JEUX LIT AVEC SALLY : 14 juillet d’Éric Vuillard

C’était une des lectures communes du mois de juillet

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

La prise de la Bastille est l’un des événements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse. Par l’auteur de L’Ordre du jour, Prix Goncourt 2017.

Récit de 208 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

J’ai passé la journée du 14 juillet 1789 à Paris, dans une foule en colère, dans l’odeur de poudre, de sueur et de sang. J’ai vu des hommes venus des quatre coins de France parcourir les rues et s’entasser devant la Bastille. J’ai entendu les coups de canons et le claquement des mousquets, j’ai vu le sang couler sous les baïonnettes. J’ai frissonné à entendre les cris de la foule, les pleurs des veuves et des enfants malgré le soleil de plomb.

Eric Vuillard est un formidable conteur. À travers 200 pages d’une densité rare, il a transformé cette journée historique en véritable épopée. Prenant le parti de raconter plutôt que de décrire, de faire ressentir plutôt que d’expliquer, de marteler le papier par les mots plutôt que de montrer, l’auteur immerge le lecteur dans la foule dès les premières phrases.
Parce que c’est bien de la foule dont il s’agit. Des milliers de personnages, des milliers de héros, des centaines de noms couchés sur le papier, des centaines de métiers pour les distinguer. Pas un ne sort du lot, ils sont forts parce qu’ils sont ensemble, ils sont courageux parce qu’ils sont unis, ils ont pris la Bastille car ils étaient le peuple.

Eric Vuillard qui est sans doute très bon à raconter des histoires au coin du feu a pris le point de vue des petits, des artisans, des pauvres, des chômeurs, des sans-grade pour nous faire vivre cette folle journée de l’intérieur. Et il y a comme de la poésie dans son récit, un style fluide mais implacable, qui vous prend à la première page et ne vous lâche pas avant de pouvoir enfin reprendre votre souffle sous les fenêtres d’une Bastille ouverte à tous vents.

Chronique de Sally Rose

Tout le monde connaît au moins les grandes lignes du contexte des événements du 14 juillet 1789. Moins souvent, on est en mesure de raconter par le menu ces événements qui ont abouti à la prise de la Bastille.
Les livres d’histoire, scolaires ou non, nous rappellent les noms de ceux qui sont passés à la postérité.
Éric Vuillard nous parle du peuple, de ces hommes et de ces femmes qui étaient ce jour-là dans les rues de Paris, qui se sont pressés autour de la Bastille et qui avec de pauvres armes mais de grandes ruses alliées au courage né de la faim et de la colère, ont réussi à ouvrir les portes et investir la célèbre prison.
Ils sont nommés par leur nom, une description de leur physionomie les accompagne ainsi que leur profession, leur situation familiale, leur lieu d’habitation.
Mais il ne s’agit pas d’une liste encore moins d’une litanie.
L’auteur, qui s’appuie sur les témoignages disponibles, n’hésite pas à imaginer quand les détails manquent dans les documents et nous livre ici une formidable épopée, un tourbillon de braves gens prêts à en découdre.
Au passage, quelques anecdotes sur la ville de Paris, l’évolution du nom de certaines de ses rues, son plan de l’époque.
Même si le style est un peu académique, j’ai terminé cette lecture avec davantage de connaissances sur cette journée fondatrice.

Colliers de nouilles de Martine Magnin

Chronique de AMR

Ce livre de Martine Magnin, je l’ai déjà lu il y a environ un an et demi, sous un autre titre tout aussi évocateur… Il est aujourd’hui réédité, enrichi d’une préface d’Anne Catherine Sabas, psychanalyste et psychothérapeute…
 
Et si je vous racontais tout depuis le début…
Quand Martine Magnin avait organisé un concours sur Facebook en offrant son livre, qui s’intitulait alors 15 Nuances de mères, aux gagnants(es), j’avais naturellement participé. Je me souviens qu’il fallait laisser un commentaire en définissant en quelques mots quel genre de mère on était. J’avais gagné en affirmant : « je suis une mère indigne, mais attention ! Une BONNE mère indigne… ».
 
