JEUX LIT AVEC SALLY : Duo d’auteurs – Livre écrit à quatre mains

C’était le thème du club de lecture du mois de juin

Nous étions 5 à explorer le sujet

Kadeline a lu

Résumé : La France coloniale vit ses derniers feux. Chez les Desforêt, sous la férule d’un père haut-fonctionnaire, on grandit dans l’idée d’une hiérarchie des races et des sexes. Les drames en Indochine, à Nouméa, puis la lecture de Simone de Beauvoir conduiront la mère, Mona, et la fille, Lucie, à s’émanciper. Une liberté conquise à deux, qui conduira au militantisme et à la révolution, jusque dans les bras d’un certain Fidel Castro… Au-delà du roman, il y a aussi cette promesse crépusculaire entre Évelyne Pisier, 75 ans, et Caroline Laurent, 28 ans, leur amitié folle, comme une ultime transmission. Cet ouvrage a reçu le Grand Prix des lycéennes de ELLE, le Prix Marguerite Duras et le Prix Première Plume

Roman de 480 pages – se le procurer

Il y a des livres qu’on a du mal à sortir, de peur de ne pas l’aimer alors qu’on apprécie beaucoup une des personnes qui l’a écrit. C’est le cas pour Et soudain la liberté et qu’est-ce que j’ai eu tort de le laisser trainer, j’ai passé un excellent moment.
Evelyne Pisier est décédée pendant l’écriture de sa biographie romancée. Pendant celle-ci, une très belle amitié est née entre elle et son éditrice Caroline Laurent. Ce texte est un hybride où s’intercale les passages entre l’histoire initialement prévue et ceux contenant les réflexions, les doutes… de Caroline Laurent. Cette construction donne une histoire très intimiste avec des échos touchants. On navigue entre passé, présent et échos de passé plus vaste. La plume est belle et prend aux tripes.
Niveau histoire entre la fin du colonialisme, la naissance d’une conscience féministe et militante et la relation au communisme c’est une tranche d’histoire qui est mis en avant. C’est un beau texte intéressant et touchant.

Laehb a lu

Résumé : Quand le chauffeur de l’inspecteur Pendergast du FBI prie le lieutenant Vincent D’Agosta de le suivre, celui-ci s’attend à retrouver son ami dont il est sans nouvelles. Mais D’Agosta se voit confier une lettre dans laquelle son ami lui demande d’empêcher Diogène, son propre frère, de commettre un crime qui marquerait l’apothéose de sa carrière criminelle.

Roman de 528 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Nouveau tome de la série Pendergast,  deuxième tome de la trilogie Diogène et toujours autant de plaisir à cette relecture.
Toute la folie et le machiavélisme de Diogène,  le frère tueur en série, se révèlent et atteignent un sadisme incroyable. Rien ne pourra le détourner de son macabre dessein : s’en prendre à son frère et le faire horriblement souffrir.
Comme d’habitude, le duo d’auteurs nous offre une intrigue très bien ficelée,  des rebondissements, du suspense et une terrible envie d’enchaîner avec le tome suivant.
Un bon petit pavé qui se dévore et nous délecte !

Maggy a lu

Résumé : TROUVEZ LA FAILLE L’aventure est loin d’être terminée pour le jeune archéologue Will Burrows et son ami Chester. Alors qu’ils sont toujours à la recherche du Dr Burrows, ils s’enfoncent de plus en plus dans les profondeurs souterraines. Comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, les Styx trament un horrible complot qui pourrait avoir de terribles conséquences pour le monde d’en haut. Et même si les deux garçons rencontrent quelques alliés, Will n’est pas au bout de ses peines. Sa sœur n’en a pas encore fini avec lui… TROUVEZ LA FAILLE

Roman de 579 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

 Nous avions laissé Will, Cal et Chester dans un train aux portes des Profondeurs. C’est là que nous les retrouvons dès la première page, toujours à la recherche du père adoptif de Will, le Dr Burrows.
Nous ferons aussi la connaissance de Sarah, la mère biologique de Will et Cal, et de deux renégats: Drake et Elliott qui permettront aux trois adolescents de survivre à travers ce monde effrayant qui se déploie sous le sol de Londres.

Ce deuxième tome est donc la suite directe du premier. Comme pressenti, l’univers qui y est décrit est plus riche que précédemment puisque nous passerons tout le récit sous terre. Malheureusement, à l’image du premier opus, le rythme a du mal à s’installer dans la première moitié pour s’ajuster parfaitement à mes attentes après un peu plus de 200 pages. Si dans le premier volume j’ai mis cela sur le compte de la mise en place du contexte et des personnages, ici, je m’explique moins cette baisse de régime assez longue alors que l’intrigue elle-même est trépidante. A voir si cela se confirme par la suite puisque la fin est telle qu’il est évident que je vais me procurer le tome suivant.

Sofinette a lu

Résumé : Le docteur Nora Kelly est stagiaire à l’Institut archéologique de Santa Fe. Depuis la mort de ses parents, le ranch familial a été laissé à l’abandon. Un soir, elle s’y rend et découvre la maison saccagée. Elle est agressée par une étrange créature dont elle ne sait s’il s’agit d’un homme ou d’un animal, qui lui réclame « la lettre ». Nora découvre alors un courrier écrit par son père quinze ans plus tôt, évoquant Quivira, la légendaire cité des Indiens anasazis, dont il confirme l’existence et la localisation. Nora parvient à convaincre son patron de financer une expédition. Prête à tout, elle ne s’attendait pas à avoir pour compagnie l’horreur et la mort.

Roman de 544 pages – Se le procurer

Chronique de Sofinette

En visitant le vieux ranch familial abandonné, Nora KELLY est agressée par deux créatures maléfiques qui lui réclament « la lettre ». En s’enfuyant, elle découvre cette lettre écrite par son père à sa mère, 20 ans plus tôt. Il y est fait mention de la découverte d’une cité perdue. Avec l’aide de l’Institut d’Archéologie dans lequel elle travaille et accompagnée par Sloane, la fille du patron, elle va marcher sur les traces de son père et diriger cette équipe à la recherche de la mystérieuse « cité d’or » de Quivira.
Très agréable moment de lecture, plutôt aventures que thriller d’après moi. Mais l’épopée semée d’embûches, de croche-pieds, de trahisons et de morts est écrite à un rythme effréné par ce duo Preston et Child et m’a fait découvrir par ailleurs, l’existence de cette ancienne civilisation amérindienne, les Anasaris.

Sally Rose a lu

Résumé : 2016. Morgan Scali n’est pas encore le terroriste le plus recherché d’une planète en danger. Traumatisé par la mort de sa femme, il a tout plaqué pour découvrir l’Afrique, sa beauté frappante, et les ravages qu’y commet l’Occident… 2028. Jusqu’où est prêt à aller le capitaine Julian Stark pour retrouver sa fille, que ses idéaux écologiques ont poussée dans la radicalisation violente ? Du Congo à l’île d’Oléron, le Bien et le Mal se livrent une guerre sans merci. Mais qui est qui et à qui la faute ?

Roman de 631 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

Ce thriller est à associer à Islanova des mêmes auteurs. En effet, il raconte le passé et le futur des personnages qui ont participé à l’expérience du coup d’État.
Le contexte : l’eau est un bien rare et plus rare à certains endroits du monde qu’à d’autres.
Jusqu’où peut-on aller pour bousculer les consciences et obliger chacun à prendre ses responsabilités pour éviter la fin de l’humanité ?
C’est donc dans le cadre d’un roman sur l’écoterrorisme que les auteurs font passer un message qui leur tient à cœur : préserver l’eau et la distribuer de façon équitable à travers le monde. Car aujourd’hui, certains meurent de soif tandis que d’autres lavent leur voiture tous les jours.
Les auteurs souhaitent également apporter une réflexion philosophique sur le sujet de la violence qui pourrait servir les plus grandes causes. Au lecteur de démêler ses sentiments et sa rationalité.
C’est agréable à lire et la construction alternant le passé et l’avenir est un bon moyen de maintenir l’attention.
On peut regretter que l’engagement des auteurs n’apparaissent pas davantage, faisant de ce diptyque, un roman comme les autres.

