JEUX LIT AVEC SALLY : Cris de Laurent Gaudé

C’était une des lectures communes du mois de février

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore, retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front, « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix de ses compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité. Dans ce texte incantatoire, l’auteur de La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des lycéens 2002, prix des Libraires 2003) et du Soleil des Scorta (prix Goncourt 2004) nous plonge dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.

Roman de 192 pagesSe le procurer

Chronique de Kadeline

La première guerre mondiale est souvent considérée comme une folie généralisée mais la folie individuelle n’est que peu voire pas abordée. Dans cris, on va justement se centrer sur la montée de la folie individuelle en suivant plusieurs protagonistes qui, chacun à sa manière,  va gérer ou non sa santé mentale. La succession rapide des points de vue internes et les phrases courtes et régulièrement sans verbe, créent un rythme proche de l’apnée. L’immersion est vraiment malaisante ce qui illustre la réussite de l’auteur pour décrire les ressentis des soldats. Si je vois les mérites de ce roman, le fait qu’il tourne autour une série de descente vers la folie était trop dur pour moi. C’était intéressant mais trop pour moi. Il y a juste un point qui me laisse perplexe, je n’ai pas compris la fin. Un exemplaire pour les scolaires avec des explications m’aurait surement mieux convenu car c’est frustrant surtout quand ça touche la fin d’avoir le sentiment d’être passé à côté d’une chose importante.

Chronique de Sally Rose

Nous sommes dans les tranchées de la Grande Guerre. La parole est donnée tour à tour à des soldats, à un médecin et à d’autres personnages.
Chacun exprime ses peurs, sa détresse, décrit les conditions terribles dans lesquelles il participe à cette guerre.
Ce sont leurs cris de peurs, de larmes que l’auteur met au premier plan, en en faisant le chant universel de ces soldats appelés confrontés au froid, à la faim, la douleur, la peur, la mort.
C’est terrible et magnifique

Le mot de Sally Rose

Avec cette lecture, je conseille le thé Sélection de baies de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

Publicité

JEUX LIT AVEC SALLY : C’était Noël !

A l’occasion de Noël, Jeux Lit Avec Sally vous a offert la lecture d’un autre membre.

Voici les chroniques des 5 gagnantes

Amélie et Laehb ont lu

Résumé : Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force… Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ? « Un premier roman captivant et déchirant. » Booklist Prix coup de cœur Saint-Maur en poche 2018

Roman de 416 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

Lorsqu’Emi est née sur l’île de Jeju en Corée, elle a pris une place immense dans le coeur de sa grande soeur, Hana. Quelques années plus tard, en 1943, c’est pour la protéger qu’elle se sacrifiera, se laissant enlever par un soldat japonais afin qu’il ne capture pas Emi. Âgée de 16 ans, violentée, violée, séquestrée, elle deviendra l’une des nombreuses esclaves sexuelles (appelées alors « femmes de réconfort ») que l’armée japonaise mettait à disposition de ses soldats envoyés au front.
Le roman alterne les chapitres dans lesquels nous découvrons l’épopée infernale d’Hana, sa force inouïe et sa capacité à ne jamais perdre espoir, et ceux dans lesquels, en 2011, une Emi vieillissante, qui n’a jamais oublié sa soeur se rend à Séoul où vivent ses enfants. Des manifestations pour la reconnaissance des crimes de guerre du Japon y sont régulièrement organisées. La perspective de retrouver la trace d’Hana est ténue mais pour rien au monde Emi n’y renoncerait.
Puisant dans la puissance de leurs souvenirs, de leurs destinées, de leurs rêves mais aussi de leurs hontes, Mary Lynn Bracht nous entraîne vers un pan d’Histoire qui, pour ma part, m’était inconnu. Loin de se contenter de cela, elle met aussi la lumière sur les haenyeo de l’île de Jeju dont font partie Hana et Emi. Ces plongeuses à la détermination exemplaire, portent en elle bien plus que la tradition de leur métier. Indépendantes financièrement, elles sont un fleuron féministe au sein d’une société historiquement patriarcale.
Le souffle du récit nous emporte également jusqu’au beau milieu des steppes de Mongolie dans le quotidien d’une famille tout aussi touchante que celle des deux soeurs.
« Filles de la mer » se lit très facilement, notamment par sa tendance à pencher davantage vers l’action que vers le contemplatif. Pour autant, c’est l’émotion qui y occupe une place prépondérante pour le meilleur comme pour le pire. C’est un roman qui a énormément de qualités mais qui ne fait pas trop dans la nuance. Certains lecteurs regretteront donc peut-être un choix de personnages trop manichéens. Me concernant, au vu de ce qui est dénoncé, c’est un parti pris qui ne m’a pas du tout dérangée à la lecture.


La Chronique de Laehb

Pendant la seconde guerre mondiale, le Japon occupe la Corée. Des milliers de jeunes filles, de 9 à 18 ans seront capturées, arrachées à leur jeunesse et leur famille et seront envoyées dans des camps pour devenir « femmes de confort » pour l’armée impériale, comprendre esclaves sexuelles subissant les pires tortures.
L’humain ne cessera jamais de m’étonner par sa barbarie et cruauté.
Île de Jeju, 1943. Hana est une jeune haenyeo, une plongeuse sous-marine, cet héritage ancestral lui procure indépendance dans une société patriarcale. Avec sa mère, et comme leurs aïeules avant elles, elles nourrissent leur famille et revendent leur pêche. Sa petite soeur Emi est encore trop jeune pour participer à ces plongées en eaux profondes et les guette du rivage quand un soldat japonais approche. Hana a juste le temps de revenir au bord cacher in extremis la fillette, et pour la protéger se laisse arrêter. Commence son supplice.
Le roman s’articule autour des deux soeurs. Hana toujours en 1943 et Emi en 2011.
Ce roman est très émouvant, bouleversant mais également révoltant. L’autrice termine par
« C’est en nous souvenant du passé que nous l’empêcherons de se répéter. Les livres d’histoire, les chansons, les romans, les pièces de théâtre, les films et les monuments commémoratifs sont essentiels pour nous aider à ne jamais oublier, afin de construire l’avenir sur la paix. »
Oui c’est essentiel d’en parler, de se souvenir, de rendre hommage aux victimes et ne surtout pas, à l’instar du Japon, de mettre dessus un petit mouchoir, cacher cette vérité qui dérange pour l’oublier.
Malheureusement le viol continue et continuera d’être une arme de guerre, la femme paie doublement cher la folie des Hommes.

Priscilla a lu

Résumé : Télumée, paysanne de la Guadeloupe née au début du siècle, a été élevée par sa grande-mère, « haute négresse » justement nommée Reine Sans Nom. Télumée a souffert de sa condition de femme, de Noire et d’exploitée. Pourtant, qu’elle soit en compagnie d’Elie ou au côté d’Amboise, le révolté, sa volonté de bonheur, de « récolter par pleins paniers cette douceur qui tombe du ciel », est la plus forte. Voici l’univers des Antilles, avec ses couleurs, ses odeurs, sa vérité secrète, livré par une romancière qui s’approprie la langue française pour la soumettre à la musique noire.

Roman de 254 pages – se le procurer

Chronique de Priscilla

J’aime ces livres où on se laisse embarquer autant par l’histoire que par la qualité de narration de l’auteur.
En effet,  la plume de  Simone Schwarz-Bart est belle…presque chantante, et surtout émouvante.

C’est bien simple j’ai tout aimé de ce voyage en Guadeloupe ! D’ailleurs cette excursion m’en a rappelé une autre, qui m’avait tout autant plu, dans une autre île. Celle de la Réunion, à travers le récit de Lisiane Bernadette Thomas dans son roman Le souffle des disparus. 

J’y ai trouvé cette même authenticité, cette même force de caractère chez les personnages. Des destins de femmes fortes que la vie n’épargne pas.
Et puis cette touche créole dans les dialogues, la vie du quotidien et les croyances, ça me régale ! Dépaysement assuré. 

Et pour finir ce que j’ai beaucoup aimé aussi c’est que malgré la rudesse de leur vie le ton n’est jamais plaintif, au contraire même c’est le courage qui prône dans ces vies injustement difficiles.

A lire pour qui aime se sentir pleinement embarqué dans un décor où on devine les paysages et les odeurs =)

Ptitmousse a lu

Résumé : Un vieux notaire résolu à percer le secret de sa naissance. Un ado piégé en montagne, un jour de rando. Une jeune femme soumise aux ordres d’une mystérieuse Grande Prêtresse. Entre ces trois êtres si dissemblables en tout, il n’est qu’un seul point commun. Le Cheptel. Intégrée à la cellule TEH d’Interpol – pour Trafic d’Êtres Humains –, l’équipe du capitaine Eloïse Bousquet remonte une piste rouge de sang. Celle d’un monde clandestin où l’homme n’est que bétail – une marchandise, un jouet – à la merci des vices des puissants…Prix de l’Embouchure – 2018 ; Polar du meilleur roman francophone – 2018

Roman de 944 pages. Se le procurer

La Chronique de Ptitmousse

Ah ! le plaisir de se couler dans un beau pavé de plus de 930 pages ! Dès le début, j’étais dans de bonnes dispositions. Et ça a continué 🙂 Même si c’est un roman glaçant. Brrr ! Cette prêtresse est terrifiante et tellement cruelle (c’est un euphémisme !). Mais l’écriture et la narration sont top, top ! J’ai détesté la prêtresse, j’ai tremblé avec Bruno, j’ai espéré pour Atrimen, j’étais bien et j’ai aimé chacun des membres de l’équipe d’investigation. Les chapitres sont très courts (il y en aura d’ailleurs plus de 110 au total), ils donnent un rythme soutenu et font donc avancer bien vite le récit. J’ai tout avalé en moins de 15 jours. Un délice, cela faisait assez longtemps pour moi !

