre, 1274. Will Campbell est un Templier, un soldat entraîné au combat. Mais parce qu’il est membre d’une mystérieuse société secrète baptisée L’Âme du Temple, il est aussi un homme de paix qui a œuvré à la trêve désormais installée entre chrétiens et musulmans de Terre sainte.
Pourtant, les vieilles querelles ne demandent qu’à être rallumées. Édouard a promis au pape une nouvelle croisade et, en Orient, certains marchands commencent à trouver que la paix ne remplit pas assez leurs coffres. Quant au fils aîné de Baybars, il a décidé d’en découdre avec les chrétiens. Définitivement.
Alors que le pire se prépare, Will est tiraillé entre ses devoirs de Templier, son rôle au sein de L’Âme du Temple et l’amour impossible qui le lie à Elwenn. Lorsque son ami de jadis et faux frère d’aujourd’hui, Garin de Lyons, est envoyé par Édouard en Terre sainte, la vie de Will sombre définitivement dans le chaos et la destruction…

Conspiration, pouvoir et passion au temps des croisades : une épopée historique hors du commun.

Roman de 804 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Une semaine pour lire ce pavé et pourtant ce n’est pas le manque d’attrait qui en est la cause.
Tome 2 d’une trilogie, je craignais, ayant lu le tome 1 il y a un bon moment, ne plus me souvenir de tout, me rappelant que ledit tome n’était pas sans beaucoup d’aventures. Au final, l’auteure gère très bien et nous dissémine de-ci, de-là des rappels.

On retrouve donc Will Campbell. Templier mais également membre d’une société secrète au sein de cet ordre : l’Anima Templi ou Ame du Temple. Nous le retrouvons en Terre Sainte, dans la ville d’Acre. Nous le retrouvons tout à ses difficultés : au sein du Temple, au sein du Cercle ou dans sa relation passionnée mais interdite avec Elwen. Sur fond de fresque historique, Robyn Young nous emmène dans une incroyable aventure dans ce Proche-Orient médiéval. Alors que Will et ses partisans œuvrent pour une paix, force est de croire que peu de personnes, musulmans comme chrétiens, ne la désirent pas, cette paix. Complots, trahisons sont de mises, le tout dans un rythme frénétique dans lequel on ne s’ennuie jamais.
L’auteure parvient à nous faire saisir la très mince possibilité de maintenir la paix entre les ambitions et croyances des uns et des autres. On parvient également à palper tout l’univers cosmopolite que représentaient ces terres orientales.
Centrée sur la dernière croisade, cette épopée ravira les férus d’histoire même si l’auteure admet avoir pris quelques libertés.

C’est en tout cas un récit qui m’apprit beaucoup sur cette période riche de l’histoire. Il me tarde de lire le tome 3 !

Kadeline a lu

Résumé : Venise, 1579 Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. À l’aube du carnaval, la cité des Doges s’éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps dans vie d’un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n’est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste… ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane, entrevoit la vérité. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu’elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantôme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d’injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitiens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort. Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise… AUTEUR Philosophe de formation, Charlotte BOUSQUET est l’auteure d’une dizaine de romans pour les adultes et pour la jeunesse. Elle a récemment publié La Marque de la bête (Mango) et Arachnae (Mnémos), un thriller de fantasy inspiré d’une Renaissance italienne qu’elle adore. Elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prix Merlin pour Les Arcanes de la trahison (Nestiveqnen). ILLUSTRATEUR (couverture) Né en 1978, Aurélien POLICE est un illustrateur polyvalent qui exerce son activité tant dans la réalisation de pochettes de disques que les couvertures de romans, l’illustration d’articles de presse et de jeux de rôle que la réalisation de courts métrages. Essentiellement numérique, son travail mêle la photographie, les scans de peintures ou de dessins, et lui confère son style si particulier.

Roman de 286 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Noire lagune se déroule au 16ème siècle à Venise. La ville sort d’une épidémie de peste et on commence à  trouver de nouveaux cadavres qui semblent  touchés par la peste : nouvelle épidémie ou crime en série ? La peste est interprétée comme un châtiment divin, un courroux qui tomberait pour punir les vices et les personnes de « mauvaise vie ». La conséquence directe de cette croyance est, qu’à chaque épidémie, on cherche un bouc émissaire dans l’espoir de calmer Dieu et faire fuir la maladie. La cible idéale à lyncher sont les prostituées et les courtisanes. Pour éviter une nouvelle série d’assassinats, une apprentie courtisane va mener l’enquête pour prouver que ce n’est pas la peste qui sévit. 

C’était une bonne lecture mais j’ai un souci avec le fait que ça soit classé roman pour ado car ça combine des choix d’écritures complexes. Charlotte Bousquet a une écriture très travaillée. Elle retranscrit l’ambiance du lieu et de l’époque de manière poussée. Le souci est que ça demande beaucoup de connaissances en amont pour entrer dans l’histoire et comprendre ce qu’on lit. Il y a énormément de termes spécifiques : les différentes pièces de costumes de carnaval, les différents métiers, les matériaux… Même moi, en tant qu’adulte plutôt cultivée, j’ai pagayé au départ. Le lecteur se retrouve avec un choix obligatoire : prendre le parti de ne rien comprendre ou passer son temps le nez dans le lexique (je conseille de lire le lexique avant de commencer le roman ça aide).Quand on est avec un texte qui demande un tel niveau de concentration, le classer en ado c’est osé. Je ne dis pas que les ados n’en sont pas capables,  juste que la combinaison plume, vocabulaire, univers et construction du récit  avec pour chacun un niveau d’exigence élevé, ce n’est pas courant. Il faut s’attendre à une très belle plume, beaucoup de vocabulaire peu familier et compliqué, et une intrigue foisonnante surtout dans les premières pages.  Le début est laborieux, la combinaison de tous les éléments peut faire beaucoup pour des ados. Il faut arriver à passer les 50/100 premières pages, après c’est beaucoup plus fluide. J’ai apprécié l’aspect historique qui est intéressant et instructif. Les personnages sont bien construits. Le texte est agréable à lire quand on a intégré tous les prérequis.  C’est un policier historique bien réalisé. Attention il y a des scènes très dures avec des animaux, des enfants et des femmes. J’ai beaucoup aimé cette lecture mais trouver la cible pour ce roman est complexe, il me parait  particulièrement difficile d’accès et sombre pour des ados et en même temps l’intrigue va un peu vite pour des adultes.

Laehb a lu

Résumé : En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Devenu fou de rage depuis la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune et, surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’était compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges. Trente ans après  Misery, Stephen King renoue avec l’un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir, où l’on retrouve les protagonistes de  Mr Mercedes  (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… comme le pire.   Un suspense de très haut niveau et une intrigue au déroulé parfait qui vont faire passer au lecteur de belles nuits blanches. Renaud Baronian, Le Parisien.

Roman de 576 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Tome 2 de la trilogie Bill Hodges.
Même si les enquêtes peuvent être lues indépendamment je le déconseille. Primo car ce serait dommage de passer à côté de Mr. Mercedes, et c’est déjà une raison plus que suffisante ! Mais aussi car on retrouve des personnages et des situations et cela pourra «divulgâcher» le premier opus ou vous laisser circonspect.
J’ai pris grand plaisir à lire ce Stephen King loin de ses habituels romans de science-fiction ou d’horreur. Celui-ci est un roman policier classique, roman à suspense où la tension dramatique n’est pas créée par l’interrogation sur l’identité du criminel car nous le suivons dès les premières pages et sur plusieurs décennies. Le suspense est ici dans le compte à rebours, Hodges reussira-t-il à le mettre hors d’état de nuire? J’apprécie beaucoup cette construction et le temps consacré à la description des personnages, à leur évolution.
La thématique de l’écrivain reclus, du fan obsédé-déçu et du personnage de fiction porté aux nues est vraiment intéressante et toujours autant d’actualité (depuis son Misery ou par exemple le fanatisme généré par Harry Potter) et fait forcément réfléchir la lectrice passionnée que je suis.
J’aurai aimé lire cette saga du Coureur et découvrir ce Jimmy Gold qui déchaîne les passions. Voilà le don du King, vous donner envie de plus, mais surtout de l’impossible !
Je vais évidemment me précipiter à la librairie commander le troisième et dernier volet, la dernière page dévoilant un rebondissement complètement dingue. Chapeau l’artiste !