JEUX LIT AVEC SALLY : Le Chagrin et la Grâce de Wally Lamb

C’était une des lectures communes du mois de juin

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Quand, en avril 1999, l’épouse de Caelum, Maureen, échappe de justesse au massacre de Columbine, le couple se réfugie dans la ferme où il a été élevé, à Three Rivers, dans le Connecticut. C’est là que Caelum découvre des archives familiales : les lettres de son aïeule, militante abolitionniste ; les journaux de son arrière-grand-mère, fondatrice de la prison pour femmes du comté ; des coupures de presse sur ces années 1960 qui l’ont vu grandir aux côtés d’un père alcoolique traumatisé par la guerre de Corée… Pour tenter de comprendre la colère qui l’habite depuis toujours, Caelum va devoir explorer les recoins les plus obscurs de sa mémoire… Une plongée au cœur de l’histoire des Etats-Unis à travers l’épopée flamboyante d’une famille sur cinq générations. Ambitieuse, foisonnante, cette vaste fresque entraîne le lecteur dans des tourbillons résolument romanesques. Non sans grâce. Sophie Pujas, Transfuge.

Roman de 800 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

Beaucoup, beaucoup de choses dans ce roman qu’il est presque impossible d’expliquer sans spoiler un truc ou l’autre. Le style de Wally Lamb peut perturber au départ tant on passe régulièrement du coq à l’âne, d’une époque à l’autre, avec des chapitres qui semblent se dérouler dans le présent écrits au passé et d’autres qui sont clairement rattachés au passé et qui se lisent au présent… Ca grouille de thèmes abordés, de personnages, de matières à réflexion. Parce que toute l’Amérique et son histoire sur plus d’un siècle y passe, le tout teinté de colère et de peur. J’ai d’ailleurs longtemps pensé que ce sont ces deux mots qui auraient du composer le titre; mais ça, c’était avant d’arriver à la dernière page.
Un peu comme la vie, cette brique de presque 800 pages peut, de prime abord, apparaître comme confuse, limite bordélique, et déroutante. Et pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans le récit, au fur et à mesure qu’on lève des coins de voile par ci par là sur l’histoire d’une famille depuis la fin du 19e siècle, on se dit que ça n’aurait pas pu nous être présenté autrement. L’auteur nous offre une tragédie moderne, un grand roman de l’Amérique et des personnages qu’il sera difficile d’oublier de sitôt; bref un moment de lecture très intense.

Wally Lamb cloue son lecteur au pilori de vie dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Aux guerres, au terrorisme, aux addictions, à la jeunesse qui fout le camp, à la jeunesse qui règle ses problèmes à coup de mitraillette dans les lycées, à l’adultère, à la dépression, à la mort, à la colère, à la peur et au chagrin, l’auteur oppose la volonté, la bienveillance, l’amitié, les mains tendues, la famille, l’intégrité, la combativité, la foi, l’amour, la vie, l’espoir et la grâce.

Chronique de Sally Rose

Ce roman est si riche, si foisonnant qu’il m’apparaît difficile d’en faire un résumé. La 4ème de couverture du reste y a échoué.
Le narrateur est enseignant et sa femme travaille dans le même lycée en tant qu’infirmière.
Ce lycée, c’est celui de Colombine et ils vont vivre de plein fouet la fusillade de 1999.
Se réfugiant alors dans la maison de famille du narrateur, il va apparaitre que la vie des membres de cette famille a souvent été influencée par des grands moments de l’histoire américaine, à commencer par la guerre de sécession.
C’est aussi un roman sur le couple, sur le stress post-traumatique et sa prise en charge, sur la place des femmes dans la société et le statut de parent.
C’est passionnant et intime, tous les personnages ont un rôle bien défini et les pensées du narrateur amènent le lecteur à se pencher sur son propre chemin de vie.
Une belle découverte

JEUX LIT AVEC SALLY : Le titre commence par la lettre L (hors déterminants)

C’était le thème du club de lecture du mois de mai

Nous étions 5 à explorer le sujet

Kadeline a lu

Résumé : Tous les habitants de la belle cité de Liavek naissent avec une prédisposition à la magie, ici appelée « chance », dont le potentiel s’accroît tous les ans, à chaque anniversaire. Cependant seuls certains initiés sont capables de l’utiliser. La jeune Kaloo sent qu’elle pourrait faire partie des élus aptes à manipuler les forces surnaturelles, mais le chemin pour y parvenir est long et semé d’embûches. Il lui faudra notamment élucider le mystère de ses origines, dont elle ignore à peu près tout…

Roman de 282 pages – se le procurer

Liavek est un univers partagé créé par Emma Bull et Will Shetterly. Il a permis la création de 5 anthologies de nouvelles entre 1985 et 1990.
Liavek est une ville portuaire avec pour règle l’égalité entre hommes et femmes. C’est une ville de passage, très mélangée et prospère avec un tyran à sa tête. Il y a un système de magie intéressant, chaque habitant reçoit sa chance de l’année le jour de son anniversaire et s’il l’utilise sous forme de magie il devra le payer en poisse à la mi année. On n’est pas dans une ambiance moyenâgeuse, il y a des armes à feu. Cet univers est assez précurseur pour la fantasy et l’époque d’écriture.
Dans ce recueil, des nouvelles de différentes anthologies ont été regroupées pour se centrer autour du personnage de Kaloo et des écrits de Megan Lindholm (Robin Hobb).
Kaloo est une orpheline, elle grandit sans accès à sa chance. En grandissant elle décide de rechercher sa date de naissance pour enfin accéder à sa chance. En parallèle, on va suivre toute une galerie de personnages dont Dashif, l’âme damnée du tyran qui mène des enquêtes et maintient l’ordre.
J’ai adoré cet univers et ces nouvelles qui regroupées donnent un tout cohérent proche d’un roman. Il y a tout ce qui plait aux amateurs de fantasy : magie, manigances, jeux de pouvoirs, jalousie, vengeance… 
Un récit à trois voix pouvaient laisser imaginer un style hétérogène ne permettant pas une lecture fluide. Ce n’est pas du tout le cas, il y a une cohérence entre les écrits des auteurs et un humour cynique et/ou caustique qui sert de fil conducteur.
Si l’univers est précurseur, les thèmes abordés ici le sont majoritairement aussi. 
On parle ouvertement règles, puberté, contraception, consentement, handicap de manière normale et décomplexée. Il y a aussi une réplique qui montre que les relations lgbtq+ sont normales et acceptées.
Alors tout n’est pas précurseur, il y a une nouvelle avec un personnage qui tombe dans la fétichisation des corps noirs. Ça reste léger mais c’est présent donc je préfère le noter. En résumé, j’ai adoré ma lecture, cet univers, les personnages et les thèmes qui sont vraiment détonnants quand on les remet dans le contexte de l’époque et du genre littéraire.

Laehb a lu

Résumé : En 1888, Jenny Marton, une jeune prestidigitatrice de rue, vit avec sa mère, son lapin et sa colombe à New York. Un jour, l’experte en illusionnisme est engagée par le détective privé Robert Pinkerton afin d’enquêter sur les sœurs Fox, trois femmes à l’origine de l’engouement pour le spiritisme en Amérique. Premier roman.