Après, j’ai tout de même un aspect qui m’a déplu à la fin, mais je ne peux vraiment rien vous dire 😉

Reste un thriller très, très efficace, un véritable page-turner ! Ce fut un délice (jusqu’à la page 910 ;)) ! Un prochain Céline Denjean est dans ma pal à coup sûr !

Ranine a lu

Résumé : Yujin, vingt-six ans, se réveille un matin dans l’odeur du sang. Jusqu’à ce jour, c’était un fils modèle qui se pliait à toutes les règles d’une mère abusive et angoissée. Que s’est-il passé la nuit dernière? Seuls des lambeaux d’étranges images émergent de la conscience de Yujin, et le cri angoissé de sa mère. Mais appelait-elle à l’aide? Ou implorait-elle? Pour trouver la clé qui déverrouille sa mémoire, Yujin va devoir remonter le temps. Des années de secrets, de silence, d’une vie contrôlée dans ses moindres détails, jusqu’à ce que tout bascule. Mais quand on a franchi la frontière interdite, il n’existe pas de retour possible. Un thriller dérangeant et obsédant, d’une exceptionnelle acuité psychologique.

Roman de 509 pages. Se le procurer

La Chronique de Ranine

C’est un livre très déstabilisant. On se retrouve dans la tête de Yujin, qui se découvre un matin couvert de sang et le cadavre de sa mère dans la cuisine. 
Est-ce lui qui l’a tué ? Une plongée dans une enquête sur le meurtre de sa mère, de sa vie qu’il redécouvre avec la lecture du journal intime de sa mère, de la construction de sa vie autour d’une manipulation… Chut ! J’en dis trop ! Déstabilisant parce que je me suis attachée à ce personnage malgré tout. Un excellent moment !

JEUX LIT AVEC SALLY : La littérature polonaise

C’était le thème du club de lecture du mois de janvier

Nous étions 6 à explorer le sujet

Amélie a lu

Résumé : Septembre 1939. Alors que Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes, les accords du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin s’élèvent à la radio nationale. L’interprète s’appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c’est une longue nuit qui commence… Une longue nuit dont l’issue aurait pu être la mort, sans un officier allemand, Wilm Hosenfeld – le plus improbable des sauveteurs. Hanté par l’atrocité des crimes nazis, il va protéger et sauver le pianiste. Mort en 2000 à Varsovie, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l’on redécouvre enfin ce texte, sobre et émouvant. « Un témoignage bouleversant venu du froid et de l’horreur. » Annie Coppermann – Les Échos

Roman de 297 pages – se le procurer

La Chronique d’Amélie

De 1939 à 1945, Varsovie est sous occupation Allemande. Wladyslaw Szpilman, pianiste émérite, polonais et juif, offre un témoigne aussi précieux qu’effroyable sur sa vie à Varsovie durant cette période. C’est un récit totalement hallucinant tant il semble invraisemblable qu’il ait pu survivre à tout ceci pour l’écrire.
Tandis que nos nerfs se tendent de concert avec les siens à chaque fois que la mort s’approche de si près qu’on en sentirait l’odeur ; que notre cœur se serre pour ceux qui n’ont pas eu la grâce du destin, l’auteur nous restitue également un panorama de toute une époque. La barbarie nazie dans son crescendo abominable ne nous est pas épargnée, et en réaction à celle-ci, se côtoient pêle-mêle toutes sortes de positionnements clivants. De la résistance à la collaboration, de l’espoir éperdu à la volonté d’en finir, du profit à la misère la plus extrême, au sein même du ghetto de Varsovie l’unité n’est pas de mise entre les opprimés.
Au fil du temps pourtant toutes ces voix s’amenuisent, laissant place à la solitude du miraculé emplie de cette peur permanente, omniprésente, qui n’a pour compagnes que la faim et une soif de vivre plus forte que tout quand il ne reste plus que ça à quoi se raccrocher. Cette folie aura-t-elle une fin ? Et laquelle… ?»


Arwen78 a lu

Résumé : Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.

Recueil de nouvelles de 381 pages. Se le procurer

La Chronique d’Arwen78

Divisé en sept parties, « La voix de la raison » est un intermède entre chaque nouvelle aventure du sorceleur. Elle est la suite  directe de la mission avec la stryge.
Grièvement blessé, Geralt de Riv se fera soigner dans le temple de la déesse Melitele par Neneke, sa grande prêtresse.
S’ensuivront des chapitres où on apprendra à  mieux connaître Geralt de Riv. Des chapitres qui font également référence à des contes tels que La belle et la bête …
Ce premier tome pose les bases  d’un monde plein de mythologie. Ces  nouvelles mettent en place les premières rencontres qui auront une importance dans la saga.
 Ce livre met en valeur le métier de Geralt et les difficultés  auxquelles le chasseur de monstres fait face. De caractère désabusé, teinté d’humour cynique, ce sorceleur saura nous charmer.
Dans ce livre, on découvre les missions risquées du sorceleur et les intrigues en cours. Les personnages secondaires sont forts.
A l’issue de ce livre, par curiosité,  je lirais bien le deuxième tome, surtout que cela me sort de ma zone de confort.

Audrey a lu

Résumé : Un best-seller international : David Gemmell Legend Award 2009 du Meilleur roman de Fantasy. Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu’elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l’enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l’antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l’ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s’emparer d’elle et n’hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins… 

Roman de 471 pages – se le procurer

Chronique dAudrey

Un tome que je suis assez curieuse d’avoir apprécié en toute objectivité.

Le cycle du Sorceleur est, par bien des endroits, quelque peu déroutant. Il commence par deux recueils de nouvelles qu’il est conseillé, sans être indispensables, de lire avant d’entamer le Sang des elfes.

Ce tome est curieux. Avec le titre, on devine qu’un sujet est crucial : celui de l’existence de la petite Ciri. Qui est-elle ? Où est-elle ? Et surtout qu’annonce-t-elle? La Destinée l’a choisi, mais pour quel chemin? Des questions qui ne trouvent pas toutes leurs réponses dans ce tome.
A bien des passages, on est un peu déroutés. Outre les questions sans réponses, il y a les ellipses narratives, les allers-retours dans le temps et surtout l’absence de fil conducteur réel. Au final, quel est le but de ce tome si ce n’est poser la base de ce cycle ? En effet, on revoit Geralt le Sorceleur. On revoit Jaskier. On revoit Yennefer. On revoit Ciri. Par là, on apprend à mieux les connaître et apprécier. On apprend également le contexte ambiant, la guerre contre Nilfgaard.
Malgré ces différents éléments qui ont engendré une certaine perplexité, j’ai apprécié ce tome. J’ai aimé le ton de la narration. J’ai aimé les différentes actions. Je ne m’y suis pas ennuyée. J’ai aimé ce monde original. J’ai aimé cette fin qui appelle une suite à découvrir rapidement.

Kadeline a lu

Résumé : Esther Rudomin pensait que sa vie heureuse dans la ville polonaise de Wilno durerait toujours. Elle chérissait tout, depuis les lilas du jardin de son grand-père jusqu’au pain beurré qu’elle mangeait chaque matin à son petit déjeuner. Et lorsque les armées d’Hitler envahirent la Pologne, en 1939, et que les Russes occupèrent Wilno un an plus tard, le monde d’Esther resta intact : pour elle, les guerres et les bombes s’arrêtaient à la grille du jardin. Mais un matin de juin 1941, deux soldats russes, baïonnette au canon, se présentèrent. La tragédie n’est jamais loin tout au long de l’histoire d’Esther, mais les Rudomin gardèrent courage d’un bout à l’autre des cinq années que dura leur exil, malgré la faim et les privations.

Roman de 350 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Avant de commencer, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, il y a un défaut d’impression et ce n’est pas celle du bon roman qui est imprimée, du moins sur mon exemplaire.
La steppe infinie raconte une partie de la vie de l’autrice : son quotidien pendant la seconde guerre mondiale. Esther et sa famille sont des juifs aisés de Wilno en Pologne (actuellement Vilnius en Lituanie). Quand la guerre est déclarée, la ville est envahie par les Russes. Un matin, toute la famille est emmenée. Ils sont alors envoyés non pas dans un ghetto ou dans un camps de concentration en tant que juifs mais en Sibérie en tant qu’opposants au communisme. Et si cette condamnation leur sauvait finalement la vie ? Ce roman autobiographique adapté aux jeunes lecteurs dès 11 ans montre un aspect peu connu de la seconde guerre mondiale. C’est un récit adapté au public cible tout en réussissant à ne pas cacher l’horreur de certaines situations. J’ai apprécié la façon dont c’était écrit et le déroulé de l’histoire qui prend une dimension insoupçonnée. On ne se contente pas de décrire la vie dans un camps et/ou une ville de Sibérie, ni de tourner tout le récit autour la seconde guerre mondiale. Si la vie quotidienne est décrite et la guerre reste présente, c’est avant tout un récit autour d’une enfant de 10 ans qui s’acclimate et grandit. Il y a un bel équilibre entre le contexte historique et géographique et la capacité d’adaptation d’un enfant avec toutes les problématiques qui priment quand on a une dizaine d’années. Tout en restant accessible, ce livre permet d’aborder beaucoup de choses très intéressantes en particulier les différences de réactions entre adultes et enfants face à une même situation. J’ai trouvé très bien traité l’aspect familial, la peur du changement et la capacité de résilience qui différent d’un personnage à l’autre. C’est une belle découverte qui aborde des thèmes peu mis en avant habituellement dans les récits autour de la seconde guerre mondiale.

