De la Ciguë pour les vêpres de Peter Tremayne

Chronique d’Audrey

Recueil de nouvelles qui s’inscrit dans la série Fidelma de Cashel de Peter Tremayne, légiste irlandaise du haut Moyen-Age. Un recueil que je ne recommande pas si vous ne connaissez pas la série mais plaisant si au contraire vous la connaissez bien. L’auteur nous offre ici une Fidelma toute à ses énigmes, avant que ne commence la série mais également pendant. Une quinzaine de nouvelles dans lesquelles vous retrouvez les thèmes habituels de la série : la place de la femme dans cette société irlandaise, les différences entre la vision romaine et la vision irlandaise du christianisme, l’aspect politique du pays irlandais ainsi que ses voisins à l’époque du haut Moyen-Age. Cette série nous montre une Irlande d’une incroyable modernité avec un personnage plein de fougue.


Pour ce qui est du format nouvelles, ce n’est pas ce que je préfère et c’est peut-être le bémol de ce titre. Avec les nouvelles, j’ai du mal à rentrer dans l’histoire, à ne pas entrevoir la chute. De plus, Peter Tremayne a réutilisé par endroits des mécanismes utilisés dans ces romans, ce qui nous enlève quelques surprises. 


Pour autant, certaines nouvelles m’ont vraiment plu. La nouvelle éponyme, De la ciguë pour les vêpres, présente une chute assez incroyable. De même pour Invitation à un empoisonnement, qui en plus de la chute, nous offre un huis-clos digne d’Agatha Christie. Ambiance de huis-clos un peu morbide qu’on retrouve également dans Une sinistre abbaye. D’autant qu’on en apprend plus sur une certaine forme de christianisme, à faire frémir! Enfin, Un cantique pour Wulstan nous montre une énigme des plus réussies !

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Des nouvelles de Fidelma de Kildare, princesse d’Irlande, religieuse et avocate auprès des Brehons d’Eirann. Tirant parti de la popularité des romans de Sœur Fidelma, Peter Tremayne signe quinze nouvelles avec l’inimitable et résolue détective Sœur Fidelma, religieuse et éminente avocate des tribunaux d’Irlande. Quinze intrigues policières, strictement chronologiques, qui permettent aux fervents lecteurs de combler les vides laissés entre les romans. Dans chaque histoire, Fidelma fait preuve de son habituel don et de son instinct pour mener les enquêtes, sous l’ancien système de lois Brehon en Irlande. Un trésor de petites pierreries pour les adeptes des mystères historiques.

Recueil de 464 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Audrey. Cela me donne envie de découvrir cet auteur 🤗

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JEUX LIT AVEC SALLY : La littérature polonaise

C’était le thème du club de lecture du mois de janvier

Nous étions 6 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Septembre 1939. Alors que Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes, les accords du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin s’élèvent à la radio nationale. L’interprète s’appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c’est une longue nuit qui commence… Une longue nuit dont l’issue aurait pu être la mort, sans un officier allemand, Wilm Hosenfeld – le plus improbable des sauveteurs. Hanté par l’atrocité des crimes nazis, il va protéger et sauver le pianiste. Mort en 2000 à Varsovie, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l’on redécouvre enfin ce texte, sobre et émouvant. « Un témoignage bouleversant venu du froid et de l’horreur. » Annie Coppermann – Les Échos

Roman de 297 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

De 1939 à 1945, Varsovie est sous occupation Allemande. Wladyslaw Szpilman, pianiste émérite, polonais et juif, offre un témoigne aussi précieux qu’effroyable sur sa vie à Varsovie durant cette période. C’est un récit totalement hallucinant tant il semble invraisemblable qu’il ait pu survivre à tout ceci pour l’écrire.
Tandis que nos nerfs se tendent de concert avec les siens à chaque fois que la mort s’approche de si près qu’on en sentirait l’odeur ; que notre cœur se serre pour ceux qui n’ont pas eu la grâce du destin, l’auteur nous restitue également un panorama de toute une époque. La barbarie nazie dans son crescendo abominable ne nous est pas épargnée, et en réaction à celle-ci, se côtoient pêle-mêle toutes sortes de positionnements clivants. De la résistance à la collaboration, de l’espoir éperdu à la volonté d’en finir, du profit à la misère la plus extrême, au sein même du ghetto de Varsovie l’unité n’est pas de mise entre les opprimés.
Au fil du temps pourtant toutes ces voix s’amenuisent, laissant place à la solitude du miraculé emplie de cette peur permanente, omniprésente, qui n’a pour compagnes que la faim et une soif de vivre plus forte que tout quand il ne reste plus que ça à quoi se raccrocher. Cette folie aura-t-elle une fin ? Et laquelle… ?»


Arwen78 a lu

Résumé : Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.

Recueil de nouvelles de 381 pages. Se le procurer

La Chronique d’Arwen78

Divisé en sept parties, « La voix de la raison » est un intermède entre chaque nouvelle aventure du sorceleur. Elle est la suite  directe de la mission avec la stryge.
Grièvement blessé, Geralt de Riv se fera soigner dans le temple de la déesse Melitele par Neneke, sa grande prêtresse.
S’ensuivront des chapitres où on apprendra à  mieux connaître Geralt de Riv. Des chapitres qui font également référence à des contes tels que La belle et la bête …
Ce premier tome pose les bases  d’un monde plein de mythologie. Ces  nouvelles mettent en place les premières rencontres qui auront une importance dans la saga.
 Ce livre met en valeur le métier de Geralt et les difficultés  auxquelles le chasseur de monstres fait face. De caractère désabusé, teinté d’humour cynique, ce sorceleur saura nous charmer.
Dans ce livre, on découvre les missions risquées du sorceleur et les intrigues en cours. Les personnages secondaires sont forts.
A l’issue de ce livre, par curiosité,  je lirais bien le deuxième tome, surtout que cela me sort de ma zone de confort.

Audrey a lu

Résumé : Un best-seller international : David Gemmell Legend Award 2009 du Meilleur roman de Fantasy. Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu’elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l’enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l’antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l’ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s’emparer d’elle et n’hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins… 

Roman de 471 pages – se le procurer

Chronique dAudrey

Un tome que je suis assez curieuse d’avoir apprécié en toute objectivité.

Le cycle du Sorceleur est, par bien des endroits, quelque peu déroutant. Il commence par deux recueils de nouvelles qu’il est conseillé, sans être indispensables, de lire avant d’entamer le Sang des elfes.

Ce tome est curieux. Avec le titre, on devine qu’un sujet est crucial : celui de l’existence de la petite Ciri. Qui est-elle ? Où est-elle ? Et surtout qu’annonce-t-elle? La Destinée l’a choisi, mais pour quel chemin? Des questions qui ne trouvent pas toutes leurs réponses dans ce tome.
A bien des passages, on est un peu déroutés. Outre les questions sans réponses, il y a les ellipses narratives, les allers-retours dans le temps et surtout l’absence de fil conducteur réel. Au final, quel est le but de ce tome si ce n’est poser la base de ce cycle ? En effet, on revoit Geralt le Sorceleur. On revoit Jaskier. On revoit Yennefer. On revoit Ciri. Par là, on apprend à mieux les connaître et apprécier. On apprend également le contexte ambiant, la guerre contre Nilfgaard.
Malgré ces différents éléments qui ont engendré une certaine perplexité, j’ai apprécié ce tome. J’ai aimé le ton de la narration. J’ai aimé les différentes actions. Je ne m’y suis pas ennuyée. J’ai aimé ce monde original. J’ai aimé cette fin qui appelle une suite à découvrir rapidement.

