JEUX LIT AVEC SALLY : L’Été meurtrier de Sébastien Japrisot

C’était une des lectures communes du mois de juillet

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

«J’ai dit d’accord. Je suis facilement d’accord sur les choses. Enfin, je l’étais avec Elle. Une fois, je lui ai donné une gifle et, une fois, je l’ai battue. Et puis, je disais d’accord. Je ne comprends même plus ce que je raconte. Il n’y a qu’à mes frères que je sais parler, surtout le cadet, Michel. On l’appelle Mickey. Il charrie du bois sur un vieux Renault. Il va trop vite, il est con comme un verre à dents.» Lisez la suite. Ce roman vous tiendra en haleine jusqu’au bout…

Roman de 448 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Cette année-là, Eliane, dite Elle, a choisi de savourer la sienne dans la chaleur de l’été. Son plan, elle l’a bien huilé; les protagonistes, elle les a choisis depuis longtemps. Elle veut qu’ils souffrent, tous autant qu’ils sont. Pour racheter le passé, pour retrouver l’innocence de l’enfance, pour qu’arrivent à nouveau des jours heureux. La mécanique est en marche, Florimond, dit Pin-Pon, est le premier domino à faire tomber…
Diablement efficace, le roman de Sébastien Japrisot donne la parole à certains acteurs de la tragédie qui s’est jouée cet été là. Si on sent d’emblée que Pin-pon s’adresse à quelqu’un, on imagine plutôt Eliane se parler à elle-même. Pour accentuer la crédibilité, chaque personnage, et donc chacune des parties qui lui est consacrée, a son propre style: un peu naïf et premier degré pour Pin-pon, assez décousu et chaotique pour Eliane. Deux autres personnages interviendront, apportant un éclairage sur un petit bout du récit.
Il faut donc se faire au style de l’auteur, qui intègre les dialogues à la prose uniquement quand c’est bien nécessaire. Ce qui donne un récit assez dense, qui fourmille d’informations diverses et variées, alterne les points de vue sur quelques événements identiques et qui se lit presque d’une traite, en retenant son souffle. Au lecteur de tenter de faire les connexions et de reconstruire ce qu’il s’est passé cet été là. Ce ne sera que dans les toutes dernières pages que la lumière se fera, mettant à plat toutes les dimensions de la tragédie.

Comme on est dans la tête des personnages, il est assez simple d’entrer en empathie avec eux. Et ce n’est pas parce qu’on parle d’empathie qu’on est obligé de les aimer. D’ailleurs, je n’en ai aimé aucun à part la tante sourde que j’ai trouvé touchante. Et c’est ça le génie de l’écrivain qui parvient à vous faire accrocher à un bouquin, vouloir à tout prix connaître le sort de personnages que vous n’aimez pas, que vous trouvez limite sordides. L’intrigue est poisseuse, collante comme la transpiration des étés chauds, entêtante comme les mouches qui bourdonnent au-dessus des assiettes sales, étouffante comme ces journées oubliées de la brise,… on espère la fin, pour enfin respirer, prendre une goulée d’air, et on aura juste la respiration coupée.

Chronique de Sally Rose

C’est un roman qui fait honneur à la littérature noire.
Style, vocabulaire, personnages, construction, sentiments, tout y est magnifié.
Le film avait été adapté par l’auteur et eu beaucoup de succès. Je l’ai revu dans la foulée de ma lecture, il est vrai qu’il suit bien le roman même si, bien sûr, la fin a été quelque peu modifiée.
Comme souvent, néanmoins, le roman reste plus riche est à découvrir absolument.

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L’Art délicat de rester assis sur une balançoire d’Emmanuelle Urien

Chronique de Maggy

Si la vie à deux peut être comparée à une balançoire à bascule, de celle qu’on trouve dans les plaines de jeux, on peut dire que Pauline a lourdement chuté quand Yann, son mari, l’a quittée il y a plusieurs mois. Envahie par la « doulhaine », elle tente de reprendre sa vie en mains; pour ses trois enfants d’abord, pour elle ensuite. Et si elle se contentait de se convaincre que Yann est mort, tout simplement ? Est-ce que ce ne serait pas plus facile de l’oublier ?

C’est avec une plume assez sarcastique par moment, qu’Emmanuelle Urien nous présente son héroïne. Les pensées de la jeune femme auxquelles nous avons ainsi accès sont bien souvent savoureuses et font germer un grand sourire alors que le propos est assez difficile puisqu’il s’agit de la tentative de reconstruction d’une femme après une séparation à laquelle elle ne s’attendait pas.
Le rythme est enlevé, les chapitres sont courts, les dialogues sont amusants… et pourtant, à un moment, le récit m’a échappé et je n’ai pas du tout adhéré à la fin proposée. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spolier mais je suis assez déçue par cette lecture pourtant prometteuse.

Cette lecture valide :

La lettre U du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : La vie de Pauline, comme celle de tout le monde, est faite de hauts et de bas. Et justement, elle vient de tomber de très haut : son mari – jusque-là l’homme idéal – l’a quittée pour sa meilleure amie. Sans doute pas de quoi sombrer, mais assez pour souffrir et cogiter. La garce venant de mourir bêtement assassinée, toute vengeance est exclue. Pauline voudrait oublier ce vaudeville, mais comment faire le deuil d’un homme vivant ? Facile : il suffit de décréter qu’il est mort. Et surtout, de l’expliquer clairement à l’intéressé…

Roman de 224 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Maggy. À découvrir 🤗

JEUX LIT AVEC SALLY : La couleur jaune apparaît sur la couverture

C’était le thème du club de lecture du mois de juillet

Nous étions 6 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d’Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C’est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l’élu de son cœur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l’a-t-elle retrouvé, pas le temps de s’expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l’enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités… Avec plus de 200 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Roman de 290 pages – se le procurer

Une enquête légère, peut-être un peu trop légère à mon goût. Agatha Raisin, dans sa folle envie de reconquérir James Lacey (pourquoi ???) le suit dans ce qui devait être leur lune de miel : Chypre. Or, à l’instar de Miss Marple, les meurtres la suivent. De quoi pimenter leur quotidien sur place et rendre infernales ces vacances idylliques.

J’avoue être partagée sur cette enquête. On sait que ce sera léger mais pour le coup, je l’ai trouvé bien longue à venir. Surtout qu’on a l’impression que le meurtrier va se découvrir plus parce qu’il a peur qu’Agatha, avec sa réputation, s’en mêle, que parce qu’Agatha s’en mêle vraiment. L’aspect enquête est donc laissée de côté et les sentiments amoureux d’Agatha ont leur bonne place. Une trop bonne place à mon goût. La relation James-Agatha a de quoi lasser, je sais que je ne suis pas la première à le penser.
Le petit plus est le dépaysement de ce récit. La lecture, durant mes vacances d’été, m’a donné bien envie de découvrir l’île de Chypre et son histoire riche…

Kadeline a lu

Résumé : Les courants du Flux qui relient les systèmes stellaires de l’Interdépendance s’effondrent les uns après les autres. Conscients du danger, les plus riches se sont réfugiés au Bout, la seule planète habitable de l’empire. Ailleurs, quelques uns se mobilisent pour venir en aide aux plus démunis : Kiva Lagos Marce Claremont, Tomas Chênevert et l’Emperox Griselda II. Dernier volume de la série.