Roman de 457 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Le résumé m’a vraiment  tentée et la couverture sombre et mystérieuse a fini de me convaincre,  j’étais sûre de me régaler et la déception n’en est que plus grande.
Tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un coup de cœur.
Une jeune héroïne intelligente et courageuse, magicienne de rue, est recrutée par la célèbre agence de détectives Pinkerton pour infiltrer le réseau / mouvement spirite dirigé par les sœurs Fox et accessoirement révéler la supercherie.
La narration alterne entre Jenny, notre héroïne, et des extraits des deux guides qui ne la quittent plus :
• Un guide de prestidigitation écrit par son défunt père qu’elle lit et relit pour parfaire ses tours.
• Un guide du parfait détective Pinkerton.
Si j’ai d’abord été conquise par ce procédé j’ai vite été lassée car malgré l’action et les rebondissements, le rythme reste mou et traîne trop en longueur.
J’ai peiné pour arriver au dénouement, qui n’en est pas vraiment un, mais ce premier roman est toutefois prometteur.


Maggy a lu

Résumé : Anathotep, pharaon hérétique, n’entend pas laisser la mort le déposséder de sa puissance ; c’est pourquoi il prépare ses funérailles comme on organise une expédition militaire et transforme son tombeau en forteresse capable de résister aux violeurs de sépulture. Mais d’étranges complots se préparent dans le monde des morts. Les pillards se pressent au seuil du labyrinthe défensif, tandis que Anouna, jeune embaumeuse de troisième classe, découvre qu’elle détient le moyen d’accéder au trésor funéraire de Pharaon, et que ce pouvoir, bien encombrant, va désormais placer sa vie sous le signe du danger.
Cependant, à trop vouloir forcer les portes du royaume d’en bas, ne risque-t-on pas d’en rester prisonnier… à jamais ?
L’auteur de L’Armure de vengeance transporte ici dans l’Egypte antique les ressorts du thriller et les hantises de son œuvre : la peur, les passions amoureuses les plus exacerbées. Ce roman envoûtant et sombre comme la pyramide d’Anathotep est sans conteste un de ses chefs-d’œuvres.

Roman de 313 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

 Le nomarque de Sethep-Abou qui revendique le titre de pharaon, Anathotep, dépense toute l’énergie qu’il lui reste pour se préparer un passage dans l’au-delà. C’est qu’il veut s’assurer d’y conserver son rang et une cour prête à prendre en charge les tâches ingrates que les dieux lui assigneraient. Afin d’éviter que sa tombe ne soit pillée après sa mort, risquant de ruiner ainsi ses efforts, il s’adjoint les services de Dakomon architecte de génie qui n’a pas son pareil pour construire des labyrinthes et autres pièges dont on ne ressort jamais. Pendant ce temps, Netoub Ashra, pilleur de sépultures, prince des voleurs d’Egypte, fomente un complot pour ravir le trésor du pharaon et pour y parvenir, il aura besoin d’Anouna, une embaumeuse de troisième classe.

Difficile de classer ce roman, certainement à la croisée entre le thriller historique et le roman d’aventure.
Je ne connaissais pas la plume de Brussolo et j’ai apprécié sa façon de la manier à travers un vocabulaire riche et au service d’une intrigue également intéressante sur le fond. Nous sommes ici dans l’univers des croyances égyptiennes et des rites funéraires, abordés sans détour, ne nous épargnant pas certaines scènes assez crues. Cependant, un humour subtil parsème tout le récit, rendant un peu de légèreté à la lecture à travers la cocasserie de certains tableaux.

Il faut néanmoins avouer que je ne suis pas rentrée très rapidement dans l’intrigue et que j’ai lu les premiers chapitres avec un certain détachement. Jusqu’au bout je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages, même pas à Anouna, pourtant héroïne de la duologie dont nous avons ici le premier tome.
L’intrigue en elle-même tient la route de bout en bout, malgré quelques retournements de situations délicats et le récit ne souffre aucun temps mort; chaque page grouille d’actions bien que l’auteur décrive suffisamment le contexte pour permettre au lecteur de bien situer celles-ci.

Et donc, au bout du compte, je suis partagée entre le fait que j’ai vraiment bien aimé le style de l’auteur que je ne saurais décrire et le constat que je n’ai jamais pu m’immerger totalement dans le roman ce qui en a ralenti considérablement la lecture alors que le contenu était pourtant bien consistant.
Je ne vais donc pas m’arrêter là et je vais chercher à poursuivre ma découverte de Serge Brussolo à travers un autre de ses romans pour affiner mon opinion.


Ranine a lu

Résumé : Druss est une légende. Ses exploits sont connus de tous. Mais il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d’une montagne. Là, il attend son ennemi de toujours : la mort. Dros Delnoch est une forteresse. C’est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l’Empire drenaï. C’est maintenant le dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l’envahisseur nadir. Et le vieux guerrier est son seul espoir. Un demi-million d’envahisseurs face à quelques milliers de guerriers retranchés dans une forteresse. Druss et sa hache feront-ils la différence ?

Roman de 512 pages – Se le procurer

Chronique de Ranine

Ce livre est une des raisons pour lesquelles j’aime les challenges sur Babelio. Quand j’explique les challenges aux personnes qui ne connaissent pas Babelio, j’ai souvent les mêmes réponses : « j’ai envie de lire ce que je veux sans qu’on m’impose quoi que ce soit » ou « j’ai déjà pas beaucoup de temps pour lire, c’est pas pour m’obliger à lire des trucs qui ne m’intéressent pas ». Certes ! Mais sans les challenges, je n’aurais certainement jamais lu ce livre là. Un roman classé « heroic fantasy » ? Très peu pour moi ! Mais pour cocher la case 91 du multi-défis, je m’y attelle. Et quelle belle surprise ! Tout y est, de l’action, de la psychologie, de l’amour. Une très belle histoire avec des héros attachants. Et quand j’ai appris le contexte de cette écriture pour l’auteur, j’ai d’autant plus apprécié le message entre les lignes. Bah, finalement, le style heroic fantasy… j’aime bien !

Sally Rose a lu

Résumé : Les rumeurs les plus folles courent sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, en Caroline du Nord. Pourtant Kya n’est pas cette créature sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. Abandonnée à l’âge de dix ans par sa famille, c’est grâce au jeune Tate qu’elle apprend à lire et à écrire, découvre la science et la poésie. Mais Tate, appelé par ses études, doit partir à son tour. Et lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

Roman de 480 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

La littérature américaine est assez prolifique en matière de roman d’apprentissage que l’on peut classer en « nature-writing ». Sauvage de Jamey Bradbury, My Absolute Darling de Gabriel Tallent, pour n’en citer que deux.
Là où chantent les écrevisses trouve sa place parmi les meilleurs donnant une grâce aux marais, écumant de tendresse pour son personnage. Kya est une enfant attachante, qui grandit dans des conditions extrêmes sans que jamais le propos ne vire au pathos. Les personnages secondaires sont bien campés et la narration sur deux époques amplifie l’intérêt du lecteur.
Un beau roman sur la différence et l’éclosion d’une jolie fleur.

La Lune du chasseur de Philip Caputo

Chronique de Sally Rose


Nous sommes dans le Michigan non loin du Lac Supérieur. Ici, la nature est restée reine, pas d’urbanisation qui vienne heurter le regard, pas de bruits qui choquent l’oreille.
En effet, celui des balles est presque un ronronnement dans cette région dédiée à la chasse.

Will Treadwell (littéralement la bonne semelle) tient une brasserie où se retrouvent les locaux et les chasseurs venus de très loin pour certains. Will les guide parfois, appréciant le plaisir de la marche en forêt avec les chiens et les hommes.

En octobre, la lune du chasseur brille de mille feux et annonce la meilleure saison pour la chasse. C’est pendant cette période de l’année que se déroulent les 7 nouvelles du livre, 7 récits qui s’entrecroisent tant par les personnages que par certains évènements.
Will Treadwell est un personnage récurrent de ces récits ainsi que ses amis et certains touristes. Ensemble, ils arpentent la forêt, ils devisent sur leur passé, découvrent qu’ils ont beaucoup à partager, se laissent aller à leurs émotions positives ou négatives.
Parce que la chasse n’est qu’un prétexte, se retrouver dans la nature c’est aussi se trouver soi-même.

