Pour seul cortège de Laurent Gaudé

Chronique de Ranine

Bon bon bon… Je n’ai rien compris, j’ai pas réussi à entrer dedans !
C’est bien écrit, ça c’est indéniable, mais je n’ai pas accroché. Je ne suis peut être pas assez connaisseuse de cette époque. Il me manque certainement les codes.

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille. Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père… Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée. Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.

Roman de 192 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Ranine. Ne te fâche pas avec cet auteur ! D’autres de ces titres évoquent des époques plus contemporaines 😉

JEUX LIT AVEC SALLY : Un livre québécois

C’était le thème du club de lecture du mois d’août

Nous étions 5 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Nitassinan, août 1936. Sur ordre du gouvernement canadien, tous les jeunes Innus sont arrachés à leurs familles et conduits à plus d’un millier de kilomètres, dans le pensionnat de Fort George, tenu par des religieux catholiques. Chaque jour, les coups pleuvent : tout est bon pour « tuer l’Indien dans l’enfant ». Montréal, 2013. L’avocate Audrey Duval recherche des survivants. Dans une réserve de la Côte-Nord, elle rencontre Marie, une vieille Innue, qui va lui raconter tout ce qui s’est passé à Fort George, les violences au quotidien, mais aussi l’amour et l’amitié. Un roman d’une grande sensibilité qui dévoile un pan méconnu de l’histoire des Amérindiens du Québec, par l’auteur de Kukum.

Roman de 268 pages – se le procurer

La Chronique dAmélie

Ceux qui ont eu le bonheur de lire « Kukum » ne me contrediront sans doute pas, entrer dans la culture innue par cette porte fut une expérience intense, belle, douce. Suivre à pas de velours les traces d’Almanda reste et restera un sentiment unique dans ma vie de lectrice.
On y percevait pourtant dans sa deuxième partie une bonne part du lugubre destin que le pays réservait à ses autochtones et à leur terre. Déjà c’était un déchirement, mais rien de comparable avec la lecture de « Maikan ».

Dans la nouvelle parution de la collection Talismans, Michel Jean se rend cette fois au cœur de l’ignominie.

Dans une obsession de destruction culturelle, plus proprement renommée « assimilation », le gouvernement Canadien s’est octroyé le droit de séparer des enfants autochtones de leurs familles. Les envoyant dans des pensionnats religieux dont le rôle était de « tuer l’indien dans l’enfant », il les a ainsi exposés à de nombreuses tortures physiques et morales.

Là où tout n’est que brutalité, violence et domination, Michel Jean ose s’armer d’un style délicat et pudique. L’effet obtenu, loin d’atténuer la colère du lecteur, intensifie le sentiment d’injustice qui suppure de toutes ces blessures inqualifiables assénées aux corps et aux âmes.

Par le biais des histoires croisées d’une avocate énergique et de trois pensionnaires définitivement marqués par leur vécu dans le pensionnat de Fort George, les pages se tournent tandis qu’un sentiment doux-amer s’installe. Certaines choses ne peuvent être réparées, mais elles doivent être racontées.

J’ai été particulièrement émue par Marie, Virginie et Charles, qui dans la douleur ont su puiser la lumière les uns dans les yeux des autres et l’apaisement dans la chaleur d’un geste. J’ai aimé voir peu à peu Audrey afficher un visage plus doux, plus empathique et montrer qu’elle n’était pas qu’une exécutante armée d’une bonne intention de façade.

Ce livre vous mettra en rage, mais lisez-le !

Maggy a lu

Résumé : Une île non loin de Québec où les étés ont des allures de paradis. C’est là que les cinq enfants Miller, bientôt six, grandissent entourés d’amour, dans une maison aux portes ouvertes en grand. C’est que Gabrielle, leur mère, et Edward, leur père, n’hésitent pas à accueillir ceux dont la fortune, contrairement à la leur, n’a pas survécu au krach de 1929. Dans une société encore très puritaine dominée par une Église implacable pour les femmes, Gabrielle défend farouchement son clan et ce goût du bonheur qu’elle transmet à ses enfants aussi passionnés d’elle. « Marie Laberge signe une fresque vivante et généreuse. » Michel Grisolia – L’Express