Et j’avais reçu, peu après, ce petit livre très bien écrit dont l’auteure joue avec les mots et les métaphores pour brosser quinze portraits de mères toxiques, nuisibles, toutes en trop ou en pas assez, en « pire et moins pire », en sacralisation ou en démission…
Les récits sont courts, très courts parfois, les titres de chapitres sont très évocateurs. J’en cite quelques-uns, pour exemple, et vous laisse le plaisir de découvrir les autres : « Mère rouge », « Mère trouble », Mère morte », « Mère de glace »… L’humour est au rendez-vous, mais aussi la sensibilité, l’empathie, la distance et la tolérance ; entre l’imperfection et le dérapage, la marche est haute et quand elle est franchie, manquée, que la chute est inexorable, Martine Magnin évite avec doigté le jugement facile, le ton moralisateur ou condescendant. Elle sait également éviter la caricature.
Il s’agit bien ici de faire une place à ces mères alcooliques, froides, amères, sacrifiées, absentes, démissionnaires, discrètes, invisibles, de substitution, gestionnaires, trop parfaites, autoritaires, exigeantes, perverses, en proie au doute, désorganisées, laxistes, révoltées, en fuite, aveugles, déconnectées des réalités, envahissantes, fusionnelles, retombées en enfance… Cela en fait des nuances ! Les quinze annoncées se subdivisent au gré des ressentis de lecture. Ces mères de fiction, parfois, nous ressemblent un peu ou bien ont fait partie de notre entourage.
Les JE s’entrecroisent, les points de vue se diffractent, les mères parlent de leurs enfants et se souviennent de leurs mères, les enfants témoignent… J’ai été sensible à ce jeu de miroirs, à cet effet causes/conséquences, actions/réactions; les prises de paroles des enfants m’ont vraiment touchée.
Des interludes sous forme de citations littéraires ou philosophiques donnent un souffle, une respiration à ces textes, permettent de se ressourcer entre deux portraits, de profiter d’une coupure savante, d’une mise en bouche avant de se plonger dans la thématique suivante. Ils sont bienvenus.
 
Tel quel, quand je l’ai lu en juillet 2018, ce livre était une excellente surprise, à la fois contrepied d’un éloge de la maternité et matière à réflexion.
Je m’interroge aujourd’hui sur ce choix éditorial d’en faire des Colliers de nouilles, en reprenant la symbolique du cadeau fait-menottes pour la fête des mères (rappelons ici que le collier de nouilles est fabriqué par les jeunes enfants en glissant un cordon à l’intérieur de nouilles ou de macaronis crus et parfois peints) ; il est vrai que Martine Magnin remet aussi les pendules à l’heure concernant cette tradition que je ne savais pas si ancienne… Le sous-titre, « magnitude 6.0 » me semble superfétatoire, même si je décode la symbolique des ondes sismiques… Mais je comprends que ces nouveaux titres ont quelque chose de plus politiquement correct que 15 nuances de mères ; là n’est pas l’essentiel.
Disons que je m’intéresse davantage à la nouvelle préface et à l’éclairage qu’elle peut m’apporter.
Personnellement, je trouve qu’il est un peu trop facile de dire que tout est de la faute des mères… Il semblerait cependant que le lien mère-enfant soit indéfectible, que l’imprégnation néonatale soit telle que couper le cordon ne suffise pas à s’en défaire : « nous venons du ventre d’une mère, et cet habitacle a contribué à définir notre premier rapport au monde ».
Il s’agit alors de faire la paix avec son vécu, de comprendre pour aider, pour soigner, de découvrir qui sont les mères pour exister en dehors d’elles, pour s’en « dé-fusionner », pour se recréer… Merci à d’Anne Catherine Sabas pour cette belle introduction.
 
Dans l’ancienne ou la nouvelle édition, ce livre est une pépite dont je vous recommande la lecture !


Cette lecture valide :

La consigne n°15 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Maman : nom féminin. Terme affectueux par lequel une personne désigne et appelle sa mère.
C’est la définition pratique, commune et banale connue de tous. Et pourtant, dans ce simple mot, maman, souvent le premier mot prononcé dans la vie, il y a toute la complexité de l’humain.

Quoi de plus complexes que les rapports entre un enfant et sa mère ?
Tant de sentiments contradictoires se chahutent dans cette relation.
Tant de vécus. Tant de non-dits. Tant de questions qui parfois ne trouvent pas de réponses.
Nos mères ne sont pas toutes semblables. Elles ont aussi leurs propres histoires, leurs plaies et leurs bosses. Et aussi leurs propres mères…

Le déni, l’exigence abusive, la possessivité, la victimisation, la substitution, le chantage affectif ou la démission s’invitent parfois à un bal où les enfants dansent en pleurant.
Martine Magnin offre avec talent au lecteur un livre témoignage constitué d’une série de portraits sincères et intimes. Livrés sans décorum. Elle ne juge pas. Avec l’infinie tendresse et l’humour qui caractérisent ses écrits, elle nous entraîne à la rencontre de certains spécimens maternels assez redoutables. Nous comprenons pas à pas que ces femmes ont fait ce qu’elles ont pu, avec leurs limites et leurs fragilités.

