Le Coup de Prague

Chronique d’AMR

J’ai découvert un peu par hasard Jean-Luc Fromental en lisant une BD dont le scénario rendait hommage à Georges Simenon, De l’autre côté de la frontière
Ici, il s’agit pour l’auteur et l’illustrateur Miles Hyman de mettre en bulles et en images un versant peu connu de la biographie de Graham Greene… Le Coup de Prague fait référence à la carrière d’espion de l’écrivain anglais, recruté pendant la seconde guerre mondiale par le MI6, le service de renseignements extérieurs du Royaume-Uni. 
 
Graham Greene débarque à Vienne, au cours de l’hiver 1948 pour un bref séjour, officiellement à la recherche d’idées et de matière pour l’écriture du scénario du film Le troisième Homme que Carol Reed va réaliser quelques mois plus tard et qui deviendra l’un des plus grands films noirs de l’après-guerre.
À son arrivée, il est pris en charge par Elizabeth Montagu, une femme énigmatique, également liée aux services secrets britanniques par son passé militaire. Très vite, elle va comprendre les enjeux politiques camouflés derrière cette mission en apparence littéraire et cinématographique ; peu à peu, dans la capitale autrichienne meurtrie et occupée par les quatre puissances alliées, américaine, française, anglaise et russe, Graham Greene va l’entrainer à sa suite dans un jeu de piste captivant jusqu’au fameux « Coup de Prague »…
 
Cette BD est un vrai roman graphique d’espionnage qui reprend des ambiances du film, Le troisième Homme, comme la visite des égouts, le trafic de fausse pénicilline… L’ensemble est d’ailleurs très cinématographique, avec des courses poursuites, des crissements de pneus, des scènes dans des bars, des hôtels, des planches sans textes très visuelles…
C’est aussi très sombre non seulement à cause de la saison hivernale, des façades abimées, des atmosphères obscures des clubs underground mais aussi par les parts d’ombre des personnages qui ne sont pas toujours ce que l’on croit qu’ils sont. Ici, les dessins et les couleurs de Miles Hyman servent tout un univers où les tons gris des extérieurs sont à peine contrebalancés par les lumières ocres ou rosées des éclairages intérieurs ou les tons plus chauds des vêtements des personnages.
Elizabeth Montagu est la narratrice intra-diégétique de cette histoire qu’elle auréole de sa personnalité ténébreuse et sensuelle. Elle se remémore les événements, analyse avec lucidité ses propres réactions au moment des faits ; en effet, Graham Greene la traite avec courtoisie, mais sans céder à ses charmes, et n’hésite pas à l’utiliser pour des tâches très subalternes et à la tenir éloignée de ses affaires.
L’intrigue est très complexe, toute en développements et ramifications inattendues jusqu’à un dénouement particulièrement surprenant. Personnellement, j’ai partagé « la brume mentale d’Elizabeth », me suis sentie un peu perdue souvent.
J’ai apprécié que ce récit tienne également compte de l’engagement politique de Graham Greene et de son rapport particulier à la religion ; Jean-Luc Fromental s’appuie vraisemblablement sur un solide travail de recherche.
 
Encore une fois, lire un roman graphique de Jean-Luc Fromental est un vrai régal, pour les yeux, pour la forme et pour le fond ; il nous donne à voir une autre facette de ce grand écrivain qu’était Graham Greene.
Une réussite !

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Hiver 1948, dans le blizzard de la capitale autrichienne sous occupation des quatre puissances. Dépêché par le studio London Films, G. travaille à l’écriture de son prochain long métrage, assisté par l’énigmatique Elizabeth Montagu. Cette dernière, dont le passé militaire et les relations l’attachent aux services secrets britanniques, découvrira bien vite que le prétexte artistique dissimule de véritables tensions politiques et que les lendemains de guerre ne sont pas toujours chantants. Cette mission en apparence paisible basculera dès lors dans l’atmosphère sournoise d’une révolution fulgurante que l’Histoire retiendra sous le nom de « coup de Prague ».

Bande dessinée de 112 pages – se la procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. À découvrir 🤗

Un secret de Philippe Grimbert

Chronique de AMR

Un grand merci à Audiolib qui propose cette audio lecture gratuite en ces temps de confinement à cause de l’épidémie de covid-19…
J’avais entendu parler de ce roman de Philippe Grimbert, sobrement intitulé Un Secret, sur le thème de l’holocauste et des non-dits familiaux.
 
Au début, j’ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire. Pourtant la posture de l’enfant unique qui s’invente un grand-frère idéal devant celles et ceux qui ne sont pas assez proches pour vérifier son existence me touchait et m’émouvait, me rappelant mes propres rêves éveillés de fillette solitaire. En fait, je ne parvenais pas à cerner ce personnage, ses motivations, son besoin de mise en mots car, dans les premiers chapitres, il révèle un égocentrisme presque malsain et pathétique.
Et puis, je me suis raccrochée à mon intérêt pour la confrontation de la sphère privée et de l’Histoire, pour les points de vue individuels et intimes sur les grands bouleversements référentiels. Là, j’étais plus à mon aise et le personnage narrateur évoluait à la manière d’un jeu de piste, passant d’un niveau de compréhension à un autre, et l’accompagner s’avérait s’approprier de mieux en mieux son parcours vers la vérité et l’acceptation.
 
Le récit est à la première personne. Le narrateur n’est autre que l’auteur lui-même qui livre un témoignage poignant et sincère sur son histoire familiale. Il met un accent très humain sur les évènements décrits à l’échelle familiale… Eh oui, les juifs déportés avaient des vies de famille, des rapports de couples, des ambitions, des désirs… ; ces hommes et ces femmes avaient eu une vie avant d’être réduits à des ombres humaines, des corps nus jeté dans des charniers… ; ils et elles étaient des enfants, des adolescents, des jeunes gens, des parents, des aïeux, des fils et des filles, des frères et des sœurs, des oncles et des tantes, des gendres et des belles-filles, des beaux-frères et belles-sœurs, des ami(e)s… Ils avaient tous une histoire personnelle, des choses à transmettre ou à cacher.
Philippe Grimbert est psychanalyste ; il sait démêler les écheveaux familiaux, les héritages lourds à porter et leurs conséquences sur les générations suivantes et à venir. Son témoignage est lucide, tragique mais aussi porteur de résilience. À sa manière, il nous parle du complexe des survivants, quand ils dissimulent volontairement un passé traumatisant. Il est permis de se demander comment aurait réagi une personne qui n’aurait pas l’expérience de thérapeute de l’auteur : sa famille lui a dissimulé le premier mariage de son père, un demi-frère déporté et son identité juive. Même son nom d’origine, Grynberg, est devenu, peu après la guerre, Grimbert sans qu’on ne l’en ait jamais informé… Comment se construire dans ces conditions ?
 
