Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig

Chronique d’AMR

Je redécouvre Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig à la faveur d’une belle initiative d’Audiolib qui propose ce livre en audio-lecture gratuite, l’occasion pour moi d’écouter ce texte dit par Édouard Baer qui lui donne une belle dimension et ressortir le livre des rayonnages de ma bibliothèque où il figure depuis une trentaine d’années.
 
J’ai lu ce livre il y donc très longtemps, à une époque où je jouais aux échecs en club, joueuse « de troisième classe » qui se défendait tout de même plutôt pas mal, dans un milieu très masculin et un rien misogyne. Lire des manuels et des romans sur cette discipline coulait de source et ce texte de Stefan Zweig m’avait littéralement fascinée.
C’est le dernier écrit de cet auteur et l’inspiration en est très personnelle puisqu’il s’amusait lui-même à rejouer quotidiennement les parties répertoriées dans un manuel sur le jeu. Le Joueur d’échecs a été publié à titre posthume, quelques mois après le suicide de Stefan Zweig et de son épouse, ébranlés par la victoire du fascisme
 
Ce court roman, plutôt une nouvelle, brosse les portraits de deux personnages que tout oppose et que seul le jeu d’échecs peut brièvement réunir. Mirko Czentovic est un champion du monde, particulièrement antipathique, même si son parcours est exemplaire tandis que Monsieur B. un exilé autrichien, ancien avocat, est encore sous le coup d’une terrible expérience d’isolement vécue après son arrestation par la Gestapo.
À leur manière, les deux hommes sont monomaniaques et schizophrènes, tant cette discipline devient complexe à haut niveau. Pourtant, seul Monsieur B. mérite ici le rôle-titre et l’appellation de « joueur d’échecs » tandis que le champion en titre perd de sa superbe. Czentovik est décrit comme très limité intellectuellement, incapable de visualiser l’échiquier et les pièces et de jouer en aveugle, tandis que Monsieur B. a acquis une telle vision globale et intériorisée du jeu qu’il n’a même pas besoin de se représenter les pièces et les cases.
L’ambiance devient manichéenne. Le bon et le méchant ont chacun leurs secrets, révélés dans deux récits enchâssés et partagent la passion pour les échecs : pour le premier, cette passion s’apparente à la folie, pour le second, c’est une activité lucrative.
Le narrateur, qui s’exprime à la première personne et prête sans doute son JE à Stefan Zweig lui-même, s’interroge sur la complexité de l’activité mentale des grands joueurs, capables de mémoriser et de maîtriser les combinaisons des 32 pièces sur les 64 cases de l’échiquier. La pratique de ce jeu devient salvatrice puisque qu’elle a sorti Czentovik de la misère et qu’elle a permis à Monsieur B. de survivre à l’isolement : elle peut aussi se révéler dangereuse si poussée à l’extrême.
Le fait que l’action ait lieu sur un paquebot donne une dimension universelle et intemporelle à l’action.
 
Encore aujourd’hui, cette lecture me parle et me transporte. Je sais combien la pratique des échecs est exigeante et difficile et que cette passion peut être dévorante.
Ici, Stefan Zweig en propose une magistrale interprétation psychologique.

Cette lecture valide :

La consigne n°52 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer. Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d’illustration à la charmante époque où nous vivons ».   Traduction, préface et commentaires par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent.

Roman de 123 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Un chef d’œuvre à mon sens ❤❤

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LC classique août 2021 : Mémoires de deux jeunes mariées de Honoré de Balzac

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Résumé : Elles sont deux, Renée et Louise, qui, à peine sorties du couvent, vont suivre des destinées contraires. Faut-il mettre de la passion dans le mariage ? Ou y chercher un bonheur raisonnable ? Derrière cette «dispute», menée par correspondance, une lutte sourde oppose deux ambitions : Renée la sage n’exige pas moins de la vie que Louise la folle. Débat sur la mariage, les Mémoires de deux jeunes mariées sont aussi l’histoire d’une rivalité. Et si la sagesse finit par triompher du «romanesque», il ne faut peut-être pas trop se fier au dénouement : «J’aimerais mieux être tué par Louise que de vivre longtemps avec Renée», disait Balzac.