Roman de 320 pages – se le procurer

La Chronique concerne l’ensemble de la trilogie

L’interdépendance est un système de gestion de planètes. Grâce aux flux qui permettent un voyage rapide, chaque planète est spécialisée. Chacune dépend donc de toutes les autres pour sa survie. Si cette répartition semble un excellent gage de paix, elle est aussi sa principale faiblesse : que faire quand les flux sont en train de disparaitre, isolant des planètes qui peuvent survivre en autarcie ? 
C’est au début de cet événement critique, que l’on rencontre Cardénia, Kiva et Marce. Trois personnages dont l’importance et l’entente sont a priori plus qu’improbables et pourtant ils sont au cœur du plus grand chambardement depuis des siècles. Entre un scientifique doué mais maladroit, une emperox arrivée là par défaut et une fille de guilde malembouchée ne pensant qu’au sexe et au profit, l’avenir de l’interdépendance est mal partie. Comme l’effondrement de l’empire n’est pas suffisant, on peut ajouter une bonne dose de manigances pour prendre le pouvoir et sauver sa peau.
L’idée de base et l’univers sont géniaux. Les personnages principaux et secondaires sont haut en couleur tout en étant crédibles. Les manigances sont bien pensées et nombreuses. Les différentes problématiques sur ce que les puissants considèrent comme primordial en période de crise est angoissant de réalité. J’ai beaucoup aimé la variété de personnages féminins qui chacun à sa façon est réussi. Sur le même principe, la gestion des règles est un détail de l’histoire très pertinent. Entre réflexions politiques, actions, aventures, complots et personnages il y a tout pour passer un bon moment.
Et pour conclure sur cette excellente trilogie, on retrouve ce qui pour moi est la force de cet auteur, de l’humour et des réparties aux petits oignons.

Laehb a lu

Résumé : Quand Sheila Webb, jeune secrétaire intérimaire, arrive au 19, Wilbraham Crescent, elle trouve la porte ouverte. Elle s’installe au salon pour attendre le retour de Miss Pebmarsh qui a loué ses services pour l’après-midi. Surprise ! Elle découvre la pièce encombrée de cinq pendules qui avancent toutes d’une heure. Mais une surprise plus grande encore l’attend : le corps d’un homme caché derrière le canapé. Quand Miss Pebmarsh arrive enfin, elle est bien incapable d’expliquer quoi que ce soit… En effet Miss Pebmarsh est aveugle ! Heureusement Hercule Poirot, tout jeune retraité, a tout son temps pour venir démêler l’écheveau de cet imbroglio.  Traduit de l’anglais par Jean-Marc Mendel

Roman de 230 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Encore une enquête où malgré tous les indices en poche je n’ai même pas entraperçu les motivations à cette mise en scène.  J’avais soupçonné le bon personnage mais n’avais aucune idée du pourquoi ni du comment. Il faut reconnaître que cette intrigue est particulièrement tordue, voire particulièrement tirée par les cheveux !
Le grand Hercule Poirot le dit lui-même,  on croirait lire une enquête policière de roman de gare.
J’y ai vu un clin d’œil d’ Agatha Christie à bon nombre de romans plus invraisemblables les uns que les autres mais qui ravissent le lecteur.  On se fait trimbaler de bout en bout et on en redemande !

Maggy a lu

Résumé : Un nouveau départ, l’envie d’y croire… Quand Axel, son mari, lui a proposé de quitter Paris et de déménager aux Engoulevents, le vieux manoir normand un peu délabré dont il a hérité, Margaux a dit oui. C’est vrai, les enfants auront plus de place ; lui, historien, n’a besoin que d’une bibliothèque et d’une bonne connexion internet ; elle, décoratrice, retrouvera facilement des clients. Et ils pourront toujours transformer une partie du domaine en gîte de charme. Mais si Margaux a accepté, c’est aussi pour une autre raison : elle veut tourner la page après une aventure qu’elle regrette encore et donner une nouvelle chance à son couple. Saura-t-elle trouver sa place dans un lieu chargé d’une histoire qui n’est pas la sienne ? Et comment regagner la confiance d’Axel ? Pourra-t-elle oublier ce qu’elle a laissé derrière elle, à Paris ? Axel, de son côté, réussira-t-il à revivre auprès de celle qu’il pensait si bien connaître ? Parviendra-t-il à se confronter à son passé et à faire des Engoulevents un véritable foyer ? Réparer les murs pour mieux réparer les cœurs. Pour ces deux âmes blessées reste L’espoir que le meilleur est à venir…

Roman de 265 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

 Axel et Margaux ont quitté Paris pour investir le manoir des Engoulevents, héritage familial d’Axel. Quitter la Capitale où Margaux est bien implantée en tant qu’architecte paysagiste est un grand risque. Mais la Normandie est supposée être un nouveau départ pour le couple et ses deux enfants. Parce que Margaux a trompé Axel et que malgré cela, ils veulent se retrouver, retrouver la confiance qui les unissait, ressouder leurs liens… La terre d’enfance d’Axel sera-t-elle propice à cette reconstruction ou finira-t-elle par totalement détruire leur couple?

Quand on ouvre un roman de Françoise Bourdin, on sait à quoi s’attendre. Et pour moi, ses romans sont toujours des lectures doudou.
Comme d’habitude, l’autrice s’est attachée à une problématique universelle (le reconstruction d’un couple après un adultère), a campé ses personnages dans une région qu’elle n’hésite pas à mettre en avant pour servir l’intrigue (la Normandie, qu’elle connait bien puisque c’est là qu’elle réside), a construit des personnages qui ressemblent un peu à Monsieur et Madame tout le monde et a saupoudré le tout de beaucoup de bienveillance.

Comme assez régulièrement dans ses écrits, Françoise Bourdin fait la part belle aux personnages masculins et très vite on avale les pages aux côtés d’une famille sympathique qu’on aimerait bien avoir comme voisins.

La cuvée Bourdin 2021 reste donc dans la lignée classique de sa bibliographie et c’est tant mieux !

Sofinette a lu

Résumé : Providence, le grand nulle part. La bande d’Hugo, dit Bohem, s’englue dans un avenir opaque. Pour s’en affranchir, vivants et libres, ces rêveurs intrépides entreprennent une traversée du pays qui n’épargnera rien ni personne. Guidant leur devoir d’insoumission, trois valeurs tutélaires : loyauté, honneur et respect. Sur la route, Bohem et les siens feront l’expérience de la vie, splendide et décadente. A la fin du voyage, au bout de l’initiation, un horizon : la liberté. Jusqu’où iriez-vous par amour de la liberté?