L’auteur ne s’interpose pas. Elle vous invite simplement à briser le tabou de la maltraitance des mères envers leurs enfants. À en parler. À y réfléchir.
Un livre fort. À lire absolument.

Ensemble de récits de 176 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. A découvrir 🤗

La nuit se lève de Elisabeth Quin

Chronique de Kadeline

La nuit se lève est une autobiographie. Je ne connaissais pas Elisabeth Quin et ai découvert qu’elle est présentatrice télé. Le point de départ de ce texte est le diagnostic d’un glaucome tellement avancé qu’elle risque de perdre la vue sous peu. Niveau handicap, on va avoir tout le cheminement entre la découverte, les questionnement et la digestion de la situation donc on est autour de thématiques qui me parlent. Oui mais le choix de l’autrice est de nous plonger dans ses pensées et c’est un type de narration auquel je n’accroche pas car c’est décousu. On a une succession de petites anecdotes sur des personnes célèbres aveugles qui s’intercalent avec la manière dont elle digère son état, ses peurs liées à son mari ; ça donne une tambouille confuse qui ne me convient pas. Malgré tout il faut noter que ça sonne vraiment juste. 
Par exemple elle décrit le fait qu’en tant que femme son image est importante, qu’en devenant aveugle elle perdra le contrôle de son image donc est-ce qu’elle sera encore considérée comme une femme ou est-ce qu’elle fera pitié à cause de «ratés visuels » ? Elle parle aussi de l’acceptation de son corps qui se transforme à cause des effets secondaires et du fait qu’elle ne verra plus les changements de son corps. Ce qui revient le plus est la peur de l’avenir de son couple :  comment rester désirable, ne pas être qu’une malade avec son aidant mais encore un couple, le décalage entre ce qu’on pense qu’on fera dans cette situation et la réalité quand on le vit vraiment…
Un dernier exemple de réflexion qui m’a beaucoup plu c’est l’appréhension d’être légitime ou non car elle n’est pas encore aveugle et ne le deviendra peut être pas complètement. 
Dans ce livre il y a de bonne choses même si je n’ai pas plus apprécié que ça. Il y a quand même un souci qui m’a agacé, si tu es journaliste tu vérifies tes sources. Alors un paléoanthropologue étudie l’homme et pas les fossiles d’autres animaux et encore moins Pikaia. D’ailleurs ce fossile n’est plus considéré comme un chordé (« premier pas » vers les vertébrés) depuis des années et puis il n’est pas âgé de 560ma on est plutôt vers 505ma et ce n’est même pas la bonne période car à 560ma on n’est pas dans le Cambrien mais dans l’Ediacarien.
En résumé, les réflexions et réactions face au changement sont très réussis mais il faut accrocher aux textes décousus.

Cette lecture valide :

La lettre Q du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : “La vue va de soi, jusqu’au jour où quelque chose se détraque dans ce petit cosmos conjonctif et moléculaire de sept grammes, objet parfait et miraculeux, nécessitant si peu d’entretien qu’on ne pense jamais à lui…” Elisabeth Quin découvre que son œil est malade et qu’un glaucome altère, pollue, opacifie tout ce qu’elle regarde. Elle risque de perdre la vue. Alors commence le combat contre l’angoisse et la maladie, nuits froissées, peur de l’aube, fragilité de cet œil soudain ausculté, trempé de collyres, dilaté, examiné, observateur observé… Elisabeth Quin raconte, avec une sincérité magnifique, cette traversée dont nul ne voudrait – maladie, destin ou don, comment savoir, qui change son quotidien en secret, et le secret en vie quotidienne. Nous l’accompagnons chez les médecins – et c’est Molière, de drôlerie, d’incertitudes, de sciences fausses ou vraies, avec de rares grands humains. Nous la suivons chez les marabouts, qui veulent la protéger de notre regard. Nous découvrons ses lectures, de Lusseyran à Hervé Guibert et Jim Harrison. Et comme elle, nous travaillons nos sens : fermer les yeux sous la douche ; marcher dans la forêt, la main dans celle de son compagnon ; écouter les oiseaux ; penser aux paysages ; écouter la nuit ; s’imaginer sans miroir, vue et malvoyante, prisonnière mais au-delà… La nuit se lève est ce récit, d’une beauté sublime, drôle à chaque page, terrifiant parfois, métaphysique malgré lui, sensuel, vivace – et contre toute attente, une marche vers la sagesse.