Pour participer :

Participants :

  • AMR
  • Sally Rose

En septembre, Jeux Lit Avec Sally

Le club de lecture

Une addiction

Le jeu, le sexe, l’alcool, la drogue, la nourriture, le shopping, la lecture 😜, le sport, tout ce qui créé « une dépendance forte entraînant un comportement compulsif » (source : Dictionnaire Le Robert)

Le nombre de participants est limité à 10. Inscrivez-vous !

Participants :

  • AudreyT
  • Laehb
  • Maggy
  • Tremb77
  • Sally Rose

Les lectures communes

  • Le classique du mois : La Mort à Venise de Thomas Mann – s’inscrire
  • Le polar du mois : Running Man de Stephen King (alias Richard Bachman) – s’inscrire
  • Le roman du mois : La Dérobade de Jeanne Cordelier – s’inscrire

LC classique septembre 2021 : La Mort à Venise de Thomas Mann

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Résumé : La Mort à Venise est le récit de la passion folle et fatale qui saisit un écrivain d’âge mûr à l’apparition d’un gracieux adolescent d’une extraordinaire beauté. Dans Tristan, le dilemme qui s’offre à l’héroïne est de tenter de vivre en étouffant ses dons d’artiste ou « mourir de musique ». La fin de Lobgott Piepsam dans Le Chemin du cimetière prouve que la vie est dure aux faibles, mais que la mort vaut mieux que la débâcle d’une constante lâcheté. C’est peut-être dans ses nouvelles que Thomas Mann, l’un des plus célèbres écrivains allemands de ce siècle, a mis le meilleur de sa verve ironique et de sa sensibilité musicale, de son émotion discrète et dominée, qui se drape volontiers de sarcasme. Introduction et notes d’Armand Nivelle.

Pour participer :

  • 1 le notifier en commentaire
  • 2 Se procurer le livre (il semble qu’on ne trouve plus ce texte non accompagné d’un autre voire d’autres. Compter environ 120 pages pour ce titre) – Également disponible au format epub libre de droit
  • 3 le lire
  • 4 le chroniquer pour obtenir des points cadeaux (facultatif)

Participants :

  • Maggy
  • Sally Rose

En Août, Jeux Lit Avec Sally

Le club de lecture

Prenons de l’avance et lisons

Un livre québécois

Pour tout savoir sur l’opération du 12 août, je vous suggère cet article de Actualitté

Le nombre de participants est limité à 10. Inscrivez-vous !

Participants :

  • Maggy
  • Priscilla
  • Sofinette
  • Sally Rose

Les lectures communes

  • Le classique du mois : Mémoires de deux jeunes mariées d’Honoré de Balzac – s’inscrire
  • Le polar du mois : Mon Amie Adèle de Sarah Pinborough – s’inscrire
  • Le roman du mois : Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier – s’inscrire

LC classique juillet 2021 : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Résumé : En 1903, Rilke répond à Franz Kappus, un jeune homme de vingt ans, élève d’un prytanée militaire, qui lui a envoyé ses premiers essais poétiques. Neuf autres lettres suivront, que Kappus publiera en 1929, trois ans après la mort de Rilke. Leur retentissement n’a fait que s’accroître depuis. Bien plus, en effet, qu’un entretien sur le métier poétique, elles forment une extraordinaire méditation sur la solitude, la création, l’accomplissement intérieur de notre être. Cette nouvelle traduction s’accompagne ici d’essais échelonnés entre 1912 et 1919, Sur le poète, Instant vécu et Bruit originaire, ainsi que de poèmes écrits en français, à la fin de sa vie, par l’auteur des Elégies de Duino. Trois visages d’un des plus grands poètes du XXe siècle. Présentation et notes de Hans Hartje et Claude Mouchard.

