JEUX LIT AVEC SALLY : La littérature québécoise

C’était le thème du club de lecture du mois d’août. Nous étions trois à explorer la littérature sur le sujet

Kadeline a lu

Résumé : Enfant, Sax devait être sacrifié pour protéger le passage entre son monde et un autre. Sauvé de la mort par une sorcière, il devient le pirate le plus recherché des mers d’Alstrass. Mais l’ampleur de ses pillages et la renommée qui l’accompagne ne suffisent pas à lui faire oublier son désir de vengeance. Pour l’assouvir, il dissimulera sept trésors et créera sa propre légende. Près de trois siècles après la mort du pirate, en dépit d’une carte accessible à tous, les butins narguent toujours les chasseurs de trésors. Ils ne peuvent être retrouvés qu’avec l’aide de Kaléïdes. Ces humains nés hybrides ont le don de contrôler certaines espèces animales. Et ces êtres sont tout aussi rares que convoités. Élevé loin de la civilisation, Maksim croit pourtant tout connaître des humains comme des hybrides. Téméraire, il n’a peur de rien et rêve de sillonner les mers à la recherche des trésors de Sax. Il est convaincu de réussir là où tous ont échoué. Tiss, quant à elle, craint sa propre mort, mais est fascinée par celle des autres. Elle vit en permanence avec, lovée dans son cou, une salamandre dressée pour tuer. Tous deux Kaléïdes, ils ont grandi sur des îles distinctes du vaste archipel d’Alstrass, ne se sont jamais rencontrés et ignorent tout de leur existence mutuelle. Jusqu’à ce que Grévec, pirate obnubilé par la légende de Sax et capitaine de L’Hydre, débarque dans leurs vies Série en 4 volumes.

Roman de 466 pages – se le procurer

Chronique de Kadeline

Une belle découverte, dommage que ça ne soit pas aussi édité chez un éditeur français car cet éditeur québécois est compliqué à trouver en France. 
Avant d’aller plus loin je tiens à mettre un avertissement sur la présence de scènes difficiles contenant violence, esclavage, maltraitance poussée et viol.
La quatrième de couverture de sang de pirate est en deux parties qui annoncent le fait que cette histoire prend le parti de nous fournir le contexte détaillé (univers, fonctionnement et Histoire) sur lequel repose la narration avant de commencer l’aventure en tant que telle. J’ai aimé qu’on prenne le temps de poser cet univers sur une centaine de pages car il est vraiment bien trouvé. Dans ce monde, cohabitent 10 races d’êtres hybrides issues de différentes mythologies (sirènes, centaures…). Chaque communauté vit isolée mais possède des représentants au conseil pour les décisions globales. Mais ce monde risque de disparaître car quand une communauté se reproduit entre hybrides du même type les naissances sont très majoritairement genrées. On se retrouve ainsi avec 7 communautés de femmes et 3 d’hommes. Il devient nécessaire d’aller capturer des humains pour la survie de chaque espèce. 
De ces croisements naissent deux ordres qui se doivent de rester féminins : des sorcières et des personnages qui communiquent avec une espèce animale. 
La majorité des sociétés étant féminines, on a un système politique inversé qui est très bien traité. On a tout le spectre d’avis entre traditions, avis majoritaires et envie d’égalité.  La tradition veut qu’on sacrifie les hommes qui ont un pouvoir sur les animaux mais il y en a un qui a survécu et qui a décidé de créer une immense chasse au trésor qui impose la présence d’hybrides pour ouvrir les coffres. C’est cette histoire ancienne devenue presque une légende qui lance la chasse au trésor de la seconde partie dans un futur où les humains sont devenus majoritaire. 
Autant dire qu’à partir de ce moment là, il ne fait pas bon d’être un hybride : on est pourchassé, attrapé, mis en esclavage… On bascule dans un roman d’aventure plein d’actions mais qui garde une grosse par de réflexions sur les comportements humains. Sous couvert de mythologie et de piraterie on a des réflexions sur la politique, l’égalité, la vengeance, l’évolution des moeurs, le poids de la tradition… 
Les personnages complexes, bien construits en particulier en ce qui concerne les différents comportements en situation de survie. C’est une lecture qui permet de choisir entre lecture plaisir, détente et réflexions sociétales.