Récit de 144 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. Un exercice de style périlleux

La douleur de Marguerite Duras

Chronique de AMR

Ce livre de Marguerite Duras était dans ma PAL depuis que j’ai vu, au printemps 2018, le film qui en a été adapté par Emmanuel Finkiel, un superbe moment de cinéma.
Je connais peu l’œuvre de Marguerite Duras dont je n’ai lu, à ce jour, que La Maison, texte d’abord découvert dans une mise en scène théâtrale et La Vie matérielle, dont il est issu.
La Douleur est un recueil des textes de jeunesse que l’auteure reconnaît avoir un peu oubliés dans ses archives, à la fois journal intime, témoignage et récits de fiction, publiés en 1985.
 
Le premier texte, le plus long, donne son titre au recueil. C’est le journal tenu par Marguerite Duras alors qu’elle attendait l’hypothétique retour de son mari, résistant, arrêté par la Gestapo puis déporté à Dachau. Approximativement daté d’« avril », ou bien sans date précise, dans une tonalité à la fois urgente et détachée, l’auteure raconte la tension, le ressenti, l’espoir et la peur. L’écriture est efficace, sans filtre ni tabou. Marguerite Duras qualifiera elle-même, plus tard, au moment de la publication, ses mots de « désordre phénoménal de la pensée et du sentiment ».
Marguerite Duras met sa parole au service du vécu de toutes les familles qui attendaient des nouvelles des déportés au moment de la libération des camps de concentration. Son récit personnel, écrit dans l’urgence et la douleur, bien que profondément intime, devient universel. Les personnages sont réduits à des initiales : Marguerite attend des nouvelles de Robert L. et D. est à ses côtés… Parfois, son JE se dédouble et elle se raconte à la troisième personne. La libération de Paris, vue et ressentie par Marguerite, donne à voir un point de vue particulier entre euphorie et déni ; en ramenant tout à cet époux qui ne revient pas, elle met l’accent sur le sort des déportés de toutes natures, les juifs, les politiques, les droits commun, les prisonniers de guerre…
Parfois, le style se fait plus impersonnel, remet en cause la posture gaulliste, analyse et commente la gestion du retour des prisonniers. Son témoignage devient précis, elle cite des résistants célèbres comme François Mitterrand, dit Morland, ancre son récit dans la réalité historique de la défaite allemande et de l’horreur nazie.
Le film d’Emmanuel Finkiel traduisait magnifiquement l’ambiance sombre, les silences de l’inaction, le déroulement de cette attente, entre moments très calmes empreints de résignation et d’immobilité et périodes délirantes de crise, de tempête et de fureur.
Le retour de son mari est une véritable épreuve, décrite de manière hallucinée ; à la joie de retour, se mêle une terrible souffrance empreinte de culpabilité.
La fin de « La Douleur » est plus apaisée, avec des passages datés de l’été 1946, « un an et quatre mois » plus tard ou bien d’« une autre année », d’ « un autre été », d’ « un autre jour sans vent ». La vie a repris ses droits même si le traumatisme demeure.
 
Le film s’inspire aussi beaucoup de second texte de ce livre, consacré à Pierre Rabier. Dans ce récit où tout est vrai « jusque dans le détail », Marguerite Duras raconte sa relation ambiguë avec un policier collabo à partir de l’arrestation de son mari…
La peur de la jeune femme est palpable même quand elle se met à distance, semble se regarder en train d’agir et de ressentir des émotions, les légitimes et les inavouables.
Qui manipule qui ? Jusqu’à quel point ? La tension est mise en mots.
Les textes suivants sont plus difficiles à lire car ils évoquent les règlements de compte à la libération quand la vindicte populaire s’abat sur les donneurs et collaborateurs en tout genre. Encore une fois, Marguerite Duras n’édulcore rien et revendique les rôles qu’elle se donne au travers de la fiction.
Enfin, « L’Ortie brisée » renoue avec la littérature, propose une fin, une réflexion tandis que le dernier texte, consacrée à une enfant juive, rappelle l’horreur et la folie, puis la force de l’amour.
 