Laehb a lu

Résumé : Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au coeur des Sudètes. Ingénieur à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’oeuvre de William Blake. Un matin, elle retrouve un de ses voisins mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C’est le début d’une longue série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouve des traces animales. La police enquête. Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie sur la question, tout le monde la prend pour une folle… Car comment imaginer qu’il puisse s’agir d’une vengeance des animaux ?

Roman de 288 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Je n’avais jamais lu cette autrice, et en toute honnêteté, je ne sais pas si je l’aurai découverte si elle n’avait pas été récompensée du Nobel de littérature.
Cette lecture a été une très bonne surprise. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais mais ce n’était pas à ça !
L’héroïne, ancienne ingénieure des ponts et chaussées a parcouru le monde et finit par s’établir dans un petit hameau éloigné, difficile d’accès dès que la neige apparaît. Il y a quelques maisons alentour mais la plupart sont fermées pour l’hiver, les propriétaires préférant la douce saison.
Lorsque un de ses voisins, braconnier notoire, célèbre pour sa cruauté, décède un petit os de biche coincé dans la gorge, elle y voit une vengeance des animaux de la forêt. Un simple retour des choses après tant de souffrances infligées.
Les morts brutales continuent, elle est persuadée du bien fondé de sa théorie, s’appuyant sur ses connaissances astrologiques et les thèmes astraux des victimes qu’elle aura calculés.
Vous imaginez bien l’accueil réservé à ces déductions. D’excentrique, elle passe à folle furieuse.
J’ai beaucoup aimé ce personnage. Elle est autant « barrée » qu’attachante et sa dévotion pour le règne animal émouvant.
Très belle découverte, très bonne lecture, je suis ravie de cet achat.

Maggy a lu

Résumé : Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil… Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin. À moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer… « On dévore ce polar polonais… Vous allez vous régaler avec cette histoire de thérapie collective qui dégénère. » Pascale Frey – ELLE « Un des livres les plus passionnants publiés l’année dernière et un portrait saisissant de la Pologne contemporaine. » Yann Plougastel – Le Monde Cet ouvrage a été finaliste du Grand Prix des lectrices de ELLE

Roman de 472 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

Alors qu’un groupe de personne avait participé à une thérapie de groupe, une « constellation familiale », dans la crypte d’un ancien monastère, l’un des patients du Dr Rudzki est retrouvé mort le lendemain matin, une broche à rôtir plantée dans l’œil. C’est Teodore Szacki, procureur à Varsovie, qui est chargé de l’enquête.

Le roman est découpé en journées, du 5 au 17 juin de l’année 2005; chacune d’entre elles est précédée des actualité et de la météo. Durant cette dizaine de jours, nous suivrons principalement le procureur Szacki, mari lassé, papa aimant mais trop souvent absent, fan de jeux vidéos, désargenté, fatigué de ses meubles Ikea dans son tout petit appartement, 35 ans et déjà les cheveux blancs, sur le fil de l’infidélité. Il deviendra un héros récurrent de l’auteur.

Au cœur de l’intrigue, l’étonnante thérapie de la « constellation familiale » développée par Hellinger au début des années 1990. Pour le néophyte, cette méthode qui s’appuie sur le principe du jeu de rôle semble relever de la supercherie. Pourtant, pour les initiés, elle porte ses fruits dans la résolution de conflits familiaux essentiellement. Notre procureur restera dubitatif, surtout qu’on touche presque au mysticisme, qui a peu de place dans la mémoire collective de la Pologne qui ressent toujours les stigmates des années communistes.


Parce qu’au-delà de l’enquête proprement parlée, c’est toute la Pologne, et plus précisément sa capitale, qui tisse la toile de fond du roman. Une Pologne toujours meurtrie par son passé, des Polonais qui doivent parfois continuer à craindre ce qui se cache dans les administrations corrompues, une Varsovie à l’architecture défigurée qui ne parvient pas à entrer dans la modernité.

Les impliqués est donc un roman intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que le polar polonais, ce n’est pas ce qui court nos rues occidentales (et celui-ci a quand même reçu le prix du meilleur de sa catégorie en son pays en 2008); ensuite parce qu’on ne connait rien ou pas grand chose de la machine judiciaire au pays de Jean-Paul II (dont la marque est encore bien présente puisqu’il n’est mort que quelques semaines avant le début de l’intrigue) et que les arcanes de la justice y semblent bien différentes de celles que l’on connait et enfin parce que l’auteur utilise l’histoire de son pays comme ingrédient de son enquête.

Bref, un auteur à découvrir.



Sally Rose a lu

Résumé : À Varsovie, au cœur de l’hiver, l’inspecteur Mortka est appelé sur le lieu d’un incendie. Dans les ruines fumantes, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui fraye parfois avec la mafia. Sa femme, Klaudia, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka aimerait croire à un accident, mais il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage. Il faudra toute la ténacité de Mortka pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson.     Un livre sombre et âpre, plein de mystères. Le polar polonais a désormais sa star.  Philippe Blanchet, Le Figaro.   Porté par une intrigue percutante et une galerie de personnages bien trempés, Pyromane tient ses promesses.  Estelle Lenartowicz, Lire. Traduit du polonais par Erik Veaux.

Roman de 448 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

C’est une ville de Varsovie sous la neige par des températures autour de 20 degrés en-dessous de zéro dans laquelle l’inspecteur Jakub Mortka poursuit un pyromane en série a priori doublé d’un meurtrier.
Alors qu’il vient de divorcer et vit en colocation avec des étudiants bruyants, il entame cette enquête dans un pays où les autorités doivent composer avec la pègre et où l’alcool réchauffe davantage que le bois.
Ce roman policier est de facture ultra classique et c’est ce qui fait son charme. Pas de globules inutiles, des petites cellules grises en action, un collègue alcoolique, un procureur pas sympa : tout ça est un peu caricatural mais ça se passe en Pologne ce qui apporte un certain dépaysement
À essayer

Filles de la mer de Mary Lynn Bracht

Chronique de Ranine

Alerte coup de cœur !
Une histoire forte de 2 sœurs qu’on suit en parallèle, une en 1943 et l’autre en 2011.
Une histoire dure, âpre, limite insoutenable.
Je suis passionnée par la deuxième guerre mondiale, mais je connais peu ce qu’il s’est passé en Corée.
Ces deux femmes, aux destins tragiques, sont attachantes (particulièrement, Hana, qu’on suit en 1943). J’ai été frustrée que cela se termine.
Un douloureux mais superbe roman.
A lire d’urgence.

Cette lecture valide :

La consigne n°7 du défi La Pluie de mots

A propos du livre :

Résumé : Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force… Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ? « Un premier roman captivant et déchirant. » Booklist Prix coup de cœur Saint-Maur en poche 2018

Roman de 409 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Ranine. Direct dans ma LAL 🤗

Avec cette lecture, je conseille le thé Sélection de baies de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

Dis Mamie, c’est quoi la guerre ? de Annie Massy

Chronique de AMR

Comment parler de la guerre aux enfants, à celles et ceux qui ont la chance de n’avoir pas connu de telles périodes dans leurs vies ? Et aussi, pourquoi en parler ?
 
Je connais bien déjà Annie Massy pour ses romans historiques…
J’ignorais qu’elle encadrait aussi des ateliers d’écriture. Dis Mamie, c’est quoi la guerre ? est une mise en forme des travaux d’un groupe de femmes qui ont choisi de s’exprimer sur des souvenirs communs, des souvenirs d’enfance. Et, leur enfance, elles l’ont vécue pendant la seconde guerre mondiale. Ce livre a été édité en 2003, puis réédité et enrichi en 2019.
 
L’originalité de ces écrits réside dans la focalisation ; les personnages, huit femmes, se remémorent la vie quotidienne des enfants pendant la guerre en gardant leur vision d’alors, en s’efforçant de la transcrire en mots. Ce n’est pas facile, car elles font partie d’une génération qui n’a pas l’habitude de s’épancher, de s’analyser, de mettre des mots sur des traumatismes ; à leur époque, les enfants et les adolescents n’avaient pas le même droit à la parole qu’aujourd’hui et on ne prenait pas la peine de leur donner des explications sur l’actualité.
Toutes ces femmes étaient d’origine modeste, ouvrière ou paysanne et vivaient dans les environs de Chaumont ; plusieurs d’entre elles sont aujourd’hui décédées.
Pour les aider à s’exprimer, un personnage fictif a été créé de toute pièce par Annie Massy, un petit-fils collectif en quelque sorte, qui les questionne, les pousse dans leurs retranchements, explore leurs non-dits ; il a la faculté de grandir avec elles, d’avoir l’âge qu’elles avaient au moment des faits et ainsi de suivre la chronologie des événements entre la déclaration de guerre et la fin de l’occupation, soit de sept ans à dix-huit ans environ.
 