PaulLennon2019 a lu

Résumé : Maud Graham éteignit le téléviseur d’un geste brusque, choquée par ce qu’elle venait d’apprendre. On avait découvert un cadavre étrangement mutilé au parc du Mont-Royal. L’hiver avait conservé le corps et, même si les policiers avaient demandé aux journalistes d’être discrets, la population savait maintenant qu’on avait amputé un pied, un sein et un poignet à la morte. Un reporter n’avait pas manqué de rappeler la similitude entre ce crime et un autre, commis trois ans plus tôt, une femme qu’on avait étranglée et mutilée. Le meurtrier lui avait coupé le sein droit et le pied gauche. Sans oublier cette pénible affaire, à Miami, ce cadavre, réduit à l’état de squelette, auquel il manquait la jambe gauche. Personne n’avait encore parlé de tueur en série, mais…

Roman de 204 pagesdisponible uniquement en occasion

Chronique de PaulLennon2019

Le Collectionneur est un roman policier québécois de Chrystine Brouillet , paru en 1995 aux éditions La Courte Échelle. Il s’agit de la troisième enquête ayant pour héroïne la détective Maud Graham.
Le roman a été adapté au cinéma en 2002 par Jean Beaudin.
L’enquête : L’enquêtrice Maud Graham suit les traces d’un sadique tueur en série, surnommé le collectionneur. Il mutile ses victimes en leur sectionnant un membre qu’il conserve pour confectionner un corps entier par la suite. Ces crimes sont commis à Québec et, pendant son enquête, Maud Graham doit aussi s’occuper d’un jeune prostitué âgé de 16 ans qui semble pouvoir l’aider à identifier l’auteur de ces meurtres dignes d’un chirurgien.
Pour participer au club de lecture, je suis allé chercher dans ma bibliothèque ce roman québécois que j’avais par ailleurs acheté à Montréal il y a quelques années sur les conseils d’un libraire local.
Mais si la 4ème de couv donne une réelle envie de se plonger dans l’univers glauque des tueurs en série à Québec, au fur et à mesure, une petite déception m’a envahi.
En effet, l’histoire reprend des clichés déjà vus à droite et à gauche.
Ainsi, on retrouve la policière, célibataire, que son compagnon vient de quitter, mal dans sa peau, qui se donne totalement à son travail.
On retrouve également le chat de la policière.
Le tueur en série est victime du comportement de sa mère, qui ne l’a pas aimé ! il décide bien sûr de se venger et n’a pas trouvé mieux que de tuer des personnes pour pouvoir reconstituer ses parents. Il choisit de tuer tel individu car il a besoin de récupérer son pied, tel pour son bras, …
Mais ce n’est pas tout, car la policière essaie d’aider un jeune ado qui se prostitue et à partir de là, le lien sera plus fort entre le tueur et la policière !
Bref, c’est déjà lu et relu !
Le style ? je n’ai pas été séduit ! trop plat, trop classique pour moi.
Bref, mis à part les 10 dernières pages et le final, je suis déçu et je le regrette.

Sally Rose a lu

Résumé :

La trilogie 1984 raconte le périple de Gabriel Rivages, protagoniste aux cent métiers et alter ego de l’auteur, lancé sur les traces de trois figures américaines du vingtième siècle. Hongrie-Hollywood Express met en scène Johnny Weissmuller, nageur olympique plusieurs fois médaillé d’or et premier Tarzan du cinéma parlant ; Mayonnaise mêle le destin de Rivages à celui de l’écrivain culte Richard Brautigan, le dernier des beatniks, qui hante la trilogie ; et Pomme S porte sur Steve Jobs, la révolution informatique et les filiations secrètes entre les idées, les machines et les êtres.

