JEUX LIT AVEC SALLY : Cris de Laurent Gaudé

C’était une des lectures communes du mois de février

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore, retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front, « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix de ses compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité. Dans ce texte incantatoire, l’auteur de La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des lycéens 2002, prix des Libraires 2003) et du Soleil des Scorta (prix Goncourt 2004) nous plonge dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.

Roman de 192 pagesSe le procurer

Chronique de Kadeline

La première guerre mondiale est souvent considérée comme une folie généralisée mais la folie individuelle n’est que peu voire pas abordée. Dans cris, on va justement se centrer sur la montée de la folie individuelle en suivant plusieurs protagonistes qui, chacun à sa manière,  va gérer ou non sa santé mentale. La succession rapide des points de vue internes et les phrases courtes et régulièrement sans verbe, créent un rythme proche de l’apnée. L’immersion est vraiment malaisante ce qui illustre la réussite de l’auteur pour décrire les ressentis des soldats. Si je vois les mérites de ce roman, le fait qu’il tourne autour une série de descente vers la folie était trop dur pour moi. C’était intéressant mais trop pour moi. Il y a juste un point qui me laisse perplexe, je n’ai pas compris la fin. Un exemplaire pour les scolaires avec des explications m’aurait surement mieux convenu car c’est frustrant surtout quand ça touche la fin d’avoir le sentiment d’être passé à côté d’une chose importante.

Chronique de Sally Rose

Nous sommes dans les tranchées de la Grande Guerre. La parole est donnée tour à tour à des soldats, à un médecin et à d’autres personnages.
Chacun exprime ses peurs, sa détresse, décrit les conditions terribles dans lesquelles il participe à cette guerre.
Ce sont leurs cris de peurs, de larmes que l’auteur met au premier plan, en en faisant le chant universel de ces soldats appelés confrontés au froid, à la faim, la douleur, la peur, la mort.
C’est terrible et magnifique

Le mot de Sally Rose

Avec cette lecture, je conseille le thé Sélection de baies de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

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Le fou prend le roi de Fabien Cerutti

Chronique de Kadeline

C’était génial. 
On suit le bâtard de Kosigan qui est le chef d’une bande de mercenaires dans une ambiance moyenâgeuse avec la guerre de cent ans qui se rapproche.
Ce tome est dans la continuité du tome 1 : un vrai sac de noeuds. 
Entre complots politiques et intrigues diverses, il ne fait pas bon d’être un mercenaire, avec de nombreux ennemis et des contrats potentiellement dans les deux camps. On devient la cible et le coupable désigné pour la planète entière. La mise en place de la guerre de cent ans se rapproche, enfin une guerre de cent ans où s’ajoutent les derniers vestiges de tout le bestiaire fantastique traditionnel (dragons, fées, elfes…). Tous ces êtres ont-ils vraiment joué un rôle dans cette guerre mais auraient été effacés de l’histoire ? C’est un aspect du mystère que tente de résoudre le descendant du bâtard depuis son XIXe siècle. Les deux temporalités fonctionnent bien ensemble même si j’ai une préférence pour la partie la plus ancienne.
C’est particulièrement bien écrit, les intrigues politiques sont top. On est mené en bateau tout le long.
Action, aventure, mystères, complots, tout est là pour passer un bon moment. J’ai hâte de caser la lecture du tome 3 car c’est un univers dense et ça ne me semble pas une bonne idée de laisser trop de temps entre deux tomes.



Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : 1340. Pierre Cordwain de Kosigan se retrouve mêlé à ce qui ressemble fort à un complot de grande envergure contre le roi de France. Il se pourrait que des forces supérieures soient à l’œuvre, menaçant la paix dans l’Europe tout entière. Cette fois, ses capacités surnaturelles ne suffiront pas à le tirer d’affaire. Bien au contraire, au milieu des trahisons et des soupçons de l’Inquisition, elles pourraient devenir sa plus grande faiblesse. 1899. Le descendant du Bâtard a subi une tentative d’assassinat. Ses proches cherchent à en découvrir l’auteur. Mais enfoncer les mains dans les entrailles de l’histoire comporte des risques qu’ils ne s’attendent peut-être pas à courir. Fabien Cerutti poursuit, avec Le fou prend le roi, les aventures du Bâtard de Kosigan et confirme qu’il peut égaler les meilleurs auteurs de fantasy historique tels Jean-Philippe Jaworski ou Mary Gentle. Fabien Cerutti est agrégé d’histoire et enseigne en région parisienne. Il se passionne très tôt pour le jeu de rôle et le jeu vidéo, avant de se lancer dans l’écriture d’une série de romans foisonnants et surprenants, Le Bâtard de Kosigan.

Roman de 608 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. A découvrir 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé The Magic Moon de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

Coup de talon de Sylvie Deshors

Chronique de Kadeline

Coup de talon est un petit roman qui aborde un sujet très important de manière adapté aux plus jeunes. On suit deux soeurs qui font de la natation mais dans des disciplines différentes, l’une est nageuse et l’autre est plongeuse. 2 disciplines, 2 physiques opposés, l’une est petite brune avec des épaules de nageuse et l’autre est blonde toute fine toute mignonne.
Elles sont heureuses de passer leur temps libre ensemble à la piscine où elles se rendent seules en transport. Un jour, il se passe quelque chose sur le trajet. Après ce drame, une des deux soeurs ne veut plus aller à la piscine, ne veut plus sortir de chez, commence à changer de look, en veut à la planète entière et à sa soeur de ne pas avoir été à sa place ni d’avoir été avec elle… J’avoue que j’étais un peu mitigée au départ de voir une fois de plus véhiculer l’idée  que ce type de drame arrive aux filles considérées belles car fines et blondes. J’avais peur que ça renforce le fait que ça serait lié au physique, que la fille aurait une part de responsabilité… J’aurais préféré que ça soit l’autre soeur qui le subisse mais c’est un détail, la construction du récit est bonne et le traitement est juste. La narratrice n’est pas la victime mais celle qui a promis de ne rien dire et c’est une très bonne idée. C’était très interessant, bien traité et ça c’est important d’aborder ce sujet dans un roman adapté aux plus jeunes. On suit toute la descente aux enfers et la reconstruction d’une ado vu par le prisme de la soeur qui a promis de ne pas en parler. Tout est fait avec justesse et délicatesse. Le récit à une construction très bien trouvée. J’ai apprécié la présence de cette promesse de silence et le traitement de ces conséquences : l’envie d’en parler pour aider, la peur de trahir et de perdre la confiance de sa soeur, la pression subie quand l’entourage cherche à comprendre…
La relation entre soeurs mais aussi l’amitié sont au coeur de ce récit et vont participer à la reconstruction. J’aime aussi l’omniprésence du besoin d’en parler aux adultes, de ne pas avoir à porter ça seule et les réactions des adultes. On n’est pas avec des adultes qui se comportent comme les ados imaginent qu’ils réagiront. Les adultes, même s’ils ne sont pas mis dans la boucle immédiatement, jouent leur rôle, ils voient que quelque chose ne va pas, s’inquiètent, tentent de comprendre et ils agissent intelligemment quand ils sont au courant. Cela transmet l’idée qu’on peut leur parler et c’est un message important à rappeler aux jeunes lecteurs.
Ce roman aborde un sujet difficile de manière réussie, avec de beaux messages  et écrit adapté aux plus jeunes.