Ce livre est présenté sous forme de dialogue entre Arthur et les Mamies et couvre différents thèmes de manière chronologique depuis la déclaration de guerre jusqu’à la débâcle et l’après-guerre, en passant par l’exode, les contacts avec les Allemands, les retours en zones occupées, les difficultés d’approvisionnement, les pillages, les bombardements, les persécutions des juifs, la résistance… Surtout, il est question de la vie quotidienne, des façons de vivre, de l’école, des jeux et des corvées confiées aux enfants. Quelques photos et cartes postales illustrent les récits.
L’écriture est sincère, naturelle, mais toujours avec retenue ; si tout est dit, c’est souvent à mots couverts. Il y a beaucoup de pudeur dans ces témoignages, de dignité aussi. Pas de pathos excessif, jamais…, de la discrétion toujours.
 
Annie Massy a fait là un très beau travail de mémoire, dans le respect de la parole de chacune des participantes.
Un livre nécessaire, à mettre entre toutes les mains. Des témoignages uniques et pourtant à portée universelle.

Cette lecture valide :

La consigne n°20 du défi Les Expressions gourmandes

A propos du livre :

Résumé : Quand Geneviève Lamontre a demandé à Annie Massy d’aider des Anciens à écrire leurs souvenirs, celle-ci n´a pas été enthousiaste mais il est difficile de lui dire « non », surtout qu’elle s’engageait à s’occuper de toute l’organisation des réunions. Des vingt personnes du départ, il est resté sept femmes, toutes nées vers 1931, et qui voulaient raconter leurs souvenirs de leur première enfance. L’aventure littéraire a duré dix-huit mois. Rapidement, l’intérêt des textes recueillis au gré des séances est devenu évident : plus de soixante ans plus tard, les anciennes fillettes de la guerre racontaient leurs souvenirs comme si elles les revivaient, leur donnant ainsi une vie et une actualité exceptionnelles.

On dit que la guerre est une affaire d’hommes : ici c’est celle racontée par des petites filles, comme elles l’ont vécue (en focalisation interne très réussie) et à qui on n’avait pas le temps d’expliquer les choses. Si elles n’ont pas tout compris, elles l’ont bien ressenti et elles le racontent.

Ce livre a tout de suite trouvé son public : les mamies et leurs petits enfants, et a fait le tour de la France. Mais si vous le prêtez à un homme qui a connu cette période, méfiez-vous, il risque de ne pas vous le rendre ; si vous en parlez autour de vous, vous déclenchez le retour des souvenirs et des discussions sans fin : ce sont les effets que produit ce livre. Il permet des dialogues entre générations en montrant la vie quotidienne pendant la guerre de 1939-1945 et pendant la reconstruction, jusqu’à 1949. Beaucoup de livres ont été écrits sur cette période historique mais celui-ci le fait d’une façon tout à fait originale, comme le prouve son succès inattendu.

Recueil de témoignages de 152 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage AMR. Je suis très émue devant ce recueil de témoignages, ma grand-mère ayant toujours refusé de parler de cette époque. Je vais commander un exemplaire à l’autrice (pour ceux qui sont intéressés la marche à suivre est indiqué en bas de cette page) 🙏

Les chroniques de St Mary – Tome 3 : une seconde chance de Jodi Taylor

Chronique de Iz43

Je ne me lasse pas des chroniques de St Mary.
Les sauts dans le temps sont passionnants . J’ai même envié Max car, comme elle, la Guerre de Troie est l événement historique que je préfère.
Si les expériences vécues par nos historiens préférés sont passionnantes, elles n’en restent pas moins émouvantes, bouleversantes et tragiques. Afin de ne pas altérer la ligne du temps, les historiens ne peuvent en aucun cas agir. Cela veut dire voir des gens mourir sans pouvoir leur porter secours. Et on comprend facilement la culpabilité et la tristesse ressenties.
Fort heureusement l équipe de St Mary sait rebondir. L’équipe est toujours aussi déjantée ( la fameuse course au fromage !), aime toujours autant picoler ou manger des saucisses.
Des liens étroits unissent les individus de St Mary même s ils le cachent souvent.
J ai trouvé ce tome très touchant . Quant à la fin je n ai pu m’empêcher de pousser un cri de frustration. Je n’ai pas encore le tome 4 sous la main.
J ai vraiment apprécié ma lecture. Jodi Taylor a une imagination incroyable et ferait aimer l’Histoire à n’importe qui. Je l’ai trouvée convaincante et originale.

Cette lecture valide :

La lettre T du défi Abécédaire

A propos du livre :

Résumé : Derrière la façade très académique de l’institut St Mary, les équipes d’historiens, de techniciens, de chercheurs ont découvert le secret du voyage dans le temps. Ici on n’étudie pas seulement le passé, on le visite…

Dans ce troisième tome, la jeune historienne Madeleine Maxwell et son équipe sont de retour et rien ne va plus. De la rencontre avec Isaac Newton au champ de bataille sanglant d’Azincourt, les historiens volent d’une catastrophe à une autre. Mais c’est surtout à Troie, alors qu’Achille et Hector s’apprêtent à s’affronter sous ses yeux, que le destin de Max va se jouer. Car si elle espère pouvoir percer le mystère du cheval de Troie, expliquer la destruction de cette cité mythique et toucher du doigt le destin tragique de Cassandre, elle va aussi devoir faire des choix irréversibles.

Roman de 352 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Iz43. Les voyages dans le temps font toujours rêver…😍

JEUX LIT AVEC SALLY : « noir » ou « blanc » dans le titre

C’était le thème du club de lecture du mois d’octobre

Nous étions 7 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : Après des années de guerre, la Terre sainte connaît enfin le calme. Baybars se retire au Caire et le prince Édouard rentre en Angleterre ourdir ses plans.
Mais, dans les deux camps, des hommes de l’ombre intriguent et complotent.
Pour une cause, pour la vengeance, pour le profit.
Pour la guerre.

Saint-Jean-d’Acre, 1274. Will Campbell est un Templier, un soldat entraîné au combat. Mais parce qu’il est membre d’une mystérieuse société secrète baptisée L’Âme du Temple, il est aussi un homme de paix qui a œuvré à la trêve désormais installée entre chrétiens et musulmans de Terre sainte.
Pourtant, les vieilles querelles ne demandent qu’à être rallumées. Édouard a promis au pape une nouvelle croisade et, en Orient, certains marchands commencent à trouver que la paix ne remplit pas assez leurs coffres. Quant au fils aîné de Baybars, il a décidé d’en découdre avec les chrétiens. Définitivement.
Alors que le pire se prépare, Will est tiraillé entre ses devoirs de Templier, son rôle au sein de L’Âme du Temple et l’amour impossible qui le lie à Elwenn. Lorsque son ami de jadis et faux frère d’aujourd’hui, Garin de Lyons, est envoyé par Édouard en Terre sainte, la vie de Will sombre définitivement dans le chaos et la destruction…

Conspiration, pouvoir et passion au temps des croisades : une épopée historique hors du commun.

Roman de 804 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Une semaine pour lire ce pavé et pourtant ce n’est pas le manque d’attrait qui en est la cause.
Tome 2 d’une trilogie, je craignais, ayant lu le tome 1 il y a un bon moment, ne plus me souvenir de tout, me rappelant que ledit tome n’était pas sans beaucoup d’aventures. Au final, l’auteure gère très bien et nous dissémine de-ci, de-là des rappels.

On retrouve donc Will Campbell. Templier mais également membre d’une société secrète au sein de cet ordre : l’Anima Templi ou Ame du Temple. Nous le retrouvons en Terre Sainte, dans la ville d’Acre. Nous le retrouvons tout à ses difficultés : au sein du Temple, au sein du Cercle ou dans sa relation passionnée mais interdite avec Elwen. Sur fond de fresque historique, Robyn Young nous emmène dans une incroyable aventure dans ce Proche-Orient médiéval. Alors que Will et ses partisans œuvrent pour une paix, force est de croire que peu de personnes, musulmans comme chrétiens, ne la désirent pas, cette paix. Complots, trahisons sont de mises, le tout dans un rythme frénétique dans lequel on ne s’ennuie jamais.
L’auteure parvient à nous faire saisir la très mince possibilité de maintenir la paix entre les ambitions et croyances des uns et des autres. On parvient également à palper tout l’univers cosmopolite que représentaient ces terres orientales.
Centrée sur la dernière croisade, cette épopée ravira les férus d’histoire même si l’auteure admet avoir pris quelques libertés.

C’est en tout cas un récit qui m’apprit beaucoup sur cette période riche de l’histoire. Il me tarde de lire le tome 3 !