Cette édition en un seul volume de 1984 permet d’éprouver l’amplitude et la cohérence de cette aventure romanesque, sa liberté formelle, et donne toute sa résonance à la voix désormais reconnaissable d’Éric Plamondon, désinvolte et poétique, ouverte aux échos des uvres aimées. Lecteur de Brautigan et de Melville, il est dans 1984 le romancier d’un monde en transformation dans lequel le Québec, le Vieux Continent, la côte Ouest et plus largement les États-Unis orchestrent un fonds d’histoires où s’interconnectent sport et immigration, underground et culture populaire, cinéma et littérature, savoirs et technologie.

Roman de 616 pagesse le procurer

Chronique de Sally Rose


Il s’agit d’une trilogie regroupant Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, trois titres au nom original qui laisse le futur lecteur perplexe.
Il s’agit de trois destins à l’image de l’Histoire des Etats-Unis dont le fil rouge est l’année 1984. Sous forme de puzzle, l’auteur nous raconte ici moultes anecdotes qui ont participé à la fondation de l’esprit américain.
Johnny Weissmuller, Robert Brautigan et Steve Jobs incarnent ici les héros du 20ème siècle qui ont façonné chacun dans leur style le mythe américain.
C’est passionnant, c’est désopilant, c’est drôle parfois même jubilatoire.
Incontournable

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JEUX LIT AVEC SALLY : la musique

C’était le thème du club de lecture du mois de juillet. Nous étions trois à explorer la littérature sur le sujet

Kadeline a lu

Résumé : Il n’a que sept ans et a déjà beaucoup voyagé pour donner des concerts à travers l’Europe.
Il s’appelle Wolfgang Amadeus Mozart, c’est un entant prodige, il compose pour  » chercher les notes qui s’aiment « . C’est alors qu’un homme se présente à lui : Thamos, comte de Thèbes, venu de Haute-Égypte pour initier le « Grand Magicien » dont l’œuvre évitera à l’humanité de sombrer dans le chaos. Et ce Magicien, il le pressent, est peut-être Mozart. Dès lors, ils ne se quitteront plus. Mais Thamos parviendra-t-il à sauver Mozart des pièges qui lui seront tendus ?

Roman de 400 pagesSe le procurer

Chronique de Kadeline

Sitôt lu sitôt oublié, une lecture dispensable J’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune sur le thème de la musique et quelle déception. Je garde un bon souvenir de cet auteur que je lisais souvent ado et je n’ai pas retrouvé ce que j’y trouvais avant. L’écriture n’est ni travaillée ni fluide, le rythme est haché et l’histoire ne m’a pas convaincue. Alors oui Mozart était franc-maçon et oui Christian Jacq est connu pour sa passion pour l’Egypte mais il y a des limites à tout. Entre devenir franc-maçon et avoir été suivi dès l’enfance par un mystérieux Egyptien il y a un écart auquel je n’ai pas adhéré. De même, je n’ai pas vu l’intérêt de couper la vie de Mozart sans arrêt par des guéguerres de loges maçonniques qui tombent comme un cheveux sur la soupe. Ce n’était clairement pas fait pour moi.

PaulLennon2019 a lu

Résumé : Retiré dans la campagne bourguignonne, Franck se rappelle comment, trente ans plus tôt, avec son meilleur ami, il a composé une chanson qui a fait le tour du monde et transformé sa vie.
Par touches successives, il va reconstituer l’histoire de ce tube des années 80, qui est aussi celle de son amitié avec Richard, devenu un naufragé de l’art, et de sa fascination pour un producteur de musique, Wilfried M. Enfermé dans sa solitude, il décidera alors de renouer avec son passé. Et de tout recommencer.
Mark Greene dépeint avec tendresse l’univers tourmenté de son antihéros. À la fois drôle et mélancolique, 45 tours est tout autant une odyssée musicale que le portrait doux-amer d’une génération.