Je n’étais pas sortie indemne du film, je termine cette lecture dans un état second, abasourdie et mal à l’aise. Je retiens un magistral portrait de femme, sans concession.
 L’écriture de Marguerite Duras est complexe et, ainsi qu’elle nous le dit, ce n’est pas évident de se l’approprier : « apprenez à lire. Ce sont des textes sacrés »…

Cette lecture valide :

La consigne n°55 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : «J’ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château. Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit. Je sais que je l’ai fait, que c’est moi qui l’ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l’endroit, la gare d’Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelles maisons ? Je ne sais plus rien. […]Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer et qui m’épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver. La douleur est une des choses les plus importantes de ma vie. Le mot «écrit» ne conviendrait pas. Je me suis trouvée devant des pages régulièrement pleines d’une petite écriture extraordinairement régulière et calme. Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n’ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m’a fait honte.» Marguerite Duras.

Récit de 217 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Un texte magnifique ❤❤

Les invisibles de Antoine Albertini

Chronique de Amélie

Il s’appelait El Hassan Msarhati. Pour d’autres il était Mohamed Djilali, ou encore «La Vache», «Le Marocain», un immigré clandestin qui s’était vanté à qui voulait l’entendre qu’il avait «parlé». Pour cesser d’être invisible, pour regagner sa dignité, pour dénoncer toute cette merde que l’on ne veut pas voir sous le sable fin des plages de l’Ile de Beauté ou en ouvrant une bouteille de vin corse. Puis il est mort, assassiné d’une balle dans la nuque. Lorsqu’il a été retrouvé, résonnait encore à ses oreilles, dans ses écouteurs poussés à plein volume, un air oriental aux accents du bled.

Règlement de compte envers celui qui dérange, racisme ordinaire, crime crapuleux ?
Les pistes sont floues, les langues liées ou mensongères. En dire trop serait risquer de mettre à jour un trafic bien huilé que même les plus opprimés ne voudraient risquer de voir s’écrouler.

Antoine Albertini, qui a connu la victime vivante, relate ici les coulisses d’une enquête dont chaque strate met un peu plus en évidence, au delà du crime en lui-même, l’invisibilité de ces hommes pour la société bien pensante. Les conditions déplorables d’un travail sous payé, le logement insalubre, l’asservissement, cette hiérarchie insidieuse dans la précarité qui permet de s’en prendre au plus mal loti que soi, la conscience permanente surtout que cette invisibilité doit être préservée sous peine de voir son maigre gagne-pain anéanti par un retour au pays ; rien ne nous est épargné de ce quotidien sous tension permanente.

Être invisible, c’est surtout renoncer à toute protection médicale, sociale ou juridique. C’est être une cible vivante qui n’a jamais vocation à dénoncer son bourreau. C’est être livré à soi-même et aux loups qui vous entourent. Car l’homme est bel est bien un loup pour l’homme et il ne manque pas d’abjection dans ses manières de le démontrer tout au long de ce livre. Cet ouvrage est une injonction à ouvrir les yeux et à injecter de la bonté et de la considération là où il n’y a que violence, mépris, mais probablement et surtout ce grand fléau qu’est l’indifférence. 

Cette lecture valide :

La consigne n°10 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé :

«  Le 16 novembre 2009, un homme était abattu sur une route de campagne déserte dans la Plaine orientale de la Corse. Je l’avais rencontré une semaine auparavant à l’occasion d’un documentaire sur les filières d’immigration clandestine. Il s’appelait El Hassan M’Sarhati. Il m’avait raconté comment un passeur l’avait acheminé dans l’île, comment il avait travaillé pour des patrons inhumains, comment il se retrouvait à cette époque sans ressource, sans travail, les mains fracturées. Ce jour-là, j’ai fait mon métier, je l’ai convaincu de parler. Il a accepté en m’avertissant  : Si je parle, ils vont me mettre en balle dans la tête. C’est ce qui est arrivé.  »
La justice n’a jamais su qui étaient ces ils. Les assassins n’ont jamais été retrouvés. Antoine Albertini a voulu reconstituer le parcours de cet homme exécuté dans le dos, d’une balle de fusil de chasse. Il a enquêté. Visité les mobiles homes où vivent des milliers de déracinés, serfs des temps modernes, qui récoltent le raisin, les kiwis, les clémentines dans les champs corses. Il a rencontré des immigrés clandestins, des avocats, des gendarmes, des vignerons. A travers le destin tragique d’El Hassan, Antoine Albertini révèle le sort de milliers d’hommes dont on ne parle jamais, il décrit une économie, une société, un monde caché. Lorsque le rosé bu par les touristes sur une plage de Porto-Vecchio a un arrière-goût de sueur d’esclaves. 