L’écriture est efficace, sobre, à la fois impliquée par l’emploi de la première personne, et distanciée par un style volontairement inquisiteur pour mettre en scène des héros ordinaires et une recherche identitaire. Le titre de ce livre évoque de manière indéfinie un secret de famille pourtant bien identifié… C’est le secret de la famille Grimbert mais il prend des proportions à la fois considérables et incomplètes tant il est difficile à énoncer et à délimiter.
En même temps, j’imagine qu’il fallait s’affranchir de l’émotion pour rendre compte de cette expérience trop personnelle, donner vie au demi-frère fantôme, réel bien que fantasmé, remettre en perspective l’histoire familiale, les mariages et remariages, et, quelque part aussi, toucher à l’image paternelle et maternelle idéalisée.
 
Une audio lecture intéressante, difficile parfois. Le texte est lu par l’auteur, plutôt bien… Mais j’ai dû parfois revenir en arrière car la voix de Philippe Grimbert m’avait perdue en route.
Un secret est un témoignage à lire aussi entre les lignes, car ce livre à la problématique universelle est aussi un héritage personnel transmis par l’auteur aux siens et, à ce titre, il est digne du plus profond respect.





Cette lecture valide :

La consigne n°7 du défi Les Expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence. Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul . Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle , il démontre avec autant de rigueur que d’émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l’exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

Roman de 192 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Un roman lu il y a bien longtemps et qui m’a marquée à jamais 😢

JEUX LIT AVEC SALLY : Une (auto)biographie, romancée ou non

C’était le thème du club de lecture du mois d’avril

Nous étions 7 à explorer le sujet

Iz43 a lu

Résumé : À tout juste 20 ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu’on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance. Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né en 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis. Enfant, il veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. Armé d’une béquille et d’un stylo, il se lance dans la musique : en 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l’artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique. « Grand Corps Malade réussit la prouesse de décrire l’horreur absolue en y ajoutant des touches d’humour et de jubilatoires formules poétiques. » Le Nouvel Observateur

Récit de 168 pages – se le procurer

La Chronique de Iz43

« Il n’y a pas d’recette, pour supporter les épreuves
Remonter les cours des fleuves, quand les tragédies pleuvent
Il n’y a pas de recette, pour encaisser les drames
Franchir les mers à la rame, quand le rêve te fait du charme
Il n’y a pas de recette, quand t’en avais pas non plus
Personne ne t’avait prévenu, tu t’es battu comme t’as pu
Il n’y a pas de recette, quand l’enfer te sert la main »

Des épreuves, Fabien Marsaut, Grand corps malade, en a vécues et des terribles. Un plongeon dans une piscine insuffisamment remplie, la tête qui touche le fond. Une vertèbre cervicale fracturée.
Fabien passe un mois en réanimation puis plus d’un an dans un centre de rééducation. Le grand corps de 1m94 a subi un terrible choc et est effectivement bien malade. Tétraplégique incomplet. (Cela veut dire que certaines parties du corps bougent à nouveau).

Alors qu’il pourrait se lamenter, être larmoyant, complètement déprimant , Fabien nous offre un récit plein de vie, de couleurs, de joie, d’humilité aussi, d’espoir, d’envie de vivre, de rire.
Surtout, c’est une sacrée leçon qu’il nous donne, une ode à la vie.
« Y’a tellement de choses à faire et ça maintenant je l’ai compris
Chaque petit moment banal, je suis capable d’en profiter…
C’est pas moi le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre, et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre
Alors je vais y mettre le feu en ajoutant plein de couleurs ».

Grand corps malade, il suffit qu’il ouvre la bouche pour que je me sente frissonner des pieds à la tête. Des textes qui me bouleversent et me touchent l’âme (Roméo kiffe Juliette, Derrière le brouillard, Mesdames…). Un regard qui transmet tant de choses. Je l’imaginais déjà bienveillant.
Maintenant que j’ai lu son témoignage, je découvre quelqu’un de courageux, de drôle, de vivant, de généreux, d’hyper positif. Je ne pourrai plus jamais regarder M6 boutique sans penser à lui.

Il faut être généreux pour témoigner de choses aussi intimes. Il faut être fort pour voir la lumière et l’espoir.
J’ai aimé sa plume bien sûr, mais aussi son autodérision, son humour.
J’ai aimé qu’il partage ses rencontres avec les soignants (respect vraiment pour leur profession) et les autres patients.
C’est un livre touchant, sincère, humain, émouvant mais drôle aussi.

Je n’ai pas fini de kiffer Grand corps malade. Alors le basket a certes perdu un bon joueur mais nous on a gagné un grand homme et un grand slameur.

J’ai partagé ce livre avec mon fils de 11 ans (et demi). Et oui, je n’ai pas pu m’empêcher de le mettre en garde contre les accidents de plongeon mais ensuite je lui ai dit “de profiter de chaque petit moment banal et de mettre plein de couleurs dans sa vie”.

Merci Grand corps malade
Merci Fabien

Kadeline a lu

Résumé : Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un évènement traumatique dans une vie de femme. Et d’autant plus douloureux qu’on le garde pour soi, qu’on ne sait pas dire l’ambivalence des sentiments et des représentations qui l’accompagnent. L’angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l’impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Bande dessinée de 168 pages – se la procurer

Il fallait que je vous le dise est un magnifique regard croisé autour de l’IVG.
D’un côté on va suivre le vécu et les ressentis de l’autrice face à cette situation. C’est un récit tout en nuances qui montre le panel d’émotions par lesquelles elle est passée. Le message est important : même pour une femme qui est sure de sa décision ce n’est pas anodin. Tout ce qui se produit dans son corps et son esprit n’est pas négligeable, rien n’est noir ou blanc, tout s’insère dans un spectre bien plus complexe et varié que ce qu’on pourrait imaginer face à une décision censée être une certitude. 
En parallèle, le cheminement de l’auteur et médecin autour de la médecine des femmes est mis en avant. C’est très intéressant et ça permet une vision plus complète de l’IVG et de la contraception. Ces thématiques restent pour la majorité à déconstruire pour être au plus proche du besoin de chaque femme et de chaque personne avec un utérus. C’est une BD poignante, intéressante, déculpabilisante et libératrice qui arrive, malgré le sujet, à rester assez douce. Juste une précision si je dis douce ça ne veut pas dire que rien n’est dur ou qu’il n’y a pas de propos violent, c’est dans le sens où dans l’ensemble les choses sont dites en prenant des gants.