Kadeline a lu

Résumé : Venise, 1579 Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. À l’aube du carnaval, la cité des Doges s’éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps dans vie d’un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n’est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste… ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane, entrevoit la vérité. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu’elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantôme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d’injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitiens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort. Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise… AUTEUR Philosophe de formation, Charlotte BOUSQUET est l’auteure d’une dizaine de romans pour les adultes et pour la jeunesse. Elle a récemment publié La Marque de la bête (Mango) et Arachnae (Mnémos), un thriller de fantasy inspiré d’une Renaissance italienne qu’elle adore. Elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prix Merlin pour Les Arcanes de la trahison (Nestiveqnen). ILLUSTRATEUR (couverture) Né en 1978, Aurélien POLICE est un illustrateur polyvalent qui exerce son activité tant dans la réalisation de pochettes de disques que les couvertures de romans, l’illustration d’articles de presse et de jeux de rôle que la réalisation de courts métrages. Essentiellement numérique, son travail mêle la photographie, les scans de peintures ou de dessins, et lui confère son style si particulier.

Roman de 286 pages. Se le procurer

La Chronique de Kadeline

Noire lagune se déroule au 16ème siècle à Venise. La ville sort d’une épidémie de peste et on commence à  trouver de nouveaux cadavres qui semblent  touchés par la peste : nouvelle épidémie ou crime en série ? La peste est interprétée comme un châtiment divin, un courroux qui tomberait pour punir les vices et les personnes de « mauvaise vie ». La conséquence directe de cette croyance est, qu’à chaque épidémie, on cherche un bouc émissaire dans l’espoir de calmer Dieu et faire fuir la maladie. La cible idéale à lyncher sont les prostituées et les courtisanes. Pour éviter une nouvelle série d’assassinats, une apprentie courtisane va mener l’enquête pour prouver que ce n’est pas la peste qui sévit. 

C’était une bonne lecture mais j’ai un souci avec le fait que ça soit classé roman pour ado car ça combine des choix d’écritures complexes. Charlotte Bousquet a une écriture très travaillée. Elle retranscrit l’ambiance du lieu et de l’époque de manière poussée. Le souci est que ça demande beaucoup de connaissances en amont pour entrer dans l’histoire et comprendre ce qu’on lit. Il y a énormément de termes spécifiques : les différentes pièces de costumes de carnaval, les différents métiers, les matériaux… Même moi, en tant qu’adulte plutôt cultivée, j’ai pagayé au départ. Le lecteur se retrouve avec un choix obligatoire : prendre le parti de ne rien comprendre ou passer son temps le nez dans le lexique (je conseille de lire le lexique avant de commencer le roman ça aide).Quand on est avec un texte qui demande un tel niveau de concentration, le classer en ado c’est osé. Je ne dis pas que les ados n’en sont pas capables,  juste que la combinaison plume, vocabulaire, univers et construction du récit  avec pour chacun un niveau d’exigence élevé, ce n’est pas courant. Il faut s’attendre à une très belle plume, beaucoup de vocabulaire peu familier et compliqué, et une intrigue foisonnante surtout dans les premières pages.  Le début est laborieux, la combinaison de tous les éléments peut faire beaucoup pour des ados. Il faut arriver à passer les 50/100 premières pages, après c’est beaucoup plus fluide. J’ai apprécié l’aspect historique qui est intéressant et instructif. Les personnages sont bien construits. Le texte est agréable à lire quand on a intégré tous les prérequis.  C’est un policier historique bien réalisé. Attention il y a des scènes très dures avec des animaux, des enfants et des femmes. J’ai beaucoup aimé cette lecture mais trouver la cible pour ce roman est complexe, il me parait  particulièrement difficile d’accès et sombre pour des ados et en même temps l’intrigue va un peu vite pour des adultes.

Laehb a lu

Résumé : En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Devenu fou de rage depuis la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune et, surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’était compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges. Trente ans après  Misery, Stephen King renoue avec l’un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir, où l’on retrouve les protagonistes de  Mr Mercedes  (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… comme le pire.   Un suspense de très haut niveau et une intrigue au déroulé parfait qui vont faire passer au lecteur de belles nuits blanches. Renaud Baronian, Le Parisien.

Roman de 576 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Tome 2 de la trilogie Bill Hodges.
Même si les enquêtes peuvent être lues indépendamment je le déconseille. Primo car ce serait dommage de passer à côté de Mr. Mercedes, et c’est déjà une raison plus que suffisante ! Mais aussi car on retrouve des personnages et des situations et cela pourra «divulgâcher» le premier opus ou vous laisser circonspect.
J’ai pris grand plaisir à lire ce Stephen King loin de ses habituels romans de science-fiction ou d’horreur. Celui-ci est un roman policier classique, roman à suspense où la tension dramatique n’est pas créée par l’interrogation sur l’identité du criminel car nous le suivons dès les premières pages et sur plusieurs décennies. Le suspense est ici dans le compte à rebours, Hodges reussira-t-il à le mettre hors d’état de nuire? J’apprécie beaucoup cette construction et le temps consacré à la description des personnages, à leur évolution.
La thématique de l’écrivain reclus, du fan obsédé-déçu et du personnage de fiction porté aux nues est vraiment intéressante et toujours autant d’actualité (depuis son Misery ou par exemple le fanatisme généré par Harry Potter) et fait forcément réfléchir la lectrice passionnée que je suis.
J’aurai aimé lire cette saga du Coureur et découvrir ce Jimmy Gold qui déchaîne les passions. Voilà le don du King, vous donner envie de plus, mais surtout de l’impossible !
Je vais évidemment me précipiter à la librairie commander le troisième et dernier volet, la dernière page dévoilant un rebondissement complètement dingue. Chapeau l’artiste !

Maggy a lu

Résumé : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

Roman de 505 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

J. Will Dodd nous livre les journaux de bord tenus par son arrière-arrière-grand mère à la fin du 19e siècle. A cette époque, les indiens vivaient encore libres dans la Grande Prairie même s’ils sentaient, comme une intuition, que les Hommes Blancs pouvaient être leur perte. C’est la raison pour laquelle le grand chef Little Wolf a fait le pari fou de proposer au président Grant d’échanger mille femmes blanches contre mille chevaux. Les enfants issus de ce mélange ethnique devraient être l’avenir du peuple indien et vivre en harmonie avec les Blancs dont ils détiendront une partie d’héritage. May Dodd se porte volontaire pour cette aventure qui s’annonce excitante… Ses carnets nous racontent cette folle année qu’elle a vécue au sein d’une tribu cheyenne pour qui les réserves indiennes n’étaient encore qu’un vague concept. On sait que tout n’est que fiction; d’ailleurs l’auteur le rappelle à la fin du roman. Mais c’est tellement bien raconté, c’est tellement criant de vérité, qu’on oublie tout au long de la lecture que cette histoire ne s’est jamais produite, que ces carnets sans âge n’ont jamais existé. Et c’est cela tout l’art de Jim Fergus: nous faire vivre une vraie aventure depuis son canapé. Parce qu’on l’a senti dans nos tripes l’enthousiasme de ces femmes téméraires, qui ne savaient pas très bien dans quoi elles se lançaient mais qui pensaient que ça ne pouvait être que pour un mieux. On l’a vue devant nous cette Grande Prairie où paissent les bisons, il a fait frémir nos narines ce feu de bois où des marmites mitonnent à toute heure du jour et de la nuit, on les a entendus ces « hou hou » au-dessus des galops des chevaux… Et c’était juste formidable ! Un bien beau voyage donc, dans un temps qui n’est plus depuis longtemps, au sein de ce peuple qui n’avait même pas de mot pour évoquer le concept du « mal », qui croyait un peu à la magie et beaucoup en la famille. Jim Fergus, sans être militant, nous propose un bel hommage à ces hommes et ces femmes, issus d’un autre temps et dont les âmes continuent certainement de parcourir la Grande Prairie.

Priscilla a lu

Résumé : Le jour paraît sur Giverny. Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé… « On finit totalement emballé, le cœur un peu serré… Vraiment, génial ! » Ouest France « Passé et présent se superposent et c’est peu dire que l’on passe par toutes les couleurs… » Marie France Ce roman a reçu cinq prix littéraires en 2011

Roman de 492 pages – se le procurer

La chronique de Priscilla

Il y a quelques mois j’avais lu la BD adaptée de ce roman et j’avais été séduite par son graphisme et encore plus par le dénouement de l’histoire, si bien que je m’étais promis de lire le roman.

J’ai particulièrement aimé cette lecture au goût de redécouverte. J’ai la sensation que d’en connaître l’issue m’a permis de mieux appréhender l’histoire et d’apprécier tout particulièrement toute la richesse et la complexité des personnages. 

J’imagine que pour beaucoup de lecteurs ce livre a insufflé une envie irrépressible d’aller faire un détour par Giverny, et je ne fais pas exception… Cela faisait déjà quelques mois que j’avais envie d’y retourner, encore plus maintenant que j’ai fini les Nymphéas noirs car l’auteur a parfaitement  su peindre les décors avec sa plume !

Je ne connaissais pas encore la plume de Michel Bussi (oui, oui c’est possible) et pourtant j’ai plusieurs titres dans ma PAL qui attendent d’être lus… je vais devoir m’y intéresser de plus près car avec les Nymphéas noirs j’ai passé un très bon moment.   