Roman de 896 pages – se le procurer

La Chronique de Maggy

Je vais aller un peu à contre-courant des traditionnelles critiques écrites pour cette trilogie.
Je dois bien avouer que le contenu n’est pas inintéressant car beaucoup de thèmes sont abordés, sous l’angle canadien de surcroît. Donc, les ingrédients étaient là pour que je passe un bon moment: la condition de la femme dans les années 1930, le combat des suffragettes, les difficultés à allier religion et vie de couple, … le tout parsemé d’expressions québécoises. Mais finalement, j’ai eu l’impression de lire un roman de mœurs, et il faut bien avouer que durant le premier tiers je me suis franchement ennuyée.


Sans remettre en cause la qualité d’écriture de l’autrice, je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages et j’ai trouvé qu’il y avait vraiment trop de longueurs. La deuxième moitié m’a davantage intéressée, sans pour autant me captiver.
Bref, une déception qui ne me pousse pas à découvrir la suite de la série.


Priscilla a lu

Résumé : L’amour ne se rêve pas, il se vit ! Alors qu’elle s’attend à une demande en mariage, Sarah, pétillante trentenaire, tombe de haut lorsque Gabriel lui annonce qu’il la quitte. Profondément blessée par cette trahison, elle prend une décision radicale : se jeter à corps perdu dans son agence de relations publiques. Sept ans plus tard, Sarah enchaîne les succès professionnels et assume son célibat qui la protège d’une nouvelle désillusion amoureuse. Mais est-il si simple de renoncer à l’amour ?

Roman de 348 pages – se le procurer

La Chronique de Priscilla

J’aime bien ces histoires qui parlent d’amour mais sans romance 😁


Sarah, l’héroïne, est à la fois attachante, drôle, intéressante, intelligente, et surtout tout à fait crédible ( critère très important à mes yeux !)


L’auteure, elle, sait parfaitement faire passer des émotions et des messages forts tout en légèreté, avec une petite touche de cynisme qui me plaît particulièrement bien.


Pour résumer le fond est sympa, la forme tout autant…il y a donc de quoi passer un bon moment de lecture ! Pour moi ça l’a été en tout cas 🙂

Sofinette a lu

Résumé : Né en 1185 en pays Cathare, Gondemar, fils du seigneur de Rossal, n’est pas un enfant comme les autres. Il est né voilé, signe de malédiction. À 14 ans, il fait la connaissance de Bertrand de Montbard, ancien templier et maître d’armes redoutable qui protège le village des brigands. Au fil des années, Gondemar devient un guerrier féroce. Jusqu’au jour où il est assassiné. Après un séjour en enfer, il revient d’entre les morts avec pour mission de protéger  » la Vérité « . L’enjeu de cette quête où vont s’affronter Cathares, Templiers, Croisés et Parfaits : le salut de son âme !  » Impossible de lâcher ce thriller ésotérique nourri de détails sur le quotidien des seigneuries et les jeux de pouvoirs entre l’Église et les rois.  » Ça m’intéresse

Roman de 544 pages – Se le procurer

Chronique de Sofinette

Fils inespéré du vieux seigneur Florent de Rossal, Gondemar nait « voilé » et est donc décrété damné par tout le monde. Craint ou ignoré, il grandit solitaire auprès d’un père qu’il trouve trop faible envers ses serfs. Suite à une attaque de brigands qui massacrent et vandalisent la seigneurie de Rossal, Florent embauche un vieux soldat pour faire l’éducation militaire de son héritier. Eduqué à la dure, le petit Gondemar se révèle un tyran qui prendra la place de son père et mènera sa seigneurie à sa perte. Au cours d’un combat vengeur avec les brigands qui avaient attaqué son village. il meurt et se retrouve aux portes de l’Enfer où un archange lui propose un marché : revenir sur terre pour sauver son âme en défendant la Vérité.
Nous retrouvons donc notre tyran dans le Sud Ouest de la France où, de croisé en chasse des hérétiques, il se retrouve à devoir prendre la défense de ces mêmes cathares…
J’avais découvert Hervé GAGNON, auteur canadien, avec la série Malefica que j’avais adorée. Je retrouve avec délice cette écriture fluide et très référencée historique avec cette fois-ci comme toile de fond, la croisade contre les Cathares au XIIe siècle. »