Cette lecture valide :

La consigne n°4 du défi Les Rougon-Macquart

A propos du livre :

Résumé : Il y a quelques semaines, Laure a été agressée dans le métro : insultes sexistes, attouchements, menaces. Sa soeur, Lucie a assisté, impuissante, à la scène. Se sentant humiliée, Laure lui fait promettre de ne rien dire et se replie de plus en plus sur elle-même, n’allant plus en cours de plongée, se cachant dans des vêtements informes, se coupant de ses amis. Même Lucie lui semble ennemie.
Va-t-elle réussir à donner le coup de talon nécessaire pour refaire surface ? 

Sélectionné pour le Prix Ados de Rennes Ille-et-Vilaine 2015.

Roman de 96 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. A découvrir 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé Pomme Grillée de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

Créatures fantastiques, Tome 2 de Kaziya

Chronique de Kadeline

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

A la fin du tome 1, j’appréhendais l’aspect répétitif du schéma narratif sans fil conducteur. Qu’en est-il du tome 2 ? 
Cela persiste mais c’est un peu moins marqué et surtout il y a quelque chose qui apparait dans ce tome 2 qui m’a particulièrement happée et que j’ai trouvé bien fait. Dans créatures fantastiques, on est dans un univers de fantasy où la science est en train de prendre le dessus sur la magie. Notre vétérinaire et son apprentie associent science et magie pour soigner les animaux « normaux » et « fantastiques ». Mais dans ce tome, les problèmes des animaux sont liés à de vrais problèmes connus dans notre monde actuellement et/ou précédemment. On a par exemple tout un chapitre sur les conséquences de l’ergot du seigle et  un autre sur l’influence du bruit fait par les bateaux sur les créatures marines ou fluviales. On aborde des sujets qui touchent des problématiques actuelles,  c’est bien fait et ça permet des réflexions sur notre monde.
C’est sympa d’apprendre des choses importantes dans une lecture dont le but premier est le divertissement.

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Découvrez un monde magique, peuplé de créatures extraordinaires ! Tsuiska est l’assistante d’un vétérinaire pas comme les autres puisque ce dernier soigne des créatures fantastiques. Fille d’une magicienne, elle est triste que la science ait remplacé la magie pour exercer ce métier. Après le travail, elle se rend en secret dans la forêt où elle a découvert un animal magique qu’elle pense être la seule à voir. Il est gravement blessé et malgré les soins prodigués par la jeune fille, son état empire. Le docteur remarque que son apprentie est distraite et il la suit un soir pour savoir pourquoi. Il découvre alors l’animal qu’il peut voir lui aussi, et après avoir réprimandé Tsuiska, il décide de soigner la bête en employant la magie puisque la science semble impuissante. Il laisse son assistante préparer un médicament selon les recettes et les incantations que cette dernière a appris de sa mère et ce procédé fonctionne. L’apprentissage de Tsuiska pour maitriser la magie ne fait que commencer !

Manga de 185 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. A découvrir 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé Porte-Bonheur de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

JEUX LIT AVEC SALLY : La littérature polonaise

C’était le thème du club de lecture du mois de janvier

Nous étions 6 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Septembre 1939. Alors que Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes, les accords du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin s’élèvent à la radio nationale. L’interprète s’appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c’est une longue nuit qui commence… Une longue nuit dont l’issue aurait pu être la mort, sans un officier allemand, Wilm Hosenfeld – le plus improbable des sauveteurs. Hanté par l’atrocité des crimes nazis, il va protéger et sauver le pianiste. Mort en 2000 à Varsovie, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l’on redécouvre enfin ce texte, sobre et émouvant. « Un témoignage bouleversant venu du froid et de l’horreur. » Annie Coppermann – Les Échos

Roman de 297 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

De 1939 à 1945, Varsovie est sous occupation Allemande. Wladyslaw Szpilman, pianiste émérite, polonais et juif, offre un témoigne aussi précieux qu’effroyable sur sa vie à Varsovie durant cette période. C’est un récit totalement hallucinant tant il semble invraisemblable qu’il ait pu survivre à tout ceci pour l’écrire.
Tandis que nos nerfs se tendent de concert avec les siens à chaque fois que la mort s’approche de si près qu’on en sentirait l’odeur ; que notre cœur se serre pour ceux qui n’ont pas eu la grâce du destin, l’auteur nous restitue également un panorama de toute une époque. La barbarie nazie dans son crescendo abominable ne nous est pas épargnée, et en réaction à celle-ci, se côtoient pêle-mêle toutes sortes de positionnements clivants. De la résistance à la collaboration, de l’espoir éperdu à la volonté d’en finir, du profit à la misère la plus extrême, au sein même du ghetto de Varsovie l’unité n’est pas de mise entre les opprimés.
Au fil du temps pourtant toutes ces voix s’amenuisent, laissant place à la solitude du miraculé emplie de cette peur permanente, omniprésente, qui n’a pour compagnes que la faim et une soif de vivre plus forte que tout quand il ne reste plus que ça à quoi se raccrocher. Cette folie aura-t-elle une fin ? Et laquelle… ?»