Sandrine a lu

Résumé : Bien qu’anglaise depuis 1810, l’île Maurice a gardé du temps où elle s’appelait Île de France l’habitude de notre langue et nombreux sont les mauriciens qui parlent le français de préférence à l’anglais. Elles se partagent aussi entre noirs et blancs, les premiers fournissant généralement le prolétariat et les seconds les éléments de la « bonne société » du pays, tel Maître Emile Galantie dont l’étude est des plus prospères.
Pourtant, à la génération suivante, son neveu et successeur sera surnommé avec commisération par ses pairs « le notaire des noirs ». Faillite apparente qui en masque une plus profonde: il aurait voulu être un réformateur, un martyr politique au besoin. Pourquoi? A cause d’un enfant mort à sept ans, son cousin André.
Le drame de cette mort qu’il pensait ainsi racheter, qu’il ne se pardonne pas, six mois ont suffi à le consommer. Six mois qui débutent le jour où Maître Emile Galantie décide de recueillir André dont le père a dû s’exiler à Madagascar à la suite d’une malversation. Cela, l’enfant ne le sait pas. Il a fait de son père un héros dont le retour coïncidera avec la révolution. Le plus beau cadeau qu’il reçoit est une longue-vue avec laquelle il guette le navire qui le lui ramènera. Mais tout va se liguer -l’affection comme l’égoïsme- pour détruire ses illusions, ses raisons de vivre.
Et c’est avec un talent bouleversant que Loys Masson raconte cette « passion enfantine ».

Roman de 256 pages – se le procurer

La chronique de Sandrine

Alors qu’il n’est plus qu’un vieillard solitaire, celui que l’on nomme avec mépris ‘’le notaire des noirs’’ convoque les fantômes de son passé pour raconter sa trajectoire, celle d’un jeune homme bien sous tous rapports, amené à succéder à son oncle dans sa florissante étude notariale mais qui abandonna sa riche clientèle de colons blancs pour aider les Mauriciens noirs opprimés, en mémoire d’un jeune garçon mort trop tôt. Ses souvenirs le ramènent au temps de sa jeunesse, il n’avait pas encore trente ans, vivait chez son oncle Emile Galantie et sa tante Marthe, un couple stérile qui se détestait férocement. Son cousin Fernand, un ivrogne et un escroc, exilé à Madagascar pour cause de malversations financières, laissait derrière lui le petit André, âgé de sept ans, recueilli par les Galantie. André était chétif, fragile, rêveur. Il voyait en son père un révolutionnaire au service des noirs et guettait tous les jours son retour sur une mer désespérément vide. Immédiatement attaché à cet enfant comme un père à son fils, l’apprenti notaire jalousait tous ceux qui auraient pu capter l’affection d’André mais il le délaissait parfois au profit d’Aline, une femme mariée aussi gironde que passionnée. Victime de la pingrerie de l’oncle Emile qui refusait de l’envoyer en pension où il aurait pu se faire des camarades de son âge, victime de l’égoïsme du narrateur trop occupé par sa liaison, victime de la cruauté des adultes qui brisèrent ses rêves d’enfant, André, petit à petit, sombra dans la fièvre, pour finir par s’éteindre à petit feu. 

Roman du sentiment paternel, de l’enfance et de la cruauté du monde, Le notaire des noirs est un huis-clos tragique dont l’issue est connue dès le début. André va mourir, six mois à peine après son arrivée chez les Galantie. Mort d’avoir été mal aimé, mort d’avoir trop rêvé, mort par la faute d’adultes égoïstes et jaloux. Car même si le narrateur voyait en lui un fils et l’aimait sincèrement, il n’a pas su le protéger de la trop dure réalité, il n’a pas su mettre de côté ses sentiments et ses instincts pour se consacrer entièrement à cet enfant trop fragile. 

Mais Le notaire des noirs est aussi le roman de l’île Maurice, sa végétation luxuriante, ses cyclones meurtriers et la colère sourde des noirs contre les colonialistes blancs. On y sent l’amour de l’auteur pour son île mais aussi une critique de la société blanche qui y règne, méprisante jusque dans sa générosité. Emile Galantie, soucieux de sa position et de ses biens en est le représentant, vacillant devant les changements profonds qui se préparent. 

Un roman triste et cruel, porté par l’écriture poétique de Loys Masson. 

Sally Rose a lu

Résumé : 1961. Après avoir vu La Vérité de Clouzot, inspiré de sa vie et dans lequel Brigitte Bardot incarne son rôle de meurtrière, Pauline Dubuisson fuit la France et s’exile au Maroc sous un faux nom. Lorsque Jean la demande en mariage, il ignore tout de son passé. Il ne sait pas non plus que le destin oblige Pauline à revivre la même situation qui, dix ans plus tôt, l’avait conduite au crime. Jean-Luc Seigle signe un roman à la première personne où résonnent avec force les rêves et les souffrances d’une femme condamnée par les hommes de son temps.

Roman de 256 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Pauline Buisson a tué son ex-fiancé. Elle a été condamnée et a passé plusieurs années en prison. Quand elle sort, elle se réfugie au Maroc où personne ne la connaît.

Le film de Clouzot, La Vérité, avec Brigitte Bardot, est une libre adaptation de ce fait divers. Il va centraliser la soi-disant connaissance du sujet du quidam.

Dans ce roman écrit à la première personne, Pauline Dubuisson prend la parole pour raconter son parcours, sa relation aux hommes et sa grande souffrance de n’avoir été jugée que sur les apparences.

L’auteur a un style sans pareil pour décrire les sentiments de cette femme que la société a condamné à perpétuité.

On n’oublie pas qu’elle a tué mais on prend conscience de la persistance des émotions et des sentiments. Très touchant

Rosalie l’infâme de Evelyne Trouillot

Chronique de Amélie

Edité en 2003 aux éditions Dapper, et réédité cette année par les éditions Le TEMPS des CERISES, ce très court roman incarne pour moi l’essence du devoir de mémoire que nous devons à tout prix conserver de l’esclavage. Situé à Saint-Domingue au XVIIIème siècle, les colons y tremblent d’être empoisonnés car l’esprit de révolte gronde. Les esclaves se font « marrons » et fuient vers une liberté à conquérir au péril de leur vie. En moins de 150 pages l’autrice parvient à nous offrir tout un pan d’Histoire. De la capture sur les terres africaines, aux cales du navire négrier « La Rosalie », des bossales nés libres, aux créoles nés sur place et qui n’ont connus que l’esclavage, noirs ébène ou métissés, domestiques de maison ou soumis à de laborieux travaux agricoles, elle nous présente un panaché de corps et de coeurs maintes fois meurtris mais pourtant toujours debout. 
Aux côtés de Lisette, nous découvrirons, sans juger, comment chacun se débrouille pour survivre en enfer. Nous marcherons également dans ses pas à la rencontre de son histoire familiale, et notamment de ces aïeules solides qui l’ont précédée. Peu à peu, au fil des mots, une jeune fille devient femme, des secrets émergent, des relations se créent et une personnalité se révèle. Il est l’heure des grands choix. Pour ne jamais oublier « Rosalie l’infâme ».
Il s’agissait de ma troisième incursion dans la littérature haïtienne et, une fois encore, j’en ressors chamboulée et conquise.  



Cette lecture valide :

A propos du livre :

Résumé : Saint-Domingue, 1750 : de nombreux cas d’empoisonnement déclenchent la terreur parmi les propriétaires de plantations. Plane en arrière-plan la figure menaçante de Makandal, le meneur des « marrons », esclaves en fuite pour qui le rêve de liberté est plus fort que tout. La répression se fait de plus en plus forte. Lisette, née en esclavage, découvre à travers les récits de sa grand-mère Charlotte et de sa marraine, Man Augustine, la douleur de la liberté perdue et la mémoire de la traversée à bord du négrier Rosalie. De tante Brigitte à Gracieuse, la « cocotte », chacune des femmes de ce récit dessine un visage de la résistance et du combat face à l’oppression. Peu à peu, Lisette sort d’une certaine forme d’innocence et s’engage au côté de ces figures qui ont choisi la liberté. Au-delà de l’histoire terrible de la colonisation et de l’esclavage, c’est un portrait intime de la vie de ces femmes esclaves des plantations qu’Évelyne Trouillot dévoile ici, avec leurs craintes, leurs souffrances, leurs amours et leurs espoirs.