C’est avec un style enchanteur d’une grande poésie que l’auteur nous fait partager ces moments d’amitié, de nostalgie, de solidarité et de loyauté.
Une très belle lecture.
#PicaboRiverClub
4/5

#PicaboRiverBookClub

A propos du livre : Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse. Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes « d’un autre temps » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins. À la crise économique qui frappe la région s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance. Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

Roman de 336 pages – se le procurer

JEUX LIT AVEC SALLY : Une (auto)biographie, romancée ou non

C’était le thème du club de lecture du mois d’avril

Nous étions 7 à explorer le sujet

Iz43 a lu

Résumé : À tout juste 20 ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique drôle et incisif qu’on lui connaît, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation. Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance. Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né en 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis. Enfant, il veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. Armé d’une béquille et d’un stylo, il se lance dans la musique : en 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l’artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique. « Grand Corps Malade réussit la prouesse de décrire l’horreur absolue en y ajoutant des touches d’humour et de jubilatoires formules poétiques. » Le Nouvel Observateur

Récit de 168 pages – se le procurer

La Chronique de Iz43

« Il n’y a pas d’recette, pour supporter les épreuves
Remonter les cours des fleuves, quand les tragédies pleuvent
Il n’y a pas de recette, pour encaisser les drames
Franchir les mers à la rame, quand le rêve te fait du charme
Il n’y a pas de recette, quand t’en avais pas non plus
Personne ne t’avait prévenu, tu t’es battu comme t’as pu
Il n’y a pas de recette, quand l’enfer te sert la main »

Des épreuves, Fabien Marsaut, Grand corps malade, en a vécues et des terribles. Un plongeon dans une piscine insuffisamment remplie, la tête qui touche le fond. Une vertèbre cervicale fracturée.
Fabien passe un mois en réanimation puis plus d’un an dans un centre de rééducation. Le grand corps de 1m94 a subi un terrible choc et est effectivement bien malade. Tétraplégique incomplet. (Cela veut dire que certaines parties du corps bougent à nouveau).

Alors qu’il pourrait se lamenter, être larmoyant, complètement déprimant , Fabien nous offre un récit plein de vie, de couleurs, de joie, d’humilité aussi, d’espoir, d’envie de vivre, de rire.
Surtout, c’est une sacrée leçon qu’il nous donne, une ode à la vie.
« Y’a tellement de choses à faire et ça maintenant je l’ai compris
Chaque petit moment banal, je suis capable d’en profiter…
C’est pas moi le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre, et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre
Alors je vais y mettre le feu en ajoutant plein de couleurs ».

Grand corps malade, il suffit qu’il ouvre la bouche pour que je me sente frissonner des pieds à la tête. Des textes qui me bouleversent et me touchent l’âme (Roméo kiffe Juliette, Derrière le brouillard, Mesdames…). Un regard qui transmet tant de choses. Je l’imaginais déjà bienveillant.
Maintenant que j’ai lu son témoignage, je découvre quelqu’un de courageux, de drôle, de vivant, de généreux, d’hyper positif. Je ne pourrai plus jamais regarder M6 boutique sans penser à lui.

Il faut être généreux pour témoigner de choses aussi intimes. Il faut être fort pour voir la lumière et l’espoir.
J’ai aimé sa plume bien sûr, mais aussi son autodérision, son humour.
J’ai aimé qu’il partage ses rencontres avec les soignants (respect vraiment pour leur profession) et les autres patients.
C’est un livre touchant, sincère, humain, émouvant mais drôle aussi.

Je n’ai pas fini de kiffer Grand corps malade. Alors le basket a certes perdu un bon joueur mais nous on a gagné un grand homme et un grand slameur.

J’ai partagé ce livre avec mon fils de 11 ans (et demi). Et oui, je n’ai pas pu m’empêcher de le mettre en garde contre les accidents de plongeon mais ensuite je lui ai dit “de profiter de chaque petit moment banal et de mettre plein de couleurs dans sa vie”.

Merci Grand corps malade
Merci Fabien

Kadeline a lu

Résumé : Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un évènement traumatique dans une vie de femme. Et d’autant plus douloureux qu’on le garde pour soi, qu’on ne sait pas dire l’ambivalence des sentiments et des représentations qui l’accompagnent. L’angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l’impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Bande dessinée de 168 pages – se la procurer

Il fallait que je vous le dise est un magnifique regard croisé autour de l’IVG.
D’un côté on va suivre le vécu et les ressentis de l’autrice face à cette situation. C’est un récit tout en nuances qui montre le panel d’émotions par lesquelles elle est passée. Le message est important : même pour une femme qui est sure de sa décision ce n’est pas anodin. Tout ce qui se produit dans son corps et son esprit n’est pas négligeable, rien n’est noir ou blanc, tout s’insère dans un spectre bien plus complexe et varié que ce qu’on pourrait imaginer face à une décision censée être une certitude. 
En parallèle, le cheminement de l’auteur et médecin autour de la médecine des femmes est mis en avant. C’est très intéressant et ça permet une vision plus complète de l’IVG et de la contraception. Ces thématiques restent pour la majorité à déconstruire pour être au plus proche du besoin de chaque femme et de chaque personne avec un utérus. C’est une BD poignante, intéressante, déculpabilisante et libératrice qui arrive, malgré le sujet, à rester assez douce. Juste une précision si je dis douce ça ne veut pas dire que rien n’est dur ou qu’il n’y a pas de propos violent, c’est dans le sens où dans l’ensemble les choses sont dites en prenant des gants.

Laehb a lu

Résumé : Tout le monde connaît Sherlock Holmes. Livres et films ont rendu familiers ses méthodes scientifiques, son fidèle acolyte le docteur Watson et même sa logeuse, Mrs Hudson. Mais tout le monde ne connaît pas Arthur Conan Doyle. Les années passant, il a rejoint Mary Shelley et son Frankenstein, Bram Stoker et son Dracula au club des auteurs dépassés par leur créature. Pourtant, son œuvre littéraire est immense et diverse : histoires policières, romans historiques, nouvelles, contes fantastiques, science-fiction, correspondance, essais. Il a participé à la vie politique, morale, scientifique de son pays, avec une seule idée en tête : respecter les valeurs chevaleresques inculquées par sa mère. Tendre et coléreux, généreux et emporté, amateur de science moderne et nostalgique de la chevalerie, persuadé de la grandeur de l’Empire et défenseur des humbles, partisan du droit des femmes à divorcer et opposé aux suffragettes, conservateur et anticlérical, Arthur Conan Doyle est à la fois un homme de l’ère victorienne et un précurseur des temps modernes. Une biographie à lire comme un roman

Biographie de 208 pages – se la procurer

La Chronique de Laehb

Depuis mes débuts de lectrice, j’ai toujours été fan des enquêtes de Sherlock Holmes et je ne connaissais quasiment Arthur Conan Doyle qu’à travers son détective si célèbre mais tellement encombrant.
La quatrième de couverture mentionne « une biographie qui se lit comme un roman » et c’est exactement le sentiment ressenti tant la vie de l’auteur fût riche en aventures.
J’ai été estomaquée de découvrir que cet homme si cartésien et très tôt agnostique finisse ses jours en une sorte de prédicateur spirite, enchaînant les colloques en faveur du spiritisme.
Moment de lecture très enrichissant, je suis ravie d’en avoir tant appris sur un de mes auteurs fétiches.