Arwen78 a lu

Résumé : Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.

Recueil de nouvelles de 381 pages. Se le procurer

La Chronique d’Arwen78

Divisé en sept parties, « La voix de la raison » est un intermède entre chaque nouvelle aventure du sorceleur. Elle est la suite  directe de la mission avec la stryge.
Grièvement blessé, Geralt de Riv se fera soigner dans le temple de la déesse Melitele par Neneke, sa grande prêtresse.
S’ensuivront des chapitres où on apprendra à  mieux connaître Geralt de Riv. Des chapitres qui font également référence à des contes tels que La belle et la bête …
Ce premier tome pose les bases  d’un monde plein de mythologie. Ces  nouvelles mettent en place les premières rencontres qui auront une importance dans la saga.
 Ce livre met en valeur le métier de Geralt et les difficultés  auxquelles le chasseur de monstres fait face. De caractère désabusé, teinté d’humour cynique, ce sorceleur saura nous charmer.
Dans ce livre, on découvre les missions risquées du sorceleur et les intrigues en cours. Les personnages secondaires sont forts.
A l’issue de ce livre, par curiosité,  je lirais bien le deuxième tome, surtout que cela me sort de ma zone de confort.

Audrey a lu

Résumé : Un best-seller international : David Gemmell Legend Award 2009 du Meilleur roman de Fantasy. Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu’elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l’enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l’antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l’ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s’emparer d’elle et n’hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins… 

Roman de 471 pages – se le procurer

Chronique dAudrey

Un tome que je suis assez curieuse d’avoir apprécié en toute objectivité.

Le cycle du Sorceleur est, par bien des endroits, quelque peu déroutant. Il commence par deux recueils de nouvelles qu’il est conseillé, sans être indispensables, de lire avant d’entamer le Sang des elfes.

Ce tome est curieux. Avec le titre, on devine qu’un sujet est crucial : celui de l’existence de la petite Ciri. Qui est-elle ? Où est-elle ? Et surtout qu’annonce-t-elle? La Destinée l’a choisi, mais pour quel chemin? Des questions qui ne trouvent pas toutes leurs réponses dans ce tome.
A bien des passages, on est un peu déroutés. Outre les questions sans réponses, il y a les ellipses narratives, les allers-retours dans le temps et surtout l’absence de fil conducteur réel. Au final, quel est le but de ce tome si ce n’est poser la base de ce cycle ? En effet, on revoit Geralt le Sorceleur. On revoit Jaskier. On revoit Yennefer. On revoit Ciri. Par là, on apprend à mieux les connaître et apprécier. On apprend également le contexte ambiant, la guerre contre Nilfgaard.
Malgré ces différents éléments qui ont engendré une certaine perplexité, j’ai apprécié ce tome. J’ai aimé le ton de la narration. J’ai aimé les différentes actions. Je ne m’y suis pas ennuyée. J’ai aimé ce monde original. J’ai aimé cette fin qui appelle une suite à découvrir rapidement.

Kadeline a lu

Résumé : Esther Rudomin pensait que sa vie heureuse dans la ville polonaise de Wilno durerait toujours. Elle chérissait tout, depuis les lilas du jardin de son grand-père jusqu’au pain beurré qu’elle mangeait chaque matin à son petit déjeuner. Et lorsque les armées d’Hitler envahirent la Pologne, en 1939, et que les Russes occupèrent Wilno un an plus tard, le monde d’Esther resta intact : pour elle, les guerres et les bombes s’arrêtaient à la grille du jardin. Mais un matin de juin 1941, deux soldats russes, baïonnette au canon, se présentèrent. La tragédie n’est jamais loin tout au long de l’histoire d’Esther, mais les Rudomin gardèrent courage d’un bout à l’autre des cinq années que dura leur exil, malgré la faim et les privations.

Roman de 350 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Avant de commencer, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, il y a un défaut d’impression et ce n’est pas celle du bon roman qui est imprimée, du moins sur mon exemplaire.
La steppe infinie raconte une partie de la vie de l’autrice : son quotidien pendant la seconde guerre mondiale. Esther et sa famille sont des juifs aisés de Wilno en Pologne (actuellement Vilnius en Lituanie). Quand la guerre est déclarée, la ville est envahie par les Russes. Un matin, toute la famille est emmenée. Ils sont alors envoyés non pas dans un ghetto ou dans un camps de concentration en tant que juifs mais en Sibérie en tant qu’opposants au communisme. Et si cette condamnation leur sauvait finalement la vie ? Ce roman autobiographique adapté aux jeunes lecteurs dès 11 ans montre un aspect peu connu de la seconde guerre mondiale. C’est un récit adapté au public cible tout en réussissant à ne pas cacher l’horreur de certaines situations. J’ai apprécié la façon dont c’était écrit et le déroulé de l’histoire qui prend une dimension insoupçonnée. On ne se contente pas de décrire la vie dans un camps et/ou une ville de Sibérie, ni de tourner tout le récit autour la seconde guerre mondiale. Si la vie quotidienne est décrite et la guerre reste présente, c’est avant tout un récit autour d’une enfant de 10 ans qui s’acclimate et grandit. Il y a un bel équilibre entre le contexte historique et géographique et la capacité d’adaptation d’un enfant avec toutes les problématiques qui priment quand on a une dizaine d’années. Tout en restant accessible, ce livre permet d’aborder beaucoup de choses très intéressantes en particulier les différences de réactions entre adultes et enfants face à une même situation. J’ai trouvé très bien traité l’aspect familial, la peur du changement et la capacité de résilience qui différent d’un personnage à l’autre. C’est une belle découverte qui aborde des thèmes peu mis en avant habituellement dans les récits autour de la seconde guerre mondiale.

Laehb a lu

Résumé : Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au coeur des Sudètes. Ingénieur à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’oeuvre de William Blake. Un matin, elle retrouve un de ses voisins mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C’est le début d’une longue série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouve des traces animales. La police enquête. Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie sur la question, tout le monde la prend pour une folle… Car comment imaginer qu’il puisse s’agir d’une vengeance des animaux ?