Laehb a lu

Résumé : Tout le monde connaît Sherlock Holmes. Livres et films ont rendu familiers ses méthodes scientifiques, son fidèle acolyte le docteur Watson et même sa logeuse, Mrs Hudson. Mais tout le monde ne connaît pas Arthur Conan Doyle. Les années passant, il a rejoint Mary Shelley et son Frankenstein, Bram Stoker et son Dracula au club des auteurs dépassés par leur créature. Pourtant, son œuvre littéraire est immense et diverse : histoires policières, romans historiques, nouvelles, contes fantastiques, science-fiction, correspondance, essais. Il a participé à la vie politique, morale, scientifique de son pays, avec une seule idée en tête : respecter les valeurs chevaleresques inculquées par sa mère. Tendre et coléreux, généreux et emporté, amateur de science moderne et nostalgique de la chevalerie, persuadé de la grandeur de l’Empire et défenseur des humbles, partisan du droit des femmes à divorcer et opposé aux suffragettes, conservateur et anticlérical, Arthur Conan Doyle est à la fois un homme de l’ère victorienne et un précurseur des temps modernes. Une biographie à lire comme un roman

Biographie de 208 pages – se la procurer

La Chronique de Laehb

Depuis mes débuts de lectrice, j’ai toujours été fan des enquêtes de Sherlock Holmes et je ne connaissais quasiment Arthur Conan Doyle qu’à travers son détective si célèbre mais tellement encombrant.
La quatrième de couverture mentionne « une biographie qui se lit comme un roman » et c’est exactement le sentiment ressenti tant la vie de l’auteur fût riche en aventures.
J’ai été estomaquée de découvrir que cet homme si cartésien et très tôt agnostique finisse ses jours en une sorte de prédicateur spirite, enchaînant les colloques en faveur du spiritisme.
Moment de lecture très enrichissant, je suis ravie d’en avoir tant appris sur un de mes auteurs fétiches.


Maggy a lu

Résumé : Qui n’a pas un jour fredonné un des nombreux succès de France Gall, dont la liste aussi impressionnante qu’incontournable résume à elle seule plus de trente ans de chanson française ? Mais France Gall est bien plus qu’une star : c’est une femme qui a connu les plus grands triomphes et les plus grandes douleurs, vécu le grand amour et dû faire face à la mort de ses proches, et qui, pourtant, relève la tête et «résiste», prenant son destin à bras-le-corps, s’engageant aux côtés des femmes et des opprimés. Une vie exemplaire. « Le destin d’une star courage est une biographie unique en son genre, intimiste, toute en tendresse et en confidences. » Au feminin.com

Biographie de 224 pages. Se la procurer

La Chronique de Maggy

 France Gall… C’est toute une époque de la variété française. C’est aussi ce couple aussi mythique que discret qu’elle formait avec son double, Michel Berger.

À travers cette biographie rédigée en 2007 par son ancien attaché de presse et un journaliste avec lesquels elle a entretenu des liens d’amitié étroits pendant de nombreuses années, nous redécouvrons la négresse blonde.
C’est de son enfance et son adolescence, entourée d’une famille aimante, qu’Isabelle Gall a tiré tout ce qui a construit France. En tant que fille de Robert Gall, celui qui a écrit La Mamma pour Aznavour, elle a pu très jeune côtoyer dans sa propre maison le gratin artistique du moment. Et pourtant, ce sont les vedettes de Salut les Copains qui la font rêver. Elle intégrera ce panthéon presque par hasard.
De sa liaison toxique avec Claude François, en passant par ces années au cours desquelles elle s’est oubliée pour Julien Clerc, jusqu’à la plénitude de son mariage avec Michel Berger, Alain Morel et Grégoire Colard nous racontent le parcours de France Gall presque comme un roman.
Couvrant des décennies durant lesquelles ils ont vécu dans l’intimité du couple Gall-Berger, les deux auteurs usent très peu d’extraits d’interviews et racontent plutôt ce qu’ils ont vécu, de près.
Après le drame du 2 août 1992, journée funeste où Alain Morel était présent, leurs chemins se sont un peu éloignés et donc, nous retrouvons plus d’extraits de magazines et d’interviews télévisées dans le dernier tiers de cette biographie. Ce sont des années douloureuses, la « facture » que craignait France quand elle nageait dans le bonheur des années 1980; c’est sans doute plus pudique d’utiliser les mots que la chanteuse à elle-même prononcés pour relater ces années noires où le malheur semblait s’accrocher à ses semelles.

J’aimais beaucoup France Gall et Michel Berger. J’ai assisté au concert qu’elle a tenu après le départ de sa moitié, j’ai pleuré sur cette minute de silence tellement vibrante d’émotions. Et j’ai bien aimé reparcourir le chemin à l’envers, retrouver une France Gall vivante et heureuse, découvrir une femme courageuse et digne alors que d’aucun la croyait n’être qu’une petite blonde un peu fragile, planquée dans l’ombre de son mari.

Après cette biographie, France nous a encore livré « Résiste », cette comédie musicale montée en hommage à l’œuvre de Michel Berger. À cette occasion, j’ai eu la chance de la revoir puisqu’elle est venue en personne saluer le public en fin de représentation.

Je n’ai rien appris de neuf dans cette biographie mais j’ai pris plaisir à remuer quelques souvenirs tout en fredonnant. De Charlemagne qu’elle a détesté aux Rêves qu’elle n’a pas laissés passer, des Sucettes qu’elle ne voyait que comme des friandises sucrées à Babacar qu’elle n’a pas laissé tomber, France était une grande dame, une maman attentive, une épouse aimante et surtout une belle personne. Cette biographie lui rend un bien bel hommage.


Ptitmousse a lu

Résumé : Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son «  petit pays  », le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux.  Astrid de Larminat, Le Figaro.   Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l’admiration.  Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n’est pas un petit Africain, c’est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune.  Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMAN

Roman autobiographique de 224 pages – Se le procurer

Chronique de Ptitmousse

Ce roman, contenant des faits autobiographiques de l’auteur, se scinde en deux parties que je trouve assez distinctes, malgré des bribes de la suite disséminées dans la première partie, quelques signes avant coureurs de la tragédie à venir.

Partie 1 : pour un sujet aussi tragique a priori, je ne m’attendais pas à autant d’humour et de légèreté. J’ai été surprise parce que (je ne sais pas pourquoi mais je le comprendrai par la suite), je m’attendais à quelque chose de plus noir et tragique. Le début était assez frais. Le fait que le narrateur ait 10 ans y était bien sûr pour bonne partie. Cela se lit vite et c’est agréable. Et c’est un délice de se plonger dans cette Afrique ! On est totalement dans l’ambiance. C’est là la force de l’écriture parce qu’en même temps, on ne se perd pas en description, c’est très digeste mais objectif atteint pour le rendu.