Maggy a lu

Résumé : Qui n’a pas un jour fredonné un des nombreux succès de France Gall, dont la liste aussi impressionnante qu’incontournable résume à elle seule plus de trente ans de chanson française ? Mais France Gall est bien plus qu’une star : c’est une femme qui a connu les plus grands triomphes et les plus grandes douleurs, vécu le grand amour et dû faire face à la mort de ses proches, et qui, pourtant, relève la tête et «résiste», prenant son destin à bras-le-corps, s’engageant aux côtés des femmes et des opprimés. Une vie exemplaire. « Le destin d’une star courage est une biographie unique en son genre, intimiste, toute en tendresse et en confidences. » Au feminin.com

Biographie de 224 pages. Se la procurer

La Chronique de Maggy

 France Gall… C’est toute une époque de la variété française. C’est aussi ce couple aussi mythique que discret qu’elle formait avec son double, Michel Berger.

À travers cette biographie rédigée en 2007 par son ancien attaché de presse et un journaliste avec lesquels elle a entretenu des liens d’amitié étroits pendant de nombreuses années, nous redécouvrons la négresse blonde.
C’est de son enfance et son adolescence, entourée d’une famille aimante, qu’Isabelle Gall a tiré tout ce qui a construit France. En tant que fille de Robert Gall, celui qui a écrit La Mamma pour Aznavour, elle a pu très jeune côtoyer dans sa propre maison le gratin artistique du moment. Et pourtant, ce sont les vedettes de Salut les Copains qui la font rêver. Elle intégrera ce panthéon presque par hasard.
De sa liaison toxique avec Claude François, en passant par ces années au cours desquelles elle s’est oubliée pour Julien Clerc, jusqu’à la plénitude de son mariage avec Michel Berger, Alain Morel et Grégoire Colard nous racontent le parcours de France Gall presque comme un roman.
Couvrant des décennies durant lesquelles ils ont vécu dans l’intimité du couple Gall-Berger, les deux auteurs usent très peu d’extraits d’interviews et racontent plutôt ce qu’ils ont vécu, de près.
Après le drame du 2 août 1992, journée funeste où Alain Morel était présent, leurs chemins se sont un peu éloignés et donc, nous retrouvons plus d’extraits de magazines et d’interviews télévisées dans le dernier tiers de cette biographie. Ce sont des années douloureuses, la « facture » que craignait France quand elle nageait dans le bonheur des années 1980; c’est sans doute plus pudique d’utiliser les mots que la chanteuse à elle-même prononcés pour relater ces années noires où le malheur semblait s’accrocher à ses semelles.

J’aimais beaucoup France Gall et Michel Berger. J’ai assisté au concert qu’elle a tenu après le départ de sa moitié, j’ai pleuré sur cette minute de silence tellement vibrante d’émotions. Et j’ai bien aimé reparcourir le chemin à l’envers, retrouver une France Gall vivante et heureuse, découvrir une femme courageuse et digne alors que d’aucun la croyait n’être qu’une petite blonde un peu fragile, planquée dans l’ombre de son mari.

Après cette biographie, France nous a encore livré « Résiste », cette comédie musicale montée en hommage à l’œuvre de Michel Berger. À cette occasion, j’ai eu la chance de la revoir puisqu’elle est venue en personne saluer le public en fin de représentation.

Je n’ai rien appris de neuf dans cette biographie mais j’ai pris plaisir à remuer quelques souvenirs tout en fredonnant. De Charlemagne qu’elle a détesté aux Rêves qu’elle n’a pas laissés passer, des Sucettes qu’elle ne voyait que comme des friandises sucrées à Babacar qu’elle n’a pas laissé tomber, France était une grande dame, une maman attentive, une épouse aimante et surtout une belle personne. Cette biographie lui rend un bien bel hommage.


Ptitmousse a lu

Résumé : Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son «  petit pays  », le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux.  Astrid de Larminat, Le Figaro.   Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l’admiration.  Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n’est pas un petit Africain, c’est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune.  Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMAN

Roman autobiographique de 224 pages – Se le procurer

Chronique de Ptitmousse

Ce roman, contenant des faits autobiographiques de l’auteur, se scinde en deux parties que je trouve assez distinctes, malgré des bribes de la suite disséminées dans la première partie, quelques signes avant coureurs de la tragédie à venir.

Partie 1 : pour un sujet aussi tragique a priori, je ne m’attendais pas à autant d’humour et de légèreté. J’ai été surprise parce que (je ne sais pas pourquoi mais je le comprendrai par la suite), je m’attendais à quelque chose de plus noir et tragique. Le début était assez frais. Le fait que le narrateur ait 10 ans y était bien sûr pour bonne partie. Cela se lit vite et c’est agréable. Et c’est un délice de se plonger dans cette Afrique ! On est totalement dans l’ambiance. C’est là la force de l’écriture parce qu’en même temps, on ne se perd pas en description, c’est très digeste mais objectif atteint pour le rendu.

Partie 2 : Quand j’ai terminé cette lecture, je n’étais pas très bien… C’est d’une violence incroyable quoique pas trash du tout dans l’écriture. Ce sont les événements qui sont tellement incroyables. Les mots nous manquent. Je suis allée lire, à la toute fin de la lecture, quelques infos sur les événements de ce génocide et cela m’a clairement donné la nausée… Revenant au livre, le passage qui m’a le plus marqué est [spoiler] celui des derniers mots d’Eusébie ; cela reflète un état d’esprit terrifiant et ces mots sont bouleversants. Mais le Zippo à jeter dans la voiture restera gravé également je pense. De même que cette maman qui a complètement perdu l’esprit, devenue fantôme… [fin/spoiler] Tant de passage finalement sont marquants, pour un livre pas si long en nombre de pages.
Un texte très fort de ce que fut ce génocide, en même temps qu’un hommage à l’Afrique et à l’enfance passée là-bas ! C’est plein d’innocence et de violence, de joie et d’horreur.

Ranine a lu

Résumé : Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.

Autobiographie de 343 pages – Se la procurer

Chronique de Ranine

Une vie, et quelle vie ! Une vie blessée, meurtrie. Mais une force, un instinct de survie, une résilience admirable. Une vie sans concession ni compromis malgré le milieu corrompu dans lequel elle évolue. Une femme forte, une femme admirable. Un très beau témoignage, à son image.

Sally Rose a lu

Résumé : « Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour. » Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose celle de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Pour être libre, faut-il accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Récit de 160 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose


Issue d’une dynastie qui a marqué la France, l’autrice et narratrice, promise à une brillante carrière d’avocate, plaque tout à la découverte (l’acceptation ?) de son homosexualité : son mariage, son métier, ses cheveux longs, ses vêtements bourgeois, son rapport à la matérialité.
Elle se débarrasse de toutes ses affaires (meubles, livres, etc.) et finira même par ne plus avoir de logement, logeant à droite à gauche, vivant d’expédients et de vols à l’étalage.
Pour s’affranchir des codes que lui a imposé la société, elle devra aussi s’éloigner de son fils, Paul, puisque son ex-mari use de tous les moyens à sa disposition pour l’empêcher de « perturber » leur fils.
Constance nous raconte sa nouvelle vie, sa soif d‘amour et de sexualité, refusant l’attachement dans ses rencontres, privilégiant la découverte de soi et la résilience face à l’absence de son fils.
C’est un texte autobiographique, autofictionnel bien qu’estampillé « roman » par l’éditeur. Il est plutôt cru, déstabilisant, beau et choquant. J’imagine que chaque lecteur peut ressentir des émotions différentes en liaison avec sa propre histoire, son propre rapport à l’existence.
Dans tous les cas, c’est magnifiquement écrit et entraîne à la réflexion sur le sens de nos vies.