Maggy a lu

Résumé : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

Roman de 505 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

J. Will Dodd nous livre les journaux de bord tenus par son arrière-arrière-grand mère à la fin du 19e siècle. A cette époque, les indiens vivaient encore libres dans la Grande Prairie même s’ils sentaient, comme une intuition, que les Hommes Blancs pouvaient être leur perte. C’est la raison pour laquelle le grand chef Little Wolf a fait le pari fou de proposer au président Grant d’échanger mille femmes blanches contre mille chevaux. Les enfants issus de ce mélange ethnique devraient être l’avenir du peuple indien et vivre en harmonie avec les Blancs dont ils détiendront une partie d’héritage. May Dodd se porte volontaire pour cette aventure qui s’annonce excitante… Ses carnets nous racontent cette folle année qu’elle a vécue au sein d’une tribu cheyenne pour qui les réserves indiennes n’étaient encore qu’un vague concept. On sait que tout n’est que fiction; d’ailleurs l’auteur le rappelle à la fin du roman. Mais c’est tellement bien raconté, c’est tellement criant de vérité, qu’on oublie tout au long de la lecture que cette histoire ne s’est jamais produite, que ces carnets sans âge n’ont jamais existé. Et c’est cela tout l’art de Jim Fergus: nous faire vivre une vraie aventure depuis son canapé. Parce qu’on l’a senti dans nos tripes l’enthousiasme de ces femmes téméraires, qui ne savaient pas très bien dans quoi elles se lançaient mais qui pensaient que ça ne pouvait être que pour un mieux. On l’a vue devant nous cette Grande Prairie où paissent les bisons, il a fait frémir nos narines ce feu de bois où des marmites mitonnent à toute heure du jour et de la nuit, on les a entendus ces « hou hou » au-dessus des galops des chevaux… Et c’était juste formidable ! Un bien beau voyage donc, dans un temps qui n’est plus depuis longtemps, au sein de ce peuple qui n’avait même pas de mot pour évoquer le concept du « mal », qui croyait un peu à la magie et beaucoup en la famille. Jim Fergus, sans être militant, nous propose un bel hommage à ces hommes et ces femmes, issus d’un autre temps et dont les âmes continuent certainement de parcourir la Grande Prairie.

Priscilla a lu

Résumé : Le jour paraît sur Giverny. Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé… « On finit totalement emballé, le cœur un peu serré… Vraiment, génial ! » Ouest France « Passé et présent se superposent et c’est peu dire que l’on passe par toutes les couleurs… » Marie France Ce roman a reçu cinq prix littéraires en 2011

Roman de 492 pages – se le procurer

La chronique de Priscilla

Il y a quelques mois j’avais lu la BD adaptée de ce roman et j’avais été séduite par son graphisme et encore plus par le dénouement de l’histoire, si bien que je m’étais promis de lire le roman.

J’ai particulièrement aimé cette lecture au goût de redécouverte. J’ai la sensation que d’en connaître l’issue m’a permis de mieux appréhender l’histoire et d’apprécier tout particulièrement toute la richesse et la complexité des personnages. 

J’imagine que pour beaucoup de lecteurs ce livre a insufflé une envie irrépressible d’aller faire un détour par Giverny, et je ne fais pas exception… Cela faisait déjà quelques mois que j’avais envie d’y retourner, encore plus maintenant que j’ai fini les Nymphéas noirs car l’auteur a parfaitement  su peindre les décors avec sa plume !

Je ne connaissais pas encore la plume de Michel Bussi (oui, oui c’est possible) et pourtant j’ai plusieurs titres dans ma PAL qui attendent d’être lus… je vais devoir m’y intéresser de plus près car avec les Nymphéas noirs j’ai passé un très bon moment.   

Sandrine a lu

Résumé : Bien qu’anglaise depuis 1810, l’île Maurice a gardé du temps où elle s’appelait Île de France l’habitude de notre langue et nombreux sont les mauriciens qui parlent le français de préférence à l’anglais. Elles se partagent aussi entre noirs et blancs, les premiers fournissant généralement le prolétariat et les seconds les éléments de la « bonne société » du pays, tel Maître Emile Galantie dont l’étude est des plus prospères.
Pourtant, à la génération suivante, son neveu et successeur sera surnommé avec commisération par ses pairs « le notaire des noirs ». Faillite apparente qui en masque une plus profonde: il aurait voulu être un réformateur, un martyr politique au besoin. Pourquoi? A cause d’un enfant mort à sept ans, son cousin André.
Le drame de cette mort qu’il pensait ainsi racheter, qu’il ne se pardonne pas, six mois ont suffi à le consommer. Six mois qui débutent le jour où Maître Emile Galantie décide de recueillir André dont le père a dû s’exiler à Madagascar à la suite d’une malversation. Cela, l’enfant ne le sait pas. Il a fait de son père un héros dont le retour coïncidera avec la révolution. Le plus beau cadeau qu’il reçoit est une longue-vue avec laquelle il guette le navire qui le lui ramènera. Mais tout va se liguer -l’affection comme l’égoïsme- pour détruire ses illusions, ses raisons de vivre.
Et c’est avec un talent bouleversant que Loys Masson raconte cette « passion enfantine ».

Roman de 256 pages – se le procurer

La chronique de Sandrine

Alors qu’il n’est plus qu’un vieillard solitaire, celui que l’on nomme avec mépris ‘’le notaire des noirs’’ convoque les fantômes de son passé pour raconter sa trajectoire, celle d’un jeune homme bien sous tous rapports, amené à succéder à son oncle dans sa florissante étude notariale mais qui abandonna sa riche clientèle de colons blancs pour aider les Mauriciens noirs opprimés, en mémoire d’un jeune garçon mort trop tôt. Ses souvenirs le ramènent au temps de sa jeunesse, il n’avait pas encore trente ans, vivait chez son oncle Emile Galantie et sa tante Marthe, un couple stérile qui se détestait férocement. Son cousin Fernand, un ivrogne et un escroc, exilé à Madagascar pour cause de malversations financières, laissait derrière lui le petit André, âgé de sept ans, recueilli par les Galantie. André était chétif, fragile, rêveur. Il voyait en son père un révolutionnaire au service des noirs et guettait tous les jours son retour sur une mer désespérément vide. Immédiatement attaché à cet enfant comme un père à son fils, l’apprenti notaire jalousait tous ceux qui auraient pu capter l’affection d’André mais il le délaissait parfois au profit d’Aline, une femme mariée aussi gironde que passionnée. Victime de la pingrerie de l’oncle Emile qui refusait de l’envoyer en pension où il aurait pu se faire des camarades de son âge, victime de l’égoïsme du narrateur trop occupé par sa liaison, victime de la cruauté des adultes qui brisèrent ses rêves d’enfant, André, petit à petit, sombra dans la fièvre, pour finir par s’éteindre à petit feu. 

Roman du sentiment paternel, de l’enfance et de la cruauté du monde, Le notaire des noirs est un huis-clos tragique dont l’issue est connue dès le début. André va mourir, six mois à peine après son arrivée chez les Galantie. Mort d’avoir été mal aimé, mort d’avoir trop rêvé, mort par la faute d’adultes égoïstes et jaloux. Car même si le narrateur voyait en lui un fils et l’aimait sincèrement, il n’a pas su le protéger de la trop dure réalité, il n’a pas su mettre de côté ses sentiments et ses instincts pour se consacrer entièrement à cet enfant trop fragile. 