Partie 2 : Quand j’ai terminé cette lecture, je n’étais pas très bien… C’est d’une violence incroyable quoique pas trash du tout dans l’écriture. Ce sont les événements qui sont tellement incroyables. Les mots nous manquent. Je suis allée lire, à la toute fin de la lecture, quelques infos sur les événements de ce génocide et cela m’a clairement donné la nausée… Revenant au livre, le passage qui m’a le plus marqué est [spoiler] celui des derniers mots d’Eusébie ; cela reflète un état d’esprit terrifiant et ces mots sont bouleversants. Mais le Zippo à jeter dans la voiture restera gravé également je pense. De même que cette maman qui a complètement perdu l’esprit, devenue fantôme… [fin/spoiler] Tant de passage finalement sont marquants, pour un livre pas si long en nombre de pages.
Un texte très fort de ce que fut ce génocide, en même temps qu’un hommage à l’Afrique et à l’enfance passée là-bas ! C’est plein d’innocence et de violence, de joie et d’horreur.

Ranine a lu

Résumé : Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.

Autobiographie de 343 pages – Se la procurer

Chronique de Ranine

Une vie, et quelle vie ! Une vie blessée, meurtrie. Mais une force, un instinct de survie, une résilience admirable. Une vie sans concession ni compromis malgré le milieu corrompu dans lequel elle évolue. Une femme forte, une femme admirable. Un très beau témoignage, à son image.

Sally Rose a lu

Résumé : « Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour. » Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose celle de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Pour être libre, faut-il accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Récit de 160 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose


Issue d’une dynastie qui a marqué la France, l’autrice et narratrice, promise à une brillante carrière d’avocate, plaque tout à la découverte (l’acceptation ?) de son homosexualité : son mariage, son métier, ses cheveux longs, ses vêtements bourgeois, son rapport à la matérialité.
Elle se débarrasse de toutes ses affaires (meubles, livres, etc.) et finira même par ne plus avoir de logement, logeant à droite à gauche, vivant d’expédients et de vols à l’étalage.
Pour s’affranchir des codes que lui a imposé la société, elle devra aussi s’éloigner de son fils, Paul, puisque son ex-mari use de tous les moyens à sa disposition pour l’empêcher de « perturber » leur fils.
Constance nous raconte sa nouvelle vie, sa soif d‘amour et de sexualité, refusant l’attachement dans ses rencontres, privilégiant la découverte de soi et la résilience face à l’absence de son fils.
C’est un texte autobiographique, autofictionnel bien qu’estampillé « roman » par l’éditeur. Il est plutôt cru, déstabilisant, beau et choquant. J’imagine que chaque lecteur peut ressentir des émotions différentes en liaison avec sa propre histoire, son propre rapport à l’existence.
Dans tous les cas, c’est magnifiquement écrit et entraîne à la réflexion sur le sens de nos vies.

Bakhita de Véronique Olmi

Chronique de AMR

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Ce roman de Véronique Olmi était dans ma PAL depuis sa sortie, cadeau de mon mari, bien conseillé par un (ou une) libraire… Je viens enfin de lire Bakhita.
Ce roman est la biographie romancée d’une femme au destin exemplaire. Enlevée à sept ans dans son village du Darfour, puis vendue et revendue comme esclave, utilisée, exploitée, maltraitée, elle est enfin rachetée par un consul italien qui la ramène avec lui. Ainsi affranchie à l’adolescence, elle est éduquée dans une congrégation de sœurs canossiennes et finit par prendre le voile ; elle meurt en 1947 à environ 78 ans. Elle sera béatifiée, puis canonisée par le pape Jean-Paul II.
 
J’ai mis un certain temps à lire ce livre, du moins plus longtemps que d’ordinaire… Je ne comprenais pas ce qui me freinait, ce qui motivait mes pauses. J’ai beaucoup lu sur le thème de l’esclavage ou de la négritude ; j’aurais dû me sentir en terrain connu… Et, pourtant, quelque chose n’allait pas de soi, pesait sur ma lecture.
La première partie, « de l’esclavage à la liberté », malgré les horreurs et les souffrances endurées par la petite fille, correspondait à mon horizon d’attente : enlèvement, changement de nom, déshumanisation des esclaves, séparations des fratries, mauvais traitements… Je savais tout cela, l’ayant lu par ailleurs. L’intérêt venait ici du point de vue de l’enfant car, si Véronique Olmi raconte l’histoire de son héroïne dans une narration omnisciente à la troisième personne, elle passe toujours par le prisme et la focalisation du ressenti de l’enfant et de l’adolescente qui subit les évènements.
C’est à partir de l’arrivée de Bakhita en Italie que j’ai parfois lâché le fil et que j’ai un peu délaissé ce livre. J’avais du mal à admettre que la vie de servitude continuait, certes dans de bien meilleures conditions mais sans reconnaître à la jeune africaine le droit de disposer d’elle-même. Je mettais aussi mon agacement, ma gêne sur mon ressenti très personnel quant à la manière dont la religion catholique s’est appropriée Bakhita ; naturellement, il avait fallu convertir cette brebis égarée !
Bref, ce roman me laissait frustrée, insatisfaite… Je n’avais plus vraiment envie de suivre Bakhita dans la deuxième partie, « de la liberté à la sainteté », car je la trouvais toujours prisonnière des autres et de leurs grandes idées la concernant.
 
Et puis, j’ai brusquement compris, saisi tout le talent de Véronique Olmi.
Ce que je ressentais si profondément en moi, c’était la difficulté de Bakhita à être, à exister, c’était sa noirceur qui faisait peur, c’était ses souvenirs enfuis, c’était son absence de mots pour dire les choses, pour se dire aux autres, pour comprendre ce que les autres lui voulaient.
Je ressentais la douleur de son corps souffrant, sa manière d’obéir toujours, de toujours servir. Pour moi, lectrice, cela passait par ma lecture parce que l’auteure l’avait écrit ainsi justement pour que je saisisse cet éternel présent qui avait oublié le passé, ce présent qui ne savait pas envisager un avenir à soi : « je reste, je reste pas, je sors, amen oui, amen non… »
Alors, j’ai repris ma lecture, je suis même revenue en arrière pour me réapproprier la manière dont tout était dit, dont les non-dits parlaient d’eux-mêmes ; j’ai entendu la voix rauque de Bakhita perdre sa langue d’origine, tenter de décrypter les autres langages africains, l’arabe, les dialectes italiens, le latin des prières et j’ai senti son cœur battre et son empathie m’envahir : une vie de servitude et de service aux autres.
 
Il y a des livres qui sont des claques à retardement.

Cette lecture valide :

La consigne n°40 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Enlevée à sept ans dans son village du Darfour, Bakhita a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée. Véronique Olmi compose un opéra, orchestrant dans un souffle aux accents antiques les voix de la tragédie et celles de l’espérance. Marianne Payot, L’Express. Un roman bouleversant. Valérie Trierweiler, Paris Match. PRIX ROMAN FNAC 2017.