Sally Rose a lu

Résumé : Dans un monde hostile et froid, où règnent la misère et l’obscurité, des enfants cherchent, à l’ombre de leur grand-mère toute-puissante, à préserver coûte que coûte le feu de leur rébellion et de leur désir d’innocence. Né par un matin d’hiver, Emmanuel réussira-t-il, au terme de sa première saison d’existence, à poursuivre cette lutte farouche pour la vie par la révolte, par la poésie et par l’amour ? Née en 1939 au Québec, Marie-Claire Blais est l’autrice d’une œuvre romanesque, poétique et théâtrale reconnue et récompensée dans le monde entier.  » C’est l’explosion d’une telle accumulation de forces que nous en demeurons étourdis… Le génie est là…  » Le Figaro  » L’autrice québécoise vivante la plus acclamée par la critique.  » The New York Times

Roman de 192 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Emmanuel nait un matin d’hiver dans une famille nombreuse et pauvre du Québec.
Je n’ai pas relevé d’élément qui permette de dater le récit mais ça doit être fin XIXe ou début XXe.
Durant cet hiver, quelques changements vont intervenir dans cette famille mais rien d’exceptionnel si on considère comme banals le décès d’adolescents et la vie dépravée de certains moines.
Car l’objet du roman est, me semble-t-il, d’aborder les sujets de la maladie, de l’inceste et de la pédophilie dans un environnement pauvre, misérable.
Je dis, me semble-t-il, car j’ai trouvé le récit assez brouillon avec des passages narratifs et des extraits de journal intime, des allers-retours dans la chronologie mais sans repères, je me suis perdue plus d’une fois.
Bien qu’il soit court, ce roman a été difficile à lire car trop confus à mon goût.

Maudits soient les Français de Raymond Rainville

Chronique de Laehb

« Aksen Akohren ! » les Iroquois n’auront de cesse de le scander : « Maudits soient les français » de l’expédition Cartier – Roberval dans le but d’installer au Canada une colonie permanente.
Ce roman regroupe tout ce qui fait de la lecture ma passion: des faits historiques réels, des meurtres, une jolie plume et surtout une solide érudition. Quand une distraction devient un moyen d’étoffer ses connaissances le lecteur est gagnant !
Jean Lamontagne rédige une lettre à son fils, la dernière, il sera exécuté d’ici peu. Cette lettre d’adieu nous conduira jusqu’au Canada alors que les guerres de religion font rage et déchirent Paris. François 1er veut confirmer sa puissance et asseoir une nouvelle colonie catholique de l’autre côté de l’océan. Sont embarqués des nobles et des prisonniers, sensés y gagner leur liberté, mais surtout utilisés comme esclaves à la construction de fortifications. Les Français ne sont pas bien préparés aux rudesses de l’hiver, au manque de victuailles, catholiques et protestants s’affrontent toujours aussi violemment et les Iroquois ne se laisseront pas déposséder de leurs terres.
Roman historique très intéressant avec un soupçon d’enquête criminelle.

Cette lecture valide :

La consigne n°40 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : À la fois roman historique et thriller Maudits soient les Français est inspiré d’un fait réel aussi fascinant que méconnu : l’expédition Cartier-Roberval. Bien qu’aux prises avec la montée des troubles religieux en France, François 1er doit assurer son emprise en Amérique. Il ordonne donc à Jacques Cartier et au sieur de Roberval d’aller fonder une colonie en Nouvelle-France. Un étonnant amalgame de catholiques et de protestants ainsi que de repris de justice et d’aristocrates s’embarquent alors pour une formidable épopée. La Nouvelle-France sera-t-elle catholique ou protestante ? Rapidement des tensions religieuses et sociales éclatent, mettant en péril l’existence même de la colonie. D’autant plus qu’un cri de rage s’élève parmi les fiers Iroquois : « Aksen Akohren », (« Maudits soient les Français »). Mais le plus grand danger pour la nouvelle colonie est peut-être la personnalité intransigeante du sieur de Roberval. Le vieil ami de François 1er se révèle tellement cynique, imprévisible et imbu de lui-même que tous se demandent si un tel homme est apte à gouverner l’Amérique..