Mais Le notaire des noirs est aussi le roman de l’île Maurice, sa végétation luxuriante, ses cyclones meurtriers et la colère sourde des noirs contre les colonialistes blancs. On y sent l’amour de l’auteur pour son île mais aussi une critique de la société blanche qui y règne, méprisante jusque dans sa générosité. Emile Galantie, soucieux de sa position et de ses biens en est le représentant, vacillant devant les changements profonds qui se préparent. 

Un roman triste et cruel, porté par l’écriture poétique de Loys Masson. 

Sally Rose a lu

Résumé : 1961. Après avoir vu La Vérité de Clouzot, inspiré de sa vie et dans lequel Brigitte Bardot incarne son rôle de meurtrière, Pauline Dubuisson fuit la France et s’exile au Maroc sous un faux nom. Lorsque Jean la demande en mariage, il ignore tout de son passé. Il ne sait pas non plus que le destin oblige Pauline à revivre la même situation qui, dix ans plus tôt, l’avait conduite au crime. Jean-Luc Seigle signe un roman à la première personne où résonnent avec force les rêves et les souffrances d’une femme condamnée par les hommes de son temps.

Roman de 256 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Pauline Buisson a tué son ex-fiancé. Elle a été condamnée et a passé plusieurs années en prison. Quand elle sort, elle se réfugie au Maroc où personne ne la connaît.

Le film de Clouzot, La Vérité, avec Brigitte Bardot, est une libre adaptation de ce fait divers. Il va centraliser la soi-disant connaissance du sujet du quidam.

Dans ce roman écrit à la première personne, Pauline Dubuisson prend la parole pour raconter son parcours, sa relation aux hommes et sa grande souffrance de n’avoir été jugée que sur les apparences.

L’auteur a un style sans pareil pour décrire les sentiments de cette femme que la société a condamné à perpétuité.

On n’oublie pas qu’elle a tué mais on prend conscience de la persistance des émotions et des sentiments. Très touchant

JEUX LIT AVEC SALLY : Le titre commence par la lettre C

C’était le thème du club de lecture du mois de septembre

Nous étions 8 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Crazy. Folle. Oui, elle doit être folle, cette enfant qui croit que les songes guérissent les maladies et les blessures, et qu’un esprit la guide. Folle, cette jeune fille de l’Oklahoma qui se lance à corps perdu dans le théâtre, la peinture, la poésie et la musique pour sortir de ses crises de panique. Folle à lier, cette Indienne qui ne se contente pas de ce qu’elle peut espérer de mieux : une vie de femme battue et de mère au foyer. Brave. Courageux. Oui, c’est courageux de ne tenir rigueur à aucun de ceux qui se sont escrimés à vous casser, à vous empêcher, à vous dénaturer. De répondre aux coups et aux brimades par un long chant inspiré. D’appliquer l’enseignement des Ancêtres selon lequel sagesse et compassion valent mieux que colère, honte et amertume. Crazy Brave. Oui, le parcours existentiel de Joy Harjo est d’une bravoure folle. Comme si les guerres indiennes n’étaient pas finies, elle a dû mener la sienne. Une guerre de beauté contre la violence. Une guerre d’amitié pour les ennemis. Et elle en sort victorieuse, debout, fière comme l’étaient ses ancêtres, pétrie de compassion pour le monde. Les terres volées aux Indiens existent dans un autre univers, un autre temps. Elle y danse, et chacun de ses pas les restaure.

Roman de 160 pages – se le procurer

La Chronique de Amélie

Crazy brave est le livre-témoignage de la poétesse Joy Harjo. D’origines creek et cherokee, elle parle au travers de ses expériences très personnelles de l’héritage de l’histoire de ses ancêtres. On y trouve aussi bien un esprit de révolte et de lutte pour un monde plus juste, que des déboires beaucoup plus intimes où l’alcool et les violences domestiques sont omniprésents. Joy Harjo porte en elle le lourd passé d’un peuple spolié et le poids des difficultés actuelles qui en sont les répercussions directes.

Peinture, musique, théâtre, poésie,… c’est par les arts qu’elle s’élève, par eux qu’elle prend sa place dans le monde. Dans la prose même de son roman, on mesure la montée en puissance de cette voix unique. Les premières pages, très factuelles, n’ont rien de transcendant. Elles posent les bases d’un édifice qui viendra peu à peu s’orner de rêves, de métaphores, de galaxies et d’hommes-poèmes. À leur contact l’autrice grandit et son style se révèle beaucoup plus travaillé. Ses visions ouvrent des portes à l’intérieur de soi et le monde paraît plus immatériel, on retrouve la patte subtile de la poétesse qui manipule les images et l’inconscient pour faire toucher du doigt l’indicible.

Ses guerres interminables elle les mène inlassablement, sans haine, avec toute la vigueur de sa compassion et de son esprit de liberté.

Une belle découverte qui possède toute la beauté d’une main tendue.

Audrey a lu

Résumé : En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Devenu fou de rage depuis la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune et, surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’était compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges. Trente ans après  Misery, Stephen King renoue avec l’un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir, où l’on retrouve les protagonistes de  Mr Mercedes  (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… comme le pire.   Un suspense de très haut niveau et une intrigue au déroulé parfait qui vont faire passer au lecteur de belles nuits blanches. Renaud Baronian, Le Parisien.

Roman de 576 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Suite des aventures de Hodges bien surprenante. J’avoue avoir été déçue au début. Le personnage principal n’apparaît pas, les chapitres sont longs. Et pourtant cette première partie est diaboliquement nécessaire.
Comme dans le premier tome, Stephen King nous met dans la tête des différentes parties. Comme dans le premier tome, l’assassin est consumé par une certaine folie. En l’occurrence, il s’agit d’un fanatisme autour d’un cycle de livres. La lecture, les livres, les auteurs, sont au centre de ce roman si justement appelé en français « Carnets noirs ». Les amoureux de la littérature se retrouveront ( mais pas dans l’excès tout de même) et suivront avec satisfaction la piste sanglante semée par des carnets non publiés.
S’il m’a fallu du temps pour entrer dans la première partie, les deux suivantes se sont révélées de vraies page turner, avec leurs chapitres courts, la tension grandissante. Le génie de cette intrigue n’est pas le mystère mais bien cette tension haletante.

La fin du tome amorce un tournant plutôt radical dans le cycle avec une seule pensée : hâte de se plonger dans le tome 3 !

Laehb a lu

Résumé : En 1919, un tueur en série s’attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot. La panique gagne peu à peu, on évoque le vaudou, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche. « Ce premier roman possède ce qu’il faut de swing dans le style et de tempo dans l’action pour transporter aussi bien l’amateur de roman historique que de thriller. » Le Monde des livres « On baigne dans un ambiance Tabasco : vaudou, ségrégation, jazz, alcools frelatés et bordels. » Le Point Traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz

Roman de 522 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

J’ai beaucoup apprécié ce polar très dépaysant et assez déstabilisant. Ray Celestin part d’un horrible réel fait divers : un tueur en série muni d’une hache terrorise la Nouvelle Orléans au début du XXème siècle. Roman choral ( j’adore cette présentation ) mettant en scène quatre enquêteurs à la poursuite de ce fantôme du bayou : une jeune détective en herbe, un journaliste, un ex-flic mafieux fraîchement libéré de prison et le flic mal aimé – mal léché.
L’ambiance jazzy pré prohibition, les personnages attachants tant ils semblent fragilisés, le mystère des paysages du bayou et surtout les différentes pistes et suspects suivis en font un roman policier original et très riche en rebondissements et découvertes. Très bon divertissement qui m’a, en plus, appris beaucoup de choses à propos de la Louisiane.
Je continuerai sans aucun doute cette série.