Roman de 455 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Une lecture difficile, incontournable 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé Pêche de vigne de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole

Chronique de Laehb

Le divin marquis n’était pas seulement un homme dépravé, adepte de parties fines dont le seul vice aurait été la luxure comme son image sulfureuse l’a parfois laissé penser. Non, c’était purement un sociopathe, emprisonné plusieurs fois pour violences et abus sexuels sur des jeunes filles, je vous laisse imaginer ce que sa condition lui a épargné. Son œuvre porte l’étiquette «érotique», ce n’est pas ce que je pense des thèmes qui lui sont chers comme l’inceste, le viol et tout type de tortures. Vous l’aurez compris, le personnage me dégoute.
J’ai donc commencé cette lecture avec beaucoup d’a priori et j’ai souvent eu envie de balancer le bouquin tellement les sévices endurés par Rose Keller, entre autres, m’ont révoltée.
Ce roman qui n’est pas fiction est remarquablement bien documenté et est une terrible ode au courage de ces femmes.


Cette lecture valide :

La consigne n°36 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.
En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer.
Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera  » le divin marquis « , qui lui fera subir les pires outrages imaginables.
Prix de la biographie.

Roman de 410 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Laehb. Un courage de lecture 👏

La nuit se lève de Elisabeth Quin

Chronique de Kadeline

La nuit se lève est une autobiographie. Je ne connaissais pas Elisabeth Quin et ai découvert qu’elle est présentatrice télé. Le point de départ de ce texte est le diagnostic d’un glaucome tellement avancé qu’elle risque de perdre la vue sous peu. Niveau handicap, on va avoir tout le cheminement entre la découverte, les questionnement et la digestion de la situation donc on est autour de thématiques qui me parlent. Oui mais le choix de l’autrice est de nous plonger dans ses pensées et c’est un type de narration auquel je n’accroche pas car c’est décousu. On a une succession de petites anecdotes sur des personnes célèbres aveugles qui s’intercalent avec la manière dont elle digère son état, ses peurs liées à son mari ; ça donne une tambouille confuse qui ne me convient pas. Malgré tout il faut noter que ça sonne vraiment juste. 
Par exemple elle décrit le fait qu’en tant que femme son image est importante, qu’en devenant aveugle elle perdra le contrôle de son image donc est-ce qu’elle sera encore considérée comme une femme ou est-ce qu’elle fera pitié à cause de «ratés visuels » ? Elle parle aussi de l’acceptation de son corps qui se transforme à cause des effets secondaires et du fait qu’elle ne verra plus les changements de son corps. Ce qui revient le plus est la peur de l’avenir de son couple :  comment rester désirable, ne pas être qu’une malade avec son aidant mais encore un couple, le décalage entre ce qu’on pense qu’on fera dans cette situation et la réalité quand on le vit vraiment…
Un dernier exemple de réflexion qui m’a beaucoup plu c’est l’appréhension d’être légitime ou non car elle n’est pas encore aveugle et ne le deviendra peut être pas complètement. 
Dans ce livre il y a de bonne choses même si je n’ai pas plus apprécié que ça. Il y a quand même un souci qui m’a agacé, si tu es journaliste tu vérifies tes sources. Alors un paléoanthropologue étudie l’homme et pas les fossiles d’autres animaux et encore moins Pikaia. D’ailleurs ce fossile n’est plus considéré comme un chordé (« premier pas » vers les vertébrés) depuis des années et puis il n’est pas âgé de 560ma on est plutôt vers 505ma et ce n’est même pas la bonne période car à 560ma on n’est pas dans le Cambrien mais dans l’Ediacarien.
En résumé, les réflexions et réactions face au changement sont très réussis mais il faut accrocher aux textes décousus.

Cette lecture valide :

La lettre Q du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : “La vue va de soi, jusqu’au jour où quelque chose se détraque dans ce petit cosmos conjonctif et moléculaire de sept grammes, objet parfait et miraculeux, nécessitant si peu d’entretien qu’on ne pense jamais à lui…” Elisabeth Quin découvre que son œil est malade et qu’un glaucome altère, pollue, opacifie tout ce qu’elle regarde. Elle risque de perdre la vue. Alors commence le combat contre l’angoisse et la maladie, nuits froissées, peur de l’aube, fragilité de cet œil soudain ausculté, trempé de collyres, dilaté, examiné, observateur observé… Elisabeth Quin raconte, avec une sincérité magnifique, cette traversée dont nul ne voudrait – maladie, destin ou don, comment savoir, qui change son quotidien en secret, et le secret en vie quotidienne. Nous l’accompagnons chez les médecins – et c’est Molière, de drôlerie, d’incertitudes, de sciences fausses ou vraies, avec de rares grands humains. Nous la suivons chez les marabouts, qui veulent la protéger de notre regard. Nous découvrons ses lectures, de Lusseyran à Hervé Guibert et Jim Harrison. Et comme elle, nous travaillons nos sens : fermer les yeux sous la douche ; marcher dans la forêt, la main dans celle de son compagnon ; écouter les oiseaux ; penser aux paysages ; écouter la nuit ; s’imaginer sans miroir, vue et malvoyante, prisonnière mais au-delà… La nuit se lève est ce récit, d’une beauté sublime, drôle à chaque page, terrifiant parfois, métaphysique malgré lui, sensuel, vivace – et contre toute attente, une marche vers la sagesse.

Récit de 144 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. Un exercice de style périlleux

Ada ou la beauté des nombres de Catherine Dufour

Chronique de Kadeline

Ada Lovelace est la pionnière des programmes informatiques mais aussi la fille de Lord Byron. Catherine Dufour propose ici une biographie truculente de ce génie relativement oublié. La rencontre d’Ada avec la plume de Catherine Dufour marche terriblement bien. Les phrases et les expressions imagées et modernes de Catherine Dufour associées à la vie pas très gaie d’Ada fonctionnent super bien, c’est truculent.
On suit cette jeune fille puis jeune femme qui est très curieuse, très douée mais  n’a pas vraiment le droit à l’éducation. Etant donné qu’elle doit bien trouver une occupation acceptable, elle jette son dévolu sur la science la « moins pire » de l’époque à savoir les mathématiques. « Sous-science » pendant cette période, c’est par conséquent la plus respectable pour une femme. C’est fou à quel point les choses se sont inversées : à présent les mathématiques sont un peu la voie royale et majoritairement masculines. Comme quoi, on peut rééquilibrer les choses et faire des mathématiques quel que soit son genre.
Le parcours d’Ada est semé d’embûches avec au coeur du quotidien une quête de la connaissance mais aussi de la reconnaissance tout en gardant en bruit de fond le carcan de la société de l’époque envers les femmes.
Beaucoup de questionnements sont abordés : comment se faire respecter, comment suivre les codes mais juste assez pour ne pas être rejeté, comment aller au bout de son idée… Et puis il y a la peur, celle de ne pas avoir d’autres idées une fois la première obsédante aboutie.
Si le cheminement scientifique est super intéressant à suivre, un autre point est crucial et plaisant à découvrir, la relation avec sa mère. La mère d’Ada est clairement une grosse tête frustrée d’avoir abandonné les sciences à cause de sa condition de femme. La combinaison particulièrement intelligente, particulièrement réprimée n’est pas favorable à la génération suivante. Elle se venge de manière épouvantable sur sa fille. C’était génial à suivre, horrible mais génial. Tout ça écrit avec la gouaille de Catherine Dufour, c’est une combinaison gagnante. Ca fait du bien d’avoir des textes qui remettent en avant les femmes de sciences qui ont été évincées tout privilégiant un format agréable à suivre.