Kadeline a lu

Résumé : Esther Rudomin pensait que sa vie heureuse dans la ville polonaise de Wilno durerait toujours. Elle chérissait tout, depuis les lilas du jardin de son grand-père jusqu’au pain beurré qu’elle mangeait chaque matin à son petit déjeuner. Et lorsque les armées d’Hitler envahirent la Pologne, en 1939, et que les Russes occupèrent Wilno un an plus tard, le monde d’Esther resta intact : pour elle, les guerres et les bombes s’arrêtaient à la grille du jardin. Mais un matin de juin 1941, deux soldats russes, baïonnette au canon, se présentèrent. La tragédie n’est jamais loin tout au long de l’histoire d’Esther, mais les Rudomin gardèrent courage d’un bout à l’autre des cinq années que dura leur exil, malgré la faim et les privations.

Roman de 350 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Avant de commencer, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, il y a un défaut d’impression et ce n’est pas celle du bon roman qui est imprimée, du moins sur mon exemplaire.
La steppe infinie raconte une partie de la vie de l’autrice : son quotidien pendant la seconde guerre mondiale. Esther et sa famille sont des juifs aisés de Wilno en Pologne (actuellement Vilnius en Lituanie). Quand la guerre est déclarée, la ville est envahie par les Russes. Un matin, toute la famille est emmenée. Ils sont alors envoyés non pas dans un ghetto ou dans un camps de concentration en tant que juifs mais en Sibérie en tant qu’opposants au communisme. Et si cette condamnation leur sauvait finalement la vie ? Ce roman autobiographique adapté aux jeunes lecteurs dès 11 ans montre un aspect peu connu de la seconde guerre mondiale. C’est un récit adapté au public cible tout en réussissant à ne pas cacher l’horreur de certaines situations. J’ai apprécié la façon dont c’était écrit et le déroulé de l’histoire qui prend une dimension insoupçonnée. On ne se contente pas de décrire la vie dans un camps et/ou une ville de Sibérie, ni de tourner tout le récit autour la seconde guerre mondiale. Si la vie quotidienne est décrite et la guerre reste présente, c’est avant tout un récit autour d’une enfant de 10 ans qui s’acclimate et grandit. Il y a un bel équilibre entre le contexte historique et géographique et la capacité d’adaptation d’un enfant avec toutes les problématiques qui priment quand on a une dizaine d’années. Tout en restant accessible, ce livre permet d’aborder beaucoup de choses très intéressantes en particulier les différences de réactions entre adultes et enfants face à une même situation. J’ai trouvé très bien traité l’aspect familial, la peur du changement et la capacité de résilience qui différent d’un personnage à l’autre. C’est une belle découverte qui aborde des thèmes peu mis en avant habituellement dans les récits autour de la seconde guerre mondiale.

Laehb a lu

Résumé : Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au coeur des Sudètes. Ingénieur à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’oeuvre de William Blake. Un matin, elle retrouve un de ses voisins mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C’est le début d’une longue série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouve des traces animales. La police enquête. Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie sur la question, tout le monde la prend pour une folle… Car comment imaginer qu’il puisse s’agir d’une vengeance des animaux ?

Roman de 288 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Je n’avais jamais lu cette autrice, et en toute honnêteté, je ne sais pas si je l’aurai découverte si elle n’avait pas été récompensée du Nobel de littérature.
Cette lecture a été une très bonne surprise. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais mais ce n’était pas à ça !
L’héroïne, ancienne ingénieure des ponts et chaussées a parcouru le monde et finit par s’établir dans un petit hameau éloigné, difficile d’accès dès que la neige apparaît. Il y a quelques maisons alentour mais la plupart sont fermées pour l’hiver, les propriétaires préférant la douce saison.
Lorsque un de ses voisins, braconnier notoire, célèbre pour sa cruauté, décède un petit os de biche coincé dans la gorge, elle y voit une vengeance des animaux de la forêt. Un simple retour des choses après tant de souffrances infligées.
Les morts brutales continuent, elle est persuadée du bien fondé de sa théorie, s’appuyant sur ses connaissances astrologiques et les thèmes astraux des victimes qu’elle aura calculés.
Vous imaginez bien l’accueil réservé à ces déductions. D’excentrique, elle passe à folle furieuse.
J’ai beaucoup aimé ce personnage. Elle est autant « barrée » qu’attachante et sa dévotion pour le règne animal émouvant.
Très belle découverte, très bonne lecture, je suis ravie de cet achat.

Maggy a lu

Résumé : Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil… Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin. À moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer… « On dévore ce polar polonais… Vous allez vous régaler avec cette histoire de thérapie collective qui dégénère. » Pascale Frey – ELLE « Un des livres les plus passionnants publiés l’année dernière et un portrait saisissant de la Pologne contemporaine. » Yann Plougastel – Le Monde Cet ouvrage a été finaliste du Grand Prix des lectrices de ELLE

Roman de 472 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

Alors qu’un groupe de personne avait participé à une thérapie de groupe, une « constellation familiale », dans la crypte d’un ancien monastère, l’un des patients du Dr Rudzki est retrouvé mort le lendemain matin, une broche à rôtir plantée dans l’œil. C’est Teodore Szacki, procureur à Varsovie, qui est chargé de l’enquête.

Le roman est découpé en journées, du 5 au 17 juin de l’année 2005; chacune d’entre elles est précédée des actualité et de la météo. Durant cette dizaine de jours, nous suivrons principalement le procureur Szacki, mari lassé, papa aimant mais trop souvent absent, fan de jeux vidéos, désargenté, fatigué de ses meubles Ikea dans son tout petit appartement, 35 ans et déjà les cheveux blancs, sur le fil de l’infidélité. Il deviendra un héros récurrent de l’auteur.

Au cœur de l’intrigue, l’étonnante thérapie de la « constellation familiale » développée par Hellinger au début des années 1990. Pour le néophyte, cette méthode qui s’appuie sur le principe du jeu de rôle semble relever de la supercherie. Pourtant, pour les initiés, elle porte ses fruits dans la résolution de conflits familiaux essentiellement. Notre procureur restera dubitatif, surtout qu’on touche presque au mysticisme, qui a peu de place dans la mémoire collective de la Pologne qui ressent toujours les stigmates des années communistes.


Parce qu’au-delà de l’enquête proprement parlée, c’est toute la Pologne, et plus précisément sa capitale, qui tisse la toile de fond du roman. Une Pologne toujours meurtrie par son passé, des Polonais qui doivent parfois continuer à craindre ce qui se cache dans les administrations corrompues, une Varsovie à l’architecture défigurée qui ne parvient pas à entrer dans la modernité.