Roman de 200 pagesse le procurer

Chronique de PaulLennon2019

Ce livre me fut offert il y a un moment mais s’il est resté longtemps là discret caché dans la bibliothèque, je savais qu’un jour j’irai à sa découverte, happé par l’idée de découvrir pourquoi un single peut changer la vie d’un homme.
Et je ne fus pas déçu car Mark Greene parle à la 1 ère personne d’un monde aujourd’hui disparu, celui de l’industrie du disque des années 1980.
Si Mark Greene est parfois comparé à Modiano, c’est surtout en raison de cette capacité à décrire avec moult détails cette époque que personnellement je n’ai pas vraiment connu.
On imagine un duo pop-variété qui pourrait ressembler par exemple à Partenaires Particuliers, un 45 tours, du succès et puis plus rien ! ou presque car le 45 tours devient un tube qui continue y compris de nos jours à passer à la radio.
Il nous plonge dans la nostalgie à la simple évocation d’adresses (ou d’enseignes) aujourd’hui disparues : Félix Potin, , Lido Music, Prisunic, Raoul Duval… « En ces temps-là, les Champs-Élysées étaient encore les Champs-Élysées, il y flottait encore un parfum particulier, un air d’insouciance et de nouveauté, hérité de la Libération et de l’après-guerre… C’était un quartier cosmopolite, un peu américain, l’un des seuls quartiers de Paris à n’avoir pas pour vocation d’être pittoresque. Il s’agissait, plutôt, d’une large plate-forme, d’un interminable hall d’aéroport dans lequel les voyageurs en partance avaient pour coutume de flâner. Les commerces étaient ceux d’une zone d’embarquement : cafétérias, parfums, vêtements de luxe, souvenirs, journaux… », écrit Mark Greene.
Le roman alterne les moments de souvenirs et les moments dans le présent où le narrateur collectionne de la terre dans des sachets comme pour mieux s’éloigner de la futilité des paillettes parisiennes.
Mais le plus surprenant, c’est qu’au final, après réflexion, le narrateur décide de revenir à Paris pour achever son rêve en enregistrant cet album dont il a rêvé avec son partenaire et ami.
Un journaliste du Point s’est récemment interrogé sur les raisons de ce style si particulier en se demandant si c’est tout simplement parce qu’il « écrit en musique ? » Il est vrai que son style utilise une rythmique propre et il n’hésite pas à utiliser magnifiquement des points de suspension comme pour nous indiquer comment évoluent les mélodies chantées par les groupes pop de l’époque.
Mark Greene est lui-même un écrivain franco-américain qui a dû bien connaitre les années 80. Il est né en 1963 à Madrid et il est le fils d’un photographe américain et d’une Française.
Paru en 2016, 45 tours est son 5 ème roman.
Dans ce roman, Mark Greene a choisi de se pencher sur la vacuité du show-business.
Mais il se penche aussi sur la fuite, le retour à la terre dans la campagne nivernaise où le narrateur cherche à retrouver ses racines et ses envies pour finalement trouvera une forme d’apaisement.

Les passages sur son obsession de la terre surprennent, voir ennuie un peu mais n’est-ce pas pour mieux nous questionner sur le sens de la vie.

Sally Rose a lu

Résumé : «Mon éloge est un dithyrambe totalement subjectif, sincère et ressenti, un discours « pour l’édification commune », ainsi qu’il est écrit dans les manuels de rhétorique. Il ne cherche pas à plaire aux critiques ou aux chroniqueurs. Il s’adresse aux lecteurs qui veulent découvrir le jazz, à ceux qui l’aiment un peu mais de loin ; aux simples enthousiastes, aussi, ces ravis du jazz, comme moi, qui communient dans la ferveur d’un solo de sax, d’une envolée de trompette, d’un murmure de basse…» Véritable déclaration d’amour au jazz, ce Petit éloge retrace l’histoire du genre et fait (re)découvrir ses figures les plus mythiques.

Essai de 128 pagesse le procurer

Chronique de Sally Rose

Petit livre très fourni sur l’histoire du jazz mais aussi ses musiciens et leurs techniques, le tout dans un style enthousiaste. Il est impossible de ne pas aller chercher les références musicales au cours de la lecture.

Il y a du swing dans l’enchaînement des chapitres, un peu de blues pour les plus Grands qui sont disparus, une vraie joie dans la découverte sans cesse renouvelée de nouveaux accords et nouvelles techniques tant cette musique est protéiforme.

Cet essai ravira autant les fans que les néophytes.

Ecouter du jazz, c’est ne plus pouvoir s’en passer !