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron, est une lady anglaise perdue dans les brumes du xixe siècle. Nous voilà   cent ans avant le premier ordinateur, et personne ne se doute que cette jeune femme maladive, emprisonnée dans un corset, étouffant entre un mari maltraitant et une mère abusive, s’apprête à écrire le premier programme informatique au monde.   À 25 ans, déjà mère de trois enfants, Ada Lovelace se prend de passion pour les mathématiques. Elle rencontre Charles Babbage, qui vient de concevoir une machine à calculer révolutionnaire pour l’époque. C’est en la voyant qu’Ada a soudain l’intuition de ce qui deviendra l’informatique.   Sans elle, pas d’Internet, pas de réseaux sociaux, pas de conquête de l’espace. Dans cette biographie truculente     la première consacrée à Ada Lovelace en français   , Catherine Dufour met en lumière le destin méconnu d’une pionnière qui a marqué notre civilisation par son génie et son audace.   Ingénieure en informatique, Catherine Dufour est aussi chroniqueuse au Monde Diplomatique et chargée de cours à Sciences Po. Deux fois lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, elle a publié de la fantasy et de la science-fiction. Aux éditions Fayard, elle est l’auteure de L’Histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça (Mille et une nuits, 2012) et du Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses (2014).

Biographie de 300 pages – se la procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. Une belle découverte que celle de cette femme, le titre vient d’être ajouté à ma LAL 🤗

Frida Khalo de Maria Hesse

Chronique de Priscilla

Alerte pépite !

Énorme coup de cœur pour ce roman graphique.

J’ai été totalement séduite par le caractère de Frida qui est juste une femme épatante et fascinante !
Et quel destin….Pouah, j’en reste encore scotchée.
A coup sûr je vais chercher à en savoir plus sur cette artiste de génie et sur sa vie bien remplie, jalonnée de tragédies, de voyages et d’histoires d’amour.

Le roman en lui même est hyper bien construit, avec des illustrations reprenant des oeuvres de Frida. C’est écrit de façon attractive et très vivante ! Tout est réuni pour passer un super moment de lecture ❤

Cette lecture valide :

La consigne n°4 du défi Les expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Inspirée par l’intensité de Frida Kahlo et de ses tableaux les plus célèbres, l’artiste espagnole María Hesse nous livre ici une œuvre singulière sous formes d’articles, de lettres, de dessins très colorés qui illustrent magnifiquement les fragments de la vie de l’icône mexicaine. Un corps marqué par la douleur et la passion, une fantaisie peuplée d’images envoûtantes et dérangeantes, une vision enthousiaste et persistante du monde – l’attrait de Frida Kahlo reste intact. Avec une volonté incomparable, elle a défié les fardeaux de la vie, vécu avec un esprit libre, aimé avec un cœur ouvert, et créé des œuvres d’art d’une puissance rayonnante. Pour son refus de vivre dans l’ombre de son grand amour Diego Rivera et pour sa rupture courageuse avec les conventions sociales, Frida Kahlo est toujours vénérée dans le monde entier.

Roman graphique de 152 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Priscilla. Un ouvrage à découvrir 🤗

JEUX LIT AVEC SALLY : Un pavé de plus de 700 pages

C’était le thème du club de lecture du mois de mai

Nous étions 7 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : La guerre est un enfer, mais c’est aussi un gagne-pain pour certains, comme Monza Murcatto, la plus célèbre et redoutée des mercenaires de Styrie. Trahie et laissée pour morte, Monza se voit offrir en guise de récompense un corps brisé et une haine brûlante envers ses anciens employeurs. Elle aura pour alliés un soûlard des moins fiables, le plus fourbe des empoisonneurs, un meurtrier obsédé par les nombres et un barbare décidé à se racheter une conscience. C’est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la vengeance.

Roman de 800 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Sombre, très sombre. Même un peu glauque par endroit.
Joe Abercrombie nous sert un opus en Styrie qui n’est rien de moins qu’un nid de serpents. Au programme, la vengeance! Agrémentée d’un soupçon de trahison.

Monza, mercenaire de son état, est laissée pour morte par son employeur, le duc d’Orso après que lui et six autres hommes aient assassiné son frère sous ses yeux. Elle crie vengeance et dans l’ombre envisage de tuer les sept coupables, les uns après les autres. Aidée en cela d’une fine équipe : adepte de la torture, Homme Né, empoisonneur, mercenaire trahi, ex-bagnard. Tout ça fait un petit monde avec des personnalités atypiques, amorales, loin d’être manichéennes, qu’on apprécie autant qu’on désapprouve voire déteste par moment.

Avec astuce, l’auteur nous dévoile par les différents objectifs de Monza la situation politique de la Styrie, les cités en conflit les unes avec les autres, les ambitions des puissances voisines rivales, les aspirations du duc d’Orso. Une trame de fond palpitante!

Dans ce long pavé, les coups de théâtre sont nombreux. Pas trop le temps de s’ennuyer, d’autant que le livre est divisé en sept parties et on devine aisément la fin de chacune de ces parties. La sixième partie est celle qui m’a sans doute le moins emballée mais la fin est épique.