Les impliqués est donc un roman intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que le polar polonais, ce n’est pas ce qui court nos rues occidentales (et celui-ci a quand même reçu le prix du meilleur de sa catégorie en son pays en 2008); ensuite parce qu’on ne connait rien ou pas grand chose de la machine judiciaire au pays de Jean-Paul II (dont la marque est encore bien présente puisqu’il n’est mort que quelques semaines avant le début de l’intrigue) et que les arcanes de la justice y semblent bien différentes de celles que l’on connait et enfin parce que l’auteur utilise l’histoire de son pays comme ingrédient de son enquête.

Bref, un auteur à découvrir.



Sally Rose a lu

Résumé : À Varsovie, au cœur de l’hiver, l’inspecteur Mortka est appelé sur le lieu d’un incendie. Dans les ruines fumantes, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui fraye parfois avec la mafia. Sa femme, Klaudia, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka aimerait croire à un accident, mais il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage. Il faudra toute la ténacité de Mortka pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson.     Un livre sombre et âpre, plein de mystères. Le polar polonais a désormais sa star.  Philippe Blanchet, Le Figaro.   Porté par une intrigue percutante et une galerie de personnages bien trempés, Pyromane tient ses promesses.  Estelle Lenartowicz, Lire. Traduit du polonais par Erik Veaux.

Roman de 448 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

C’est une ville de Varsovie sous la neige par des températures autour de 20 degrés en-dessous de zéro dans laquelle l’inspecteur Jakub Mortka poursuit un pyromane en série a priori doublé d’un meurtrier.
Alors qu’il vient de divorcer et vit en colocation avec des étudiants bruyants, il entame cette enquête dans un pays où les autorités doivent composer avec la pègre et où l’alcool réchauffe davantage que le bois.
Ce roman policier est de facture ultra classique et c’est ce qui fait son charme. Pas de globules inutiles, des petites cellules grises en action, un collègue alcoolique, un procureur pas sympa : tout ça est un peu caricatural mais ça se passe en Pologne ce qui apporte un certain dépaysement
À essayer

Friday Black de Nana Kwame Adjei-Brenyah

Chronique de Sally Rose

Voici un recueil de nouvelles qui, je pense, trouvera sa place dans la bibliographie « Black live matter ».
Le genre utilisé est celui de la dystopie, qui permet de grossir le trait jusqu’à l’absurde (en sommes-nous certains ?). C’est ainsi qu’un père de famille est relaxé pour légitime défense après avoir décapité en pleine rue cinq enfants noirs qui se trouvaient sur son chemin et qui lui ont donné le sentiment d’être en danger par leur simple présence.
Voilà pour la première nouvelle. Elles sont toutes aussi aberrantes et nous montrent combien le traitement de la société diffère selon que les personnages sont Blancs ou Noirs.
Mais l’auteur va plus loin. Il met en exergue la déshumanisation de la société de consommation, entraînant une grande confusion sur ce qui est essentiel, existentiel. La nouvelle Friday Black est en ce sens un vrai chef-d’œuvre.
Petit bémol : beaucoup de violence dans ces récits, heureusement que le format de nouvelles m’a permis de faire des pauses sans casser la trame.

#PicaboRiverBookClub

A propos du livre :

Résumé : Avec ce premier livre incroyablement inventif, Nana Kwame Adjei-Brenyah s’est imposé aux États-Unis comme une nouvelle voix explosive dans la lignée de Colson Whitehead et Marlon James. Entremêlant dystopie, satire et fantastique, et ses nouvelles donnent à voir avec une effarante lucidité la violence et la déshumanisation de notre monde.  Qu’il mette en scène le procès d’un Blanc accusé du meurtre effroyable de cinq enfants noirs (et qui sera acquitté), le parcours d’un jeune qui tente de faire diminuer son « degré de noirceur » pour décrocher un emploi, le quotidien d’un vendeur de centre commercial confronté à des clients devenus zombies, ou celui des employés d’un parc d’attractions faisant du racisme ordinaire une source de divertissement, AdjeiBrenyah le fait avec une maîtrise et une maturité stupéfiantes. On renferme ce livre hébété : si la fiction peut contribuer à bousculer les mentalités, alors Friday Black est une puissante arme littéraire.  « Une voix nécessaire. Un premier livre inoubliable. » Tommy Orange, auteur d’Ici n’est plus ici

Recueil de nouvelles de 272 pages – se le procurer

Avec cette lecture, je conseille le thé Magic Moon de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

La jeune fille au balcon de Leïla Sebbar

Chronique de Ranine

On passe d’une nouvelle à l’autre avec comme toile de fond la place des femmes en Algérie, les traditions, la volonté de sortir de ces traditions. Émouvant et percutant. 


Cette lecture valide :

La consigne n°1 du défi Si j’avais un marteau

A propos du livre :

Résumé : Alger, aujourd’hui. Que sait la jeune fille au balcon ? Que tout est interdit, dangereux, suspect… Elle rêve d’amour, mais ne quittera pas son refuge. Dehors, c’est l’heure de tous les dangers, imaginaires ou réels. En six nouvelles, Leïla Sebbar raconte les liens passionnels entre l’Algérie et la France, les conflits d’identité, les affrontements entre tradition et modernité.

Recueil de nouvelles de 148 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Ranine. J’adore les nouvelles ! A découvrir 🤗

JEUX LIT AVEC SALLY : Une autrice ou un auteur belge

C’était le thème du club de lecture du mois de juillet

Nous étions 4 à explorer le sujet

Laehb a lu

Résumé : Février 2052, un avion supposé infaillible s’écrase dans les Alpes, tuant Alice de Boisfort, la patronne d’une des plus grosses sociétés de robotique. Deux ans auparavant, Mark, son mari, équipe une androïde d’un programme criminel afin de s’emparer d’un marché juteux…Dans ce monde trop parfait, on ne craint plus vraiment la guerre ni le terrorisme et le travail est devenu optionnel depuis que la productivité et la prospérité sont assurées par de sages robots. Ces derniers se retrouvent d’ailleurs partout : dans les restaurants, les bars, les entreprises, même à la maison… Mais l’intelligence artificielle ne risque-t-elle pas de devenir trop forte pour l’homme ? A moins que ce ne soit l’homme qui reste définitivement trop faible… Il ne s’agit pas d’un roman sur les robots, c’est d’abord une aventure humaine faite d’émotions, de passions : on vit, souffre parfois ou intrigue, mais surtout on aime et s’amuse. Et les protagonistes sont pris, malgré eux, dans un engrenage machiavélique, victimes de leur génie, de leur fragilité ou encore, de leur part d’ombre…

Roman de 652 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Je lis très peu de science-fiction, je me lasse assez rapidement et je suis parfois perdue par tant d’ingénierie et cela m’empêche de me projeter dans le roman. L’exception qui confirme la règle?
Ici c’est pourtant bien de science-fiction dont il s’agit, nous sommes en 2050, les robots, androïdes et humanoïdes sont monnaie courante et remplacent peu à peu les humains dans les corvées ou basses besognes, leur comportement et qualifications sont régis par des lois strictes. Vous voyez où cela mène? Toute loi est un jour ou l’autre détournée, transgressée.
Et c’est parti pour un thriller truffé de complots, espionnage, contre espionnage, organisation secrète, réseau de résistance, très addictif. Je regrette toutefois des passages trop longs à mon goût et qui n’apportent pas grand chose ( routine domestique, description interminable de film bollywoodien, d’opéra ), j’aurai préféré à la place, passer plus de temps avec le réseau Hawking.
Un très bon premier roman, très prometteur, bravo Mme Aubry ! Je recommande cette lecture !