Roman de 288 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Je n’avais jamais lu cette autrice, et en toute honnêteté, je ne sais pas si je l’aurai découverte si elle n’avait pas été récompensée du Nobel de littérature.
Cette lecture a été une très bonne surprise. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais mais ce n’était pas à ça !
L’héroïne, ancienne ingénieure des ponts et chaussées a parcouru le monde et finit par s’établir dans un petit hameau éloigné, difficile d’accès dès que la neige apparaît. Il y a quelques maisons alentour mais la plupart sont fermées pour l’hiver, les propriétaires préférant la douce saison.
Lorsque un de ses voisins, braconnier notoire, célèbre pour sa cruauté, décède un petit os de biche coincé dans la gorge, elle y voit une vengeance des animaux de la forêt. Un simple retour des choses après tant de souffrances infligées.
Les morts brutales continuent, elle est persuadée du bien fondé de sa théorie, s’appuyant sur ses connaissances astrologiques et les thèmes astraux des victimes qu’elle aura calculés.
Vous imaginez bien l’accueil réservé à ces déductions. D’excentrique, elle passe à folle furieuse.
J’ai beaucoup aimé ce personnage. Elle est autant « barrée » qu’attachante et sa dévotion pour le règne animal émouvant.
Très belle découverte, très bonne lecture, je suis ravie de cet achat.

Maggy a lu

Résumé : Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil… Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin. À moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer… « On dévore ce polar polonais… Vous allez vous régaler avec cette histoire de thérapie collective qui dégénère. » Pascale Frey – ELLE « Un des livres les plus passionnants publiés l’année dernière et un portrait saisissant de la Pologne contemporaine. » Yann Plougastel – Le Monde Cet ouvrage a été finaliste du Grand Prix des lectrices de ELLE

Roman de 472 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

Alors qu’un groupe de personne avait participé à une thérapie de groupe, une « constellation familiale », dans la crypte d’un ancien monastère, l’un des patients du Dr Rudzki est retrouvé mort le lendemain matin, une broche à rôtir plantée dans l’œil. C’est Teodore Szacki, procureur à Varsovie, qui est chargé de l’enquête.

Le roman est découpé en journées, du 5 au 17 juin de l’année 2005; chacune d’entre elles est précédée des actualité et de la météo. Durant cette dizaine de jours, nous suivrons principalement le procureur Szacki, mari lassé, papa aimant mais trop souvent absent, fan de jeux vidéos, désargenté, fatigué de ses meubles Ikea dans son tout petit appartement, 35 ans et déjà les cheveux blancs, sur le fil de l’infidélité. Il deviendra un héros récurrent de l’auteur.

Au cœur de l’intrigue, l’étonnante thérapie de la « constellation familiale » développée par Hellinger au début des années 1990. Pour le néophyte, cette méthode qui s’appuie sur le principe du jeu de rôle semble relever de la supercherie. Pourtant, pour les initiés, elle porte ses fruits dans la résolution de conflits familiaux essentiellement. Notre procureur restera dubitatif, surtout qu’on touche presque au mysticisme, qui a peu de place dans la mémoire collective de la Pologne qui ressent toujours les stigmates des années communistes.


Parce qu’au-delà de l’enquête proprement parlée, c’est toute la Pologne, et plus précisément sa capitale, qui tisse la toile de fond du roman. Une Pologne toujours meurtrie par son passé, des Polonais qui doivent parfois continuer à craindre ce qui se cache dans les administrations corrompues, une Varsovie à l’architecture défigurée qui ne parvient pas à entrer dans la modernité.

Les impliqués est donc un roman intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que le polar polonais, ce n’est pas ce qui court nos rues occidentales (et celui-ci a quand même reçu le prix du meilleur de sa catégorie en son pays en 2008); ensuite parce qu’on ne connait rien ou pas grand chose de la machine judiciaire au pays de Jean-Paul II (dont la marque est encore bien présente puisqu’il n’est mort que quelques semaines avant le début de l’intrigue) et que les arcanes de la justice y semblent bien différentes de celles que l’on connait et enfin parce que l’auteur utilise l’histoire de son pays comme ingrédient de son enquête.

Bref, un auteur à découvrir.



Sally Rose a lu

Résumé : À Varsovie, au cœur de l’hiver, l’inspecteur Mortka est appelé sur le lieu d’un incendie. Dans les ruines fumantes, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui fraye parfois avec la mafia. Sa femme, Klaudia, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka aimerait croire à un accident, mais il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage. Il faudra toute la ténacité de Mortka pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson.     Un livre sombre et âpre, plein de mystères. Le polar polonais a désormais sa star.  Philippe Blanchet, Le Figaro.   Porté par une intrigue percutante et une galerie de personnages bien trempés, Pyromane tient ses promesses.  Estelle Lenartowicz, Lire. Traduit du polonais par Erik Veaux.

Roman de 448 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

C’est une ville de Varsovie sous la neige par des températures autour de 20 degrés en-dessous de zéro dans laquelle l’inspecteur Jakub Mortka poursuit un pyromane en série a priori doublé d’un meurtrier.
Alors qu’il vient de divorcer et vit en colocation avec des étudiants bruyants, il entame cette enquête dans un pays où les autorités doivent composer avec la pègre et où l’alcool réchauffe davantage que le bois.
Ce roman policier est de facture ultra classique et c’est ce qui fait son charme. Pas de globules inutiles, des petites cellules grises en action, un collègue alcoolique, un procureur pas sympa : tout ça est un peu caricatural mais ça se passe en Pologne ce qui apporte un certain dépaysement
À essayer