Roman de 130 pages – se le procurer

Le mot de Sally Rose

Merci beaucoup pour ce partage Amélie. Dans ma LAL ! 😍

JEUX LIT AVEC SALLY : Le dynamiteur de Henning Mankell

C’était une des lectures communes du mois de juillet

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

1911. Oskar Johansson a 23 ans. Dynamiteur, il participe au percement d’un tunnel ferroviaire et manipule des explosifs pour fragmenter la roche. Mutilé à la suite d’un grave accident du travail, il reprendra pourtant son ancien métier, se mariera, aura trois enfants, adhérera aux idéaux socialistes puis communistes. Au soir de sa vie, il partagera son temps entre la ville et un cabanon de fortune sur une île aux confins de l’archipel suédois. Un mystérieux narrateur recueille la parole de cet homme de peu de mots, qui aura vécu en lisière de la grande histoire, à laquelle il aura pourtant contribué, à sa manière humble et digne. Ce premier roman de Henning Mankell, écrit à 25 ans, et inédit en France à ce jour, se veut un hommage vibrant à la classe ouvrière, à ces millions d’anonymes qui ont bâti le modèle suédois. Par son dépouillement, sa beauté austère, son émotion pudique, Le Dynamiteur contient en germe toute l’œuvre à venir de Mankell, sa tonalité solitaire, discrète, marquée à la fois par une mélancolie profonde et une confiance inébranlable dans l’individu. Rabat gauche (photo + bio) Henning Mankell, né en 1948, a partagé sa vie entre la Suède et le Mozambique. Outre la célèbre série policière « Wallander », il est l’auteur de romans sur l’Afrique ou sur des questions de société récompensés par de nombreux prix littéraires, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse. Henning Mankell est mort à Göteborg le 5 octobre 2015 à l’âge de 67 ans. Rémi Cassaigne, normalien, ancien lecteur de français à l’université de Stockholm, diplômé du CNSMD de Lyon, partage son temps entre écriture (romans, livrets d’opéra), traduction (Henning Mankell, Arne Dahl, Johan Theorin, Åke Edwardson), et musique (luthiste). Rabat droit (presse) « Henning Mankell n’était pas qu’un grand auteur de polars et, plus généralement, un bon romancier. C’était, au meilleur et moins bavard sens du terme, un homme engagé. Écrire lui a donné les formes par lesquelles, en divertissant ses lecteurs, il rappelait les valeurs qui lui étaient chères et les angoisses qui le constituaient. Il aimait la solidarité et il avait peur du temps : voir l’une disparaître l’indignait, perdre l’autre le terrifiait. Son œuvre est celle d’un Alceste humaniste ou, si l’on préfère, d’un révolté pascalien. » Philippe Lançon, Libération

Roman de 185 pagesSe le procurer

Chronique de Monique

« Le dynamiteur  » est le premier roman d’Henning Mankell, plus connu pour ses romans policiers
avec le commissaire Wallender. Henning Mankell a alors 25 ans, et il nous raconte la vie d’Oskar
Johansson (1888-1969) qu’il rencontre lorsqu’Oskar est retraité, chaque été sur une île suédoise.
Oskar Johansson est dynamiteur, et travaille au creusement de tunnels au début du XXème siècle. Il
manipule la dynamite, et les conditions de travail étant ce qu’elles sont alors, un accident survient.
Malgré ses blessures, Oskar survit. Au fil de cet ouvrage et des rencontres entre le narrateur et
Oskar, nous découvrons la vie du dynamiteur : le travail, les amours, les rencontres, son engagement,
La politique nationale et internationale, les guerres mondiales en cette 1 ère moitié du XXème siècle.
Le narrateur nous fait partager l’évolution d’Oskar au cours de sa vie, ses réflexions sur sa place/ sa
non-place dans la société suédoise, que ce soit celle que la société lui accorde ou celle qu’il s’octroie
lui-même.
L’écriture de cet ouvrage est sans fioriture, elle est à mi-chemin entre celle d’un roman et celle d’un
témoignage. J’ai apprécié cette écriture et j’ai senti en germe, le fin regard d’Henning Mankell sur la
société suédoise, qu’il mettra ensuite en œuvre dans ses romans policiers.

Chronique de Sally Rose

Premier roman écrit par l’auteur, il n’a été traduit que récemment en français, à titre posthume.
Comme vous le savez sans doute, Alfred Nobel, chimiste suédois, a déposé de nombreux brevets et notamment celui de la dynamite. A sa mort, il a légué une partie de sa fortune à une fondation qui récompense les meilleures découvertes : chimie, physique, médecine, paix et littérature.
Alors quand Henning Mankell veut retracer l’Histoire de son pays, il raconte la vie d’un dynamiteur né à la fin du 19ème siècle, souffrant de graves séquelles d’un accident du travail mais exerçant son métier jusqu’au bout. C’est donc à travers la condition ouvrière et l’approche politique que l’auteur, dès ses 23 ans, présente les mauvais côtés de son pays, relevant les contradictions de ce qui deviendra le modèle Suédois.
Si le fond est intéressant, la forme est légèrement déroutante, s’apparentant davantage à un écrit journalistique qu’à un roman

JEUX LIT AVEC SALLY : Un pavé de plus de 700 pages

C’était le thème du club de lecture du mois de mai

Nous étions 7 à explorer le sujet

Audrey a lu

Résumé : La guerre est un enfer, mais c’est aussi un gagne-pain pour certains, comme Monza Murcatto, la plus célèbre et redoutée des mercenaires de Styrie. Trahie et laissée pour morte, Monza se voit offrir en guise de récompense un corps brisé et une haine brûlante envers ses anciens employeurs. Elle aura pour alliés un soûlard des moins fiables, le plus fourbe des empoisonneurs, un meurtrier obsédé par les nombres et un barbare décidé à se racheter une conscience. C’est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la vengeance.

Roman de 800 pages – se le procurer

La Chronique de Audrey

Sombre, très sombre. Même un peu glauque par endroit.
Joe Abercrombie nous sert un opus en Styrie qui n’est rien de moins qu’un nid de serpents. Au programme, la vengeance! Agrémentée d’un soupçon de trahison.

Monza, mercenaire de son état, est laissée pour morte par son employeur, le duc d’Orso après que lui et six autres hommes aient assassiné son frère sous ses yeux. Elle crie vengeance et dans l’ombre envisage de tuer les sept coupables, les uns après les autres. Aidée en cela d’une fine équipe : adepte de la torture, Homme Né, empoisonneur, mercenaire trahi, ex-bagnard. Tout ça fait un petit monde avec des personnalités atypiques, amorales, loin d’être manichéennes, qu’on apprécie autant qu’on désapprouve voire déteste par moment.

Avec astuce, l’auteur nous dévoile par les différents objectifs de Monza la situation politique de la Styrie, les cités en conflit les unes avec les autres, les ambitions des puissances voisines rivales, les aspirations du duc d’Orso. Une trame de fond palpitante!

Dans ce long pavé, les coups de théâtre sont nombreux. Pas trop le temps de s’ennuyer, d’autant que le livre est divisé en sept parties et on devine aisément la fin de chacune de ces parties. La sixième partie est celle qui m’a sans doute le moins emballée mais la fin est épique.

Placé dans le même monde que la Première Loi, je conseille la lecture de cette dernière trilogie avant. J’ai également lu Les Héros avant. Pour le coup, je conseille de le lire après, permettant de se garder quelques mystères sur le devenir de certains personnages…

Béa a lu

Résumé : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Roman de 864 pages – se le procurer

La Chronique de Béa

Dès la 1ère page, je savais que j’allais adorer ce livre. 
Joël Dicker a une plume qui vient vraiment me chercher (d’ailleurs son roman Le livre des Baltimore est mon préféré de tous les temps) 
Dans La vérité sur l’affaire Harry Quebert j’ai retrouvé l’univers de l’auteur, et je m’y suis sentie tout de suite très bien. Comme dans ma bulle, et je suis rentrée dans l’histoire à une vitesse folle. 
On retrouve le personnage principal de Joël Dicker, Marcus Goldman. 
Dans le Livre des Baltimore, livre qui est sortit après La vérité sur l’affaire Harry Quebert (mais que j’ai lu avant – by the way – 🤷🏻‍♀️) on découvre l’enfance de Marcus Goldman. 
Ayant eu un aperçu de son passé, j’avais déjà l’impression de le connaître (et de bien l’aimer 😉)
Tout est réuni pour faire un bon roman. De l’intrigue, des vieilles histoires d’amour, de la jalousie, la vengeance, le meurtre.
L’histoire est racontée de façon déstructurée, et c’est à travers les souvenirs des différents personnages qu’on apprend vraiment ce qu’il s’est passé cet été de 1975, et comment les événements se sont déroulés. On navigue comme ça tout le long de ce livre et l’histoire se dessine peu à peu.
Le livre est rempli de rebondissements; il m’est même arrivée de me mettre dans la peau de Marcus Goldman, d’analyser les personnages, de revenir quelques pages en arrière pour éliminer tel ou tel suspect ou au contraire trouver un personnage bien louche (tel un épisode d’Arabesque je me prenais pour Jessica Fletcher)
Et croyez-moi jusqu’au bout (même si j’avais eu le coupable dans ma liste des suspects pendant un moment) je n’ai pas su qui était le meurtrier et sa révélation m’a surprise.
Définitivement Joël Dicker sait me parler (🤗) c’est le seul qui, avec ses histoires, arrive à me faire me sentir si bien quand je suis plongée dedans et si maussade quand je les termine. 