Récit de 168 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. Les récits journalistiques ont l’intérêt de souvent nous montrer l’envers du décor 😮

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson

Chronique de Amélie

C’est une lecture durant laquelle le temps se suspend, le monde se savoure, les petits plaisirs deviennent des immensités. Il m’arrive souvent d’être déçue des hommes, de ce que nous sommes devenus (ou que nous avons toujours été) et de l’orientation que nous assénons au monde par notre nombre et par nos choix de société.
Je n’ai pas changé d’avis en lisant « Dans les forêts de Sibérie », bien sûr, mais j’y ai trouvé un havre de paix. La belle sensation que la forêt est un refuge. Que le silence, les mots et la contemplation nourrissent ma propre cabane intérieure et que tout le bonheur espéré y réside.
Je ne sais pas si j’aurais un jour le courage ou l’insouciance de payer le prix d’une vie de solitude et de liberté, probablement pas, mais il est de ces livres qui me permettent de puiser de l’énergie dans l’infinie pureté d’une vie d’ermite.

Cette lecture valide :

La consigne n°6 du Défi Retournons à l’école

A propos du livre :

Résumé : «Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l’existence. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»

Récit de 289 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. J’avais également beaucoup apprécié le film ❤❤

JEUX LIT AVEC SALLY : Le dynamiteur de Henning Mankell

C’était une des lectures communes du mois de juillet

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

1911. Oskar Johansson a 23 ans. Dynamiteur, il participe au percement d’un tunnel ferroviaire et manipule des explosifs pour fragmenter la roche. Mutilé à la suite d’un grave accident du travail, il reprendra pourtant son ancien métier, se mariera, aura trois enfants, adhérera aux idéaux socialistes puis communistes. Au soir de sa vie, il partagera son temps entre la ville et un cabanon de fortune sur une île aux confins de l’archipel suédois. Un mystérieux narrateur recueille la parole de cet homme de peu de mots, qui aura vécu en lisière de la grande histoire, à laquelle il aura pourtant contribué, à sa manière humble et digne. Ce premier roman de Henning Mankell, écrit à 25 ans, et inédit en France à ce jour, se veut un hommage vibrant à la classe ouvrière, à ces millions d’anonymes qui ont bâti le modèle suédois. Par son dépouillement, sa beauté austère, son émotion pudique, Le Dynamiteur contient en germe toute l’œuvre à venir de Mankell, sa tonalité solitaire, discrète, marquée à la fois par une mélancolie profonde et une confiance inébranlable dans l’individu. Rabat gauche (photo + bio) Henning Mankell, né en 1948, a partagé sa vie entre la Suède et le Mozambique. Outre la célèbre série policière « Wallander », il est l’auteur de romans sur l’Afrique ou sur des questions de société récompensés par de nombreux prix littéraires, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse. Henning Mankell est mort à Göteborg le 5 octobre 2015 à l’âge de 67 ans. Rémi Cassaigne, normalien, ancien lecteur de français à l’université de Stockholm, diplômé du CNSMD de Lyon, partage son temps entre écriture (romans, livrets d’opéra), traduction (Henning Mankell, Arne Dahl, Johan Theorin, Åke Edwardson), et musique (luthiste). Rabat droit (presse) « Henning Mankell n’était pas qu’un grand auteur de polars et, plus généralement, un bon romancier. C’était, au meilleur et moins bavard sens du terme, un homme engagé. Écrire lui a donné les formes par lesquelles, en divertissant ses lecteurs, il rappelait les valeurs qui lui étaient chères et les angoisses qui le constituaient. Il aimait la solidarité et il avait peur du temps : voir l’une disparaître l’indignait, perdre l’autre le terrifiait. Son œuvre est celle d’un Alceste humaniste ou, si l’on préfère, d’un révolté pascalien. » Philippe Lançon, Libération