Le cadeau du froid – Un conte de l’Alaska de Velma Wallis

Chronique de Kadeline

Cette lecture est un véritable bonbon. On est au fin fond de l’Alaska auprès d’une communauté nomade qui vit « à l’ancienne ». Traditionnellement dans ce type de communauté, quand il y a famine au cœur de l’hiver, on a tendance à se débarrasser de ses personnes âgées car elles n’apporteraient plus rien à la communauté. Celles-ci s’assoient dans la neige et attendent que le froid les emportent sauf que cette fois tout ne va pas fonctionner de la même manière. Quand arrivent le tour de notre duo de vieillardes, elles ne se laissent pas faire, ne se contentent pas de s’asseoir dans la neige pour mourir et décrètent quelles ont encore de beaux jours à vivre et que si on ne veut plus d’elles, elles vont essayer de vivre seules sans eux. Grâce à l’avantage qu’apportent  l’expérience, elles vont marcher vers un coin proche d’un lac dont elles se souviennent. Elle survivent à l’hiver, un peu par chance soit mais elles sont motivées pour survivre. Le printemps arrivé, elles organisent leur survie et vont pouvoir stocker et préparer le prochain hiver. C’est très beau, très touchant l’association de cette volonté de vivre et l’entraide qui en découle.
Cette vie en adéquation avec la nature dans tout ce qu’elle a de beau mais aussi de cruel est passionnante. L’autrice en profite à travers son histoire pour nous rappeler que nous sommes des animaux sociaux et que la solitude a des limites. Le langage et les mots utilisés sont simples et minimalistes mais forts. Cela colle avec l’ambiance dans un milieu froid où toute la consommation d’énergie doit être minimisée et conservée pour la survie. Avec ce climat, il n’est pas question de  dépenser de l’énergie pour ce qui n’est pas essentiel/vital donc on parle au minimum. 
Attention pour les personnes sensibles avec la cause animale : qui dit grand froid dit chasse et pêche donc si vous y êtes sensibles même si elles ne sont pas très explicites et détaillées les scènes existent. 
Cela fait plaisir d’en apprendre plus sur l’Alaska d’autant que l’autrice est de là-bas et a grandi avec ces légendes-là. On lit donc le point de vue d’une personne concernée.

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Le Cadeau du froid relate une des légendes fondatrices des tribus d’Alaska. Elle convoque une époque où la culture occidentale était inconnue de ces peuples nomades. 
Lors d’un hiver des plus rigoureux, une tribu vient à connaître la faim : plus de réserve de baies, la viande se fait rare et les hommes sont trop faibles pour chasser. Pour espérer survivre, ils doivent marcher, inlassablement, laissant derrière eux les plus anciens. Comme beaucoup avant elles, deux vieilles femmes sont abandonnées au beau milieu de la grande plaine blanchie par la neige, avec deux peaux de phoque pour leur tenir chaud. 
Alors qu’elles s’apprêtent à s’endormir, l’une se rappelle un lieu de son enfance, où la rivière regorge de poissons, et les buissons de lapins. Luttant contre le froid qui les mord, le vent qui épuise leurs membres fatigués, elles avancent coûte que coûte dans la plaine, réapprenant petit à petit les gestes de leur jeunesse : entretenir le feu, poser les pièges pour se nourrir, creuser le sol pour trouver les racines comestibles…
Pendant ce temps, la tribu subit toujours les ravages de la faim , et chacun s’interroge en secret sur le destin des deux anciennes, sans savoir encore qu’ils leur devront la vie.
Sagesse venue d’Alaska, Le Cadeau du froid est un merveilleux conte de courage et de survie, qui nous rappelle la richesse de l’expérience, de l’entraide et de la volonté.

Roman de 170 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. A découvrir 🤗

Ici radio bambou de Martin Booth

Chronique de Kadeline

Dans ici Radio-Bambou, on suit Nicholas, un petit britannique vivant à Hong Kong à l’aube de l’invasion japonaise en 1941. Il est sauvé par les employés de maison chinois et part vivre avec eux dans la campagne au bord de la mer. Il apprend la pêche, les corvées de la ferme, le cantonais, les coutumes chinoises… Son quotidien est assez doux au vu de la période concernée. Il prend conscience de son statut privilégié peu à peu et tente d’y remédier à son échelle. Découvrir la seconde guerre mondiale du côté de l’Asie n’est pas fréquent surtout dans les ouvrages jeunesse. L’idée d’utiliser le point de vue d’un petit britannique permet d’évoquer en douceur un sujet doublement délicat : les prisonniers européens en Asie et la vie des chinois occupés. Tout est dit avec tact via les yeux d’un enfant qui se rend compte que sa situation qui semble dure est en fait privilégiée au vu des habitants des villes ou des prisonniers.
C’est un roman d’apprentissage dans toute sa grandeur qui est réussi même si j’ai un bémol lié à la traduction française. Il y a un point qui me dérangeait et en allant lire un extrait en V.O. je me suis aperçue que c’était beaucoup plus nuancé, beaucoup moins prononcé. Ah Kwan, Ah Tang et Ah Mee ont travaillé des années auprès des Britanniques. Ils devraient parler sinon couramment  au moins de manière simple mais correct. Or en français les expressions « non eux pas faire », « nous partir »… pullulent et surtout cohabitent avec des mots très complexes qui donnent un langage peu logique.

Cette lecture valide :

La consigne n°12 du défi Les Rougon-Macquart

A propos du livre :

Résumé : Noël 1941. L’armée impériale japonaise occupe Hong Kong. Tous les combattants sont capturés puis exécutés ou emprisonnés. Nicholas Holford, un garçon de 11 ans dont les parents faisaient partie du Corps des volontaires de la défense, est sauvé des rafles de l’envahisseur nippon par Ah Kwan, Ah Tang et Ah Mee, les domestiques des Holford, puis exfiltré dans les Nouveaux Territoires.
Recueilli par la famille d’Ah Tang et s’appelant désormais Wing-ming, le jeune Anglais, qui était un enfant choyé, doit s’adapter à une vie rurale très laborieuse. Petit à petit, alors qu’il apprend le cantonais et devient membre à part entière de la famille Tang, ses souvenirs s’estompent.
Mais la guerre a tôt fait de se rappeler à lui et il doit aider la guérilla communiste. Il se voit ainsi confier une mission périlleuse où il devra « passer de la musique sur Radio-bambou ».