Pour participer :

Participants :

  • AMR
  • Sally Rose

En juillet, Jeux Lit Avec Sally

Le club de lecture

La couleur jaune apparaît sur la couverture

Le nombre de participants est limité à 10. Inscrivez-vous !

Participants :

  • Amélie
  • Audrey
  • AudreyT
  • Kadeline
  • Laehb
  • Priscilla
  • Sally Rose

Les lectures communes

  • Le classique du mois : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke – s’inscrire
  • Le polar du mois : L’Été meurtrier de Sébastien Japrisot – s’inscrire
  • Le roman du mois : 14 juillet de Eric Vuillard – s’inscrire

Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski – Adaptation manga

Chronique de Kadeline

Adapter un grand classique dense de la littérature russe en un tome unique de manga est un pari osé qui est bien réussi. Vu le nombre de pages, il y a beaucoup d’actions ce qui était prévisible. Si l’intrigue policière prend un peu le dessus sur les réflexions philosophiques, elles ne sont pas délaissées pour autant.
Les concepts philosophiques clés développés dans le roman sont tous abordés même rapidement. On a les questionnement sur la notion du bien et du mal, sur l’existence de Dieu, sur le libre arbitre, l’individualisme, le matérialisme… Niveau  civilisation, l’âme slave tourmentée est bien illustrée et on retrouve la colère montante des paysans russes à la fin du XIXe siècle. Les dessins sont très réalistes pour du manga bien qu’on retrouve l’aspect très expressif des personnages. Le contraste de ces deux caractéristiques du dessin rend les personnages un peu caricaturaux. Alors oui on ne peut pas retranscrire toute la complexité du propos en 320 pages de mangas mais c’est un bon moyen d’aborder l’auteur, la littérature russe et aussi d’avoir un premier aperçu des thèmes philosophiques. C’est de mon point de vue un très bon moyen d’attiser la curiosité et de donner des pistes de réflexions. Pour moi ce titre réussit l’objectif de la collection Kurosavoir en réalisant une introduction à des concepts complexes tout en restant fidèle à l’œuvre de base. J’irai me pencher sur les autres titres de cette collection.




Cette lecture valide :

La consigne n°10 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : L’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ? À ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’œuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.

Manga de 320 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. Une adaptation surprenante ! 🙂

LC classique juin 2021 : Aurélien de Louis Aragon

Résumé : « La seule chose qu’il aima d’elle tout de suite, ce fut la voix. Une voix de contralto chaude, profonde, nocturne. Aussi mystérieuse que les yeux de biche sous cette chevelure d’institutrice. Bérénice parlait avec une certaine lenteur. Avec de brusques emballements, vite réprimés qu’accompagnaient des lueurs dans les yeux comme des feux d’onyx. Puis soudain, il semblait, très vite, que la jeune femme eût le sentiment de s’être trahie, les coins de sa bouche s’abaissaient, les lèvres devenaient tremblantes, enfin tout cela s’achevait par un sourire, et la phrase commencée s’interrompait, laissant à un geste gauche de la main le soin de terminer une pensée audacieuse, dont tout dans ce maintien s’excusait maintenant. « 

Pour participer :

Participants :

  • Sally Rose

En juin, Jeux Lit Avec Sally

Le club de lecture

Duo d’auteurs : un livre écrit à quatre mains

Le nombre de participants est limité à 10. Inscrivez-vous !

Participants :

  • Kadeline
  • Laehb
  • Maggy
  • Sally Rose

Les lectures communes

  • Le classique du mois : Aurélien de Louis Aragon – s’inscrire
  • Le polar du mois : Un homme dans la nuit de Gaston Leroux – s’inscrire
  • Le roman du mois : Le Chagrin et la Grâce de Wally Lamb – s’inscrire