Roman de 496 pages – Se le procurer

Chronique de Sofinette

Liberté, liberté chérie… Que dire qui n’ait pas déjà été dit sur cette merveille de roman de LŒVENBRUCK « Nous rêvions juste de liberté » ?
Basiquement, c’est l’histoire d’une bande d’ados « à la vie à la mort » qui décide de quitter la petite ville miséreuse de Providence pour tracer la route à motos. De rencontres en amitiés et en amour, de drogues en crimes et en meurtres, la bande de Bohem va-t-elle résister aux galères et à l’âge adulte ?
Un road movie splendide, poignant, irrésistible, une écriture fluide, rapide, captivante… à lire absolument !! »

Sally Rose a lu

Résumé : Voici les péripéties poignantes et drôles de Junior, un jeune Indien Spokane, né dans une Réserve. Rien ne lui sera épargné – il a été le bébé qui a survécu par miracle, l’enfant dont on se moque et il est désormais l’adolescent qui subit en soupirant coups de poings et coups du sort. Jusqu’au jour où cet éternel optimiste réalise qu’un déplorable avenir l’attend s’il ne quitte pas la Réserve. Admis à Reardan, une école prestigieuse surtout fréquentée par les Blancs, Junior se sent devenir un Indien à temps partiel…   « Vraiment excellent, poignant et hilarant, réconfortant et sincère, sage et intelligent… » Neil Gaiman

Roman de 288 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Junior est né avec une hydrocéphalie dans une réserve indienne.
Autant dire que son départ dans la vie était empreint de difficultés.
Junior nous raconte son enfance dans la réserve, sa famille, son meilleur ami, l’école, le basket …
Sa vie va être profondément modifiée lorsqu’il décidera d’aller à l’école des blancs.
C’est avec un humour décapant que l’auteur retrace son enfance passée sous le sceau de la différence, celui de la malformation et du racisme.
Les situations cruelles deviennent cocasses tant le narrateur est animé par le pardon et l’espoir.
Un très beau livre adressé à la jeunesse.
A noter de sympathiques illustrations dans la tonalité du récit

JEUX LIT AVEC SALLY : Duo d’auteurs – Livre écrit à quatre mains

C’était le thème du club de lecture du mois de juin

Nous étions 5 à explorer le sujet

Kadeline a lu

Résumé : La France coloniale vit ses derniers feux. Chez les Desforêt, sous la férule d’un père haut-fonctionnaire, on grandit dans l’idée d’une hiérarchie des races et des sexes. Les drames en Indochine, à Nouméa, puis la lecture de Simone de Beauvoir conduiront la mère, Mona, et la fille, Lucie, à s’émanciper. Une liberté conquise à deux, qui conduira au militantisme et à la révolution, jusque dans les bras d’un certain Fidel Castro… Au-delà du roman, il y a aussi cette promesse crépusculaire entre Évelyne Pisier, 75 ans, et Caroline Laurent, 28 ans, leur amitié folle, comme une ultime transmission. Cet ouvrage a reçu le Grand Prix des lycéennes de ELLE, le Prix Marguerite Duras et le Prix Première Plume

Roman de 480 pages – se le procurer

Il y a des livres qu’on a du mal à sortir, de peur de ne pas l’aimer alors qu’on apprécie beaucoup une des personnes qui l’a écrit. C’est le cas pour Et soudain la liberté et qu’est-ce que j’ai eu tort de le laisser trainer, j’ai passé un excellent moment.
Evelyne Pisier est décédée pendant l’écriture de sa biographie romancée. Pendant celle-ci, une très belle amitié est née entre elle et son éditrice Caroline Laurent. Ce texte est un hybride où s’intercale les passages entre l’histoire initialement prévue et ceux contenant les réflexions, les doutes… de Caroline Laurent. Cette construction donne une histoire très intimiste avec des échos touchants. On navigue entre passé, présent et échos de passé plus vaste. La plume est belle et prend aux tripes.
Niveau histoire entre la fin du colonialisme, la naissance d’une conscience féministe et militante et la relation au communisme c’est une tranche d’histoire qui est mis en avant. C’est un beau texte intéressant et touchant.

Laehb a lu

Résumé : Quand le chauffeur de l’inspecteur Pendergast du FBI prie le lieutenant Vincent D’Agosta de le suivre, celui-ci s’attend à retrouver son ami dont il est sans nouvelles. Mais D’Agosta se voit confier une lettre dans laquelle son ami lui demande d’empêcher Diogène, son propre frère, de commettre un crime qui marquerait l’apothéose de sa carrière criminelle.

Roman de 528 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Nouveau tome de la série Pendergast,  deuxième tome de la trilogie Diogène et toujours autant de plaisir à cette relecture.
Toute la folie et le machiavélisme de Diogène,  le frère tueur en série, se révèlent et atteignent un sadisme incroyable. Rien ne pourra le détourner de son macabre dessein : s’en prendre à son frère et le faire horriblement souffrir.
Comme d’habitude, le duo d’auteurs nous offre une intrigue très bien ficelée,  des rebondissements, du suspense et une terrible envie d’enchaîner avec le tome suivant.
Un bon petit pavé qui se dévore et nous délecte !

Maggy a lu

Résumé : TROUVEZ LA FAILLE L’aventure est loin d’être terminée pour le jeune archéologue Will Burrows et son ami Chester. Alors qu’ils sont toujours à la recherche du Dr Burrows, ils s’enfoncent de plus en plus dans les profondeurs souterraines. Comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, les Styx trament un horrible complot qui pourrait avoir de terribles conséquences pour le monde d’en haut. Et même si les deux garçons rencontrent quelques alliés, Will n’est pas au bout de ses peines. Sa sœur n’en a pas encore fini avec lui… TROUVEZ LA FAILLE

Roman de 579 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

 Nous avions laissé Will, Cal et Chester dans un train aux portes des Profondeurs. C’est là que nous les retrouvons dès la première page, toujours à la recherche du père adoptif de Will, le Dr Burrows.
Nous ferons aussi la connaissance de Sarah, la mère biologique de Will et Cal, et de deux renégats: Drake et Elliott qui permettront aux trois adolescents de survivre à travers ce monde effrayant qui se déploie sous le sol de Londres.

Ce deuxième tome est donc la suite directe du premier. Comme pressenti, l’univers qui y est décrit est plus riche que précédemment puisque nous passerons tout le récit sous terre. Malheureusement, à l’image du premier opus, le rythme a du mal à s’installer dans la première moitié pour s’ajuster parfaitement à mes attentes après un peu plus de 200 pages. Si dans le premier volume j’ai mis cela sur le compte de la mise en place du contexte et des personnages, ici, je m’explique moins cette baisse de régime assez longue alors que l’intrigue elle-même est trépidante. A voir si cela se confirme par la suite puisque la fin est telle qu’il est évident que je vais me procurer le tome suivant.

Sofinette a lu

Résumé : Le docteur Nora Kelly est stagiaire à l’Institut archéologique de Santa Fe. Depuis la mort de ses parents, le ranch familial a été laissé à l’abandon. Un soir, elle s’y rend et découvre la maison saccagée. Elle est agressée par une étrange créature dont elle ne sait s’il s’agit d’un homme ou d’un animal, qui lui réclame « la lettre ». Nora découvre alors un courrier écrit par son père quinze ans plus tôt, évoquant Quivira, la légendaire cité des Indiens anasazis, dont il confirme l’existence et la localisation. Nora parvient à convaincre son patron de financer une expédition. Prête à tout, elle ne s’attendait pas à avoir pour compagnie l’horreur et la mort.

Roman de 544 pages – Se le procurer

Chronique de Sofinette

En visitant le vieux ranch familial abandonné, Nora KELLY est agressée par deux créatures maléfiques qui lui réclament « la lettre ». En s’enfuyant, elle découvre cette lettre écrite par son père à sa mère, 20 ans plus tôt. Il y est fait mention de la découverte d’une cité perdue. Avec l’aide de l’Institut d’Archéologie dans lequel elle travaille et accompagnée par Sloane, la fille du patron, elle va marcher sur les traces de son père et diriger cette équipe à la recherche de la mystérieuse « cité d’or » de Quivira.
Très agréable moment de lecture, plutôt aventures que thriller d’après moi. Mais l’épopée semée d’embûches, de croche-pieds, de trahisons et de morts est écrite à un rythme effréné par ce duo Preston et Child et m’a fait découvrir par ailleurs, l’existence de cette ancienne civilisation amérindienne, les Anasaris.