Roman de 185 pagesSe le procurer

Chronique de Monique

« Le dynamiteur  » est le premier roman d’Henning Mankell, plus connu pour ses romans policiers
avec le commissaire Wallender. Henning Mankell a alors 25 ans, et il nous raconte la vie d’Oskar
Johansson (1888-1969) qu’il rencontre lorsqu’Oskar est retraité, chaque été sur une île suédoise.
Oskar Johansson est dynamiteur, et travaille au creusement de tunnels au début du XXème siècle. Il
manipule la dynamite, et les conditions de travail étant ce qu’elles sont alors, un accident survient.
Malgré ses blessures, Oskar survit. Au fil de cet ouvrage et des rencontres entre le narrateur et
Oskar, nous découvrons la vie du dynamiteur : le travail, les amours, les rencontres, son engagement,
La politique nationale et internationale, les guerres mondiales en cette 1 ère moitié du XXème siècle.
Le narrateur nous fait partager l’évolution d’Oskar au cours de sa vie, ses réflexions sur sa place/ sa
non-place dans la société suédoise, que ce soit celle que la société lui accorde ou celle qu’il s’octroie
lui-même.
L’écriture de cet ouvrage est sans fioriture, elle est à mi-chemin entre celle d’un roman et celle d’un
témoignage. J’ai apprécié cette écriture et j’ai senti en germe, le fin regard d’Henning Mankell sur la
société suédoise, qu’il mettra ensuite en œuvre dans ses romans policiers.

Chronique de Sally Rose

Premier roman écrit par l’auteur, il n’a été traduit que récemment en français, à titre posthume.
Comme vous le savez sans doute, Alfred Nobel, chimiste suédois, a déposé de nombreux brevets et notamment celui de la dynamite. A sa mort, il a légué une partie de sa fortune à une fondation qui récompense les meilleures découvertes : chimie, physique, médecine, paix et littérature.
Alors quand Henning Mankell veut retracer l’Histoire de son pays, il raconte la vie d’un dynamiteur né à la fin du 19ème siècle, souffrant de graves séquelles d’un accident du travail mais exerçant son métier jusqu’au bout. C’est donc à travers la condition ouvrière et l’approche politique que l’auteur, dès ses 23 ans, présente les mauvais côtés de son pays, relevant les contradictions de ce qui deviendra le modèle Suédois.
Si le fond est intéressant, la forme est légèrement déroutante, s’apparentant davantage à un écrit journalistique qu’à un roman

La fille aux sept noms de Hyeonseo Lee

Chronique de Kadeline

Entre roman et témoignage, ce livre nous présente la vie d’une jeune femme nord-coréenne qui a fuit son pays et nous explique de manière intéressante et douce sa vie sur place puis tout son périple. J’ai aimé découvrir les réflexions et les mises en perspective qui parsèment ce récit. 
Oser affirmer que tout n’est pas à jeter dans une enfance dans un tel pays, c’est puissant. L’autrice a vécu des moments heureux et ne veut pas les rejeter une fois qu’elle a pris conscience de ce qui n’est pas normal dans ce type de régime. Elle ose dire qu’il y a des choses bien, des choses mauvaises et d’autres qu’elle a bien vécu sur le moment et avec le recul n’était pas si belles que ça. Découvrir la discrimination et le rôle des états tout au long de son parcours long et épique était très intéressant. La place des dénonciations et de la confiance et l’évolution du point de vue de l’autrice m’a beaucoup marquée. Il y a encore beaucoup de points marquants, je ne vais en mentionner encore que deux. 
J’ai beaucoup aimé le traitement du contraste entre le besoin de sa famille et le fait que les besoins de ses membres ne sont pas forcément tous en adéquation avec les nôtres. Quel est le prix à payer si on veut être ensemble ? Doit-on le payer à tout prix ? Le dernier point aborde la place de l’émigré en particulier celle dans un pays qui est censé être le sien. Quelle est sa place dans ce pays qui est le sien sans l’être ? Comment est-on vu ? Comment s’adapter ?
Si un parallèle avec l’Allemagne et sa réunification est fait, c’est intéressant qu’elle pousse la réflexion du fait de la durée de séparation supérieure. Ce serait encore plus compliqué en Corée qu’en Allemagne et elle explique pourquoi.
C’est une lecture choc accessible et tout en douceur malgré les événements horribles qui sont abordés.


Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : « Quand on quitte la Corée du Nord, on ne quitte pas un pays mais plutôt une autre galaxie. Je sais que je n’en serai jamais vraiment libérée où que j’aille. » Hyeonseo a passé son enfance en Corée du Nord, piégée comme des millions d’autres par l’une des plus secrètes et brutales dictatures. Elle grandit dans la ville de Hyesan près d’une rivière qui trace une frontière naturelle avec la Chine, un autre monde insaisissable. Au milieu des années 1990, la famine s’abat sur le pays. Chaque jour témoin de la répression et de la pauvreté, elle comprend que sa patrie ne peut être « le meilleur des mondes » qu’on lui vante depuis toujours. À 17 ans, au coeur de l’hiver, Hyeonseo décide de traverser la rivière gelée. Elle ne peut imaginer alors qu’elle ne reverra pas les siens avant longtemps. C’est un voyage sans retour. Elle apprend à survivre clandestinement en Chine, échappant à la police et aux trafi quants, grâce à un esprit de débrouillardise et une témérité incroyables. Douze ans plus tard, et presque autant de vies, elle revient à la frontière pour une mission plus périlleuse encore : faire sortir du pays sa mère et son frère et les conduire jusqu’en Corée du Sud… « Hyeonseo témoigne du lourd tribut humain résultant de l’inaction du monde vis-à-vis de la Corée du Nord. Envers et contre tout, elle s’est échappée, a survécu, et a eu le courage de parler. » Samantha Power, représentante permanente des États-Unis à l’ONU. Traduit de l’anglais par Carole Hanna