Maggy a lu

Résumé : « Il se passe bien des choses en cet hiver 1944 dans le bois du Renard, pas bien loin de Bastogne où le ciel joue une drôle de musique.
Maximilien, 12 ans, en compagnie de ses nouveaux amis Esther et Simon vont vivre une nuit de noël très particulière.
« Je n’en croyais pas mes yeux. Feu-Follet était là. Il grattait la neige.
J’en oubliai les soldats et sans geste inutile, je m’assis en tailleur au pied d’un sapin sans bouger un cil…
…il s’approcha, me renifla et peut-être attiré par ma chaleur, il vient se lover entre mes genoux…
Son pelage était doux comme les câlins de maman. »
« Dans le bois du Renard, là, au milieu des sapins, allait débuter un événement qui changerait ma vie. »

Roman de 202 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

« Maximilien, qui avait 12 ans la veille de Noël 1944 dans la région de Bastogne, raconte à ses petits enfants ce réveillon inattendu qu’il a vécu, en plein coeur de la bataille des Ardennes.
C’est parce qu’il faut que le devoir de mémoire lié à la Seconde Guerre mondiale soit un devoir de compréhension, de paix et d’amour et pas une mémoire de haine que Françoise Colant, enseignante, a décidé d’abord de rédiger une pièce de théâtre sur ce thème. Estimant que la leçon devait s’adresser à tous les élèves et pas qu’aux siens, elle en a fait un roman, publié en auto-édition.

C’est donc tous les bons sentiments qui se sont rencontrés cette veille de Noël 44 quand des soldats allemands et américains, ainsi que deux enfants juifs se sont retrouvés à fêter la Nativité dans une ferme nichée dans le bois du Renard. Si ces scènes angéliques n’ont sans doute pas été légion, il est fort probable que certains rapprochements entre ennemis se soient tout de même déroulés. On en retrouve une également décrite au Bastogne War Museum, dans la cave d’un bistrot bastognard.

Mes quatre grands-parents ont vécu la bataille des Ardennes. Si deux d’entre eux nous racontaient assez aisément ces années noires, n’éludant pas grand chose de la détresse quand des amis se sont fait fusillés à Noville, quand des Allemands ont réquisitionné la ferme familiale pour en faire un de leur quartier, les obligeant à leur préparer leur repas (dans lequel ils crachaient allègrement !); les deux autres se sont fait plus discrets. Mon grand-père paternel, fait prisonnier et déporté en Allemagne ne m’a jamais rien raconté. Il faut dire qu’il nous a quitté quand j’avais 12 ans; je n’ai pas eu le temps de lui poser des questions.
Et finalement, j’ai retrouvé un peu de leurs souvenirs maintenant qu’ils sont tous partis vers d’autres cieux dans le récit de Françoise Colant, même si rien d’aussi joli que son roman ne semble leur être arrivé.

L’autrice a, je pense, atteint son but en rédigeant ce roman prônant l’humanisme, l’amour et le pardon. Parce qu’à notre époque, il n’est plus temps de ressasser et si on veut que le « plus jamais ça » soit une réalité, il faut commencer par expliquer, les bons comme les mauvais côtés. Et il faut faire comprendre que les soldats ne sont après tout que des hommes; que, quel que soit leur « camp », ils n’ont fait que ce que leur gouvernement leur a demandé, avec plus ou moins de motivation.

Le roman est rédigé avec un vocabulaire assez riche bien qu’il s’adresse à des enfants; c’était nécessaire. L’autrice n’a donc pas oublié de déposer quelques définitions en bas de page et conseille au jeune lecteur, avant la lecture, d’avoir un dictionnaire sous la main. Si les enfants n’auront pas une vue claire de ce qu’a pu être la guerre dans nos contrées, ils auront en tout cas matière à réflexion sur la différence de culture et de religion et sur la capacité de l’homme de passer outre ces différences pour vivre la fraternité et l’amitié. Aux adultes que nous sommes de compléter leur lecture en leur expliquant le contexte.

Der Krieg, nie Wieder
The War, never again
La guerre, plus jamais ça
« 

Priscilla a lu

Résumé : Quatre auteurs vous livrent des récits décalés, mélange d’émotion et d’humour, autour d’un fil conducteur, « la lecture », qui s’invite comme un personnage à part entière. Alice, cadre en ressources humaines, licenciée brutalement, se prend une cuite mémorable et enchaîne les péripéties et les rencontres. Maya et Jasmine, deux soeurs, tentent de convaincre leur père âgé de quitter la demeure familiale et ses souvenirs, pour une maison de retraite. Florence, célibataire déçue par ses histoires d’amour, vit chaque soir sa vie dans les livres, jusqu’au jour où l’un des personnages devient plus vrai que nature. A la Bibliothèque, Simon, étudiant, tombe sous le charme d’une mystérieuse lectrice qui modifie à jamais le cours de sa vie. La lecture sera-t-elle une réponse à leurs interrogations ?

Recueil de nouvelles de 220 pages – se le procurer

La chronique de Priscilla

Quatre auteurs. Quatre nouvelles. Un même fil conducteur: la lecture.
Une lecture rafraîchissante où le style de chaque auteur offre une diversité intéressante !
Connaissant ces auteurs par le biais d’un groupe de lecteurs sur Facebook ( où ils sont tous très abordables et accessibles, ce qui est assez rare pour être souligné ! ) je me suis beaucoup amusée à y retrouver pleins de clins d’œil au groupe et à ses membres.
J’avais déjà eu le bonheur de lire le roman et le recueil de poésie écrits par Dominique Van Cotthem et pour lesquels j’avais eu de gros coups de coeur. Sa plume et sa sensibilité me touchent particulièrement. Ici je la découvre dans un autre genre, et cette facette m’a bien plu également. Je suis admirative des auteurs capables de s’essayer – et de réussir – dans différents styles.
S’il fallait dire laquelle de ces histoires j’ai préféré je placerai sur la plus haute marche du podium la nouvelle d’Emilie Riger. Son récit est à la fois drôle, beau et complètement dans l’air du temps ! Ça m’a d’ailleurs donné envie de découvrir sa bibliographie 🙂

Sally Rose a lu

Résumé : À 18 ans, Alice est à l’âge des premiers « Je t’aime ». Pendant que Simon, son père, prend lui un nouveau départ : il vient de rencontrer Maude. Entre Alice et la nouvelle compagne de son père, les relations sont distantes, un statu quo de famille recomposée. Aussi lorsque Maude surprend l’adolescente à fumer du cannabis dans sa chambre, accepte-t-elle, devant ses supplications, de ne rien dire à Simon. Une innocente cachotterie qui provoquera, six mois plus tard, une immense tragédie… Il n’y a pas de petit mensonge. Et rien n’est plus proche de l’amour que la haine…

Roman de 496 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Maude et Simon forment une famille recomposée comme il en existe tant. Chacun gère sa tribu en ménageant les sentiments de l’autre avec pour objectif de faire tenir le couple avec les enfants et souvent malgré eux.