Sally Rose a lu

Résumé : 2016. Morgan Scali n’est pas encore le terroriste le plus recherché d’une planète en danger. Traumatisé par la mort de sa femme, il a tout plaqué pour découvrir l’Afrique, sa beauté frappante, et les ravages qu’y commet l’Occident… 2028. Jusqu’où est prêt à aller le capitaine Julian Stark pour retrouver sa fille, que ses idéaux écologiques ont poussée dans la radicalisation violente ? Du Congo à l’île d’Oléron, le Bien et le Mal se livrent une guerre sans merci. Mais qui est qui et à qui la faute ?

Roman de 631 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Ce thriller est à associer à Islanova des mêmes auteurs. En effet, il raconte le passé et le futur des personnages qui ont participé à l’expérience du coup d’État.
Le contexte : l’eau est un bien rare et plus rare à certains endroits du monde qu’à d’autres.
Jusqu’où peut-on aller pour bousculer les consciences et obliger chacun à prendre ses responsabilités pour éviter la fin de l’humanité ?
C’est donc dans le cadre d’un roman sur l’écoterrorisme que les auteurs font passer un message qui leur tient à cœur : préserver l’eau et la distribuer de façon équitable à travers le monde. Car aujourd’hui, certains meurent de soif tandis que d’autres lavent leur voiture tous les jours.
Les auteurs souhaitent également apporter une réflexion philosophique sur le sujet de la violence qui pourrait servir les plus grandes causes. Au lecteur de démêler ses sentiments et sa rationalité.
C’est agréable à lire et la construction alternant le passé et l’avenir est un bon moyen de maintenir l’attention.
On peut regretter que l’engagement des auteurs n’apparaissent pas davantage, faisant de ce diptyque, un roman comme les autres.

Le Chirurgien ambulant de Wolf Serno

Chronique de Maggy

Vitus vient d’apprendre un secret lié à ses origines inconnues de la bouche même de l’abbé Hardinus qui l’a recueilli au Monastère de Campodios quand il était bébé. A la mort de son cher abbé, Vitus est bien déterminé à retrouver sa famille et s’embarque dans une aventure vers l’Angleterre. A travers l’Espagne du XVIe siècle, il sera confronté à l’absurdité de l’Inquisition, fera de belles rencontres amicales, apprendra à se battre contre ses ennemis et toujours, il pratiquera la médecine et la chirurgie que ses bienfaiteurs lui ont apprise.

Le roman de Wolf Serno est d’abord un roman d’aventure puisqu’il fera vivre à son personnage, Vitus, une grande épopée. Il l’enfermera dans les geôles de l’Inquisition, le soumettra à la torture, l’intégrera à une troupe de saltimbanques, l’embarquera sur les mers… Et avec le chirurgien ambulant, nous en apprendrons toujours un peu plus sur la médecine du XVIe siècle. Je frémis encore à l’évocation de l’opération de la cataracte sur la place du marché ! L’auteur en profitera aussi pour distiller des informations intéressantes sur la marine. Maintenant, je crois savoir pourquoi on compte en nœuds la vitesse des bateaux.

Si Wolf Serno prend le temps de bien décrire ses personnages, y compris les secondaires, l’ouvrage n’échappe pas à quelques longueurs qui ralentissent parfois le rythme du récit. Il est des moments où le lecteur est plongé dans l’action aux côtés de notre sympathique chirurgien alors qu’à d’autres, il peine à poursuivre sa lecture. Cette inégalité de rythme peut parfois nuire à l’attachement que l’on peut éprouver pour les protagonistes mais la fin restant clairement en attente du second tome, il serait dommage de ne pas s’y plonger.

Cette lecture valide :

La lettre A pour Auteur (nationalité) du défi Le Petit Bac

A propos du livre :

Résumé : Espagne, XVIe siècle, monastère de Campodios. Sentant sa mort prochaine, l’abbé Hardinus convoque Vitus, son protégé, qu’il a découvert, abandonné, alors qu’il était encore un nourrisson. Afin que le jeune homme connaisse ses origines, il lui remet un indice : un tissu damassé, visiblement d’origine anglaise. Et voilà, pour Vitus, le début d’une quête semée d’embûches, de rencontres, et l’occasion de pratiquer son art, la chirurgie, sur les routes de l’Europe de la Renaissance. Tous les ingrédients du roman historique d’aventures sont ici réunis, pour le plus grand plaisir du lecteur: personnages pittoresques –nains, Tziganes, saltimbanques, corsaires –, évocation de l’Inquisition, complots, rebondissements incessants… Un vrai bonheur de lecture.

Roman de 800 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Maggy. Je l’ajoute à ma LAL 🤗

JEUX LIT AVEC SALLY : Le Chagrin et la Grâce de Wally Lamb

C’était une des lectures communes du mois de juin

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Quand, en avril 1999, l’épouse de Caelum, Maureen, échappe de justesse au massacre de Columbine, le couple se réfugie dans la ferme où il a été élevé, à Three Rivers, dans le Connecticut. C’est là que Caelum découvre des archives familiales : les lettres de son aïeule, militante abolitionniste ; les journaux de son arrière-grand-mère, fondatrice de la prison pour femmes du comté ; des coupures de presse sur ces années 1960 qui l’ont vu grandir aux côtés d’un père alcoolique traumatisé par la guerre de Corée… Pour tenter de comprendre la colère qui l’habite depuis toujours, Caelum va devoir explorer les recoins les plus obscurs de sa mémoire… Une plongée au cœur de l’histoire des Etats-Unis à travers l’épopée flamboyante d’une famille sur cinq générations. Ambitieuse, foisonnante, cette vaste fresque entraîne le lecteur dans des tourbillons résolument romanesques. Non sans grâce. Sophie Pujas, Transfuge.

Roman de 800 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

Beaucoup, beaucoup de choses dans ce roman qu’il est presque impossible d’expliquer sans spoiler un truc ou l’autre. Le style de Wally Lamb peut perturber au départ tant on passe régulièrement du coq à l’âne, d’une époque à l’autre, avec des chapitres qui semblent se dérouler dans le présent écrits au passé et d’autres qui sont clairement rattachés au passé et qui se lisent au présent… Ca grouille de thèmes abordés, de personnages, de matières à réflexion. Parce que toute l’Amérique et son histoire sur plus d’un siècle y passe, le tout teinté de colère et de peur. J’ai d’ailleurs longtemps pensé que ce sont ces deux mots qui auraient du composer le titre; mais ça, c’était avant d’arriver à la dernière page.
Un peu comme la vie, cette brique de presque 800 pages peut, de prime abord, apparaître comme confuse, limite bordélique, et déroutante. Et pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans le récit, au fur et à mesure qu’on lève des coins de voile par ci par là sur l’histoire d’une famille depuis la fin du 19e siècle, on se dit que ça n’aurait pas pu nous être présenté autrement. L’auteur nous offre une tragédie moderne, un grand roman de l’Amérique et des personnages qu’il sera difficile d’oublier de sitôt; bref un moment de lecture très intense.

Wally Lamb cloue son lecteur au pilori de vie dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Aux guerres, au terrorisme, aux addictions, à la jeunesse qui fout le camp, à la jeunesse qui règle ses problèmes à coup de mitraillette dans les lycées, à l’adultère, à la dépression, à la mort, à la colère, à la peur et au chagrin, l’auteur oppose la volonté, la bienveillance, l’amitié, les mains tendues, la famille, l’intégrité, la combativité, la foi, l’amour, la vie, l’espoir et la grâce.