Roman de 168 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. A découvrir 🤗

Isola Tome 1 de Brenden Fletcher – Karl Kerschl – Msassyk

Chronique de Kadeline

Rook est le chef de l’armée dédiée de la princesse Olwyn. Le royaume de Marr est au bord de la guerre. La princesse a subit une malédiction en refusant de se marier. Rook et Olwyn partent seuls vers l’île d’Isola pour rompre la malédiction et éviter la guerre. Le point de départ est  assez banal mais ça fonctionne bien. 
Il faut accepter d’être dans un flou artistique pendant une grande part de l’intrigue mais découvrir le monde petit à petit permet de prendre conscience de l’étendue de la complexité de l’univers. La mythologie est vraiment sympa, l’univers intéressant et l’aventure est bien dosée. Niveau dessin c’est très joli et soigné. Un premier tome très agréable qui appelle la lecture de la suite.


Cette lecture valide :

La consigne n°17 du défi Les Expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Rook, le capitaine de la garde royale, a fui la capitale avec la reine Olwyn, en proie à un étrange maléfice. Pour lui permettre de reprendre sa place sur le trône et ainsi sauver le royaume de Marr d’une guerre imminente, il leur faudra atteindre une île mystérieuse à l’autre bout du monde, un lieu dont parle les légendes sous le nom d’Isola, la terre des morts.

BD de 168 pages – se la procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. A découvrir 🤗

JEUX LIT AVEC SALLY : La couverture comporte majoritairement du rouge et/ou du vert

C’était le thème du club de lecture du mois de décembre

Nous étions 6 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Jeune diplômé désargenté, Satyacharan accepte un poste de régisseur aux confins du Bihar, dans le nord est de l’Inde. Quittant Calcutta, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par l’exubérance de la faune et de la flore et par la diversité des habitants de ce vaste domaine forestier. L’illustre roi des Santals garde ses vaches à l’ombre d’un banyan sacré, Yugalprasad embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces, Dhaturiya préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs… Satyacharan sait qu’il est le dernier témoin d’un formidable écosystème ; il doit pourtant en orchestrer la disparition. Son rapport au monde en sera à jamais bouleversé.

Roman de 299 pages – se le procurer

La Chronique de Amélie

Sans argent ni perspective, le jeune Bengali Satyacharan accepte, plus par nécessité que par enthousiasme, un poste de régisseur dans un domaine forestier du Bihar. Son rôle est d’attribuer la location des terres de cette jungle luxuriante à de modestes cultivateurs.


De l’expérience de ce citadin invétéré, largement inspirée par celle de l’auteur, naîtra un texte passionné. Sa rencontre avec la nature éblouissante, vierge de toute exploitation est une véritable révélation de la beauté suprême. De ces 6 années passées dans un environnement qui n’avait rien pour être le sien, Satyacharan rentrera changé : enrichi en son cœur d’une conscience écologique (bien que sa fonction l’ait lié directement à la déforestation), mais également d’une conscience sociale pour s’être peu à peu débarrassé de sa condescendance à l’égard des populations qui vivent en ces lieux reculés.


Ce texte hors du commun se situe à mi-chemin entre le carnet de bord et le  nature-writing, on y croise des personnages fabuleux, un peuple autochtone oublié, et des descriptions somptueuses d’une nature qui confine au divin, nous éblouissant de sa diversité. On s’y familiarise également avec le système totalement révoltant des castes et avec d’autant plus de réalisme et de sincérité que l’auteur indien vit lui aussi avec cette conscience de caste même si par bien des aspects elle paraît moins prégnante chez lui que chez les ruraux qu’il rencontre.


C’est un livre aussi beau par sa plume qu’intéressant par son propos, et finalement aussi exotique qu’universel qui donne à penser une fois de plus à la beauté perdue du monde et à celle qui peut encore être préservée. 

Kadeline a lu

Résumé : «  Bloomsbury m’enchante, il est la vie même.  »   Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d’Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants  : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l’union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d’édition Hogarth Press. Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l’affirmation de la vie, d’une «  vie intense et triomphante  ».   Inclus  : des extraits de lettres, une nouvelle de Virginia Woolf et une nouvelle inédite de Leonard Woolf.

Roman de 224 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Ce livre est un ouvrage hybride, il contient une biographie partielle et 2 nouvelles, une par protagoniste. La biographie couvre une période de temps restreinte qui va de leur naissance à leur mariage. Cette partie était agréable à lire et intéressante bien qu’elle ne colle pas vraiment avec les codes d’une biographie habituelle. Au lieu d’une narration contenant quelques citations pour étayer les propos, l’autrice a privilégié la traduction brute du matériel de base. Il y a une grande proportion d’extraits, de correspondances, de journaux intimes, de photos… tandis que la part d’analyse et de récit propre à l’autrice est réduite. Ce retournement des proportions est un parti pris déroutant mais qui fonctionne plutôt bien. J’ai aussi beaucoup aimé les 2 nouvelles. La nouvelle de Virginia parle d’une tâche sur le mur. L’ambiance créée était étonnante mais c’était agréable à lire. La nouvelle de Léonard peut faire polémique car la vision de ses compatriotes juifs est bien salée. J’ai aimé le regard acéré et découvrir certains points culturels. Vu le ton, ça ne m’étonne pas qu’elle n’ait jamais été traduite précédemment mais elle a vraiment quelque chose de marquant.

C’est un très bel objet avec tranche rouge, couverture dure, mise en page soignée et présence de photos. C’est une lecture intéressante même si ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Je n’ai pas passé un mauvais moment mais je ne pense pas qu’il m’en restera longtemps des souvenirs à part la nouvelle des 3 juifs dont le discours m’a marquée.

Laehb a lu

Résumé : UNE EFFROYABLE DÉCOUVERTE, DOUBLÉE D’UNE ÉNIGME INSOLUBLE. Pourquoi des dizaines de pieds mutilés, revêtus de chaussures vertes, sont-ils venus s’échouer sur l’île paradisiaque de Sanibel, en Floride ? Ce phénomène inexplicable et les questions qui en découlent aiguisent la curiosité de l’inspecteur Pendergast, du FBI, qui décide d’interrompre ses vacances. POUR LE COMMUN DES MORTELS, PEUT-ÊTRE… PAS POUR L’INSPECTEUR ALOYSIUS X.L. PENDERGAST !Nul ne sait d’où viennent ces pieds sectionnés. Ni même si leurs propriétaires sont toujours en vie. Débute alors une enquête qui mènera notre héros aux sources d’une rivière maudite… Confronté au complot le plus diabolique qu’il ait jamais eu à déjouer, l’agent spécial Pendergast va devoir redoubler de sagacité s’il ne veut à son tour servir de cobaye…« Un inspecteur aussi inclassable qu’irrésistible. Et des auteurs au sommet de leur art ! » Kirkus Reviews

Roman de 442 pages. Se le procurer

La Chronique de Laehb

Le duo Preston & Child est une valeur sûre. Je ne me rappelle pas avoir déjà été déçue. Si c’est le cas, les bons souvenirs ont complètement écrasé une potentielle déception.