Maggy a lu

Résumé : Londres, 1940. Par un morne après-midi de décembre, Emmy tombe sur une petite annonce du London Evening Chronicle : le prestigieux quotidien recherche une assistante. La jeune fille, qui depuis toujours se rêve grand reporter, postule sans attendre ni poser de questions sur la nature exacte du travail. Elle se voit déjà sauter dans le dernier avion pour un pays lointain et publier des articles brûlants sur la guerre. La déception est grande quand elle se retrouve à rédiger des réponses convenues aux lectrices d’un magazine poussiéreux, sous la stricte férule de la revêche Mrs Bird. Mais l’heure est venue de la résistance féminine. Emmy refuse de s’avouer vaincue. Elle a un plan.

Roman de 384 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

Emmy partage un appartement à Londres, au début de la seconde guerre mondiale, avec sa meilleure amie. La nuit, elle travaille pour les pompiers ; le jour, elle se rêve correspondante de guerre. Quand une petite annonce pour un job dans un journal de la capitale attire son regard, elle fonce, se voyant déjà plonger au cœur du conflit. Et la voilà assignée au courrier des lectrices, sous la férule de Mrs Birds, une cheffe acariâtre pour qui les problèmes des femmes doivent se limiter à un choix de chaussures et certainement pas à des problèmes de couple. Emmy, qui désespère d’aider son prochain, ne voit pas les choses du même œil. Après la lecture du pitch, on pourrait penser s’attaquer à un feel good de plus. On imagine déjà le contraste entre l’impétuosité de la jeune héroïne et l’esprit vieux jeu de sa responsable. Et c’est vrai que dans le premier tiers, on sourit pas mal face à des situations cocasses très bien racontées par l’autrice. Et puis, petit à petit, le récit gagne en profondeur quand on passe de l’autre côté du miroir en entrant dans la caserne des pompiers par exemple. C’est assez rare finalement de tomber sur des romans qui se déroulent sous les bombes et dans lequel on n’aborde pas l’aspect militaire ou résistant des choses. Dans ce roman, on voit que les londoniens ont appris à continuer de vivre sous la menace permanente de l’ennemi. Et on s’imagine peu le travail des pompiers en ces temps ravageurs ou que l’on continue à vouloir aller danser le samedi soir. Plus qu’un feel good, Chère Mrs Bird aborde plus largement la situation des femmes au début de cette guerre à travers le courrier que les lectrices envoient au journal d’Emmy. Et de l’autre côté de la lorgnette, il aborde le courage des jeunes femmes qui doivent se construire, fonder une famille, réussir une carrière et qui veulent apporter leur contribution, à leur échelle, pour continuer à mettre des couleurs dans cette nuit qui durera quatre longues années. Ca reste léger, mais plus intéressant qu’il n’y parait de prime abord.« 

Priscilla a lu

Résumé : Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère. Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis : elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme… Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série. Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains.   Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l’existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu’à une poignée d’orphelins juifs dont la fuite vers l’Espagne s’est arrêtée dans les Pyrénées… Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s’extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l’aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë.   Trois fils que Céline Denjean tisse ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

Roman de 656 pages – se le procurer

La chronique de Priscilla

Alors là attention: c’est du lourd !

Je pourrais céder à l’envie de faire une critique uniquement composée de superlatifs pour parler de ce livre que je ne manquerai pas d’idées et que la liste serait longue, très longue… mais je vais tâcher de faire un peu mieux pour vous donner envie de le lire (passer à côté serait votre plus mauvaise idée de l’année).

D’abord il faut parler de la plume de l’auteure: cette dernière est capable d’écrire un bouquin de près de 1000 pages sans te donner la moindre sensation d’étouffement ou de trop plein (mais au contraire de trop peu: j’aurais voulu que ça dure même encore un peu). C’est fluide, hyper bien rythmé et incroyablement « vivant ».

Céline Denjean fait la part belle à la psychologie de l’humain, à ses pires penchants et aussi à ses pires faiblesses.
J’ai été captivée par toute la partie du récit portant sur la nature humaine, à savoir ce que l’homme est par nature mais surtout ce qu’il peut devenir par son conditionnement c’est à dire par le biais de l’influence de ce (et ceux) qui l’entoure: captivant !

Les personnages (même les pires) sont fascinants. Et j’ai apprécié que l’auteure ait réussi à tous les travailler de manière égale, ce qui est loin d’être courant, et à tous les rendre intéressants.

C’est vraiment une lecture coup de cœur, et voilà un nom d’auteure qui va rapidement compter parmi les incontournables du paysage des thrillers français !

Ptitmousse a lu

Résumé : Akhila est employée aux impôts. Éternelle célibataire, cette quadragénaire n’a jamais été libre de mener sa vie comme elle l’entendait : toujours la fille, la sœur, la tante de quelqu’un, celle qui fait vivre la famille. Sur un coup de tête, elle prend un aller simple pour Kanyakumari, une petite ville balnéaire du sud de l’Inde. Dans l’intimité du sleeping – le fameux « compartiment pour dames » – qu’elle partage avec cinq autres compagnes, Akhila ose poser la question qui la hante depuis longtemps : une femme a-t-elle vraiment besoin d’un homme pour être heureuse et épanouie ? Compartiment pour dames est le best-seller qui a révélé Anita Nair. C’est un livre délicieux, chaleureux, qui nous ouvre le cœur de ces femmes indiennes dont nous sommes finalement proches, mais c’est aussi un texte engagé sur le sort qui leur est réservé aujourd’hui encore. Traduit de l’anglais (Inde) par Marielle Morin.

Roman de 338 pages – se le procurer

Chronique de Ptitmousse

Structure de récit qui ressemble finalement à des nouvelles, une pour chaque femme que l’on rencontre, avec la vie d’Akhila en fil rouge. Cela fonctionne, on est embarqué avec chacune. Je n’ai pu m’empêcher de penser à deux livres lus et appréciés aussi : « Ce qui nous sépare » d’Anne Collongues, construit de la même façon mais dans un RER français ainsi que « Les Vierges du paradis » de Barbara Wood, le lien étant ici la découverte de la vie dans un autre pays par le regard des femmes.

C’était très intéressant même si je pense qu’il faudrait lire d’autres livres se déroulant en Inde pour se faire un vrai avis. Jusqu’à quel point est-ce réellement la vie d’indiennes d’aujourd’hui ?

Ranine a lu

Résumé : Fils d’une louve et d’un chien de traîneau, Croc-Blanc grandit dans le Wild, le grand désert blanc. Il y apprend sa dure loi : manger ou être mangé. Sa rencontre avec les hommes, les dieux faiseurs de feu, sera décisive. Il se soumet d’abord à l’autorité de l’Indien Castor-Gris, et devient chien de traîneau. Mais un autre maître, Beauty Smith, sanguinaire et brutal, l’engage dans des combats sans merci et réveille en lui toute la sauvagerie du Wild.Du loup ou du chien, lequel de ses instincts finira par l’emporter ? Croc-Blanc est un chien-loup qui ne connaît que la vie sauvage du Grand Nord. Sa rencontre avec les hommes sera brutale : capturé, il devient chien d’attelage avant qu’un maître cruel n’en fasse une bête de combat. De l’instinct du loup ou de celui du chien, lequel l’emportera ?Un grand roman d’aventure qui célèbre l’esprit de liberté.

Roman de 360 pages – se le procurer

Un roman sur la vie d’un chien-loup ? Et c’est tout ? Je pensais m’ennuyer un brin, mais en fait, pas du tout ! Tout y est : l’aventure, l’amour, la joie, la peine… J’aurais bien continué à suivre Croc-Blanc dans la suite de ses aventures. Passionnant et émouvant !

Sally Rose a lu

Résumé : le de Bréhat, Côtes-d’Armor. Ambroise est un gardien de phare des plus expérimentés. Et un habitant de l’île très apprécié. Mais un jour il doit faire face à un double cas de conscience qui engage toutes ses responsabilités.
Ne rien dire pour protéger ceux qu’il aime ?
Seul face aux colères de la mer et à la cruauté des hommes ?

Roman de 320 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Sur la belle île de Bréhat, Ambroise est le gardien du phare. Il a un fils dont la maman est décédée dans les suites de l’accouchement. Des années plus tard, il vit une paix conjugale avec Jane et sa fille Betty. Lorsque cette dernière disparaît puis réapparaît, les lignes ont bougé et une atmosphère oppressante s’installe. Chacun garde ses secrets. Jusqu’à quand ?