Le propos de l’auteur est de montrer que la force d’un amour (pour son conjoint ou pour son enfant) peut être ravageuse, entraînant les protagonistes aux confins les plus sombres de la haine.

Sur la base d’une histoire simple, de ce qui pourrait être un fait divers, l’auteur nous entraîne dans les méandres des émotions et sentiments contradictoires de quatre femmes dont le destin va devenir commun.

La construction de ce roman est excellente. Tout d’abord un prologue général sur le thème de l’Amour puis un état des lieux des personnages : tout est en place, l’histoire peut commencer. A la fois, polar et thriller, ce roman fait la part belle aux descriptions psychologiques que j’ai trouvées très justes lorsqu’elles évoquent des situations que j’ai pu connaître. Bien sûr, cela m’a donné une grande confiance sur la crédibilité du reste.

La tension monte tranquillement et le dénouement ne fait que renforcer la démonstration, même s’il est plus ou moins attendu.

Première lecture de cette auteure, ce roman me donne envie de découvrir ses autres titres.

13 à table ! (Edition 2014)

Chronique de Priscilla

Je devais être une des rares à n’avoir encore jamais lu de « 13 à table ». 
Je crois bien que celui-ci est la première édition. 2014…Il était temps de s’y mettre 😁

Je ne suis pas fan des nouvelles de manière générale mais ici ça m’a bien plu !
A des degrés divers selon les auteurs et les histoires, mais dans l’ensemble j’ai tout apprécié. Ça se lit très vite et ça détend. 

 



  


Cette lecture valide :

La lettre R du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : 13 des plus grands auteurs français actuels pour 13 nouvelles autour d’un thème commun : un repas.
Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues… Du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, à chacun sa recette.
13 repas à déguster sans modération, alors à table !

Recueil de nouvelles de 273 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Priscilla. Ces recueils sont souvent inégaux mais ont le mérite d’être publiés pour la bonne cause. Alors achetons-les et les lisons-les ! 😍

Francis Rissin de Martin Mongin

Chronique de AMR

Francis Rissin est le premier roman de Martin Mongin et il fait, à ce titre, partie de la sélection des 68 premières Fois. C’est un pavé de plus de six cents pages et je sais que certain(e)s des membres de notre groupe ont choisi de ne pas le lire, par manque de temps à lui consacrer…
Personnellement, les briques et parpaings littéraires ne me font généralement pas peur ; de plus, j’ai souvent déploré la brièveté de certains récits publiés sous l’étiquette « roman » alors qu’ils ne comptaient guère plus d’une centaine de pages… Pourquoi je vous raconte tout ça, délayant mon introduction ? Parce que je ne sais pas trop comment construire ma chronique, parce que j’ai trop monopolisé ce livre voyageur et qu’il faut bien que j’en parle avant de le renvoyer, tel une patate chaude, vers d’autres yeux…
 
Francis Rissin est ma dixième lecture des livres sélectionnés par les 68 pour cette rentrée littéraire…
J’ai eu beaucoup de mal à venir à bout de ce livre, au demeurant bien écrit, intrigant…
Comment le définir ? Je dirais que c’est une variation sur le même thème, une déclinaison de récits et de ressentis autour du personnage éponyme, l’énigmatique Francis Rissin. J’y ai lu une illustration digressive de notre société, une peinture poussée à l’extrême de nos dérives, un miroir diffractant, un puzzle à reconstituer…
Je note une progression dans la succession des onze nouvelles qui composent ce livre ; je salue les changements de registre et de style entre le factuel, le fantastique, le journal intime, la polyphonie narrative…
Mais je me suis ennuyée, j’ai sauté des passages, puis des pages… J’ai délaissé ce livre au motif avoué que je le laissais reposer mais, en fait, des lectures plus attractives et choisies, elles, me tentaient davantage.
 
Francis Rissin et moi, cela n’a pas marché ; je vous jure, j’ai essayé, pris sur moi, etc….
Même pas une déception car je n’avais pas d’horizon d’attente…
Pas du temps perdu non plus, parce que ce n’était pas inintéressant…
L’impression d’avoir été un peu punie, mais de quoi ?


Cette lecture valide :

La consigne n°35 du défi Les déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : De mystérieuses affiches bleues apparaissent dans les villes de France, seulement ornées d’un nom en capitales blanches : FRANCIS RISSIN. Qui est-il ? Comment ces affiches sont-elles arrivées là ? La presse s’interroge, la police enquête, la population s’emballe. Et si Francis Rissin s’apprêtait à prendre le pouvoir, et à devenir le Président qui sauvera la France ? Pour son premier roman, Martin Mongin signe un livre vertigineux. Un roman composé de onze récits enlevés, onze voix qui lorgnent tour à tour vers le roman policier, le fantastique, le journal intime ou encore le thriller politique, au fil d’une enquête paranoïaque sur l’insaisissable Francis Rissin. Avec une maîtrise rare, Martin Mongin tisse sa toile comme un piège qui se referme sur le lecteur, au cœur de cette zone floue où réalité et fiction s’entremêlent. Autant marqué par l’art de Lovecraft, de Borges ou de Bolaño que par la pensée de La Boétie ou d’Alain Badiou, Francis Rissin est un premier roman inventif et inattendu, au propos profondément politique.

Recueil de nouvelles de 500 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Il est des rencontres qui n’ont pas lieu 😏

JEUX LIT AVEC SALLY : Une autrice

C’était le thème du club de lecture du mois de mars

Nous étions huit à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Inspiré d’un fait divers survenu en 1856, Beloved exhume l’horreur et la folie d’un passé douloureux. Ancienne esclave, Sethe a tué l’enfant qu’elle chérissait au nom de l’amour et de la liberté, pour qu’elle échappe à un destin de servitude. Quelques années plus tard, le fantôme de Beloved, la petite fille disparue, revient douloureusement hanter sa mère coupable. Loin de tous les clichés, Toni Morrison ranime la mémoire et transcende la douleur des opprimés. Prix Pulitzer en 1988, Beloved est un grand roman violent et bouleversant. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hortense Chabrier et Sylviane Rué

Roman de 379 pages – se le procurer

Chronique de Amélie

Existe-t-il une bonne manière d’aimer inconditionnellement ? Existe-t-il une manière d’être libre réellement?

Au 124, Bluestone Road on s’y emploie de tout son être. Les réminiscences de l’esclavage sont chevillées au corps et le fantôme du passé prompt à en assurer la vivacité.
Les voisins ne passent plus, les garçons sont partis, le chien est terrorisé et le fantôme d’un bébé mort prend de plus en plus de place.

Quand les temps anciens s’invitent, les souvenirs rejaillissent par bribes éparses. Le puzzle d’une époque révolue et pourtant impossible à oublier se reconstitue comme un joyau à l’éclat bouleversant.

Sur le fil ténu qui sépare le fantastique de la folie, Toni Morrison se fait envoûtante. Elle laisse percevoir le fredonnement choral de la souffrance de ces vies brisées qui tentent de trouver la paix.  