De l’Autre Côté des rails de Renea Winchester

Chronique de Sally Rose


Dans les Appalaches, Caroline du Nord, chronique de 3 générations de femmes qui luttent pour payer le loyer, s’habiller et se nourrir, qui « font avec » les coups du sort.
Barbara ne s’est jamais remise du viol subi 16 ans plus tôt, Pearlene, sa mère, perd la tête, Caroline Anne, sa fille, rêve d’ailleurs comme beaucoup d’adolescentes.
Employée par la grande usine textile du coin, Barbara tente de joindre les deux bouts avec la maigre pension de sa mère. Il s’agit de garder sa dignité mais quand on vit dans un mobile home « de l’autre côté des rails », il est difficile d’oublier qu’on fait partie des rebuts de la ville.
Carole Anne travaille en douce pour gagner quelques billets, espérant faire réparer la vieille voiture de sa mère qui est à l’abandon depuis 16 ans.
Belle plume, tendre et touchante, l’autrice nous conte l’histoire de ces familles qui ne peuvent envisager au-delà du lendemain, qui espèrent un autre futur pour leurs enfants.
La construction alterne le point de vue des personnages ce qui place le lecteur comme témoin de leur tendresse mais aussi de leurs non-dits.
Roman de femmes, De l’autre côté des rails nous fait partager le quotidien d’une classe sociale oubliée par le rêve américain et rattrapée par la crise économique.
4/5

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A propos du livre : 1976, Bryson City, petite ville ouvrière des Appalaches de Caroline du Nord. De l’autre côté des rails, à l’écart de la ville, trois générations de femmes luttent ensemble pour joindre les deux bouts. Mamie Pearlene perd un peu la tête. Barbara part tous les jours à l’usine pour coudre des vêtements qu’elle ne pourra jamais s’offrir. Carole Anne est encore au lycée, mais travaille en cachette pour s’enfuir un jour vers un avenir meilleur. Elle ignore que Barbara avait autrefois caressé le même rêve, et qu’il s’était brisé en une seule nuit. Grandir du mauvais côté des rails prédestine-t-il à courir après le rêve américain sans jamais l’atteindre ? La mère réussira-t-elle à faire taire le passé quand sa fille sera portée disparue ? Renea Winchester brosse ici trois beaux portraits de femmes fortes, dont les parcours de vie semés d’embûches nous tiennent en haleine.

Roman de 240 pages – se le procurer

JEUX LIT AVEC SALLY : L’été circulaire de Marion Brunet

C’était une des lectures communes du mois de mars

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Une petite ville du Midi, ses lotissements, son quotidien morne et ses interminables jours d’été. Jo et Céline, deux sœurs de quinze et seize ans, errent entre fêtes foraines, centres commerciaux et descentes nocturnes dans les piscines des villas cossues de la région. Trop jeunes encore pour renoncer à leurs rêves et suivre le chemin des parents qui triment pour payer les traites de leur pavillon. Mais quand Céline tombe enceinte, c’est le cataclysme. Comme elle refuse de livrer le nom de son amant, la rage du père se libère, sourde et violente, tandis que la jeune sœur tente de s’extraire du carcan familial et que la mère assiste, impuissante, au délitement de sa famille. Jusqu’à l’irréparable. L’Été circulaire frappe par sa maîtrise du rythme et des atmosphères, la finesse de son œil et la puissance de son écriture, âpre, physique, intense.  Michel Abescat, Télérama. Un polar tendu et efficace, raconté avec une acuité glaçante. N. P., Le Canard enchaîné. On referme ce livre bouleversé et conquis. Sylvia Zappi, Le Monde. Marion Brunet a la capacité d’incarner l’adolescence comme on en lit rarement. Benoît Minville, Fnac La Défense.

Roman de 256 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

C’est l’été, pareil aux étés précédents et à ceux à venir. Sur la fête foraine, Gala se vante d’être « Freed from desire » depuis plus de quinze ans… L’âge de Céline, qui n’est plus seule dans son ventre… Un été ordinaire, pour une famille ordinaire du Vaucluse. L’horizon, c’est l’été prochain; les rêves… quels rêves?

C’est épatant comme l’autrice parvient, au scalpel de sa plume, à nous dresser un portrait saisissant d’une famille ordinaire, voire médiocre, qu’on a presque tous l’impression de connaître. La femme intendante dans une école, le père ouvrier de la construction, deux ados mignonnes et aguicheuses, moyennes à l’école, le voisin arabe mais qu’on aime bien quand même… quoique… le racisme ordinaire, les soirées bière-cacahuètes avec le collègue et sa femme, qui s’empâte, les claques qui volent parfois, les petites combines pour arrondir les fins de mois,… Cela a comme un goût de déjà vu qui nous pousse à jouer les voyeurs avec la complicité de l’autrice. Sauf qu’il n’y a rien à voir… excepté ce cercle vicieux dans lequel tout le monde est empêtré, sans aucune réelle volonté d’en sortir.

Ou comment une écriture sans fard, vraie, précise parvient à flatter la médiocrité du quotidien et à tenir en haleine le lecteur dans le vide étourdissant de la vie de Français moyens qui n’en attendent pas grand chose
.

Chronique de Sally Rose

C’est l’histoire d’un fait divers.
De jeunes parents d’adolescentes, aigris, vivotent dans leur pavillon. Pas d’avenir, beaucoup de regrets, des idées courtes et le refus de voir ses enfants prendre le même chemin.
Mais la rage et la rancœur sont mauvaises conseillères. Elles vont emmener les personnages au bord du précipice.
Difficile de parler de ce thriller sans en dévoiler les tenants et les aboutissants. Disons que l’autrice sculpte ses personnages avec des angles à vif, que si elle ne les excuse pas elle n’oublie pas de mettre en avant les failles de chacun des personnages ce qui les rend humains. Une atmosphère poisseuse rendue avec brio avec un style au couteau.

JEUX LIT AVEC SALLY : Sidonie-Gabrielle Colette

C’était le thème du club de lecture du mois de mars

Nous étions 5 à explorer le sujet

Laehb a lu

Résumé : «Ils nageaient côte, à côte, lui plus blanc de peau, la tête noire et ronde sous ses cheveux mouillés, elle brûlée comme une blonde, coiffée d’un foulard bleu. Le bain quotidien, joie silencieuse et complète, rendait à leur âge difficile la paix et l’enfance, toutes les deux en péril.» Comme tous les étés, Vinca, quinze ans, et Philippe, seize ans, passent leurs vacances ensemble en Bretagne. Cet été là, leur amitié de toujours se transforme en amour grandissant et cette sensation nouvelle vient bousculer leur naïveté d’enfants. De la complicité et l’insouciance qui les unissaient, il ne reste plus que souffrance, incompréhension et trahison. En luttant contre leurs sentiments confus, ils quittent peu à peu le monde de l’enfance et découvrent, amers, les tourments de l’adolescence.

Roman de 128 pages – se le procurer

La Chronique de Laehb

Découverte de Colette, roman choisi au hasard dans mon anthologie. « Hasard » sûrement guidé par la notoriété de ce roman, mais pas hasard heureux cette fois.
Les premiers chapitres m’ont enthousiasmée, j’étais sous le charme de cette belle plume nous présentant Vinca et Phil, deux adolescents inséparables depuis leur plus jeune âge.
Chaque année les deux familles se retrouvent dans une maison sur la côte bretonne pour y passer les mois d’été. Les enfants découvrent la vie ensemble, grandissent, mûrissent et leur attachement devient plus fort, plus adulte.
C’est le roman du passage à l’âge adulte, de l’initiation et la découverte des plaisirs charnels, du jeu de la séduction, de l’immorale relation que Phil entretient avec une voisine adulte, la Dame, qui lui fera finalement comprendre la profondeur de ses sentiments pour Vinca, si jeune et pourtant si mature. On peut comprendre sans aucun problème le scandale créé à sa sortie, même si l’écriture et la narration sont tout en pudeur, sans grossièretés ni descriptions, le sujet de la sexualité, adolescente de surcroît, est tabou.
Si la première partie m’a ferrée par ces personnages attachants, ses parties de pêche et leurs baignades, j’ai vite déchanté et les deux héros ne m’ont plus paru attachants mais pénibles.
Fin de lecture un peu fastidieuse, je suis tout de même contente d’avoir enfin lu ce monument de la littérature française et renouvellerai sûrement l’expérience.