L’auteur nous livre un coin de Bretagne aussi beau que sauvage avec de beaux personnages emplis de contradictions.

Un thriller qui se lit avec plaisir

JEUX LIT AVEC SALLY : Mr Mercedes de Stephen King

C’était une des lectures communes du mois de juin

Nous étions quatre lectrices à partager nos impressions

Midwest, 2009. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d’un job font la queue devant un salon de l’emploi. Soudain, une Mercedes fonce sur la foule, laissant huit morts et quinze blessés dans son sillage. Le chauffard, lui, a disparu dans la brume, sans laisser de traces. Un an plus tard, Bill Hodges, flic à la retraite qui n’a pas su résoudre l’affaire, reste obsédé par ce massacre. Une lettre du « tueur à la Mercedes » va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent. Délaissant le fantastique pour le polar dans lequel il se glisse avec une jubilation contagieuse, Stephen King démontre une fois de plus son talent de conteur, et son inspecteur Bill Hodges rejoint les figures emblématiques du roman noir américain.  

Roman de 672 pagesSe le procurer

Chronique de Audrey

Un super King, très immersif. Un policier où l’enquête n’est pas de deviner qui est le coupable mais bel et bien de l’identifier alors qu’il joue au chat et à la souris avec l’inspecteur retraité en charge de son affaire : un tueur qui a foncé avec une Mercedes sur une foule de chercheurs d’emplois.

L’intrigue est très intéressante et très bien menée. Stephen King nous fait découvrir les éléments au fur et à mesure tout en maintenant notre attention avec des chapitres courts terminés au bon moment : en vouloir plus et attaquer le dernier. Si effectivement, j’ai mis une semaine à le lire, ne vous y trompez pas, cela n’a rien à rien avec le rythme du livre qui est un très bon page turner avec lequel on ne sent pas du tout les + 500 p.. La fin est captivante en plus d’être haletante. Quant aux deux personnages principaux, Brady et Hodges, l’auteur prend le temps de leur dessiner une véritable personnalité si bien que lorsque l’on passe d’un chapitre à l’autre, on sait immédiatement auquel on a affaire. En plus de ça , l’auteur nous dépeint une société réaliste de la crise économique des années 2000 aux Etats-Unis.

Je ne suis pas sans savoir que ce tome est un premier tome d’une trilogie. Je me replongerai très bientôt dans la suite.


Chronique de Laehb

Stephen King, c’est vraiment le King. Découvert à l’adolescence je continue de vieillir avec lui et je suis heureuse d’avoir encore tant de ses romans à lire. Écrivain aussi talentueux pour nous concocter un roman d’horreur vraiment flippant qu’un roman de science fiction dans un monde fantasmagorique. Mr Mercedes est un polar absolument génial, je l’ai dévoré et j’ai hâte de retrouver Hodges dans un le deuxième tome ( qui est, paraît-il, encore meilleur ! Oui, je trépigne ! )

Bien souvent King est raillé, classé littérature de seconde zone, mais ce roman est une fois de plus la preuve de son grand talent.

Pour ceux qui ont peur de s’attaquer à un King, vous pouvez lire celui ci sans crainte, il ne fait pas partie de ses «horrifiques».

Chronique de Maggy

Tout commence quand un fou fonce sur la file d’attente qui s’est formée devant le salon de l’emploi, tuant et blessant de nombreuses personnes. Un an plus tard, l’auteur de cette folie se la coule douce tandis que son dossier descend petit à petit dans la pile des affaires irrésolues par la police. Jusqu’au jour où le criminel décide d’envoyer une lettre à Bill Hodges, le flic qui était sur l’affaire, maintenant retraité et qui oscille dangereusement sur le fil de la dépression. Il n’en faut pas plus à Hodges pour retrouver l’énergie du combattant, bien décidé à démasquer le tueur à la Mercedes.

Stephen King nous propose ici un thriller policier somme toute assez classique, ce qui a pu étonner ses fans de la première heure. L’homme connait son affaire; le suspens est au rendez-vous tout au long du roman, même si d’emblée le lecteur connait le criminel. L’intrigue repose essentiellement sur le bras de fer psychologique entre un flic à la retraite et le déséquilibré qu’il pourchasse, à l’aide de deux comparses bien étonnants. Les personnages sont bien campés, leur psychologie affinée, les rendant très vite attachants. L’intrigue en elle-même tient la route de bout en bout, son rythme s’accélère au fur à mesure que les pages se tournent et le final est crédible.


Ce premier volet des aventures de Bill Hodges, démontre donc, si besoin était, que Stephen King est un vrai conteur une fois qu’il a une plume à la main. Et qu’il peut aisément sortir de sa zone de confort fantastique pour rivaliser avec les meilleurs auteurs de polars. »

Chronique de Sally Rose

Une voiture se jette sur la foule, plusieurs morts, beaucoup de blessés.
Le meurtrier court toujours quand Bill Hodges prend sa retraite de la police criminelle plusieurs mois plus tard.
Alors qu’il s’enfonce dans l’ennui et l’alcool, le tueur à la Mercedes vient le narguer près de chez lui.
Alors oui, Stephen King sait écrire des polars et oui, on reconnait sa patte dès les premières lignes. Le prologue est digne des plus grands titres du King. La suite est haletante car bien que l’on connaisse le coupable, la confrontation des personnages et de leurs motivations fait l’objet du savoir-faire légendaire de l’auteur.
Une situation, des personnages, des profils psychologiques bien tordus, un premier tome de trilogie qui appelle la suite !

JEUX LIT AVEC SALLY : L’astronomie

C’était le thème du club de lecture du mois de juin

Nous étions 5 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : Des anciens peuples, seuls les humains ont survécu. Jusqu’à ce que, mille ans plus tard, une cité gigantesque surgisse de nulle part. Les monstrueux Daroths sont de retour. Le sort du monde repose désormais sur les épaules de quatre héros : Duvodas, le dernier dépositaire du savoir de l’ancien peuple le plus paisible, Karis, la belle stratège, et le jeune Tarantio, qui cache en lui un être pire encore que les Daroths : Dace, le quatrième héros… « On a envie de croire que tout cela fut vrai, tant c’est fort et beau. » Lanfeust Mag

Roman de 345 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Un One-shot qui regroupe tout ce que j’aime tant dans les Gemmell : des héros avec leurs failles et leurs défauts, presque des anti-héros, des personnalités et un univers bien travaillés, d’autant plus surprenant que c’est en peu de pages, de l’action et surtout de l’émotion.

Des anciens peuples – Eldarins, Oltors, Daroths- seuls les Humains ont survécu. Encore que l’ambition folle d’un d’entre eux ramène à l’existence les sanguinaires Daroths. 3 héros, chacun à leur manière, peuvent les arrêter : Tarantio, Karis et Duvodas.

La magie imaginée dans ce titre est belle, poétique à sa manière. le monde nous séduit. La fin nous ravit et nous émeut. L’épilogue nous fait réfléchir.
Merci Gemmell!

Laehb a lu

Résumé : Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, cinq lectrices participent à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers. Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ? Au plus profond de la forêt tropicale, d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur rôde. Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, une disparition transforme le séjour en jeu… meurtrier ? Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir… et mourir. Yann, flic déboussolé, et Maïma, ado futée, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté… est venu pour tuer ?

Roman de 480 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Ça y est. J’abandonne Bussi. J’avais beaucoup apprécié Les nymphéas noirs que j’avais vraiment trouvé original, mais cette troisième lecture me confirme mon sentiment de lire le scénario d’une série pour France télévisions. Ça fonctionnera bien, le lieu de tournage paradisiaque y sera pour beaucoup.
J’ai trouvé l’intrigue grossière et le pot aux roses dévoilé, cette grossièreté devient juste la pathétique tentative d’un illusionniste à détourner notre regard pour mettre en place son  tour de passe-passe.
Je ne doute pas que ce roman aura beaucoup de succès, tant la communauté de fans est nombreuse et aveuglée d’amour. De mon côté, j’essaie de ne pas me laisser influencer par une renommée.
Pour résumer, Bussi nous propose un remake de Dix petite nègres (véritable chef d’oeuvre du roman policier) qu’il aurait pu appeler Cinq petits tikis, s’embourbe et termine par une acrobatie.
Pas convaincue, donc.