Béatrice a lu

Résumé : Les Denbe semblaient sortir des pages des magazines glamours  : un mariage modèle, une belle situation, une ravissante fille de quinze ans, une demeure somptueuse dans la banlieue chic de Boston… Une vie de rêve. Jusqu’au jour où ils disparaissent tous les trois. Pas d’effraction, pas de témoin, pas de motifs, pas de demande de rançon. Juste quelques traces de pas et des débris de cartouches de Taser sur le sol de leur maison. Pour la détective privée Tessa Leoni, l’enlèvement ne fait aucun doute. Mais que pouvait donc bien cacher une existence en apparence aussi lisse  ? Numéro un sur la liste des best-sellers du New York Times pendant plusieurs mois, ce thriller inquiétant de Lisa Gardner nous plonge dans l’intimité troublante d’une famille au-dessus de tout soupçon.   Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Deniard

Roman de 576 pages – se le procurer

Chronique de Béa

À l’heure où les réseaux sociaux (et surtout Instagram soyons honnêtes) ont un impact assez discutable et négatif sur les jeunes (et moins jeunes), et leur font éprouver un sentiment de mal-être par rapport à certains contenus, sur la vie « idéale » des autres, j’ai trouvé ce livre complètement d’actualité. 
Une famille où en apparence tout va bien, tout est (trop) beau, aucun nuage à l’horizon, argent, boulot, succès. Une famille que tout le monde envie. Mais voilà, quand on gratte un peu, bien cachées en dessous, il y a les failles. Les blessures et les secrets. Une vie pas si idéale que ça en fin de compte.
L’intrigue commence très rapidement, après seulement quelques pages, avec l’enlèvement de la famille Denbe.
Le suspense quant à cet enlèvement (assez violent on va se le dire) est de courte durée parce que les ravisseurs annoncent la couleur sur l’endroit où ils sont séquestrés.
Au fil de l’enquête, on découvre des personnages hauts en couleurs, d’apparence sincère et sans histoires mais qui renferment de nombreux secrets.
Je ne connaissais pas Lisa Gardner et je compte bien me rattraper prochainement😉 . Elle tient son lecteur en haleine jusqu’au bout, vraiment. 
On entre aussi au coeur des guéguerres entre services de police (c’est mon affaire, non c’est la mienne, je te dis que non bla bla bla bref).
Une super lecture qui se lit très facilement. Au fur et à mesure des pages on a vraiment envie de connaître le fin mot de cette histoire et croyez-moi on n’est pas déçu.

Kadeline a lu

Résumé : «En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ? De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

Roman de 704 pages – se le procurer

Chronique de Kadeline

Une très belle découverte
Dans Americanah, on suit une héroïne et son amour d’enfance de leur enfance au Nigéria en passant par la découverte du pays où ils s’expatrient pour finir par leur retour au pays.
Pendant cette lecture, on voit bien toutes les difficultés subies sans apitoiement. Toutes les problématiques auxquelles notre héroïne va être confrontée, auxquelles on ne pense pas quand on n’est pas noire ni immigrée.
J’ai apprécié voir à quel point il existe une différence de comportement selon que l’on a affaire à un noir américain ou à un nigérian mais le plus intéressant est de voir tous les questionnements qui apparaissent. Comment rester soi-même tout en réussissant à faire illusion pour ne pas être identifié comme immigré ? Comment gérer le décalage entre la fierté d’être soi et le besoin/l’envie de s’intégrer ? Comment s’intégrer sans renier ses origines ?…
Une fois tous les questionnements et réflexions autour de la vie d’immigré abordés, on part sur ceux liés au retour au pays. C’est très intéressant de voir aborder le décalage que l’on subit au retour, ce sentiment d’être perdu, de ne pas reconnaître son pays… Tout tourne autour de la prise de conscience de l’écart entre soi et ceux qui ne sont pas partis. Sa famille et ses amis ont vécu des épreuves différentes ce qui entraîne une évolution différente. A cela s’ajoute les préjugés qui sont collés sur la personne qui revient. Cette lecture était passionnante, elle met en avant tout un tas de choses dont on n’a pas consciences si on n’est pas concerné et surtout de la place qu’elles peuvent prendre dans le quotidien. Ayant une mémoire plus visuelle qu’auditive, je suis surement passée à côté de plein de choses en choisissant le format audio pour cette lecture mais malgré cela elle était géniale.

Laehb a lu

Résumé : Claire DeWitt, la meilleure détective privée du monde, se réveille dans une ambulance à Oakland en Californie : quelqu’un vient d’essayer de l’assassiner. Mais elle n’est pas morte. Pas encore. Se méfiant de la police, Claire suit les indices à travers la scintillante Las Vegas et ses faubourgs désertiques afin de découvrir qui veut sa peau. Pour survivre, Claire va devoir naviguer dans le présent mais aussi revisiter son passé compliqué  ; entre rivalités de détectives, amitiés perdues et mystères généralement – mais pas toujours – résolus. Trois récits entremêlés éclairent trois époques de la vie de Claire : son adolescence de jeune détective ambitieuse à Brooklyn, qui s’est achevée avec la disparition de sa meilleure amie ; une enquête sur la mort inexpliquée d’un artiste à Los Angeles à la fin des années 1990 lorsque Claire, dévastée par le décès de son mentor, a dû tout recommencer ; et enfin, ses recherches actuelles face à un tueur déterminé. Lorsque le lien entre les trois récits se précise, la vérité se fait jour. Mais Claire n’abandonnera jamais sa quête de la réponse au plus grand mystère de tous : comment survivre dans ce monde manifestement conçu pour nous briser le cœur ? Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Breton « Un univers étrange et onirique où les mystères, affublés de noms poétiques, sont légion. Claire Dewitt ou la plus attachante détective du monde.  » L’Obs

Roman de 288 pages – se le procurer

Chronique de Laehb

Claire DeWitt est victime d’une tentative de meurtre, et en tant que détective privée ( la meilleure du monde, rien que ça ), elle est bien placée pour enquêter et coincer le coupable. Les indices la  conduisent à Las Vegas et pour démêler cette nouvelle énigme, elle revient sur des vieilles affaires des années 80 et 90.
Il ne faut pas perdre le fil car ces bonds dans le temps peuvent parfois être déstabilisants mais j’adore ce style de récits enchâssés de flash back et de digressions. Moins la chronologie est linéaire, plus on se perd et plus je me régale à ramasser des bribes d’indices et d’explications.

Maggy a lu

Résumé : Sur fond de luttes politiques et militaires, le portrait d’une femme moderne et déterminée, qui n’hésite pas à faire valser les traditions pour défendre corps et âme la cause en laquelle elle croit. Considéré comme l’un des textes les plus importants sur le mouvement des suffragettes, un éclairage historique précieux sur une époque à feu et à sang. De 1909 à 1918-1918, Londres. Ursula Winfield, la belle, la brillante, la délicate, fait partie de la upper class londonienne. Elle vit dans une sublime demeure de Kensington avec sa mère et son beau-père, le colonel Hibert. Et la jeune femme n’a qu’une idée en tête : faire de la chimie ! A longueur de journée, elle s’enferme dans son laboratoire, au grenier, et s’adonne aux expériences les plus farfelues. C’est décidé, scientifique elle sera. Jusqu’à ce qu’elle croise la route des suffragettes. Une lutte acharnée démarre pour la nouvelle recrue, qui n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour défendre sa cause. Mais, au loin, les tensions politiques grondent et la guerre est imminente. Ursula pourrait bien être prise dans un autre combat.