Kadeline a lu

Résumé : Une île non loin de Québec où les étés ont des allures de paradis. C’est là que les cinq enfants Miller, bientôt six, grandissent entourés d’amour, dans une maison aux portes ouvertes en grand. C’est que Gabrielle, leur mère, et Edward, leur père, n’hésitent pas à accueillir ceux dont la fortune, contrairement à la leur, n’a pas survécu au krach de 1929. Dans une société encore très puritaine dominée par une Église implacable pour les femmes, Gabrielle défend farouchement son clan et ce goût du bonheur qu’elle transmet à ses enfants aussi passionnés d’elle. « Marie Laberge signe une fresque vivante et généreuse. » Michel Grisolia – L’Express

Roman de 877 pages – se le procurer

La Chronique de Kadeline

Le goût du bonheur est une saga familiale québécoise aux petits oignons où l’on se sent bien et où l’on voit toutes les évolutions de la société dans cette période charnière post krach de 29.
On suit Gabrielle, toute sa petite famille et leur entourage dans leur quotidien. J’ai beaucoup aimé la gestion de toutes les contradictions et envies de Gabrielle, au sein de cette société en plein bouleversement. D’un côté, elle est catholique très pratiquante et veut un respect stricte de sa religion mais d’un autre, elle a conscience que si elle est heureuse en ménage ce n’est pas le cas de la majorité des femmes donc les choses doivent changer. Elle cherche un équilibre entre religion et bonheur pour ses filles et toutes les femmes : Comment concilier la modernité qui appelle une plus grande liberté des femmes sans abandonner sa foi, comment ne pas juger les personnes réfractaires au changement ? Tout est toujours une question d’équilibre : aider son prochain mais accepter la volonté de préserver sa fierté,  divorce ou pas divorce, place de l’automobile, gérer la tuberculose…
Le quotidien est rythmé par les faillites, la tuberculose, la montée des extrêmes et les conflits entre canadiens français et anglais. Gabrielle est un personnage très attachant, très posée et réfléchie, pleine de bonnes intentions et qui veut que chacun soit heureux. C’est un livre qui fait du bien car malgré tous les problèmes qui tombent, notre héroïne parvient à préserver un cocon. 
L’écriture est agréable, il y a un lexique pour les expressions québécoises mais finalement l’écriture fait qu’on n’en a pas spécialement besoin pour comprendre le récit.

Laehb a lu

Résumé : Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’Histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que… Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake. Avec une extraordinaire énergie créatrice, Stephen King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock‘n’roll. L’œuvre d’un génie ! Time Magazine. Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. New York Times. Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. Miami Herald. Un fabuleux cas d’exorcisme littéraire. Emily Barnett, Les Inrockuptibles.   King passe de l’enquête – remarquablement documentée – sur l’attentat de Dallas à un poignant roman d’amour, d’une jubilatoire célébration de glorieuses sixties aux sombres vertiges d’une hallucinante uchronie. Scotchant. Philippe Blanchet, Le Figaro magazine.

Roman de 1 043 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Les romans de Stephen King sont souvent jugés avec beaucoup de condescendance, voire du mépris, pas suffisamment intellectuels, un « mauvais genre » comme on appelle aujourd’hui les polars et SF, lectures de seconde zone en somme.

Et bien moi je suis fan depuis mon adolescence où j’ai découvert Roland de Gilead, mon héros préféré de tous les temps, jusqu’à l’infini, Amour éternel etc, etc.

Le King m’a valu quelques nuits blanches, que ce soit par des romans impossibles à lâcher ou par la frousse (dans ces cas là, je fais des pauses avec un bon doudou Agatha Christie ), j’en ai lu pas mal, aimé beaucoup, peu de déceptions, mais 22/11/63 est clairement un roman d’exception.

Le thème premier m’a ferrée : Jake se voit confier le secret d’une faille temporelle, un passage vers 1958. L’assassinat de Kennedy en MacGuffin crée une portée dramatique et une date butoir, et plus cette date approche et plus la tension augmente, les pages filent, tournent fébrilement.

Mais ce roman est avant tout un formidable témoignage de la vie dans les années 60 aux États-Unis, un documentaire social faire valoir d’une magnifique histoire d’amour, ou comment utiliser le prétexte d’empêcher un attentat pour écrire un roman magistral.

Maggy a lu

Résumé : Quand, en 1848, la jeune Américaine Olivia O’Rourke débarque à Calcutta, sa tante, digne aristocrate britannique, espère que cette villégiature se conclura par un bon mariage.
Mais, contrevenant aux règles de la bienséance, Olivia s’éprend de Jai Raventhorne, un énigmatique paria, bâtard d’un Anglais inconnu et d’une Indienne de basse caste.
Jai incarne à lui seul tous les charmes de l’Orient. Et il serait si bon de s’y laisser prendre… Les âmes charitables préviennent Olivia : il la détruira. Mais, emportée par une passion dévorante, Olivia n’écoute plus personne. Jai devient son obsession, son opium.
Un poison doux et violent qui ne tardera pas à causer de terribles dégâts… À moins que le trident de Shiva, emblème de Jai et des forces du Mal, ne se retourne contre celui qui le brandissait.

Roman de 717 pages – se le procurer

La chronique de Maggy

Le Trident de Shiva, c’est un peu un Autant en emporte le vent indien. Nous sommes à la moitié du 19e siècle à Calcutta alors colonie anglaise. L’impétueuse américaine Olivia, la petite vingtaine, est venue passer un an chez son oncle et sa tante. Au détour d’une fête ennuyeuse, elle rencontre le mystérieux Jai Raventhorne. L’homme est maudit par l’intelligentia en place, ce qui le rend d’autant plus attirant aux yeux de la jeune femme…
Dans l’Inde des colonies, Rebecca Ryman, nom de plume d’une indienne de souche, nous entraîne dans une formidable histoire d’amour passionnée sur fond de senteur exotique et de commerce maritime. Les personnages sont présentés assez rapidement et la plume de l’autrice les rend attachants dès les premières pages. Dans des décors très bien décrits sans en faire trop, le lecteur plonge littéralement dans cette fresque où l’on nous emmène chasser le grand tigre à dos d’éléphant, où le commerce de l’opium avec l’Europe fait la richesse de certains au désespoir des autres, où la maharani se révèle être une femme beaucoup moins effacée que l’histoire nous ne le laisse parfois croire…

Le roman de Rebecca Ryman est envoûtant et même s’il fait plus de 700 pages, il se lit très vite malgré quelques longueurs en milieu d’ouvrage. Olivia, la femme au caractère bien trempé, n’a décidément rien à envier à Scarlett O’Hara et Jai, le bad boy de l’époque, supplante même parfois ce cher Rhett Butler.
Une vraie découverte que ce roman indien qui se laisse dévorer

Priscilla a lu

Résumé : Je suis la balle dans votre fusil. C’est vous qui tirez, c’est moi qui tue. 1985. Alors que Paris est frappé par des attentats, Marc Masson, un déserteur, est rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d’opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henri Lœvenbruck raconte un moment de l’ histoire de France – qui résonne particulièrement aujourd’hui – dans un roman d’une tension à couper le souffle.

Roman de 832 pages – se le procurer

La Chronique de Priscilla

Parmi les sujets qui me désintéressent totalement il y a la politique et tout ce qui touche à la religion. Ici ce sont les deux thèmes qui habillent tout le récit. On peut donc dire que lire les 800 et quelques pages de ce livre tient du miracle pour moi…Et le pire dans tout ça c’est que j’y ai même pris du plaisir !
Le gros point fort, selon moi: les personnages. Marc Masson, alias Hadès, est le principal atout de ce récit. À la fois fort et très humain, on se passionne pour sa carrière et son parcours de vie hors norme.
Le livre est palpitant, bourré de détails sans jamais être étouffant. C’est aussi une mine d’infos sur des faits réels qui jalonnent cette période noire des attentats du milieu des années 80, j’ignorais beaucoup de choses sur ces événements et j’ai trouvé intéressant d’en savoir plus.
Sincèrement, même après avoir fini cette lecture je me demande encore comment l’auteur à réussi l’exploit de me faire aimer une telle histoire….le talent, forcément.

Sally Rose a lu

Résumé : « Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l’intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n’entend que les vibrations ronronnantes de l’air conditionné. Ou bien… est-ce qu’elle entend une radio là ? La maison est de type espagnol, c’est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausses briques, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d’une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte. De la main de la Mort, j’acceptais ce cadeau. Je savais ce que c’était, je crois. Et de la part de qui c’était. En voyant le nom et l’adresse, j’ai ri et j’ai signé sans hésiter. »

Roman de 1 113 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Biographie fictionnelle, ce roman est une expérience littéraire de premier ordre.
Bien que flirtant de façon pressante avec les grands épisodes de la vie de Marilyn Monroe, l’autrice entreprend de mettre en exergue le point de vue de Norma Jean Baker. Que ressentait-elle ? Quelles étaient ses réflexions sur sa vie, sur le monde, sur les autres ?
C’est là que réside la beauté de l’exercice littéraire car si personne n’en sait rien, l’approche de Joyce Carol Oates est non seulement crédible mais semble parfaitement légitime.
Le lecteur passe donc 1 000 pages avec cette femme à fleur de peau qui exhale la souffrance autant que la beauté, dont la beauté est une souffrance.
Depuis longtemps, on sait que Marilyn n’était pas une petite blonde sexy et idiote mais une actrice au talent époustouflant d’une intelligence supérieure à la moyenne.
Dorénavant, je la regarderai aussi comme une femme écorchée vive, si pressée de plaire, qui voudrait tant que l’intérêt aux formes de Marilyn se porte sur l’esprit de Norma Jean.
Ce récit est envoutant, l’autrice fait preuve d’un grand talent en le conduisant avec tant de brio.