Maggy a lu

Résumé : Ses parents ne pouvant s’occuper d’elle, la petite Clotilde, onze ans, se retrouve sous la garde de sa grand-mère, une femme cassante et aigrie. Son seul ami est le voisin, Aurélien, un aveugle bourru qui s’est pris d’affection pour la petite fille pétillante. Lorsque le vieil homme entreprend de se rendre à Lourdes avec son ami François dans l’espoir d’un miracle qui lui rendrait la vue, Clotilde décide d’être du voyage… Le vieillard atrabilaire, son ami alcoolique et la petite fille au caractère bien trempé se lancent dans l’aventure. Les trois comparses, pour atteindre leur objectif, vont devoir surmonter des épreuves qu’ils ne soupçonnaient pas, comme la faim, le froid – et même la clandestinité, car les deux hommes sont recherchés pour enlèvement. Leur périple sera aussi fait de rencontres, de rêves et d’amitiés, de vérité. Au-delà de la solitude, et de tous les maux… Gilbert Bordes conduit ses personnages vers le bonheur en les dotant de la seule arme qui puisse désarçonner les peurs et les bassesses de la société d’aujourd’hui : la puissance de l’imaginaire. Un roman sensible et touchant.

Roman de 283 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

Grosse déception pour mon rendez-vous manqué avec Gilbert Bordes. Le pitch était attirant et quand j’ai fait connaissance avec Aurélien qui venait de perdre son chien guide et Clotilde que sa maman venait de déposer chez sa grand-mère pour une longue durée, j’ai cru que j’allais me retrouver au sein d’une alliance improbable entre deux solitudes. Et par certains côtés, ce fût le cas, mais sans la lumière et l’optimisme que j’en attendais. Comme Gilbert Bordes manie très bien la plume quand il s’agit de dépeindre ses héros, ils ne m’ont pas laissée indifférente, bien au contraire. Je n’ai trouvé aucun des personnages attachants; tous m’ont agacée à leur manière. Je les ai trouvés égoïstes, se lamentant chacun sur leur sort, dont ils étaient généralement bien responsables, arrogants face au monde qui les entoure… A défaut du voyage initiatique que j’attendais, de la folle équipée que j’espérais, de la tendre amitié entre adultes et enfant que j’imaginais, je n’ai trouvé qu’amertume et pessimisme. Ça ne décrit absolument pas le travail de l’auteur dont j’ai bien apprécié d’autres écrits; cette fois, nous ne nous sommes pas compris, ça arrive…

Priscilla a lu

Résumé : Anna, trente-sept ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À dix-sept ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Lily, du haut de ses douze ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin. Une histoire où affleure l’émotion, pleine d’humour et de tendresse. Revigorant. Femme actuelle. Une invitation à se connaître. Et à s’aimer. Une belle leçon de vie. Aujourd’hui en France. Un livre généreux, pétillant, réconfortant. Maxi.

Roman de 384 pages – se le procurer

La Chronique de Priscilla

C’est exactement la lecture dont j’avais besoin en ce moment 

❤

Virginie Grimaldi me fait tellement rire !Elle offre à la petite Lili un caractère épatant et des répliques tordantes. Je me suis, littéralement, marée toute seule à la lecture de certains passages.
C’est drôle mais pas que. Il y a aussi la juste dose d’amour et de tendresse pour faire de ce roman une petite douceur.
Ce qui m’a également plu c’est que contrairement à d’autres livres de la même catégorie l’histoire reste crédible.
J’ai adoré faire ce voyage en Scandinavie en compagnie des « filles » ( et des autres ^^)

Sally Rose a lu

Résumé : « À la fois un garçon et une légende: tu avais dix-sept ans lorsqu’une balle de calibre .22 t’a scindé en deux. Dans un des deux mondes, celui qui gravite autour de ton lit d’hôpital, tu es devenu le Martyr de Bliss, Texas. Tu t’es changé en un spectre qui flotte au-dessus de la population clairsemée de ta ville natale dévastée, porteur tour à tour d’espérance, de désespoir et de consolation. » Dix ans après une terrible tuerie dans son lycée, Oliver Loving est toujours plongé dans un coma profond. Brisée par le drame, sa famille s’est désunie : son père, Jed, un artiste raté, a trouvé refuge dans l’alcool, et sa mère, Eve, s’obstine à garder espoir, refusant e son fils soit débranché. Quant à Charlie, leur cadet qui se rêve écrivain, il a quitté le Texas pour vivre librement son homosexualité à New York et fuir l’ombre pesante de son grand frère. Mais lorsqu’un nouvel examen révèle chez Oliver les signes d’une activité cérébrale, tous trois se retrouvent à son chevet, dans l’espoir d’avoir enfin une réponse à toutes leurs questions. Après le succès d’Histoire de l’oubli, Stefan Merrill Block signe un roman bouleversant sur la famille, la fin de vie et la résilience. Alternant subtilement les points de vue, Le noir entre les étoiles interroge de manière intime l’expérience du traumatisme et aborde une question essentielle : qu’est-ce qu’une vie digne d’être vécue ?

Roman de 450 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Oliver est dans le coma depuis 10 ans. Il a reçu une balle dans la tête lors d’une fusillade dans son lycée. Depuis sa famille s’est disloquée.
De nouveaux examens laissent penser qu’il pourrait (enfin) se réveiller.
Roman sur la désintégration familiale, Le noir entre les étoiles donne la parole à chacun des protagonistes et nous brosse ainsi la réaction de chacun au drame et à ces 10 années d’attente. Les tréfonds de leurs âmes sont distillés par une progression narrative non chronologique, permettant au lecteur de partager une grande intimité avec les personnages.
Et même avec Oliver qui est dans le coma.
C’est un roman tendre sur l’amour filial, le besoin d’espérance, la culpabilité.
Lecture très agréable

JEUX LIT AVEC SALLY : Un pavé de plus de 700 pages

C’était le thème du club de lecture du mois de mai

Nous étions 7 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : La guerre est un enfer, mais c’est aussi un gagne-pain pour certains, comme Monza Murcatto, la plus célèbre et redoutée des mercenaires de Styrie. Trahie et laissée pour morte, Monza se voit offrir en guise de récompense un corps brisé et une haine brûlante envers ses anciens employeurs. Elle aura pour alliés un soûlard des moins fiables, le plus fourbe des empoisonneurs, un meurtrier obsédé par les nombres et un barbare décidé à se racheter une conscience. C’est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la vengeance.

Roman de 800 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Sombre, très sombre. Même un peu glauque par endroit.
Joe Abercrombie nous sert un opus en Styrie qui n’est rien de moins qu’un nid de serpents. Au programme, la vengeance! Agrémentée d’un soupçon de trahison.

Monza, mercenaire de son état, est laissée pour morte par son employeur, le duc d’Orso après que lui et six autres hommes aient assassiné son frère sous ses yeux. Elle crie vengeance et dans l’ombre envisage de tuer les sept coupables, les uns après les autres. Aidée en cela d’une fine équipe : adepte de la torture, Homme Né, empoisonneur, mercenaire trahi, ex-bagnard. Tout ça fait un petit monde avec des personnalités atypiques, amorales, loin d’être manichéennes, qu’on apprécie autant qu’on désapprouve voire déteste par moment.

Avec astuce, l’auteur nous dévoile par les différents objectifs de Monza la situation politique de la Styrie, les cités en conflit les unes avec les autres, les ambitions des puissances voisines rivales, les aspirations du duc d’Orso. Une trame de fond palpitante!