Roman de 455 pages – se le procurer

Chronique de Maggy


Ursula Winfield, jeune fille de bonne famille, ne mène pas la vie habituelle des jeunes femmes bien nées. Passionnée par les sciences, elle passe ses journées enfermée dans son laboratoire afin de mener à bien ses expériences. En tant que femme, elle s’aperçoit bien vite que ses chances de percer dans ce milieu masculin sont maigres. D’abord opposée au mouvement des suffragettes et à leur militantisme, peu à peu, elle découvrira que le combat pour le droit de vote des femmes est essentiel. Pour que les femmes puissent un jour être considérées comme les égales des hommes, pour que les femmes puissent sortir de leurs cuisines, pour que les femmes scientifiques comme elle puissent être prises au sérieux, pour leur liberté, tout simplement.
Si le roman a été publié en 1924 en Angleterre, il restait inédit jusqu’à présent en français. La traduction étant récente, il est fort probable que ceci contribue à la modernité de style qui permet une lecture très facile.
Edith Ayrton Zangwill s’est inspirée de sa belle-mère, scientifique et femme moderne du début du 20e siècle pour créer Ursula. Parce que l’autrice a fréquenté une femme qui se battait pour l’égalité avec les hommes, qui osait se prendre en mains et faire fi de certaines conventions, il a semble-t-il été naturel pour elle de rédiger un roman féministe dans les années 20.

Bien entendu, nous y retrouvons le combat des suffragettes mais nous entrons aussi dans l’univers très fermé des scientifiques. Univers dont les femmes sont également exclues à l’époque, quelle que soit leur apport à faire progresser la science. La belle-mère de l’autrice, Hertha Ayrton, avait elle-même inventé un ventilateur destiné à dissiper les gaz dans les tranchées et il lui a fallu beaucoup d’énergie et de courage pour combattre l’incompréhension et la résistance du corps (masculin) scientifique pour qu’enfin l’on distribue des centaines de ces « ventilateurs » aux troupes britanniques, sauvant ainsi des milliers de vies.

Le féminisme qui transparaît à travers tout l’ouvrage, y compris à travers l’inévitable histoire d’amour qui y est intégrée, reste d’actualité sur le fond. Forte tête est assurément un roman d’une modernité certaine, même s’il a été écrit il y a presque un siècle
. »

Priscilla a lu

Résumé : C’est en accompagnant son meilleur ami sur la tombe de sa mère assassinée il y a tout juste un an, que Christelle remarque une étrange inscription : « OO14-DEBUT DE JEU ». Le même jour, le corps d’un étudiant est découvert, un code gravé dans la chair : « 02F01 ». Et c’est au tour de l’une des policières chargées de l’enquête d’en recevoir un dans son courrier : « 02F01 : le deux cherche les uns à travers l’origine. Affaibli. Disparu. Mort ? Le jeu a commencé, que le meilleur gagne, Joy ! ». Puis Christelle par SMS : « Bienvenue dans le jeu. Règle n°1 : ceux qui rentrent dans la partie ne peuvent pas la quitter avant la fin ». Qui se cache derrière ce jeu ? Quelles en sont les règles ? Et surtout, qui en réchappera ?

Roman de 408 pages – se le procurer

Chronique de Priscilla

Euh…la fin de ce livre est démente.
Non. En fait c’est TOUT le livre, des premières aux dernières lignes, qui est juste dingue !

C’est clairement un des meilleurs thriller que j’ai eu l’occasion de lire. J’en ai pourtant lu quelques uns mais alors là c’est une vraie pépite…

Angélina Delcroix réussi avec brio à capter notre attention et à la garder. Une plume incroyable qui sait rester légère même pour décrire pléthore d’horreurs et de supplices.
Un régal.

Et alors ce scénario est oufissime…. J’ai gardé les mâchoires serrées et les poings crispés tout du long.
L’intrigue est hyper recherchée et sort vraiment des sentiers battus. 
Je suis scotchée.

Conclusion: WAOUH 

À lire absolument !

Ptitmousse a lu

Résumé : Retrouvez la plume d’Aurélie Wellenstein dans un roman écologique, glaçant et puissant ! Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts.
Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme.
Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Roman de 363 pages – Se le procurer

Chronique de Ptitmousse

Des marées fantômes, des spectres, des exorcistes… le grand saut pour moi, et, a priori, pas du tout mon genre de prédilection. Et c’est bien la raison pour laquelle je crois que je vais avoir pour toujours une tendresse particulière pour ce roman ; il sera celui qui m’a ouvert la porte d’un nouveau monde ! Déjà, c’est très visuel ; j’ai tout de suite imaginé un film de ce livre. Niveau style, l’écriture est propre (certains diraient trop) et très aisée. Après, on sent quand même qu’on est dans de la littérature pour adolescent.e.s. Les personnages sont tous attachants. On part bien dès le début avec Sélène (prénom que j’aime beaucoup) et son histoire d’amour caché. Ensuite, j’ai aimé que des ennemis a priori aient besoin de s’apprivoiser pour finalement former une sorte de famille, du moins un clan. J’ai aimé qu’ils appellent Oural « petit prince » ; j’y ai vu, contrairement à Oural lui-même, de la bienveillance. Peut-on parler de ce livre sans évoquer qu’il est fort marqué écologie, drame du réchauffement climatique, cruauté des humains envers les animaux. Les rêves d’Oural, en particulier, étaient terrifiants. Après, pour le détail, je suis une scientifique, j’aime ce qui est carré, je connais un peu Lavoisier, « Rien de ne perd, rien ne se crée… », toussa, toussa… Et du coup… elle est où l’eau alors s’il n’y en a plus sur Terre ? Cela mis à part, je suis vraiment ravie de cette lecture !

Sally Rose a lu

Résumé : Après un demi-siècle d’existence, les femmes des histoires de Bulbul Sharma découvrent avec stupeur que la vie n’est pas telle qu’elles l’avaient toujours imaginée. Passant de la révélation à la rébellion, elles vont apprendre à écouter leurs désirs, s’ouvrir au monde extérieur et à leur monde intérieur, et s’épanouir enfin. Pour Bulbul Sharma, à cinquante ans, la vie ne fait que commencer. Ecoutons-la nous en convaincre avec une tendresse et un humour délicieux.

Recueil de nouvelles de 250 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Savoureux recueil de nouvelles qui mettent en scène des femmes indiennes de la classe supérieure. Elles se sont toutes conformées à leur éducation, ont toujours respecté les contraintes du rôle social et familial attribué du fait de leur sexe.
La cinquantaine arrivant, elles vont découvrir que la vie a bien plus que ça à leur offrir.
Ces femmes forment un patchwork qui dessine le portrait de la femme indienne victime d’une très forte discrimination basée sur son genre. Pour autant, la plume est légère et joyeuse, dénonçant avec ferveur mais aussi tendresse ces maris et ces belles-mères qui martyrisent consciencieusement les jeunes femmes au nom de la tradition.