Maggy a lu

Résumé : La Seconde reste le plus méconnu des grands romans de Colette. Pourtant les thèmes sont bien caractéristiques de l’écrivain : l’amour et son faire-valoir, la jalousie ; l’alliance, au-delà, justement, de la jalousie, et renouvelée ici, de deux femmes qui se savent solidaires face à l’homme qu’elles aiment ; un adolescent torturé et maladroit ; le théâtre, perçu, cette fois, du point de vue de l’auteur « Lorsqu’il suffit à un écrivain de se montrer, d’être lui-même pour émouvoir et faire œuvre d’art à la fois, pour enchanter nos sens, notre cœur, notre goût, dans une approbation sans réserve de notre intelligence, on peut, sans crainte de se tromper, parler de génie » (Henry de Montherlant, à propos de La Seconde ).

Roman de 192 pages. Se le procurer

La Chronique de Maggy

J’avoue avoir vraiment galéré à entrer dans ce roman. Première lecture de Colette pour moi et j’ai éprouvé beaucoup de difficultés avec son style que je ne connaissais pas. J’ai l’impression d’avoir lu le premier quart du livre de manière très mécanique. Je lisais, mais finalement je ne comprenais rien. Je me suis attardée sur certaines phrases et effectivement, en l’état, certaines ne voulaient rien dire…
Comme il n’est pas dans mes habitudes d’abandonner, que l’autrice a quand même la renommée qu’on connait, j’ai persévéré mais j’ai lâché prise et finalement, ça c’est bien passé. Vouloir à tout prix comprendre chaque phrase n’était pas le bon plan. En se laissant porter par les mots et le style, j’ai réussi à me glisser dans le trio Farou, Fanny et Jane et j’ai pu poursuivre ma lecture jusqu’au bout sans tirer la langue et soupirer.

Question intrigue, je pense qu’on a ici les sujets fétiches de Colette: une femme amoureuse et trompée, mais qui ne semble pas s’en émouvoir outre mesure; deux femmes aux relations ambigües; un homme qui affiche plus d’aplomb qu’il n’en ressent réellement; un jeune homme qui fait ses premier pas dans le monde de l’amour… le tout dans une ambiance pesante, sur fond de création d’une pièce de théâtre, côté auteur.

Au final une lecture pas désagréable, mais qui ne me fera pas me ruer sur un prochain Colette et dont la fin m’a laissée un peu dubitative.


Ptitmousse a lu

Résumé : Sido est d’abord un volume qui réunit les souvenirs d’enfance de Colette. L’hommage à la mère de l’écrivain occupe la première partie, les deux autres sont dédiées au père : le Capitaine, et l’autre aux frères et sœurs : les sauvages. Pourtant ce titre est révélateur, il marque bien la place essentielle qu’occupait la mère dans la « maison de Claudine », dans le cœur du père, dans la vie des enfants, et, ici, dans le souvenir de la benjamine, l’écrivain. Sido fut accueilli en 1930 comme « le plus pieux monument qu’on éleva jamais à une mère » (Pierre Scize).

Roman de 124 pages – Se le procurer

Chronique de Ptitmousse

Tout d’abord, c’est une belle langue, agréable, poétique ! Ensuite, les situations m’ont parlée. Cela peut parler à tout le monde (enfin, les moins jeunes…) je pense. N’a-t-on pas tous une grand-mère, une grand-tante ou arrière cousine qui ressemble à Sido, qui vit dans un village, une vie un peu à l’ancienne, avec une maison et un grand jardin derrière ? En tout cas, moi, j’ai de suite visualisé.

Par rapport au sujet, c’est finalement autant un hommage à la jeunesse de Colette, à la vie de campagne, à la nature qu’à sa mère. Et même sur les deux récits suivants, sur son père et ses frères, cela se ressent. Soit dit en passant, un sublime hommage à sa mère. En tant que maman, quelle preuve d’amour de la part de sa fille !

Après, pour une première œuvre de Colette, peut-être n’était-ce pas le meilleur choix parce que j’ai quand même sauté quelques lignes… j’avoue
… A voir si un jour, je me plonge dans un de ses autres récits.

Ranine a lu

Résumé : Un titre bien sage pour un roman qui l’est moins. Claudine le reconnaît : « Vrai, cette école n’est pas banale ! » Comment pourrait-elle l’être ? Les élèves ont des personnalités peu communes : la grande Anaïs, que Claudine qualifie de menteuse, filouteuse, flagorneuse, traîtresse, possède en outre « une véritable science du comique » ; les Jaubert sont agaçantes à force de sagesse ; Marie Belhomme, « bébête, mais si gaie » ; Luce, charmeuse autant que sournoise ; et les autres, « c’est le vil peuple ». Quant aux maîtresses… Mlle Sergent, « la rousse bien faite », aussi intelligente que laide, est tout yeux pour son assistante, Mlle Aimée, la bien nommée. Ajoutez les instituteurs des garçons, le pâle Duplessis et le vaniteux Rabastens, le médecin scolaire, le Dr Dutertre, aux dents de loup, qui aime s’attarder auprès des grandes… et vous obtenez un mélange détonant. Pour parfaire l’ensemble, c’est une Claudine débordante de vitalité, excessive dans ses élans, qui mène la ronde.

Roman de 256 pages – Se le procurer

Chronique de Ranine

Mais quelle surprise ! Belle et étonnante surprise ! Je pensais, naïvement, que c’était de la littérature jeunesse ! Ah mais pas du tout ! Elle est plutôt coquine Claudine, et tout son entourage aussi. Je pensais aussi que le roman allait être un peu vieillot. Pas du tout non plus, au contraire même. C’est simple mais pas simpliste. Un excellent moment.

Sally Rose a lu

Résumé : Son père ayant décidé d’emménager à Paris, voilà Claudine transplantée loin de ses « chers bois ». Le choc est rude ; elle tombe malade, mais la vitalité reprend le dessus. Chez sa tante Cœur, elle fait la connaissance de Marcel, joli et charmant. Il lui présente ses amis, tout aussi raffinés que lui. Elle devient leur confidente… Marcel a un père, Renaud, jeune encore. Claudine n’est pas longue à en tomber amoureuse. Renaud, aimable dilettante, lui fait découvrir les charmes secrets de la ville – les théâtres, les restaurants, les soupers – et sa faune… Mais Claudine, malgré sa curiosité et son exubérance, est farouche. Suivre Renaud, ce serait renoncer à la solitude qui la vivifie, à son village qu’elle regrette, à un passé dont elle n’arrive pas à se détacher. Il va lui falloir choisir…

Roman de 256 pages – se le procurer

Chronique de Sally Rose

J’avais lu la série des Claudine dans mon enfance et j’en avais gardé un souvenir désagréable, tout simplement parce que ça me paraissait transgressif sans trop savoir pourquoi.
Souhaitant en relire un volume avec mes yeux, mes sentiments et mes réflexions d’adulte, j’ai choisi celui-ci.
Alors certes, transgressif, ça l’est ! Tant pour l’époque de publication que pour la petite fille que j’étais. Mais j’ai trouvé le style ennuyeux, le récit insuffisamment construit. Il est comme le personnage, inconséquent et inintéressant.
J’ai cependant apprécié les passages relatifs à Fanchette mais j’ai été déçu de ne pas en lire davantage sur le Paris de l’époque.
Bref, une déception

JEUX LIT AVEC SALLY : Le Misanthrope de Molière

C’était une des lectures communes du mois de février

Nous étions deux lectrices à partager nos impressions

Alceste est un «mélancolique» qui s’aveugle sur lui-même pour mieux condamner les autres. Placé dans une situation sociale comique, amoureux d’une coquette, il voit défiler tous les types humains qu’il réprouve. Molière a enfermé toute une époque dans un salon mondain, pour critiquer une société ambitieuse, avide et cynique. Il donne parfois raison à Alceste, lui qui refuse de se soumettre au mensonge et à l’artifice, lui qui affirme radicalement : «J’ai tort, ou j’ai raison.» Alceste n’est pas en accord avec son temps : il rejette les compromis, proteste contre la frivolité des salons et la fausseté des rapports humains. Le Misanthrope est ainsi la pièce la plus complexe de Molière, car la plus fidèle aux contradictions de l’homme et de la société. Nouvelle édition en 2013

Pièce de théâtre de 240 pagesSe la procurer

Chronique de Ptitmousse

Je dois commencer par dire que mon avis est forcément influencé par la pièce à laquelle j’ai assisté avant de lire le texte. Le texte est en vers ; cela m’a fait peur d’abord, mais c’est finalement hyper accessible (bien que plus facile ayant vu les jeux d’acteurs). Mais quand même, j’avais lu la première scène avant la représentation et j’avais été agréablement surprise de bien comprendre tout-de-même.