Oui, Preston & Child is always a good idea. Pendergast ou pas d’ailleurs. C’est extrêmement bien écrit, avec un vocabulaire riche, de belles phrases travaillées, une profondeur dans la psychologie des protagonistes et l’intrigue, ce qui manque parfois aux polars et les dessert très souvent. Le suspense est toujours au rendez-vous grâce à une imagination, une créativité morbide et glauque tellement distrayante ! Des personnages intelligents et intéressants, denses, de l’action et des rebondissements « à l’américaine ». N’est pas Aloysius qui veut !

J’ai adoré les accompagner à travers la Floride (Etat cher à mon cœur ) et surtout faire connaissance avec Constance, la pupille et Coldmoon le collègue du FBI, personnages que je ne connaissais pas encore car j’ai loupé les derniers tomes des enquêtes de Pendergast.

Ce 19e tome m’a donné envie de reprendre la série depuis le début. Résolution 2021 ?

Maggy a lu

Résumé : Malgré un quotidien bien huilé, Irène a l’impression de passer à côté de son destin. Alors, quand elle apprend que la vieille amie de sa grand-mère lui lègue sa maison en Angleterre, elle n’hésite pas et saute seule dans le premier avion, direction Charlestown. À l’aube des fêtes de fin d’année, elle démarre une nouvelle vie avec de nouveaux voisins : un septuagénaire loufoque, une pétillante serveuse… mais surtout Rudolph, solitaire et bourru, veuf depuis deux ans. Aussi attirant qu’agaçant, cet homme des cavernes se maintient tant bien que mal au-dessus des flots grâce à son fils. Et si l’étincelante Irène réussissait à le faire sourire à nouveau ? Et si c’était ça, la magie de Noël ?

Roman de 461 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

A 35 ans, sans enfant, Irène s’ennuie dans une relation qui dure depuis presque vingt ans. Quand elle apprend qu’une amie de sa grand-mère lui lègue une maison dans une petite ville de bord de mer en Cornouailles, elle ne réfléchit pas longtemps pour sauter dans un avion et tenter de se donner une nouvelle chance. Dans sa petite maison rose, elle va d’abord rencontrer et s’attacher à Jacob, son septuagénaire de voisin, un brin facétieux, toujours optimiste et bien déterminé à lui redonner le sourire. De l’autre côté du mur, Rudolph, jeune veuf, et son fils de 9 ans et demi (important le demi!) tentent de reconstruire une vie de famille. Bourru, aux allures d’ours ma léché, le père aux yeux verts a bien l’intention de ne pas se laisser envahir par la jeune française qui vient de débarquer dans sa vie.
En voilà une bien belle romance de Noël ! Tous les ingrédients classiques sont là. Une jeune femme seule, un peu triste par moment; un jeune veuf, tel le loup terré dans sa tanière pour lécher ses plaies; un jeune garçon qui voudrait bien profiter de la vie et voir son père à nouveau heureux; un voisin un tantinet envahissant mais ô combien décidé à ce que tout le monde profite du bonheur quotidien; le tout dans une petite ville de bord de mer, équipée d’un café accueillant.
Si tout semble bien prévisible dès le début, l’autrice aborde tout de même quelques thèmes pas vraiment guimauves comme la solitude, le désir d’enfant, la mort de l’être aimé, la reconstruction,… Et c’est là tout le charme de ce roman. Parce que rien n’y est mièvre. L’histoire tient la route, même si tout va très vite, bien entendu. L’autrice se fend même de se moquer des clichés des téléfilms de Noël à plusieurs reprises, rendant son roman encore un peu plus ancré dans la réalité. Et cerise sur le gâteau, l’humour délicat mais omniprésent de Valentine Stergann arrache régulièrement des sourires, voire quelques éclats de rire, aux lecteurs consentants.

Une jolie romance de Noël, à déguster bien au chaud, armé d’un chocolat ou d’un thé.

Priscilla a lu

Résumé : Laura se pose beaucoup de questions. Comment réussir sa vie ? Est-il possible de manger tout ce que l’on aime sans prendre dix kilos ? Comment trouver l’amour ? Trop de doutes pour être heureuse, trop d’envies pour se contenter du banal… Jusqu’au jour où un accident va complètement effacer sa mémoire. La voilà à nouveau débutante face à la vie, obligée de tout redécouvrir : les bonbons, les soutiens gorges, les garçons, l’électricité et les lois qui gouvernent l’Univers… Libérée des a priori, portée par un cœur affamé et un cerveau qui se cherche, Laura entame une aventure unique et hilarante. En ne sachant plus rien, elle a peut-être enfin une chance de devenir elle-même… Gilles Legardinier confirme brillamment qu’il n’a pas son pareil pour allier le rire à l’émotion. Qui n’a jamais rêvé de tout oublier pour recommencer?

Roman de 480 pages – se le procurer

Chronique de Priscilla

Toute la fraîcheur de la plume de Gilles Legardinier au service de Laura, atteinte d’amnésie suite à un coup à la tête lors d’une balade à poney.
C’est drôle, bourré d’optimisme et de bons sentiments : soit exactement ce dont j’avais envie en cette période noire.
Comme à son habitude Gilles Legardinier sait rendre parfaitement crédible son héroïne qui, à cause de (ou grâce à) son accident vit son quotidien comme un enfant le ferait, avec les yeux de l’innocence. Autant dire que par moment c’est loufoque mais ça donne lieu à des situations et réflexions bien cocasses qui, pour ma part, m’amusent beaucoup !   
Laura c’est un peu la fille qu’on voudrait avoir comme copine ou collègue et avec qui on se marre bien. 
Et puis il y a toujours la petite patte féline qui vient se glisser dans la plupart des livres de l’auteur et qui n’est pas pour me déplaire !