Amun

Chronique de Amélie

Comme vous le savez, la culture amérindienne est basée sur la transmission orale : cet ouvrage l’illustre parfaitement. En l’ouvrant vous entendrez 10 voix singulières. Certaines s’ouvriront à vous sur le ton de la confidence au travers d’un journal ou de lettres, d’autres auront la saveur d’un conte raconté au coin d’un feu hivernal, ou peut-être aurez-vous l’impression que votre copine québécoise vous déballe son coeur et ses tripes au téléphone (le rendu auditif à la lecture est assez exceptionnel dans certaines et l’éditeur a eu le bon goût de ne rien modifier dans l’édition française).
Une pluralité de tons, donc, qui donne à penser de manières différentes l’héritage des premières nations. Tradition et modernité, métissage, nomadisme ou vie citadine, adoption, crise identitaire et communauté, racisme, statut, de nombreux thèmes sont abordés dans un tissu d’histoires qui ne se rejoignent que par leur extrême sensibilité à l’autre, à soi, aux croyances et à la nature. Un instinct de la chair traduit en mots. Car ce que vous murmurent ou vous crient toutes ces voix c’est qu’elles existent de toutes leurs forces, qu’elles écoutent avec acuité et qu’elles observent le monde d’un oeil aiguisé, le ressentent pour mieux s’en faire l’écho.»


Cette lecture valide :

La consigne n°56 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé :Au-delà de leur origine innue, huronne-wendate, métisse ou crie, les dix auteur·e·s francophones de ce recueil, dirigé par le journaliste et écrivain Michel Jean, ont en commun la même volonté : se réunir – amun, en langue innue, signifie « rassemblement » – pour qu’on accède, le temps d’une nouvelle, à des mondes inconnus de la plupart d’entre nous. Quel que soit le chemin fictionnel emprunté, ces nouvelles sont la preuve que les cultures autochtones sont bel et bien vivantes, malgré les offenses qu’elles ont subies – et subissent encore. Sur la plage de sable clair se distingue toujours nettement la poignée de terre rouge.

Recueil de nouvelles de 165 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. Ce recueil semble passionnant 🤗

Honorine de Honoré De Balzac

Chronique de AMR

 
Encore une fois, ma lecture dans l’ordre et in extenso de La Comédie humaine me fait découvrir un livre peu connu d’Honoré de Balzac… Entre longue nouvelle et court roman, Honorine est l’histoire d’une femme adultère que son mari n’a jamais cessé d’aimer et le récit d’une vaste entreprise visant à la ramener au domicile conjugal.
 
Balzac renoue ici avec le récit fait par l’un des personnages d’événements passés dont la relation tend à soutenir une thèse défendue entre gens du monde : « en parlant littérature, on parla de l’éternel fonds de boutique de la république des lettres : la faute de la femme ! Et l’on se trouva bientôt en présence de deux opinions : qui, de la femme ou de l’homme, avait tort dans la faute de la femme ? »…
Le Consul général de France à Gênes, Maurice de l’Hostal , reçoit quelques hôtes de marque et se met en devoir de leur raconter un épisode de sa vie qui a marqué sa jeunesse… Le comte Octave de Bauvan a été quitté par sa femme, Honorine, pour un amant avec lequel elle a brièvement connu la passion et la volupté et dont elle a eu un enfant. Abandonnée à son tour, son enfant décédé, elle vit en recluse dans une maison modeste et gagne sa vie en fabriquant des fleurs artificielles, sans savoir que son mari qui lui a pardonné et qui reste profondément amoureux d’elle, n’a cessé de tout organiser dans l’ombre pour lui faciliter la vie. 
L’essentiel de la nouvelle va être consacré au récit du stratagème imaginé par le mari avec l’aide de son jeune secrétaire, Maurice de l’Hostal, pour déjouer l’hostilité de sa femme à son égard et favoriser leur réconciliation.
Si l’ensemble fonctionne plutôt bien, Maurice va devoir s’éloigner définitivement en se lançant dans la carrière diplomatique et en épousant une riche héritière, car il a entre temps succombé au charme d’Honorine… Il n’est pas anodin qu’il demande à son épouse, étrangement prénommée Onorina, d’aller voir leurs enfants, le temps de son récit…
 
Dans ce livre, Balzac met à l’honneur le point de vue féminin, entre son héroïne principale dont l’histoire nous est contée, et les trois femmes présentes, l’ambassadrice, la consulesse et Camille Maupin. Ces femmes censées naturellement être irréprochables, se révèlent impitoyables pour les femmes. L’épouse du narrateur a été éloignée durant son récit mais tout porte à croire qu’elle l’a entendu…
 Honorine devient un personnage tragique partagée entre la passion et l’honneur. L’auteur n’hésite pas à donner des détails sur l’aventure qu’elle a vécue avec son amant, sa découverte de la sensualité et de la volupté, sur la maladresse de son mari qui n’a pas su s’y prendre avec elle ; puis le sens de l’honneur reprend le dessus, provoquant d’abord sa réclusion volontaire puis son retour au foyer conjugal. Elle provoque aussi a pitié de Maurice et de ceux qui la côtoient et se fait horreur à elle-même… Tous les moteurs de la tragédie, au sens classique, nous sont donc donnés à lire. Si Camille Maupin la qualifie de « grande âme », c’est qu’elle lui accorde un caractère sublime, accentué par son rapport avec les fleurs et la vie recluse.
J’ai également trouvé intéressant le mea culpa du mari, qui se rend bien compte qu’il a quelque chose à se reprocher vis à vis de sa jeune épouse, à une époque où nombre de mariages étaient arrangés : « j’ai compris que j’avais fait de ma femme une poésie dont je jouissais avec tant d’ivresse que je croyais mon ivresse partagée. Ah ! […] un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme ! J’avais probablement laissé sans emploi les forces de cette enfant, chérie comme une enfant ; je l’ai peut-être fatiguée de mon amour avant que l’heure de l’amour eût sonné pour elle ! ». De même, les hommes invités donnent l’impression qu’ils essayent de prouver qu’il peut rester des vertus à une femme après sa faute.

Honorine est un chant d’amour désespéré « qui procède de la tête, du coeur et des sens ». Malgré les bonnes dispositions du mari trompé, le repentir de l’épouse coupable, l’amitié sans faille et la loyauté du secrétaire… le dénouement (que je ne dévoilerai pas) sonne comme un glas ; heureusement, Balzac a laissé Camille Maupin, connue également sous le nom de Melle des Touches, conclure et la pensée de cette femme libre déjà rencontrée dans Béatrix recadre le débat dans les limites de la vie décrite dans les Scènes de la vie privée, hors de toutes dérives moralisatrices….
Encore une fois, une belle surprise. Je ne le redirai jamais assez : lisons, relisons Balzac.

Cette lecture valide :

La consigne n°14 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Maurice de l’Hostal, ancien secrétaire du comte Octave, raconte, des années plus tard, l’histoire du comte et de sa femme, Honorine. Celle-ci a abandonné son mari pour un amant, qui la quitte à son tour. Elle refuse de rentrer au domicile conjugal, et Octave, lui ayant pardonné, s’ingénie à lui rendre la vie plus facile, payant, par exemple, pour qu’elle ait l’impression de vivre grâce aux fleurs artificielles qu’elle fabrique. Le comte fait emménager son secrétaire dans la maison attenante, afin qu’il se lie avec sa femme et qu’il la convainque de revenir.

Nouvelle de 88 pages – se la procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. A découvrir 😊