Roman de 282 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Laehb. À découvrir 🤗

Le Chant d’Achille de Madeline Miller

Chronique d’Amélie

On retrouve chez Madeline Miller un parti pris évident, celui que l’auteur d’un récit n’en donne que sa vision. Aussi, l’autrice se plaît à réécrire les mythes homériques en décalant le regard.
Comme dans Circé (qu’elle a écrit par la suite mais que j’ai lu précédemment), elle donne ici corps et voix à un personnage mineur. En lui offrant l’héroïsme, elle en redéfini la valeur. Pour en être digne, être faible ou disgracieux n’est plus un obstacle, pas plus qu’il n’est exigé de lui de triompher d’un ennemi par le sang ou la ruse, mais il doit savoir faire appel à son cœur et à son sens de la justice.
Pour ce roman construit autour de la célèbre Guerre de Troie, Hélène, Pâris et Ménélas deviennent quantité négligeable, Miller s’intéresse à Achille et plus particulièrement à la colère foudroyante qui s’empare de lui à la mort de Patrocle, amorçant l’épilogue d’une bataille rangée qu’on annonçait fulgurante et qui dura plus de dix ans (environ le temps qu’il lui aura fallut pour mûrir son roman).
Là où Homère suggérait pudiquement une forte intimité entre les deux hommes laissant à ses lecteurs le soin d’en déterminer la nature, dans « Le chant d’Achille », Madeline Miller leur érige une histoire d’amour incandescente dont la franchise, la communication et une fascination mutuelle sont les maîtres mots.
Le pari de faire de Patrocle le narrateur de l’histoire était osé et je dois dire que pendant une bonne partie du roman il s’est avéré incompréhensible à mes yeux. Si les débuts annonçaient un aspect psychologique intéressant avec un Patrocle méprisé par son royal père, déchu et exilé suite à un meurtre accidentel, isolé parmi les protégées du roi Pélée; dès lors qu’il devient le compagnon privilégiée d’Achille les choses se gâtent (à moins de nourrir un intérêt privilégiée pour les romances). Bien vite et pour bien trop de pages, Patrocle n’est que l’ombre nébuleuse qui accompagne Achille. Tandis que le second, sujet de toutes les prophéties, éveille notre intérêt de part la pression maternelle qu’il subit et les choix qui l’attendent, on se contente d’errer dans les pensées de celui qui le contemple. S’il y a peut-être, en effet, un problème de rythme, là résident pourtant les bases de ce qui en fera un roman émouvant et non une énième version épique d’un épisode trop connu.
Îlot intarissable d’humanité au beau milieu des caprices divins, des princes avides d’honneurs et des prophéties assassines, Patrocle étincelle et devient sous la plume magnifiquement moderne de l’autrice, la plus belle arme d’Achille vers la gloire qui lui était promise.  

Cette lecture valide :

La consigne n°26 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé : Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis à la gloire des immortels. Mais, grandissant côte à côte, un lien se tisse entre ces deux êtres si dissemblables. Quand, à l’appel du roi Agamemnon, les jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles.  » Impossible de lâcher ce livre. Toute la sauvagerie et le frisson de l’Antiquité.  » Donna TARTT  » Éprise de ses personnages, l’auteure ramène à la vie les statues antiques. Et l’on sort de son livre avec une grande envie de se replonger dans Homère.  » Le Monde Cet ouvrage a reçu le Orange Prize for fiction

Recueil de 480 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. À découvrir 🤗

Belgrave Square d’Anne Perry

Chronique d’Audrey

Encore une pépite que ce polar historique signée Anne Perry. Riche en émotions, en informations, en enquêtes. Tout y est, jusqu’à la fin qui est extraordinaire ! Toujours cette maîtrise dans la chute ! Anne Perry aborde encore et toujours les mêmes thèmes, sans nous lasser : la misère sociale et l’hypocrisie de la bonne société qu’elle n’épargne pas… 

L’histoire commence par le meurtre d’un usurier qui est également maître chanteur à ses heures. Ce dernier, cupide, n’hésite pas à faire chanter du beau monde. Or, tout ce beau monde semble être en relation avec Emily et Jack pour aider ce dernier dans la course à la députation. Emily étant enceinte, elle requiert l’aide de Charlotte pour recevoir lorsqu’elle ne peut pas, mettant ainsi la jeune femme à une juste place pour observer tout ce petit monde de suspects.