Sally Rose a lu

Résumé : Son nom est Liv Maria Christensen. Elle fut l’enfant solitaire, la jeune fille fiévreuse, l’amoureuse du professeur d’été, l’orpheline et l’héritière, l’aventurière aux poignets d’or. Maintenant la voici mère et madone, installée dans une vie d’épouse. Mais comment se tenir là, avec le souvenir de toutes ces vies d’avant ? Faut-il mentir pour rester libre ?  Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme marquée à vif par un secret inavouable.  Et explore avec une grande justesse les détours de l’intime, les jeux de l’apparence et de la vérité.   Née en 1987 à Nantes, Julia Kerninon est l’une des voix importantes de la nouvelle génération d’autrices.  Ses précédents livres ont été couronnés de nombreux prix, salués par la critique et traduits à l’étranger. Avec ce cinquième roman, elle affirme encore son talent.

Roman de 270 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Liv Maria est le fruit d’une bretonne et d’un norvégien. De nature opposée mais unis par une passion fusionnelle, ils vont donner à Liv Maria le respect de la liberté et le goût des livres.

Alors qu’elle suit des études à Berlin, elle s’éprend de son professeur. Durant deux mois, cette liaison enivrante façonnera la femme qu’elle deviendra.

Plusieurs thèmes sont abordés dans ce roman mais globalement le sujet central tourne autour de la connaissance de soi, du respect que l’on doit avoir pour ses propres aspirations.

Liv Maria est un personnage très attachant, une femme libre, curieuse, ardente, vivante.

Le ton est érudit, les références littéraires sont nombreuses, le style est un peu académique mais il ne brise pas la flamboyance de Liv Maria ni ne jure avec son apparente frivolité.

À découvrir

La nuit se lève de Elisabeth Quin

Chronique de Kadeline

La nuit se lève est une autobiographie. Je ne connaissais pas Elisabeth Quin et ai découvert qu’elle est présentatrice télé. Le point de départ de ce texte est le diagnostic d’un glaucome tellement avancé qu’elle risque de perdre la vue sous peu. Niveau handicap, on va avoir tout le cheminement entre la découverte, les questionnement et la digestion de la situation donc on est autour de thématiques qui me parlent. Oui mais le choix de l’autrice est de nous plonger dans ses pensées et c’est un type de narration auquel je n’accroche pas car c’est décousu. On a une succession de petites anecdotes sur des personnes célèbres aveugles qui s’intercalent avec la manière dont elle digère son état, ses peurs liées à son mari ; ça donne une tambouille confuse qui ne me convient pas. Malgré tout il faut noter que ça sonne vraiment juste. 
Par exemple elle décrit le fait qu’en tant que femme son image est importante, qu’en devenant aveugle elle perdra le contrôle de son image donc est-ce qu’elle sera encore considérée comme une femme ou est-ce qu’elle fera pitié à cause de «ratés visuels » ? Elle parle aussi de l’acceptation de son corps qui se transforme à cause des effets secondaires et du fait qu’elle ne verra plus les changements de son corps. Ce qui revient le plus est la peur de l’avenir de son couple :  comment rester désirable, ne pas être qu’une malade avec son aidant mais encore un couple, le décalage entre ce qu’on pense qu’on fera dans cette situation et la réalité quand on le vit vraiment…
Un dernier exemple de réflexion qui m’a beaucoup plu c’est l’appréhension d’être légitime ou non car elle n’est pas encore aveugle et ne le deviendra peut être pas complètement. 
Dans ce livre il y a de bonne choses même si je n’ai pas plus apprécié que ça. Il y a quand même un souci qui m’a agacé, si tu es journaliste tu vérifies tes sources. Alors un paléoanthropologue étudie l’homme et pas les fossiles d’autres animaux et encore moins Pikaia. D’ailleurs ce fossile n’est plus considéré comme un chordé (« premier pas » vers les vertébrés) depuis des années et puis il n’est pas âgé de 560ma on est plutôt vers 505ma et ce n’est même pas la bonne période car à 560ma on n’est pas dans le Cambrien mais dans l’Ediacarien.
En résumé, les réflexions et réactions face au changement sont très réussis mais il faut accrocher aux textes décousus.

Cette lecture valide :

La lettre Q du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : “La vue va de soi, jusqu’au jour où quelque chose se détraque dans ce petit cosmos conjonctif et moléculaire de sept grammes, objet parfait et miraculeux, nécessitant si peu d’entretien qu’on ne pense jamais à lui…” Elisabeth Quin découvre que son œil est malade et qu’un glaucome altère, pollue, opacifie tout ce qu’elle regarde. Elle risque de perdre la vue. Alors commence le combat contre l’angoisse et la maladie, nuits froissées, peur de l’aube, fragilité de cet œil soudain ausculté, trempé de collyres, dilaté, examiné, observateur observé… Elisabeth Quin raconte, avec une sincérité magnifique, cette traversée dont nul ne voudrait – maladie, destin ou don, comment savoir, qui change son quotidien en secret, et le secret en vie quotidienne. Nous l’accompagnons chez les médecins – et c’est Molière, de drôlerie, d’incertitudes, de sciences fausses ou vraies, avec de rares grands humains. Nous la suivons chez les marabouts, qui veulent la protéger de notre regard. Nous découvrons ses lectures, de Lusseyran à Hervé Guibert et Jim Harrison. Et comme elle, nous travaillons nos sens : fermer les yeux sous la douche ; marcher dans la forêt, la main dans celle de son compagnon ; écouter les oiseaux ; penser aux paysages ; écouter la nuit ; s’imaginer sans miroir, vue et malvoyante, prisonnière mais au-delà… La nuit se lève est ce récit, d’une beauté sublime, drôle à chaque page, terrifiant parfois, métaphysique malgré lui, sensuel, vivace – et contre toute attente, une marche vers la sagesse.

Récit de 144 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. Un exercice de style périlleux