Dans ce long pavé, les coups de théâtre sont nombreux. Pas trop le temps de s’ennuyer, d’autant que le livre est divisé en sept parties et on devine aisément la fin de chacune de ces parties. La sixième partie est celle qui m’a sans doute le moins emballée mais la fin est épique.

Placé dans le même monde que la Première Loi, je conseille la lecture de cette dernière trilogie avant. J’ai également lu Les Héros avant. Pour le coup, je conseille de le lire après, permettant de se garder quelques mystères sur le devenir de certains personnages…

Béa a lu

Résumé : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Roman de 864 pages – se le procurer

La Chronique de Béa

Dès la 1ère page, je savais que j’allais adorer ce livre. 
Joël Dicker a une plume qui vient vraiment me chercher (d’ailleurs son roman Le livre des Baltimore est mon préféré de tous les temps) 
Dans La vérité sur l’affaire Harry Quebert j’ai retrouvé l’univers de l’auteur, et je m’y suis sentie tout de suite très bien. Comme dans ma bulle, et je suis rentrée dans l’histoire à une vitesse folle. 
On retrouve le personnage principal de Joël Dicker, Marcus Goldman. 
Dans le Livre des Baltimore, livre qui est sortit après La vérité sur l’affaire Harry Quebert (mais que j’ai lu avant – by the way – 🤷🏻‍♀️) on découvre l’enfance de Marcus Goldman. 
Ayant eu un aperçu de son passé, j’avais déjà l’impression de le connaître (et de bien l’aimer 😉)
Tout est réuni pour faire un bon roman. De l’intrigue, des vieilles histoires d’amour, de la jalousie, la vengeance, le meurtre.
L’histoire est racontée de façon déstructurée, et c’est à travers les souvenirs des différents personnages qu’on apprend vraiment ce qu’il s’est passé cet été de 1975, et comment les événements se sont déroulés. On navigue comme ça tout le long de ce livre et l’histoire se dessine peu à peu.
Le livre est rempli de rebondissements; il m’est même arrivée de me mettre dans la peau de Marcus Goldman, d’analyser les personnages, de revenir quelques pages en arrière pour éliminer tel ou tel suspect ou au contraire trouver un personnage bien louche (tel un épisode d’Arabesque je me prenais pour Jessica Fletcher)
Et croyez-moi jusqu’au bout (même si j’avais eu le coupable dans ma liste des suspects pendant un moment) je n’ai pas su qui était le meurtrier et sa révélation m’a surprise.
Définitivement Joël Dicker sait me parler (🤗) c’est le seul qui, avec ses histoires, arrive à me faire me sentir si bien quand je suis plongée dedans et si maussade quand je les termine. 

Kadeline a lu

Résumé : Une île non loin de Québec où les étés ont des allures de paradis. C’est là que les cinq enfants Miller, bientôt six, grandissent entourés d’amour, dans une maison aux portes ouvertes en grand. C’est que Gabrielle, leur mère, et Edward, leur père, n’hésitent pas à accueillir ceux dont la fortune, contrairement à la leur, n’a pas survécu au krach de 1929. Dans une société encore très puritaine dominée par une Église implacable pour les femmes, Gabrielle défend farouchement son clan et ce goût du bonheur qu’elle transmet à ses enfants aussi passionnés d’elle. « Marie Laberge signe une fresque vivante et généreuse. » Michel Grisolia – L’Express

Roman de 877 pages – se le procurer

La Chronique de Kadeline

Le goût du bonheur est une saga familiale québécoise aux petits oignons où l’on se sent bien et où l’on voit toutes les évolutions de la société dans cette période charnière post krach de 29.
On suit Gabrielle, toute sa petite famille et leur entourage dans leur quotidien. J’ai beaucoup aimé la gestion de toutes les contradictions et envies de Gabrielle, au sein de cette société en plein bouleversement. D’un côté, elle est catholique très pratiquante et veut un respect stricte de sa religion mais d’un autre, elle a conscience que si elle est heureuse en ménage ce n’est pas le cas de la majorité des femmes donc les choses doivent changer. Elle cherche un équilibre entre religion et bonheur pour ses filles et toutes les femmes : Comment concilier la modernité qui appelle une plus grande liberté des femmes sans abandonner sa foi, comment ne pas juger les personnes réfractaires au changement ? Tout est toujours une question d’équilibre : aider son prochain mais accepter la volonté de préserver sa fierté,  divorce ou pas divorce, place de l’automobile, gérer la tuberculose…
Le quotidien est rythmé par les faillites, la tuberculose, la montée des extrêmes et les conflits entre canadiens français et anglais. Gabrielle est un personnage très attachant, très posée et réfléchie, pleine de bonnes intentions et qui veut que chacun soit heureux. C’est un livre qui fait du bien car malgré tous les problèmes qui tombent, notre héroïne parvient à préserver un cocon. 
L’écriture est agréable, il y a un lexique pour les expressions québécoises mais finalement l’écriture fait qu’on n’en a pas spécialement besoin pour comprendre le récit.

Laehb a lu

Résumé : Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’Histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que… Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake. Avec une extraordinaire énergie créatrice, Stephen King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock‘n’roll. L’œuvre d’un génie ! Time Magazine. Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. New York Times. Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. Miami Herald. Un fabuleux cas d’exorcisme littéraire. Emily Barnett, Les Inrockuptibles.   King passe de l’enquête – remarquablement documentée – sur l’attentat de Dallas à un poignant roman d’amour, d’une jubilatoire célébration de glorieuses sixties aux sombres vertiges d’une hallucinante uchronie. Scotchant. Philippe Blanchet, Le Figaro magazine.

Roman de 1 043 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Les romans de Stephen King sont souvent jugés avec beaucoup de condescendance, voire du mépris, pas suffisamment intellectuels, un « mauvais genre » comme on appelle aujourd’hui les polars et SF, lectures de seconde zone en somme.

Et bien moi je suis fan depuis mon adolescence où j’ai découvert Roland de Gilead, mon héros préféré de tous les temps, jusqu’à l’infini, Amour éternel etc, etc.

Le King m’a valu quelques nuits blanches, que ce soit par des romans impossibles à lâcher ou par la frousse (dans ces cas là, je fais des pauses avec un bon doudou Agatha Christie ), j’en ai lu pas mal, aimé beaucoup, peu de déceptions, mais 22/11/63 est clairement un roman d’exception.

Le thème premier m’a ferrée : Jake se voit confier le secret d’une faille temporelle, un passage vers 1958. L’assassinat de Kennedy en MacGuffin crée une portée dramatique et une date butoir, et plus cette date approche et plus la tension augmente, les pages filent, tournent fébrilement.

Mais ce roman est avant tout un formidable témoignage de la vie dans les années 60 aux États-Unis, un documentaire social faire valoir d’une magnifique histoire d’amour, ou comment utiliser le prétexte d’empêcher un attentat pour écrire un roman magistral.

Maggy a lu

Résumé : Quand, en 1848, la jeune Américaine Olivia O’Rourke débarque à Calcutta, sa tante, digne aristocrate britannique, espère que cette villégiature se conclura par un bon mariage.
Mais, contrevenant aux règles de la bienséance, Olivia s’éprend de Jai Raventhorne, un énigmatique paria, bâtard d’un Anglais inconnu et d’une Indienne de basse caste.
Jai incarne à lui seul tous les charmes de l’Orient. Et il serait si bon de s’y laisser prendre… Les âmes charitables préviennent Olivia : il la détruira. Mais, emportée par une passion dévorante, Olivia n’écoute plus personne. Jai devient son obsession, son opium.
Un poison doux et violent qui ne tardera pas à causer de terribles dégâts… À moins que le trident de Shiva, emblème de Jai et des forces du Mal, ne se retourne contre celui qui le brandissait.