Tome riche en information d’un point de vue historique. Anne Perry aborde le manque de soutien vis-à-vis de la police après l’épisode Jack L’Eventreur. Également, comme d’habitude, les us et coutumes de la haute société. Les codes à respecter, les usages dans les dîners, etc. On est servi niveau mondanités : opéras, dîners, garden-party, etc. Les échanges entre dames donnent un certain piquant que j’ai vivement apprécié de lire. C’est également l’occasion de montrer la misère sociale avec l’usure ou encore des éléments plus terre-à-terre avec les tâches domestiques de Charlotte. Bref, ça fourmille de petits détails qui nous emmènent dans une société du XIX e siècle authentique.

Enfin, tome riche en émotion. Anne Perry nous met face, à travers ses personnages, à un dilemme moral. On compatit peu pour la victime. Pour autant, doit-on accepter que quelqu’un se fasse justice soi-même ? Elle a également particulièrement mis l’accent sur les sentiments des personnages. D’abord, la relation Charlotte-Pitt qui est toujours mise un peu à mal sur le sempiternel refrain « Charlotte s’est mariée en-dessous de sa condition » : Pitt culpabilise et Charlotte ne peut s’empêcher d’apprécier les quelques instants que lui procure sa sœur en la faisant rentrer épisodiquement dans son monde. Je suis ravie que l’auteure n’appuie pas trop dessus. A la fin, ça devient lassant. Anne Perry nous offre cependant de belles émotions en partageant pour la première fois la narration avec Micah Drummond. Cela a pour conséquence une Charlotte moins active, plus observatrice sans pour autant que ce soit gênant. 

Cette lecture valide :

La lettre A pour Autrice du défi Le Petit Bac

A propos du livre :

Résumé : Après qu’un obscur usurier a été retrouvé étranglé, l’inspecteur Pitt a besoin de tout l’entregent de son épouse Charlotte pour remonter la liste des gentlemen londoniens qui auraient eu intérêt à le voir disparaître. Lorsque William Weems, un obscur usurier, est assassiné du côté de Clerkenwell, une discrète jubilation se répand parmi ses clients qu’il n’hésitait pas, à sa façon, à « étrangler » sans pitié. Aussi, quand l’inspecteur Pitt trouve dans son bureau une liste avec les noms de la plupart des gentlemen londoniens, il prend conscience de l’ampleur de sa tâche. William Weems était un vulgaire maître chanteur. Mais Thomas a un atout en la personne de Charlotte, son épouse, issue de la meilleure société londonienne. Et que ce soit au cours de bals chatoyants ou de  » five o’clock tea « , elle observe ce monde de passion, de pouvoir et de cupidité que la police n’est pas autorisée à voir…

Roman de 414 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Audrey. À découvrir 🤗

De la Ciguë pour les vêpres de Peter Tremayne

Chronique d’Audrey

Recueil de nouvelles qui s’inscrit dans la série Fidelma de Cashel de Peter Tremayne, légiste irlandaise du haut Moyen-Age. Un recueil que je ne recommande pas si vous ne connaissez pas la série mais plaisant si au contraire vous la connaissez bien. L’auteur nous offre ici une Fidelma toute à ses énigmes, avant que ne commence la série mais également pendant. Une quinzaine de nouvelles dans lesquelles vous retrouvez les thèmes habituels de la série : la place de la femme dans cette société irlandaise, les différences entre la vision romaine et la vision irlandaise du christianisme, l’aspect politique du pays irlandais ainsi que ses voisins à l’époque du haut Moyen-Age. Cette série nous montre une Irlande d’une incroyable modernité avec un personnage plein de fougue.


Pour ce qui est du format nouvelles, ce n’est pas ce que je préfère et c’est peut-être le bémol de ce titre. Avec les nouvelles, j’ai du mal à rentrer dans l’histoire, à ne pas entrevoir la chute. De plus, Peter Tremayne a réutilisé par endroits des mécanismes utilisés dans ces romans, ce qui nous enlève quelques surprises. 