Chronique de Sally Rose

Ce roman est si riche, si foisonnant qu’il m’apparaît difficile d’en faire un résumé. La 4ème de couverture du reste y a échoué.
Le narrateur est enseignant et sa femme travaille dans le même lycée en tant qu’infirmière.
Ce lycée, c’est celui de Colombine et ils vont vivre de plein fouet la fusillade de 1999.
Se réfugiant alors dans la maison de famille du narrateur, il va apparaitre que la vie des membres de cette famille a souvent été influencée par des grands moments de l’histoire américaine, à commencer par la guerre de sécession.
C’est aussi un roman sur le couple, sur le stress post-traumatique et sa prise en charge, sur la place des femmes dans la société et le statut de parent.
C’est passionnant et intime, tous les personnages ont un rôle bien défini et les pensées du narrateur amènent le lecteur à se pencher sur son propre chemin de vie.
Une belle découverte

JEUX LIT AVEC SALLY : Le titre commence par la lettre L (hors déterminants)

C’était le thème du club de lecture du mois de mai

Nous étions 5 à explorer le sujet

Kadeline a lu

Résumé : Tous les habitants de la belle cité de Liavek naissent avec une prédisposition à la magie, ici appelée « chance », dont le potentiel s’accroît tous les ans, à chaque anniversaire. Cependant seuls certains initiés sont capables de l’utiliser. La jeune Kaloo sent qu’elle pourrait faire partie des élus aptes à manipuler les forces surnaturelles, mais le chemin pour y parvenir est long et semé d’embûches. Il lui faudra notamment élucider le mystère de ses origines, dont elle ignore à peu près tout…

Roman de 282 pages – se le procurer

Liavek est un univers partagé créé par Emma Bull et Will Shetterly. Il a permis la création de 5 anthologies de nouvelles entre 1985 et 1990.
Liavek est une ville portuaire avec pour règle l’égalité entre hommes et femmes. C’est une ville de passage, très mélangée et prospère avec un tyran à sa tête. Il y a un système de magie intéressant, chaque habitant reçoit sa chance de l’année le jour de son anniversaire et s’il l’utilise sous forme de magie il devra le payer en poisse à la mi année. On n’est pas dans une ambiance moyenâgeuse, il y a des armes à feu. Cet univers est assez précurseur pour la fantasy et l’époque d’écriture.
Dans ce recueil, des nouvelles de différentes anthologies ont été regroupées pour se centrer autour du personnage de Kaloo et des écrits de Megan Lindholm (Robin Hobb).
Kaloo est une orpheline, elle grandit sans accès à sa chance. En grandissant elle décide de rechercher sa date de naissance pour enfin accéder à sa chance. En parallèle, on va suivre toute une galerie de personnages dont Dashif, l’âme damnée du tyran qui mène des enquêtes et maintient l’ordre.
J’ai adoré cet univers et ces nouvelles qui regroupées donnent un tout cohérent proche d’un roman. Il y a tout ce qui plait aux amateurs de fantasy : magie, manigances, jeux de pouvoirs, jalousie, vengeance… 
Un récit à trois voix pouvaient laisser imaginer un style hétérogène ne permettant pas une lecture fluide. Ce n’est pas du tout le cas, il y a une cohérence entre les écrits des auteurs et un humour cynique et/ou caustique qui sert de fil conducteur.
Si l’univers est précurseur, les thèmes abordés ici le sont majoritairement aussi. 
On parle ouvertement règles, puberté, contraception, consentement, handicap de manière normale et décomplexée. Il y a aussi une réplique qui montre que les relations lgbtq+ sont normales et acceptées.
Alors tout n’est pas précurseur, il y a une nouvelle avec un personnage qui tombe dans la fétichisation des corps noirs. Ça reste léger mais c’est présent donc je préfère le noter. En résumé, j’ai adoré ma lecture, cet univers, les personnages et les thèmes qui sont vraiment détonnants quand on les remet dans le contexte de l’époque et du genre littéraire.

Laehb a lu

Résumé : En 1888, Jenny Marton, une jeune prestidigitatrice de rue, vit avec sa mère, son lapin et sa colombe à New York. Un jour, l’experte en illusionnisme est engagée par le détective privé Robert Pinkerton afin d’enquêter sur les sœurs Fox, trois femmes à l’origine de l’engouement pour le spiritisme en Amérique. Premier roman.

Roman de 457 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Le résumé m’a vraiment  tentée et la couverture sombre et mystérieuse a fini de me convaincre,  j’étais sûre de me régaler et la déception n’en est que plus grande.
Tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un coup de cœur.
Une jeune héroïne intelligente et courageuse, magicienne de rue, est recrutée par la célèbre agence de détectives Pinkerton pour infiltrer le réseau / mouvement spirite dirigé par les sœurs Fox et accessoirement révéler la supercherie.
La narration alterne entre Jenny, notre héroïne, et des extraits des deux guides qui ne la quittent plus :
• Un guide de prestidigitation écrit par son défunt père qu’elle lit et relit pour parfaire ses tours.
• Un guide du parfait détective Pinkerton.
Si j’ai d’abord été conquise par ce procédé j’ai vite été lassée car malgré l’action et les rebondissements, le rythme reste mou et traîne trop en longueur.
J’ai peiné pour arriver au dénouement, qui n’en est pas vraiment un, mais ce premier roman est toutefois prometteur.


Maggy a lu

Résumé : Anathotep, pharaon hérétique, n’entend pas laisser la mort le déposséder de sa puissance ; c’est pourquoi il prépare ses funérailles comme on organise une expédition militaire et transforme son tombeau en forteresse capable de résister aux violeurs de sépulture. Mais d’étranges complots se préparent dans le monde des morts. Les pillards se pressent au seuil du labyrinthe défensif, tandis que Anouna, jeune embaumeuse de troisième classe, découvre qu’elle détient le moyen d’accéder au trésor funéraire de Pharaon, et que ce pouvoir, bien encombrant, va désormais placer sa vie sous le signe du danger.
Cependant, à trop vouloir forcer les portes du royaume d’en bas, ne risque-t-on pas d’en rester prisonnier… à jamais ?
L’auteur de L’Armure de vengeance transporte ici dans l’Egypte antique les ressorts du thriller et les hantises de son œuvre : la peur, les passions amoureuses les plus exacerbées. Ce roman envoûtant et sombre comme la pyramide d’Anathotep est sans conteste un de ses chefs-d’œuvres.

Roman de 313 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

 Le nomarque de Sethep-Abou qui revendique le titre de pharaon, Anathotep, dépense toute l’énergie qu’il lui reste pour se préparer un passage dans l’au-delà. C’est qu’il veut s’assurer d’y conserver son rang et une cour prête à prendre en charge les tâches ingrates que les dieux lui assigneraient. Afin d’éviter que sa tombe ne soit pillée après sa mort, risquant de ruiner ainsi ses efforts, il s’adjoint les services de Dakomon architecte de génie qui n’a pas son pareil pour construire des labyrinthes et autres pièges dont on ne ressort jamais. Pendant ce temps, Netoub Ashra, pilleur de sépultures, prince des voleurs d’Egypte, fomente un complot pour ravir le trésor du pharaon et pour y parvenir, il aura besoin d’Anouna, une embaumeuse de troisième classe.

Difficile de classer ce roman, certainement à la croisée entre le thriller historique et le roman d’aventure.
Je ne connaissais pas la plume de Brussolo et j’ai apprécié sa façon de la manier à travers un vocabulaire riche et au service d’une intrigue également intéressante sur le fond. Nous sommes ici dans l’univers des croyances égyptiennes et des rites funéraires, abordés sans détour, ne nous épargnant pas certaines scènes assez crues. Cependant, un humour subtil parsème tout le récit, rendant un peu de légèreté à la lecture à travers la cocasserie de certains tableaux.