Placé dans le même monde que la Première Loi, je conseille la lecture de cette dernière trilogie avant. J’ai également lu Les Héros avant. Pour le coup, je conseille de le lire après, permettant de se garder quelques mystères sur le devenir de certains personnages…

Béa a lu

Résumé : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Roman de 864 pages – se le procurer

La Chronique de Béa

Dès la 1ère page, je savais que j’allais adorer ce livre. 
Joël Dicker a une plume qui vient vraiment me chercher (d’ailleurs son roman Le livre des Baltimore est mon préféré de tous les temps) 
Dans La vérité sur l’affaire Harry Quebert j’ai retrouvé l’univers de l’auteur, et je m’y suis sentie tout de suite très bien. Comme dans ma bulle, et je suis rentrée dans l’histoire à une vitesse folle. 
On retrouve le personnage principal de Joël Dicker, Marcus Goldman. 
Dans le Livre des Baltimore, livre qui est sortit après La vérité sur l’affaire Harry Quebert (mais que j’ai lu avant – by the way – 🤷🏻‍♀️) on découvre l’enfance de Marcus Goldman. 
Ayant eu un aperçu de son passé, j’avais déjà l’impression de le connaître (et de bien l’aimer 😉)
Tout est réuni pour faire un bon roman. De l’intrigue, des vieilles histoires d’amour, de la jalousie, la vengeance, le meurtre.
L’histoire est racontée de façon déstructurée, et c’est à travers les souvenirs des différents personnages qu’on apprend vraiment ce qu’il s’est passé cet été de 1975, et comment les événements se sont déroulés. On navigue comme ça tout le long de ce livre et l’histoire se dessine peu à peu.
Le livre est rempli de rebondissements; il m’est même arrivée de me mettre dans la peau de Marcus Goldman, d’analyser les personnages, de revenir quelques pages en arrière pour éliminer tel ou tel suspect ou au contraire trouver un personnage bien louche (tel un épisode d’Arabesque je me prenais pour Jessica Fletcher)
Et croyez-moi jusqu’au bout (même si j’avais eu le coupable dans ma liste des suspects pendant un moment) je n’ai pas su qui était le meurtrier et sa révélation m’a surprise.
Définitivement Joël Dicker sait me parler (🤗) c’est le seul qui, avec ses histoires, arrive à me faire me sentir si bien quand je suis plongée dedans et si maussade quand je les termine. 

Kadeline a lu

Résumé : Une île non loin de Québec où les étés ont des allures de paradis. C’est là que les cinq enfants Miller, bientôt six, grandissent entourés d’amour, dans une maison aux portes ouvertes en grand. C’est que Gabrielle, leur mère, et Edward, leur père, n’hésitent pas à accueillir ceux dont la fortune, contrairement à la leur, n’a pas survécu au krach de 1929. Dans une société encore très puritaine dominée par une Église implacable pour les femmes, Gabrielle défend farouchement son clan et ce goût du bonheur qu’elle transmet à ses enfants aussi passionnés d’elle. « Marie Laberge signe une fresque vivante et généreuse. » Michel Grisolia – L’Express

Roman de 877 pages – se le procurer

La Chronique de Kadeline

Le goût du bonheur est une saga familiale québécoise aux petits oignons où l’on se sent bien et où l’on voit toutes les évolutions de la société dans cette période charnière post krach de 29.
On suit Gabrielle, toute sa petite famille et leur entourage dans leur quotidien. J’ai beaucoup aimé la gestion de toutes les contradictions et envies de Gabrielle, au sein de cette société en plein bouleversement. D’un côté, elle est catholique très pratiquante et veut un respect stricte de sa religion mais d’un autre, elle a conscience que si elle est heureuse en ménage ce n’est pas le cas de la majorité des femmes donc les choses doivent changer. Elle cherche un équilibre entre religion et bonheur pour ses filles et toutes les femmes : Comment concilier la modernité qui appelle une plus grande liberté des femmes sans abandonner sa foi, comment ne pas juger les personnes réfractaires au changement ? Tout est toujours une question d’équilibre : aider son prochain mais accepter la volonté de préserver sa fierté,  divorce ou pas divorce, place de l’automobile, gérer la tuberculose…
Le quotidien est rythmé par les faillites, la tuberculose, la montée des extrêmes et les conflits entre canadiens français et anglais. Gabrielle est un personnage très attachant, très posée et réfléchie, pleine de bonnes intentions et qui veut que chacun soit heureux. C’est un livre qui fait du bien car malgré tous les problèmes qui tombent, notre héroïne parvient à préserver un cocon. 
L’écriture est agréable, il y a un lexique pour les expressions québécoises mais finalement l’écriture fait qu’on n’en a pas spécialement besoin pour comprendre le récit.

Laehb a lu

Résumé : Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’Histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que… Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake. Avec une extraordinaire énergie créatrice, Stephen King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock‘n’roll. L’œuvre d’un génie ! Time Magazine. Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. New York Times. Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. Miami Herald. Un fabuleux cas d’exorcisme littéraire. Emily Barnett, Les Inrockuptibles.   King passe de l’enquête – remarquablement documentée – sur l’attentat de Dallas à un poignant roman d’amour, d’une jubilatoire célébration de glorieuses sixties aux sombres vertiges d’une hallucinante uchronie. Scotchant. Philippe Blanchet, Le Figaro magazine.

Roman de 1 043 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Les romans de Stephen King sont souvent jugés avec beaucoup de condescendance, voire du mépris, pas suffisamment intellectuels, un « mauvais genre » comme on appelle aujourd’hui les polars et SF, lectures de seconde zone en somme.

Et bien moi je suis fan depuis mon adolescence où j’ai découvert Roland de Gilead, mon héros préféré de tous les temps, jusqu’à l’infini, Amour éternel etc, etc.

Le King m’a valu quelques nuits blanches, que ce soit par des romans impossibles à lâcher ou par la frousse (dans ces cas là, je fais des pauses avec un bon doudou Agatha Christie ), j’en ai lu pas mal, aimé beaucoup, peu de déceptions, mais 22/11/63 est clairement un roman d’exception.

Le thème premier m’a ferrée : Jake se voit confier le secret d’une faille temporelle, un passage vers 1958. L’assassinat de Kennedy en MacGuffin crée une portée dramatique et une date butoir, et plus cette date approche et plus la tension augmente, les pages filent, tournent fébrilement.

Mais ce roman est avant tout un formidable témoignage de la vie dans les années 60 aux États-Unis, un documentaire social faire valoir d’une magnifique histoire d’amour, ou comment utiliser le prétexte d’empêcher un attentat pour écrire un roman magistral.

Maggy a lu

Résumé : Quand, en 1848, la jeune Américaine Olivia O’Rourke débarque à Calcutta, sa tante, digne aristocrate britannique, espère que cette villégiature se conclura par un bon mariage.
Mais, contrevenant aux règles de la bienséance, Olivia s’éprend de Jai Raventhorne, un énigmatique paria, bâtard d’un Anglais inconnu et d’une Indienne de basse caste.
Jai incarne à lui seul tous les charmes de l’Orient. Et il serait si bon de s’y laisser prendre… Les âmes charitables préviennent Olivia : il la détruira. Mais, emportée par une passion dévorante, Olivia n’écoute plus personne. Jai devient son obsession, son opium.
Un poison doux et violent qui ne tardera pas à causer de terribles dégâts… À moins que le trident de Shiva, emblème de Jai et des forces du Mal, ne se retourne contre celui qui le brandissait.