Pour autant, certaines nouvelles m’ont vraiment plu. La nouvelle éponyme, De la ciguë pour les vêpres, présente une chute assez incroyable. De même pour Invitation à un empoisonnement, qui en plus de la chute, nous offre un huis-clos digne d’Agatha Christie. Ambiance de huis-clos un peu morbide qu’on retrouve également dans Une sinistre abbaye. D’autant qu’on en apprend plus sur une certaine forme de christianisme, à faire frémir! Enfin, Un cantique pour Wulstan nous montre une énigme des plus réussies !

Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Des nouvelles de Fidelma de Kildare, princesse d’Irlande, religieuse et avocate auprès des Brehons d’Eirann. Tirant parti de la popularité des romans de Sœur Fidelma, Peter Tremayne signe quinze nouvelles avec l’inimitable et résolue détective Sœur Fidelma, religieuse et éminente avocate des tribunaux d’Irlande. Quinze intrigues policières, strictement chronologiques, qui permettent aux fervents lecteurs de combler les vides laissés entre les romans. Dans chaque histoire, Fidelma fait preuve de son habituel don et de son instinct pour mener les enquêtes, sous l’ancien système de lois Brehon en Irlande. Un trésor de petites pierreries pour les adeptes des mystères historiques.

Recueil de 464 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Audrey. Cela me donne envie de découvrir cet auteur 🤗

Le Chirurgien ambulant de Wolf Serno

Chronique de Maggy

Vitus vient d’apprendre un secret lié à ses origines inconnues de la bouche même de l’abbé Hardinus qui l’a recueilli au Monastère de Campodios quand il était bébé. A la mort de son cher abbé, Vitus est bien déterminé à retrouver sa famille et s’embarque dans une aventure vers l’Angleterre. A travers l’Espagne du XVIe siècle, il sera confronté à l’absurdité de l’Inquisition, fera de belles rencontres amicales, apprendra à se battre contre ses ennemis et toujours, il pratiquera la médecine et la chirurgie que ses bienfaiteurs lui ont apprise.

Le roman de Wolf Serno est d’abord un roman d’aventure puisqu’il fera vivre à son personnage, Vitus, une grande épopée. Il l’enfermera dans les geôles de l’Inquisition, le soumettra à la torture, l’intégrera à une troupe de saltimbanques, l’embarquera sur les mers… Et avec le chirurgien ambulant, nous en apprendrons toujours un peu plus sur la médecine du XVIe siècle. Je frémis encore à l’évocation de l’opération de la cataracte sur la place du marché ! L’auteur en profitera aussi pour distiller des informations intéressantes sur la marine. Maintenant, je crois savoir pourquoi on compte en nœuds la vitesse des bateaux.

Si Wolf Serno prend le temps de bien décrire ses personnages, y compris les secondaires, l’ouvrage n’échappe pas à quelques longueurs qui ralentissent parfois le rythme du récit. Il est des moments où le lecteur est plongé dans l’action aux côtés de notre sympathique chirurgien alors qu’à d’autres, il peine à poursuivre sa lecture. Cette inégalité de rythme peut parfois nuire à l’attachement que l’on peut éprouver pour les protagonistes mais la fin restant clairement en attente du second tome, il serait dommage de ne pas s’y plonger.

Cette lecture valide :

La lettre A pour Auteur (nationalité) du défi Le Petit Bac

A propos du livre :

Résumé : Espagne, XVIe siècle, monastère de Campodios. Sentant sa mort prochaine, l’abbé Hardinus convoque Vitus, son protégé, qu’il a découvert, abandonné, alors qu’il était encore un nourrisson. Afin que le jeune homme connaisse ses origines, il lui remet un indice : un tissu damassé, visiblement d’origine anglaise. Et voilà, pour Vitus, le début d’une quête semée d’embûches, de rencontres, et l’occasion de pratiquer son art, la chirurgie, sur les routes de l’Europe de la Renaissance. Tous les ingrédients du roman historique d’aventures sont ici réunis, pour le plus grand plaisir du lecteur: personnages pittoresques –nains, Tziganes, saltimbanques, corsaires –, évocation de l’Inquisition, complots, rebondissements incessants… Un vrai bonheur de lecture.