Quelques réflexions, quelques vers sont indubitablement à graver dans le marbre. J’avoue avoir lu et relu et même dit à voix haute plusieurs fois certains vers tant ils sont fluides, élégants, ciselés, poétiques mais en même temps accessibles et compréhensibles ! 80 % du texte pourrait être noté en citation 😉
C’est tellement actuel, cela pourrait être cité et faire mouche en cette année 2019 sans problème. C’est du Molière différent de celui que l’on connait des comédies, mais du grand Molière !

Le premier acte est sans contexte le summum de la pièce. Il faut dire que l’acteur que j’ai vu jouer Alceste était juste génial ! Lors de la représentation théâtrale, les tirades de Célimène et Arsinoé dans l’acte III m’ont paru un peu longues, j’ai un peu décroché. Finalement, j’ai mieux suivi cette partie en version écrite ; ça m’a bien fait sourire : l’art de faire les pires reproches à l’autre mais avec une politesse et des mots exquis ! Parlant de Célimène, c’est un peu le mystère de la pièce. Elle est parfaite en cliché de la veuve qui compte bien profiter et qui se permet de juger à qui mieux-mieux. Mystère car elle est tout ce qu’Alceste déteste, et pourtant… Tellement transi, tellement aisément manipulé par Célimène…

Chronique de Sally Rose


Le titre contient l’essence du propos. Alceste, éprouvé par l’hypocrisie de ce monde, rejette l’art de vivre en société.
Mais il aime la belle Célimène qui pourtant présente tous les défauts qui révulsent cet homme.
J’adore cette pièce de théâtre, que j’ai vue jouée de nombreuses fois dans des mises en scènes et temporalités différentes.
Qu’il est beau et vaillant cet homme qui lutte entre son amour et ses principes !
Sur la forme, même si je n’aime pas lire les pièces de théâtre, j’ai apprécié la beauté des vers et l’ironie de certaines répliques.
Le refus de cet homme à frayer avec ses congénères m’a donné à réfléchir sur notre soumission aux codes de la vie en société, particulièrement revue et corrigée depuis maintenant un an que nous vivons avec le Covid-19.
Un thème universel et intemporel. Merci Jean-Baptiste

Le mot de Sally Rose

Avec cette lecture, je conseille le thé Flèche de Cupidon de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)

JEUX LIT AVEC SALLY : Complot de Nicolas Beuglet

C’était une des lectures communes du mois de février

Nous étions quatre lectrices à partager nos impressions

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux. Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les Forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre. Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées. Le soupçon d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas…  » Envoûtant.  » Michel Primault – Femme actuelle  » Un thriller féministe et haletant.  » Adeline Fleury – Le Parisien

Roman de 576 pagesSe le procurer

Chronique de Maggy

Sarah Geringën croyait s’être trouvé un havre de paix en achetant une maison avec Christopher, pensant y couler quelques jours tranquilles après sa précédente enquête. C’est sans compter sur le Ministre de l’Intérieur norvégien qui la réclame pour une affaire de haute importance. Sarah se retrouve quelques heures plus tard sur une petite île au Nord de la Norvège, par une nuit glaciale, à tenter de comprendre une scène de crime particulièrement étrange et dont la victime ne lui est pas inconnue.

Nicolas Beuglet nous livre ici un thriller particulièrement haletant, que le lecteur aura du mal à lâcher avant la toute fin. Je n’ai pas lu le premier tome, ça ne m’a pas empêchée de m’immerger dans l’histoire dès les premières pages.
Et de la Norvège au Liban, c’est dans une véritable course contre la montre que l’auteur nous entraine à toute vitesse.
En toile de fond, une certaine histoire de l’inconscient collectif qui fonde l’humanité.

L’écriture addictive de l’auteur nous prend par les tripes, pas seulement à cause d’un meurtre à élucider mais aussi parce qu’on veut comprendre le fondement même du complot dont il est question, en découvrir les arcanes. Saluons particulièrement le travail de recherche de Nicolas Beuglet qui nous fait douter tout le long de la véracité ou pas des théories que ses personnages échafaudent et qui nous parlent au quotidien. Difficile d’en dire plus sans déflorer l’intrigue pour les prochains lecteurs.

Un vrai coup de maître !

Chronique de Priscilla

Me voilà réconciliée avec Nicolas Beuglet !
Si son premier livre Le cri, encensé par beaucoup, ne m’avait pas spécialement plu… J’ai dévoré et adoré Complot.
Une chose que je ne peux pas retirer au talent de l’auteur, quel que soit le livre, c’est sa capacité à donner un rythme à ses intrigues dignes de très bons films. 

Ce qui m’a fasciné dans Complot c’est que le sujet tourne autour d’un thème qui m’est cher: la place faite aux femmes dans la société. Société d’hier et d’aujourd’hui.
Et c’est ce sujet, propre à enflammer les discussions et déchaîner les passions, qui font de ce  » simple » thriller une pépite. 
Sans compter qu’un thriller capable de faire réfléchir et s’interroger sur un sujet aussi important, ça ne se refuse pas !

Et j’ai été d’autant plus sensible à ce livre qu’au-delà du thème choisi il y a aussi la justesse et la clairvoyance dont l’auteur fait preuve dans sa façon de l’appréhender… ça force le respect. 


À lire ! Vite ! 🙂

Chronique de Sofinette13

Deuxième opus de Sarah, l’enquêtrice norvégienne et Christopher, le journaliste français. La Première Ministre norvégienne est retrouvée assassinée sur son île déserte, selon un rituel macabre qui va mener Sarah et son compagnon sur la piste d’un mouvement masculiste qui veut empêcher la révélation que veulent faire au monde entier la Première Ministre et ses comparses.
J’ai bien aimé le début de ce livre, où on retrouve les bons ingrédients du « Cri » : suspense, rythme effréné, écriture fluide et agréable. Par contre, pour moi, ça a commencé à se gâter vers la moitié du livre quand c’est parti sur une théorie alambiquée ésotéro-féministe. Même si le raisonnement est interpellant, je ne m’attendais pas à cela. Cela reste quand même une lecture agréable.

Chronique de Sally Rose

Une inspectrice norvégienne est appelée en renfort sur une scène de crime. Sa réputation la précède : froide, terriblement efficace.
Cette mission l’emmènera jusqu’au Liban et lui fera découvrir le travail de trois femmes qui ont sacrifié leurs vies pour des études politiques, scientifiques et spirituelles dont les conclusions vont révolutionner le monde.
Enfin… si on les laisse parler. C’est pourquoi Sarah se lance dans une course contre la montre pour empêcher une organisation de les tuer pour les faire taire. Car une partie de l’humanité pourrait avoir fort à perdre par ces révélations.
Un thriller plutôt original dans ses fondements et que j’ai trouvé beaucoup plus intéressant et concret que l’opus précédent (Le Cri).
Un propos féministe dans un livre écrit par un homme et ça tient la route. Chapeau !

Le mot de Sally Rose

Avec cette lecture, je conseille le thé Cool winter de Fruit-tea (code PROMO sur la page Les Partenariats)