Récit de 360 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Kadeline. Un témoignage qui s’abstient de manichéisme, intéressant en effet 😊

Si C’Est Un Homme de Primo Levi

Chronique de Priscilla

Voilà des années que je me dis qu’il faut que je lise ce livre.

J’ai eu la chance de le recevoir en cadeau. 
Comme à mon habitude quand j’ai un livre entre les mains: je l’ouvre et je lis quelques phrases au hasard d’une page.

Effet immédiat avec celui-ci : je veux savoir. Je dois le lire. Tout de suite.
Et je ne l’ai plus lâché. 
Et c’est certainement mieux comme ça car c’est aussi ce genre de livre qu’on achète plein de bonnes intentions mais qu’on laisse ensuite sur les étagères de sa bibliothèque sans trouver le  » courage » de le lire.

Je vais avoir du mal à poser des mots sur ce qu’il m’a fait ressentir…il y a des ressentis inexplicables.

Bien sûr je savais à quoi m’attendre. Et aussi je sais que ce livre fait partie des lectures nécessaires mais qui bousculent.
Sans surprise j’ai été bouleversée.
Mais plus inattendu j’ai surtout pris sur moi. J’ai lu presque  » sereinement » les descriptions de toutes ces horreurs qu’on connait déjà. C’était comme si j’avais cet homme à mes côtés qui me raconte son histoire, avec un tel courage et en même temps une telle simplicité que je n’ai pas le droit de m’attarder sur ce que ça provoque en moi.

C’est une fois la dernière page tournée que j’ai pleuré.

Si c’est un homme révèle ce qu’il y a de pire en nous, mais aussi le courage et la force qui nous habite…Et c’est ce que j’ai envie de retenir.

Cette lecture valide :

La consigne n°5 du défi Retournons à l’école

A propos du livre :

Résumé : « On est volontiers persuadé d’avoir lu beaucoup de choses à propos de l’holocauste, on est convaincu d’en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l’accumulation, on a envie de crier grâce. C’est que l’on n’a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l’état du malheur. Peu l’ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l’air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n’est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité. » Angelo Rinaldi « Ce volume est aussi important que la Bible. Un Livre fonda une religion humaniste il y a des millénaires. Un autre Livre raconte la fin de l’humanité au XXe siècle. » Frédéric Beigbeder

Récit de 213 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Priscilla. Effectivement, lecture indispensable

La Trace De L’Ange – La Vie De Marco Siffredi, de Antoine Chandellier

Chronique de Amélie

Dans une sobriété qui ne fait que rayonner davantage la fascination exercée par la montagne, Antoine Chandellier remonte la trace de l’insaisissable Marco Siffredi. Une enfance le nez en l’air, comme tous les enfants de la montagne et bien vite cette personnalité attachante et espiègle n’a qu’une obsession : monter pour redescendre au plus vite dans les terrains les plus impratiqués, allant de défis en défis, repoussant les limites. Inconscient diront certains? Peut-être, mais prenant en maturité, on mesure l’ampleur de sa préparation. Héros magnifique? Je ne sais pas. Mais lire ce livre c’est s’attacher à un ange dont on n’a pas envie de couper les ailes même en sachant qu’elles lui seront fatales.  

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Marco Siffredi, cet enfant terrible, devenu alpiniste et himalayiste, « juste pour le plaisir de descendre » n’a renoncé à aucun de ses rêves. Il a laissé sa trace dans les Alpes et en Himalaya. À vingt-trois ans, ce personnage magnifique dessine deux élégantes courbes sur le toit du monde. Puis il disparaît. Il a défié la « gravité » de la physique et le sérieux des hommes avec la même grâce, fait passer sur le monde de la montagne un grand coup d’air frais. Bouleversant, il restera l’emblème d’une génération.

Récit de 400 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. Ah ! Ces passionnés 🤔