Il faut néanmoins avouer que je ne suis pas rentrée très rapidement dans l’intrigue et que j’ai lu les premiers chapitres avec un certain détachement. Jusqu’au bout je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages, même pas à Anouna, pourtant héroïne de la duologie dont nous avons ici le premier tome.
L’intrigue en elle-même tient la route de bout en bout, malgré quelques retournements de situations délicats et le récit ne souffre aucun temps mort; chaque page grouille d’actions bien que l’auteur décrive suffisamment le contexte pour permettre au lecteur de bien situer celles-ci.

Et donc, au bout du compte, je suis partagée entre le fait que j’ai vraiment bien aimé le style de l’auteur que je ne saurais décrire et le constat que je n’ai jamais pu m’immerger totalement dans le roman ce qui en a ralenti considérablement la lecture alors que le contenu était pourtant bien consistant.
Je ne vais donc pas m’arrêter là et je vais chercher à poursuivre ma découverte de Serge Brussolo à travers un autre de ses romans pour affiner mon opinion.


Ranine a lu

Résumé : Druss est une légende. Ses exploits sont connus de tous. Mais il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d’une montagne. Là, il attend son ennemi de toujours : la mort. Dros Delnoch est une forteresse. C’est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l’Empire drenaï. C’est maintenant le dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l’envahisseur nadir. Et le vieux guerrier est son seul espoir. Un demi-million d’envahisseurs face à quelques milliers de guerriers retranchés dans une forteresse. Druss et sa hache feront-ils la différence ?

Roman de 512 pages – Se le procurer

Chronique de Ranine

Ce livre est une des raisons pour lesquelles j’aime les challenges sur Babelio. Quand j’explique les challenges aux personnes qui ne connaissent pas Babelio, j’ai souvent les mêmes réponses : « j’ai envie de lire ce que je veux sans qu’on m’impose quoi que ce soit » ou « j’ai déjà pas beaucoup de temps pour lire, c’est pas pour m’obliger à lire des trucs qui ne m’intéressent pas ». Certes ! Mais sans les challenges, je n’aurais certainement jamais lu ce livre là. Un roman classé « heroic fantasy » ? Très peu pour moi ! Mais pour cocher la case 91 du multi-défis, je m’y attelle. Et quelle belle surprise ! Tout y est, de l’action, de la psychologie, de l’amour. Une très belle histoire avec des héros attachants. Et quand j’ai appris le contexte de cette écriture pour l’auteur, j’ai d’autant plus apprécié le message entre les lignes. Bah, finalement, le style heroic fantasy… j’aime bien !

Sally Rose a lu

Résumé : Les rumeurs les plus folles courent sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, en Caroline du Nord. Pourtant Kya n’est pas cette créature sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. Abandonnée à l’âge de dix ans par sa famille, c’est grâce au jeune Tate qu’elle apprend à lire et à écrire, découvre la science et la poésie. Mais Tate, appelé par ses études, doit partir à son tour. Et lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

Roman de 480 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

La littérature américaine est assez prolifique en matière de roman d’apprentissage que l’on peut classer en « nature-writing ». Sauvage de Jamey Bradbury, My Absolute Darling de Gabriel Tallent, pour n’en citer que deux.
Là où chantent les écrevisses trouve sa place parmi les meilleurs donnant une grâce aux marais, écumant de tendresse pour son personnage. Kya est une enfant attachante, qui grandit dans des conditions extrêmes sans que jamais le propos ne vire au pathos. Les personnages secondaires sont bien campés et la narration sur deux époques amplifie l’intérêt du lecteur.
Un beau roman sur la différence et l’éclosion d’une jolie fleur.

Les 7 Vies de Léo Belamy de Nataël Trapp

Chronique de Maggy

 Léo Belami, 17 ans, va vivre une semaine complètement folle. Il reste sept jours avant le bal de fin d’année. Il y a 30 ans, en 1988, une jeune fille du même lycée y fût assassinée. En ce dimanche matin, Léo se réveille dans le corps d’un autre, à une autre époque. Le voilà immergé dans les années 1980, seul capable de découvrir ce qu’il s’est passé trois décennies plus tôt.

Ce roman est destiné à un public adolescent et cela se sent dans la trame du récit. En effet, tout va très vite, les personnages multiples n’ont pas le temps d’être fouillés, les impacts des voyages dans le temps ne sont pas analysés. Pour les ados, c’est un très bon roman. Tous les ingrédients habituels sont là : les questions existentielles qu’on se pose à cet âge-là sur la liberté, le déterminisme, la compréhension de ses parents,…. Pour les adultes, tout cela manque un peu de profondeur.

Par ailleurs, les années 1980 sont vraiment bien croquées par l’auteur même si, bien entendu, Nataël Trapp va dans l’excès à certains moments. Bien normal puisque le lecteur cible n’a pas connu cette époque, présentée souvent de manière assez caricaturée. La playlist qui nous accompagne tout au long de la lecture ajoute une touche très intéressante et renforce l’ambiance retrouvée de notre propre adolescence.

Un très bon divertissement donc que je conseille de faire lire à vos ados et de prendre le temps après d’en discuter avec eux pour leur raconter vos propres souvenirs. Après avoir côtoyé Léo Belami, ils devraient être toute ouïe !




Cette lecture valide :

La lettre S/Titre du défi Le Petit Bac

A propos du livre :

Résumé : Léo, 17 ans, jeune homme solitaire et sans histoires, compte les heures avant la fin des cours. Il se prépare pour la fête du lycée, organisée cette année en hommage à Jessica Stein, une élève assassinée trente ans auparavant. Mais lorsqu’il se réveille le lendemain matin, c’est dans la vie d’un autre, dans la maison d’un autre… en 1988. Au gré d’allers-retours entre 1988 et 2018 dans des corps différents, Léo va tout tenter pour empêcher ce meurtre et découvrir l’identité du tueur. Pourra-t-il changer le destin ?

Roman de 378 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Maggy. Je veux bien replonger dans les années de mon adolescence ! 😍

Hunger Games Tome 1 de Suzanne Collins

Chronique de Maggy


Dans une Amérique dystopique qui donne ses enfants en pâture à un jeu de téléréalité sanglant, Katniss se porte volontaire en ce jour des Moissons comme candidate à la place de sa petite sœur qui a été tirée au sort. En compagnie de Peeta, l’autre tribu du district douze aux Hunger Games, elle arrive au Capitole avec les 22 autres candidats. Elle devra lutter pour sa vie dans l’arène car il ne devra en rester qu’un ! Espérons que le sort lui soit favorable…
Suzanne Collins entame avec ce premier volume une trilogie destinée au départ aux adolescents mais que les adultes dévorent allègrement, parce que l’écriture n’est pas enfantine et que le récit est suffisamment dense pour accrocher les grands enfants que nous sommes tous.

On entre dans le vif du sujet assez vite, le suspense est bien amené par l’autrice et on s’attache immédiatement à cette jeune fille téméraire et loyale à sa famille ainsi qu’à son compagnon. Au-delà de la compétition elle-même, c’est aussi un certain regard sur les dérives de la téléréalité, poussées à l’excès, dans un futur noir et sans espoir. Entre science-fiction et aventure, Hunger Games sera porté à l’écran et Jennifer Lawrence y incarnera la maligne Katniss.