Roman de 800 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Maggy. Je l’ajoute à ma LAL 🤗

Un secret de Philippe Grimbert

Chronique de AMR

Un grand merci à Audiolib qui propose cette audio lecture gratuite en ces temps de confinement à cause de l’épidémie de covid-19…
J’avais entendu parler de ce roman de Philippe Grimbert, sobrement intitulé Un Secret, sur le thème de l’holocauste et des non-dits familiaux.
 
Au début, j’ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire. Pourtant la posture de l’enfant unique qui s’invente un grand-frère idéal devant celles et ceux qui ne sont pas assez proches pour vérifier son existence me touchait et m’émouvait, me rappelant mes propres rêves éveillés de fillette solitaire. En fait, je ne parvenais pas à cerner ce personnage, ses motivations, son besoin de mise en mots car, dans les premiers chapitres, il révèle un égocentrisme presque malsain et pathétique.
Et puis, je me suis raccrochée à mon intérêt pour la confrontation de la sphère privée et de l’Histoire, pour les points de vue individuels et intimes sur les grands bouleversements référentiels. Là, j’étais plus à mon aise et le personnage narrateur évoluait à la manière d’un jeu de piste, passant d’un niveau de compréhension à un autre, et l’accompagner s’avérait s’approprier de mieux en mieux son parcours vers la vérité et l’acceptation.
 
Le récit est à la première personne. Le narrateur n’est autre que l’auteur lui-même qui livre un témoignage poignant et sincère sur son histoire familiale. Il met un accent très humain sur les évènements décrits à l’échelle familiale… Eh oui, les juifs déportés avaient des vies de famille, des rapports de couples, des ambitions, des désirs… ; ces hommes et ces femmes avaient eu une vie avant d’être réduits à des ombres humaines, des corps nus jeté dans des charniers… ; ils et elles étaient des enfants, des adolescents, des jeunes gens, des parents, des aïeux, des fils et des filles, des frères et des sœurs, des oncles et des tantes, des gendres et des belles-filles, des beaux-frères et belles-sœurs, des ami(e)s… Ils avaient tous une histoire personnelle, des choses à transmettre ou à cacher.
Philippe Grimbert est psychanalyste ; il sait démêler les écheveaux familiaux, les héritages lourds à porter et leurs conséquences sur les générations suivantes et à venir. Son témoignage est lucide, tragique mais aussi porteur de résilience. À sa manière, il nous parle du complexe des survivants, quand ils dissimulent volontairement un passé traumatisant. Il est permis de se demander comment aurait réagi une personne qui n’aurait pas l’expérience de thérapeute de l’auteur : sa famille lui a dissimulé le premier mariage de son père, un demi-frère déporté et son identité juive. Même son nom d’origine, Grynberg, est devenu, peu après la guerre, Grimbert sans qu’on ne l’en ait jamais informé… Comment se construire dans ces conditions ?
 
L’écriture est efficace, sobre, à la fois impliquée par l’emploi de la première personne, et distanciée par un style volontairement inquisiteur pour mettre en scène des héros ordinaires et une recherche identitaire. Le titre de ce livre évoque de manière indéfinie un secret de famille pourtant bien identifié… C’est le secret de la famille Grimbert mais il prend des proportions à la fois considérables et incomplètes tant il est difficile à énoncer et à délimiter.
En même temps, j’imagine qu’il fallait s’affranchir de l’émotion pour rendre compte de cette expérience trop personnelle, donner vie au demi-frère fantôme, réel bien que fantasmé, remettre en perspective l’histoire familiale, les mariages et remariages, et, quelque part aussi, toucher à l’image paternelle et maternelle idéalisée.
 
Une audio lecture intéressante, difficile parfois. Le texte est lu par l’auteur, plutôt bien… Mais j’ai dû parfois revenir en arrière car la voix de Philippe Grimbert m’avait perdue en route.
Un secret est un témoignage à lire aussi entre les lignes, car ce livre à la problématique universelle est aussi un héritage personnel transmis par l’auteur aux siens et, à ce titre, il est digne du plus profond respect.