Roman de 717 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

Le Trident de Shiva, c’est un peu un Autant en emporte le vent indien. Nous sommes à la moitié du 19e siècle à Calcutta alors colonie anglaise. L’impétueuse américaine Olivia, la petite vingtaine, est venue passer un an chez son oncle et sa tante. Au détour d’une fête ennuyeuse, elle rencontre le mystérieux Jai Raventhorne. L’homme est maudit par l’intelligentia en place, ce qui le rend d’autant plus attirant aux yeux de la jeune femme…
Dans l’Inde des colonies, Rebecca Ryman, nom de plume d’une indienne de souche, nous entraîne dans une formidable histoire d’amour passionnée sur fond de senteur exotique et de commerce maritime. Les personnages sont présentés assez rapidement et la plume de l’autrice les rend attachants dès les premières pages. Dans des décors très bien décrits sans en faire trop, le lecteur plonge littéralement dans cette fresque où l’on nous emmène chasser le grand tigre à dos d’éléphant, où le commerce de l’opium avec l’Europe fait la richesse de certains au désespoir des autres, où la maharani se révèle être une femme beaucoup moins effacée que l’histoire nous ne le laisse parfois croire…

Le roman de Rebecca Ryman est envoûtant et même s’il fait plus de 700 pages, il se lit très vite malgré quelques longueurs en milieu d’ouvrage. Olivia, la femme au caractère bien trempé, n’a décidément rien à envier à Scarlett O’Hara et Jai, le bad boy de l’époque, supplante même parfois ce cher Rhett Butler.
Une vraie découverte que ce roman indien qui se laisse dévorer

Priscilla a lu

Résumé : Je suis la balle dans votre fusil. C’est vous qui tirez, c’est moi qui tue. 1985. Alors que Paris est frappé par des attentats, Marc Masson, un déserteur, est rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d’opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henri Lœvenbruck raconte un moment de l’ histoire de France – qui résonne particulièrement aujourd’hui – dans un roman d’une tension à couper le souffle.

Roman de 832 pages – se le procurer

La Chronique de Priscilla

Parmi les sujets qui me désintéressent totalement il y a la politique et tout ce qui touche à la religion. Ici ce sont les deux thèmes qui habillent tout le récit. On peut donc dire que lire les 800 et quelques pages de ce livre tient du miracle pour moi…Et le pire dans tout ça c’est que j’y ai même pris du plaisir !
Le gros point fort, selon moi: les personnages. Marc Masson, alias Hadès, est le principal atout de ce récit. À la fois fort et très humain, on se passionne pour sa carrière et son parcours de vie hors norme.
Le livre est palpitant, bourré de détails sans jamais être étouffant. C’est aussi une mine d’infos sur des faits réels qui jalonnent cette période noire des attentats du milieu des années 80, j’ignorais beaucoup de choses sur ces événements et j’ai trouvé intéressant d’en savoir plus.
Sincèrement, même après avoir fini cette lecture je me demande encore comment l’auteur à réussi l’exploit de me faire aimer une telle histoire….le talent, forcément.

Sally Rose a lu

Résumé : « Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l’intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n’entend que les vibrations ronronnantes de l’air conditionné. Ou bien… est-ce qu’elle entend une radio là ? La maison est de type espagnol, c’est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausses briques, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d’une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte. De la main de la Mort, j’acceptais ce cadeau. Je savais ce que c’était, je crois. Et de la part de qui c’était. En voyant le nom et l’adresse, j’ai ri et j’ai signé sans hésiter. »

Roman de 1 113 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Biographie fictionnelle, ce roman est une expérience littéraire de premier ordre.
Bien que flirtant de façon pressante avec les grands épisodes de la vie de Marilyn Monroe, l’autrice entreprend de mettre en exergue le point de vue de Norma Jean Baker. Que ressentait-elle ? Quelles étaient ses réflexions sur sa vie, sur le monde, sur les autres ?
C’est là que réside la beauté de l’exercice littéraire car si personne n’en sait rien, l’approche de Joyce Carol Oates est non seulement crédible mais semble parfaitement légitime.
Le lecteur passe donc 1 000 pages avec cette femme à fleur de peau qui exhale la souffrance autant que la beauté, dont la beauté est une souffrance.
Depuis longtemps, on sait que Marilyn n’était pas une petite blonde sexy et idiote mais une actrice au talent époustouflant d’une intelligence supérieure à la moyenne.
Dorénavant, je la regarderai aussi comme une femme écorchée vive, si pressée de plaire, qui voudrait tant que l’intérêt aux formes de Marilyn se porte sur l’esprit de Norma Jean.
Ce récit est envoutant, l’autrice fait preuve d’un grand talent en le conduisant avec tant de brio.

JEUX LIT AVEC SALLY : Au bonheur des dames de Emile Zola

C’était une des lectures communes du mois de mai

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames , est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie. Edition de Sophie Guermès.

Roman de 544 pagesSe le procurer

Chronique de Audrey

Ayant lu quasiment tous les Zola, celui-ci est de loin mon préféré. Aussi n’ai-je pas pu refuser une LC le concernant. Dans ma relecture, j’ai revisité le charme des lectures de Zola allié à une foule de petits détails oubliés.

Comme à son habitude, Zola mène l’enquête, et ce de manière détaillée. Au bonheur des dames est le nom d’un grand bazar parisien qui, monstrueux, dévore les petites boutiques les unes après les autres, véritable ogre qui grossit de son festin. Une avancée inéluctable qui signe le glas de petits boutiquiers face à cette modernité dont on entend encore les échos aujourd’hui. Zola nous emmène dans le ventre du monstre et ainsi nous dévoile son fonctionnement : les salaires, le fonctionnement des rayons et de la grande machine en général, le capital sans cesse réinvesti, la fièvre acheteuse des clientes, séduites, les publicités nécessaires et autre coups de génie d’Octave Mouret. Car c’est ce dernier qui est au centre de ce roman. Lui et Denise, normande arrivée à Paris, mère-enfant pour ses deux frères depuis qu’ils sont orphelins, nièce d’un petit boutiquier qui fait face Au Bonheur des Dames.
Octave règne sur son petit monde : génie du commerce, séducteur de ces dames, il n’est pas sans se faire d’ennemis : jalousie de ses concurrents et rivaux, haine des boutiquiers qu’il coule à coups de prix déloyaux, frustration de maîtresses délaissées une fois que son intérêt n’y est plus. Pour autant, rien ne semble l’atteindre. Si ce n’est peut-être LA femme, celle qui se profile dans l’ombre. Pourquoi pas cette Denise, cette « mal peignée » qui va devoir lutter entre les langues de vipère des rayons. Véritable parangon de vertu, elle seule est à même de le faire plier, de les faire tous plier même.

Un roman complet avec une fine psychologie des personnages. Un roman dans lequel on ne s’ennuie pas, qui reste très sombre, très réaliste ( c’est Zola après tout). Une fin douce-amère. Je réitère, vraiment, mon préféré de Zola!
Je referme ce livre en ayant envie de découvrir Pot-Bouille, un des rares Zola que je n’ai pas encore découvert. Ça ne s’aurait tarder.

Chronique de Sally Rose

Ah ! les tissus, les lainages, les mouchoirs !

Quel bonheur de se promener, de s’immerger, de se noyer, au milieu de toutes ces étoffes et accessoires qui ont pour vocation à embellir et parer la femme.

Octave Mouret l’a bien compris qui mois après mois diversifie ses rayons, agrandit son magasin, développe la communication. Au grand dam des commerces attenants qui meurent en silence malgré quelques sursauts.

Au bonheur des dames, c’est l’avènement des grands magasins et on sent bien que Emile Zola cautionne cette évolution même si elle se fait au détriment de petites gens. C’est la modernité qui veut ça, il faut laisser aller le monde son chemin. C’est le discours qui est tenu par l’héroïne, Denise, jeune provinciale débarquée à Paris qui saura tirer le meilleur de tous ces changements.

Un épisode de la saga des Rougon-Macquart qui se termine bien, une déclaration d’amour aux femmes, un hommage aux transformations de Paris et aux évolutions du commerce.