Cette lecture valide :

La lettre S/Prénom de l’autrice du défi Le Petit Bac

A propos du livre :

Résumé : Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix. Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature.

Roman de 432 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Maggy. Il me semble avoir lu ce premier tome et ma fille me dit que ça m’a plu. Mais bon, aucun souvenir. À (re)découvrir 😛

JEUX LIT AVEC SALLY : Une (auto)biographie, romancée ou non

C’était le thème du club de lecture du mois d’avril

Nous étions 7 à explorer le sujet

Iz43 a lu

Résumé : À tout juste 20 ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu’on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance. Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né en 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis. Enfant, il veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. Armé d’une béquille et d’un stylo, il se lance dans la musique : en 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l’artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique. « Grand Corps Malade réussit la prouesse de décrire l’horreur absolue en y ajoutant des touches d’humour et de jubilatoires formules poétiques. » Le Nouvel Observateur

Récit de 168 pages – se le procurer

La Chronique de Iz43

« Il n’y a pas d’recette, pour supporter les épreuves
Remonter les cours des fleuves, quand les tragédies pleuvent
Il n’y a pas de recette, pour encaisser les drames
Franchir les mers à la rame, quand le rêve te fait du charme
Il n’y a pas de recette, quand t’en avais pas non plus
Personne ne t’avait prévenu, tu t’es battu comme t’as pu
Il n’y a pas de recette, quand l’enfer te sert la main »

Des épreuves, Fabien Marsaut, Grand corps malade, en a vécues et des terribles. Un plongeon dans une piscine insuffisamment remplie, la tête qui touche le fond. Une vertèbre cervicale fracturée.
Fabien passe un mois en réanimation puis plus d’un an dans un centre de rééducation. Le grand corps de 1m94 a subi un terrible choc et est effectivement bien malade. Tétraplégique incomplet. (Cela veut dire que certaines parties du corps bougent à nouveau).

Alors qu’il pourrait se lamenter, être larmoyant, complètement déprimant , Fabien nous offre un récit plein de vie, de couleurs, de joie, d’humilité aussi, d’espoir, d’envie de vivre, de rire.
Surtout, c’est une sacrée leçon qu’il nous donne, une ode à la vie.
« Y’a tellement de choses à faire et ça maintenant je l’ai compris
Chaque petit moment banal, je suis capable d’en profiter…
C’est pas moi le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre, et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre
Alors je vais y mettre le feu en ajoutant plein de couleurs ».

Grand corps malade, il suffit qu’il ouvre la bouche pour que je me sente frissonner des pieds à la tête. Des textes qui me bouleversent et me touchent l’âme (Roméo kiffe Juliette, Derrière le brouillard, Mesdames…). Un regard qui transmet tant de choses. Je l’imaginais déjà bienveillant.
Maintenant que j’ai lu son témoignage, je découvre quelqu’un de courageux, de drôle, de vivant, de généreux, d’hyper positif. Je ne pourrai plus jamais regarder M6 boutique sans penser à lui.

Il faut être généreux pour témoigner de choses aussi intimes. Il faut être fort pour voir la lumière et l’espoir.
J’ai aimé sa plume bien sûr, mais aussi son autodérision, son humour.
J’ai aimé qu’il partage ses rencontres avec les soignants (respect vraiment pour leur profession) et les autres patients.
C’est un livre touchant, sincère, humain, émouvant mais drôle aussi.

Je n’ai pas fini de kiffer Grand corps malade. Alors le basket a certes perdu un bon joueur mais nous on a gagné un grand homme et un grand slameur.

J’ai partagé ce livre avec mon fils de 11 ans (et demi). Et oui, je n’ai pas pu m’empêcher de le mettre en garde contre les accidents de plongeon mais ensuite je lui ai dit “de profiter de chaque petit moment banal et de mettre plein de couleurs dans sa vie”.

Merci Grand corps malade
Merci Fabien

Kadeline a lu

Résumé : Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un évènement traumatique dans une vie de femme. Et d’autant plus douloureux qu’on le garde pour soi, qu’on ne sait pas dire l’ambivalence des sentiments et des représentations qui l’accompagnent. L’angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l’impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Bande dessinée de 168 pages – se la procurer

Il fallait que je vous le dise est un magnifique regard croisé autour de l’IVG.
D’un côté on va suivre le vécu et les ressentis de l’autrice face à cette situation. C’est un récit tout en nuances qui montre le panel d’émotions par lesquelles elle est passée. Le message est important : même pour une femme qui est sure de sa décision ce n’est pas anodin. Tout ce qui se produit dans son corps et son esprit n’est pas négligeable, rien n’est noir ou blanc, tout s’insère dans un spectre bien plus complexe et varié que ce qu’on pourrait imaginer face à une décision censée être une certitude. 
En parallèle, le cheminement de l’auteur et médecin autour de la médecine des femmes est mis en avant. C’est très intéressant et ça permet une vision plus complète de l’IVG et de la contraception. Ces thématiques restent pour la majorité à déconstruire pour être au plus proche du besoin de chaque femme et de chaque personne avec un utérus. C’est une BD poignante, intéressante, déculpabilisante et libératrice qui arrive, malgré le sujet, à rester assez douce. Juste une précision si je dis douce ça ne veut pas dire que rien n’est dur ou qu’il n’y a pas de propos violent, c’est dans le sens où dans l’ensemble les choses sont dites en prenant des gants.

Laehb a lu

Résumé : Tout le monde connaît Sherlock Holmes. Livres et films ont rendu familiers ses méthodes scientifiques, son fidèle acolyte le docteur Watson et même sa logeuse, Mrs Hudson. Mais tout le monde ne connaît pas Arthur Conan Doyle. Les années passant, il a rejoint Mary Shelley et son Frankenstein, Bram Stoker et son Dracula au club des auteurs dépassés par leur créature. Pourtant, son œuvre littéraire est immense et diverse : histoires policières, romans historiques, nouvelles, contes fantastiques, science-fiction, correspondance, essais. Il a participé à la vie politique, morale, scientifique de son pays, avec une seule idée en tête : respecter les valeurs chevaleresques inculquées par sa mère. Tendre et coléreux, généreux et emporté, amateur de science moderne et nostalgique de la chevalerie, persuadé de la grandeur de l’Empire et défenseur des humbles, partisan du droit des femmes à divorcer et opposé aux suffragettes, conservateur et anticlérical, Arthur Conan Doyle est à la fois un homme de l’ère victorienne et un précurseur des temps modernes. Une biographie à lire comme un roman

Biographie de 208 pages – se la procurer

La Chronique de Laehb

Depuis mes débuts de lectrice, j’ai toujours été fan des enquêtes de Sherlock Holmes et je ne connaissais quasiment Arthur Conan Doyle qu’à travers son détective si célèbre mais tellement encombrant.
La quatrième de couverture mentionne « une biographie qui se lit comme un roman » et c’est exactement le sentiment ressenti tant la vie de l’auteur fût riche en aventures.
J’ai été estomaquée de découvrir que cet homme si cartésien et très tôt agnostique finisse ses jours en une sorte de prédicateur spirite, enchaînant les colloques en faveur du spiritisme.
Moment de lecture très enrichissant, je suis ravie d’en avoir tant appris sur un de mes auteurs fétiches.