Cette lecture valide :

La consigne n°7 du défi Les Expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence. Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul . Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle , il démontre avec autant de rigueur que d’émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l’exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

Roman de 192 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Un roman lu il y a bien longtemps et qui m’a marquée à jamais 😢

Paul Manacoeur de Bertrand Le Chatain

Chronique de Laehb

Paul Manacoeur est au crépuscule de sa vie, vie bien remplie qui l’a conduit de ministère en grands établissements et instituts politiques, et avant de tomber dans le coma il arrive à murmurer quelques mots à sa petite fille Juliette, comme une dernière volonté, un témoin à passer.  Il ne veut pas partir sans transmettre ses souvenirs d’une période de sa jeunesse, peut-être la plus heureuse, dévoiler son histoire d’amour avec Julie au début des années 1960, une passion semée d’embûches, électrique, tenue secrète jusqu’à présent.
C’est incroyablement bien écrit, intelligent car on en apprend beaucoup sur les premières années de la Ve République et ses figures politiques phares, les personnages ont une vraie densité, on ressent tout le travail que l’auteur a fourni pour les animer.
J’ai également beaucoup aimé la narration à deux temporalités : Juliette de nos jours et Paul lors de ses jeunes années auprès de Pompidou, qui apporte beaucoup de rythme à la lecture et lui confère un aspect très cinématographique.
Je vous recommande chaudement ce roman et félicite l’auteur pour cette réussite.




Cette lecture valide :

La consigne n°27 du défi Les Déductions élémentaires

A propos du livre :

Résumé :

Paris, février 2018

Paul Manacœur – ancien ministre bardé de diplômes et de décorations, patriarche respecté de sa famille – semble avoir tout réussi.
Mais deux mots, murmurés avec peine à sa petite-fille Juliette, suffiront à dynamiter cette image lisse et austère, si soigneusement entretenue. Deux mots, dont le prénom d’une femme que personne ne connaît…
Qui est donc cette mystérieuse personne ? Quel a été son impact sur la vie de Paul ?
Et pourquoi ce secret ?

Paris, octobre 1962

Jeune fonctionnaire prometteur, Paul Manacœur débute sa carrière à Matignon, en tant que « plume » du Premier ministre. Au cœur du pouvoir, il y fréquente les grandes figures de la République, de Georges Pompidou au jeune Jacques Chirac.
Il y fait bientôt une autre rencontre, à laquelle rien ne l’a préparé.
Que s’est-il donc passé entre ces deux dates ? Quelle a vraiment été la vie de Paul Manacœur ?
Surmontant ses peurs, Juliette va mener une enquête qui la mènera dans les coulisses de l’État aux débuts de la Ve République, pour percer ce mystère : qui était vraiment Paul Manacœur ?

Plongez dans ce roman palpitant, entre amour passionnel, politique et secrets de famille.

« Un récit passionnant, où des personnages attachants composent une histoire troublante, dans une fiction très librement inspirée par Georges Pompidou… Paul Manacoeur restitue fidèlement l’atmosphère du cabinet du Premier ministre de l’époque. » Bernard Esambert, conseiller industriel auprès de Georges Pompidou entre 1967 et 1974

Roman de 494 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Laehb. Allez hop ! Dans ma PAL 🤗

Le Bal des folles de Victoria Mas

Chronique de Priscilla

J’ai eu la chance de gagner ce roman sur un groupe de lecture et je dois dire que c’est une très belle découverte, j’ai beaucoup beaucoup aimé ce roman.

J’aimerais savoir en distinguer précisément la partie romance de celle décrivant la réalité. Le sujet était captivant.

Les personnages sont forts et envoûtants. L’histoire émouvante.
J’aurais voulu qu’il dure encore et avoir la possibilité d’accompagner plus longtemps Geneviève et Eugènie. Deux femmes extraordinaires…
 
En tout cas je trouve que « Le bal des folles » est un bel hommage rendu aux femmes qui ont tant souffert à cause du pouvoir laissé aux hommes 



Cette lecture valide :

La consigne n°20 du défi Les Rougon-Macquart

A propos du livre :

Résumé : Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Roman de 260 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Priscilla. Ce roman m’a également touchée ❤

Avec cette lecture, je conseille le thé Porte Bonheur de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)