Roman de 717 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

Le Trident de Shiva, c’est un peu un Autant en emporte le vent indien. Nous sommes à la moitié du 19e siècle à Calcutta alors colonie anglaise. L’impétueuse américaine Olivia, la petite vingtaine, est venue passer un an chez son oncle et sa tante. Au détour d’une fête ennuyeuse, elle rencontre le mystérieux Jai Raventhorne. L’homme est maudit par l’intelligentia en place, ce qui le rend d’autant plus attirant aux yeux de la jeune femme…
Dans l’Inde des colonies, Rebecca Ryman, nom de plume d’une indienne de souche, nous entraîne dans une formidable histoire d’amour passionnée sur fond de senteur exotique et de commerce maritime. Les personnages sont présentés assez rapidement et la plume de l’autrice les rend attachants dès les premières pages. Dans des décors très bien décrits sans en faire trop, le lecteur plonge littéralement dans cette fresque où l’on nous emmène chasser le grand tigre à dos d’éléphant, où le commerce de l’opium avec l’Europe fait la richesse de certains au désespoir des autres, où la maharani se révèle être une femme beaucoup moins effacée que l’histoire nous ne le laisse parfois croire…

Le roman de Rebecca Ryman est envoûtant et même s’il fait plus de 700 pages, il se lit très vite malgré quelques longueurs en milieu d’ouvrage. Olivia, la femme au caractère bien trempé, n’a décidément rien à envier à Scarlett O’Hara et Jai, le bad boy de l’époque, supplante même parfois ce cher Rhett Butler.
Une vraie découverte que ce roman indien qui se laisse dévorer

Priscilla a lu

Résumé : Je suis la balle dans votre fusil. C’est vous qui tirez, c’est moi qui tue. 1985. Alors que Paris est frappé par des attentats, Marc Masson, un déserteur, est rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d’opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henri Lœvenbruck raconte un moment de l’ histoire de France – qui résonne particulièrement aujourd’hui – dans un roman d’une tension à couper le souffle.

Roman de 832 pages – se le procurer

La Chronique de Priscilla

Parmi les sujets qui me désintéressent totalement il y a la politique et tout ce qui touche à la religion. Ici ce sont les deux thèmes qui habillent tout le récit. On peut donc dire que lire les 800 et quelques pages de ce livre tient du miracle pour moi…Et le pire dans tout ça c’est que j’y ai même pris du plaisir !
Le gros point fort, selon moi: les personnages. Marc Masson, alias Hadès, est le principal atout de ce récit. À la fois fort et très humain, on se passionne pour sa carrière et son parcours de vie hors norme.
Le livre est palpitant, bourré de détails sans jamais être étouffant. C’est aussi une mine d’infos sur des faits réels qui jalonnent cette période noire des attentats du milieu des années 80, j’ignorais beaucoup de choses sur ces événements et j’ai trouvé intéressant d’en savoir plus.
Sincèrement, même après avoir fini cette lecture je me demande encore comment l’auteur à réussi l’exploit de me faire aimer une telle histoire….le talent, forcément.

Sally Rose a lu

Résumé : « Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l’intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n’entend que les vibrations ronronnantes de l’air conditionné. Ou bien… est-ce qu’elle entend une radio là ? La maison est de type espagnol, c’est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausses briques, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d’une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte. De la main de la Mort, j’acceptais ce cadeau. Je savais ce que c’était, je crois. Et de la part de qui c’était. En voyant le nom et l’adresse, j’ai ri et j’ai signé sans hésiter. »

Roman de 1 113 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Biographie fictionnelle, ce roman est une expérience littéraire de premier ordre.
Bien que flirtant de façon pressante avec les grands épisodes de la vie de Marilyn Monroe, l’autrice entreprend de mettre en exergue le point de vue de Norma Jean Baker. Que ressentait-elle ? Quelles étaient ses réflexions sur sa vie, sur le monde, sur les autres ?
C’est là que réside la beauté de l’exercice littéraire car si personne n’en sait rien, l’approche de Joyce Carol Oates est non seulement crédible mais semble parfaitement légitime.
Le lecteur passe donc 1 000 pages avec cette femme à fleur de peau qui exhale la souffrance autant que la beauté, dont la beauté est une souffrance.
Depuis longtemps, on sait que Marilyn n’était pas une petite blonde sexy et idiote mais une actrice au talent époustouflant d’une intelligence supérieure à la moyenne.
Dorénavant, je la regarderai aussi comme une femme écorchée vive, si pressée de plaire, qui voudrait tant que l’intérêt aux formes de Marilyn se porte sur l’esprit de Norma Jean.
Ce récit est envoutant, l’autrice fait preuve d’un grand talent en le conduisant avec tant de brio.

Marie-Antoinette de Stefan Zweig

Chronique de C’line

La vie de la dernière Reine de l’ancien Régime. Intelligente mais refusant de comprendre (du moins à temps) que son « comportement royal » n’est plus en phase avec son époque.
Elle passera toutefois d’une jeune fille/femme puérile et dépensière à une femme forte et digne.

Si j’aime depuis longtemps Zweig, je ne ne suis pas fan des biographies en général. Cela dit, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir dans cette lecture grâce à la qualité d’écriture de l’auteur bien évidemment mais aussi grâce à la qualité du fond historique.

En effet, avec une écriture fluide et contemporaine, j’ai trouvé que l’auteur, au-delà de la vie même de Marie-Antoinette, décrit et analyse avec intelligence une époque charnière de l’Histoire de France et ses personnages célèbres.


 

Cette lecture valide :

La lettre Z du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : Vilipendée par les uns, sanctifiée par les autres, l’« Autrichienne » Marie-Antoinette est la reine la plus méconnue de l’histoire de France. Il fallut attendre Stefan Zweig, en 1933, pour que la passion cède à la vérité. S’appuyant sur les archives de l’Empire autrichien et sur la correspondance du comte Axel de Fersen, qu’il fut  le premier à pouvoir consulter intégralement, Stefan Zweig retrace avec sensibilité et rigueur l’évolution de la jeune princesse, trop tôt appelée au trône, que la faiblesse et l’impuissance temporaire de Louis XVI vont précipiter dans un tourbillon de distractions et de fêtes. Dans ce contexte, la sombre affaire du collier, habilement exploitée par ses nombreux ennemis à la cour de France, va inexorablement éloigner Marie-Antoinette de son peuple. Tracé avec humanité et pénétration, ce portrait est assurément un des chefs-d’oeuvre de la biographie classique, où excella l’auteur de Trois poètes de leur vie et de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme .

Biographie de 506 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage C’line. Je conseille également la biographie de Marie Stuart du même auteur 😊