Maggy a lu

Résumé : Qui n’a pas un jour fredonné un des nombreux succès de France Gall, dont la liste aussi impressionnante qu’incontournable résume à elle seule plus de trente ans de chanson française ? Mais France Gall est bien plus qu’une star : c’est une femme qui a connu les plus grands triomphes et les plus grandes douleurs, vécu le grand amour et dû faire face à la mort de ses proches, et qui, pourtant, relève la tête et «résiste», prenant son destin à bras-le-corps, s’engageant aux côtés des femmes et des opprimés. Une vie exemplaire. « Le destin d’une star courage est une biographie unique en son genre, intimiste, toute en tendresse et en confidences. » Au feminin.com

Biographie de 224 pages. Se la procurer

La Chronique de Maggy

 France Gall… C’est toute une époque de la variété française. C’est aussi ce couple aussi mythique que discret qu’elle formait avec son double, Michel Berger.

À travers cette biographie rédigée en 2007 par son ancien attaché de presse et un journaliste avec lesquels elle a entretenu des liens d’amitié étroits pendant de nombreuses années, nous redécouvrons la négresse blonde.
C’est de son enfance et son adolescence, entourée d’une famille aimante, qu’Isabelle Gall a tiré tout ce qui a construit France. En tant que fille de Robert Gall, celui qui a écrit La Mamma pour Aznavour, elle a pu très jeune côtoyer dans sa propre maison le gratin artistique du moment. Et pourtant, ce sont les vedettes de Salut les Copains qui la font rêver. Elle intégrera ce panthéon presque par hasard.
De sa liaison toxique avec Claude François, en passant par ces années au cours desquelles elle s’est oubliée pour Julien Clerc, jusqu’à la plénitude de son mariage avec Michel Berger, Alain Morel et Grégoire Colard nous racontent le parcours de France Gall presque comme un roman.
Couvrant des décennies durant lesquelles ils ont vécu dans l’intimité du couple Gall-Berger, les deux auteurs usent très peu d’extraits d’interviews et racontent plutôt ce qu’ils ont vécu, de près.
Après le drame du 2 août 1992, journée funeste où Alain Morel était présent, leurs chemins se sont un peu éloignés et donc, nous retrouvons plus d’extraits de magazines et d’interviews télévisées dans le dernier tiers de cette biographie. Ce sont des années douloureuses, la « facture » que craignait France quand elle nageait dans le bonheur des années 1980; c’est sans doute plus pudique d’utiliser les mots que la chanteuse à elle-même prononcés pour relater ces années noires où le malheur semblait s’accrocher à ses semelles.

J’aimais beaucoup France Gall et Michel Berger. J’ai assisté au concert qu’elle a tenu après le départ de sa moitié, j’ai pleuré sur cette minute de silence tellement vibrante d’émotions. Et j’ai bien aimé reparcourir le chemin à l’envers, retrouver une France Gall vivante et heureuse, découvrir une femme courageuse et digne alors que d’aucun la croyait n’être qu’une petite blonde un peu fragile, planquée dans l’ombre de son mari.

Après cette biographie, France nous a encore livré « Résiste », cette comédie musicale montée en hommage à l’œuvre de Michel Berger. À cette occasion, j’ai eu la chance de la revoir puisqu’elle est venue en personne saluer le public en fin de représentation.

Je n’ai rien appris de neuf dans cette biographie mais j’ai pris plaisir à remuer quelques souvenirs tout en fredonnant. De Charlemagne qu’elle a détesté aux Rêves qu’elle n’a pas laissés passer, des Sucettes qu’elle ne voyait que comme des friandises sucrées à Babacar qu’elle n’a pas laissé tomber, France était une grande dame, une maman attentive, une épouse aimante et surtout une belle personne. Cette biographie lui rend un bien bel hommage.


Ptitmousse a lu

Résumé : Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son «  petit pays  », le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux.  Astrid de Larminat, Le Figaro.   Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l’admiration.  Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n’est pas un petit Africain, c’est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune.  Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMAN

Roman autobiographique de 224 pages – Se le procurer

Chronique de Ptitmousse

Ce roman, contenant des faits autobiographiques de l’auteur, se scinde en deux parties que je trouve assez distinctes, malgré des bribes de la suite disséminées dans la première partie, quelques signes avant coureurs de la tragédie à venir.

Partie 1 : pour un sujet aussi tragique a priori, je ne m’attendais pas à autant d’humour et de légèreté. J’ai été surprise parce que (je ne sais pas pourquoi mais je le comprendrai par la suite), je m’attendais à quelque chose de plus noir et tragique. Le début était assez frais. Le fait que le narrateur ait 10 ans y était bien sûr pour bonne partie. Cela se lit vite et c’est agréable. Et c’est un délice de se plonger dans cette Afrique ! On est totalement dans l’ambiance. C’est là la force de l’écriture parce qu’en même temps, on ne se perd pas en description, c’est très digeste mais objectif atteint pour le rendu.

Partie 2 : Quand j’ai terminé cette lecture, je n’étais pas très bien… C’est d’une violence incroyable quoique pas trash du tout dans l’écriture. Ce sont les événements qui sont tellement incroyables. Les mots nous manquent. Je suis allée lire, à la toute fin de la lecture, quelques infos sur les événements de ce génocide et cela m’a clairement donné la nausée… Revenant au livre, le passage qui m’a le plus marqué est [spoiler] celui des derniers mots d’Eusébie ; cela reflète un état d’esprit terrifiant et ces mots sont bouleversants. Mais le Zippo à jeter dans la voiture restera gravé également je pense. De même que cette maman qui a complètement perdu l’esprit, devenue fantôme… [fin/spoiler] Tant de passage finalement sont marquants, pour un livre pas si long en nombre de pages.
Un texte très fort de ce que fut ce génocide, en même temps qu’un hommage à l’Afrique et à l’enfance passée là-bas ! C’est plein d’innocence et de violence, de joie et d’horreur.

Ranine a lu

Résumé : Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.

Autobiographie de 343 pages – Se la procurer

Chronique de Ranine

Une vie, et quelle vie ! Une vie blessée, meurtrie. Mais une force, un instinct de survie, une résilience admirable. Une vie sans concession ni compromis malgré le milieu corrompu dans lequel elle évolue. Une femme forte, une femme admirable. Un très beau témoignage, à son image.

Sally Rose a lu

Résumé : « Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour. » Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose celle de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Pour être libre, faut-il accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Récit de 160 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose


Issue d’une dynastie qui a marqué la France, l’autrice et narratrice, promise à une brillante carrière d’avocate, plaque tout à la découverte (l’acceptation ?) de son homosexualité : son mariage, son métier, ses cheveux longs, ses vêtements bourgeois, son rapport à la matérialité.
Elle se débarrasse de toutes ses affaires (meubles, livres, etc.) et finira même par ne plus avoir de logement, logeant à droite à gauche, vivant d’expédients et de vols à l’étalage.
Pour s’affranchir des codes que lui a imposé la société, elle devra aussi s’éloigner de son fils, Paul, puisque son ex-mari use de tous les moyens à sa disposition pour l’empêcher de « perturber » leur fils.
Constance nous raconte sa nouvelle vie, sa soif d‘amour et de sexualité, refusant l’attachement dans ses rencontres, privilégiant la découverte de soi et la résilience face à l’absence de son fils.
C’est un texte autobiographique, autofictionnel bien qu’estampillé « roman » par l’éditeur. Il est plutôt cru, déstabilisant, beau et choquant. J’imagine que chaque lecteur peut ressentir des émotions différentes en liaison avec sa propre histoire, son propre rapport à l’existence.
Dans tous les cas, c’est magnifiquement écrit et entraîne à la réflexion sur le sens de nos vies.